CHAPITRE III
De quelques organes différemment intéressés dans la Grossesse, V Enfantement et les Couches.
§. i2i. A la connoissance exacte des parties qui viennent d'être traitées, il convient que la sage-femme joigne une notion générale de quelques autres organes plus ou moins importans ; tels sont : la cavité et les muscles de l'abdomen , le diaphragme , le péritoine et les mamelles.
§. 123. L'abdomen, le bas-vent rç , le ventre, désignent également la cavité inférieure tlu tronc formée par les vertèbres lombaires , par le bassin , le diaphragme et les muscles abdominaux. Elle est tappissée intérieurement d'une membrane particulière , nommée le péritoine , et contient les organes de la digestion , qui sont : l'estomac, le canal intestinal, le foie, la vésicule du fiel, la rate et le pancréas; de plus les organes urinaires , qui sont les reins , les uretères et la vessie ; enfin les parties internes de la génération, et quelques grands vaisseaux sanguins.
§. 123. Les muscles abdominaux sont dix portions charnues , dont cinq occupent de chaque côté la sémi-face antérieure et latérale du bas-ventre. Ces muscles (excepté deux) sont longs et larges ; ils descendent des côtes et du sternum au bassin, s'étendent postérieurement jusqu'à la colonne vertébrale , et s'unissent antérieurement; de manière qu'ils forment en avant, aux côtés et en quelque sorte même en arrière les parois de la cavité du ventre. Ces organes ont la faculté de resserrer le bas-ventre comme au moyen d'une large sangle , de comprimer fortement ses viscères et de faciliter ainsi les accouchemens. Ils ont encore le pouvoir de corriger un peu, durant la violence de leur action , la trop forte inclinaison du bassin.
§. 124. Après les muscles abdominaux, ainsi proprement nommés , il importe de cou-
noitre les quatre paires de muscles qui , en partie, garnissent intérieurement le bassin, savoir: les grands et petits psoas, ou pré-lombotrochantiniens et prê-lombo-pubiens , de forme alongée , qui, partant des parties latérales des vertèbres lombaires, passant pardessus les lignes innommées et aboutissant aux fémurs et aux pubis, rétrécissent ainsi de quelque-peu le diamètre transversal du détroit supérieur du bassin; les muscles iliaques , ou iliaco-trochantiniens , qui couvrent la face interne des os des iles, se réunissent aux grands psoas et s'attachent avec ceux-ci aux fémurs ; et les muscles obturateurs ou sous-pubio-trochantériens internes , qui ferment intérieurement les trous ovalaires , et qui passent par les échancrures sciatiques.
\. 125. Le diaphragme est également un muscle grand et large; lequel, situé entre les fausses-côtes, sépare la cavité du bas-ventre de celle du thorax. Ce muscle a la faculté de comprimer, par ses contractions, et de resserrer la cavité abdominale du haut-en-bas.
§. 126. Le péritoine est une membrane séreuse, souple, mince et diaphane, mais assez forte , qui revêt intérieurement toute la cavité du bas-ventre , fournit une enveloppe aux organes de la dis gestion et aux parties internes de la génération, et qui les contient dans leur situation naturelle par des replis qu'il forme en
y passant. Celte membrane ; exhalant et absorbant continuellement un fluide séreux, arrose ainsi les intestins qu'elle contient. La disproportion entre l'exhalaison, et l'absorption occasionne, un amas irrégulier de ce fluide, qu'on appelle bydropisie du bas-ventre. Le péritoine est en outre sujet à l'inflammation.
§. 127. A l'âge adulte et dans l'état de virginité les mamelles placées à la face antérieure du thorax , aux deux côtés du sternum entre la troisième et septième côte , représentent deux hémisphères élastiques , un peu tournées en-dehors, dont la peau est plus blanche, plus tendre et plus douce au toucher, que celle du reste du corps. /
§. 128. Au milieu de la surface de chaque mamelle on remarque un petit cercle, nommé l'aréole, de couleur rouge, ou brune, fournie de grains sébacés qui séparent un fluide onctueux propre à la préserver de l'humidité à laquelle elle est sujette, durant le.tems de l'allaitement. Au centre de l'aréole s'élève une éminence pius ou moins grande et de même couleur, qu'on nomme le mamelon, ou la pappillc. Elle est composée de beaucoup de nerfs , de vaisseaux sanguins , et de plusieurs bouts des conduits excréteurs de la glande mammaire.
§. 129. Au centre des mamelles se trouve, renfermé dans une quantité variable de graisse.
la glande mammaire, formée par une multitude de grains réunis par un tissu cellulaire. Ces grains sont le principe des conduits lactifcres, c. a. d. d'un grand nombre de petits canaux membraneux très délicats, qui grossissent par leur réunion , en se rapprochant des mamelons ,- et se forment ici en 8 à 12 tuyaux excréteurs, qui se terminent par autant d'issues au bout de chaque mamelon.
§. i3o. Ainsi que les autres organes les mamelles peuvent être défectueuses , et manquer leur destination: ce qui arrive en effet, quand la mère est hors d'état de nourrir en tout ou en partie son nouveau-né. Quelquefois les mamelles excèdent en l'un ou l'autre sens la grandeur naturelle ; souvent leurs mamelons sont très petits , presqu' irrémarquables et enfoncés ; chez d'autres individus ils sont fort grands , quelquefois même doubles. Les mamelles sont encore susceptibles d'inflammations , de blessures , d'ulcèras, de scïrrhus et même de cancer.
. §. i3i. Les mamelles sont destinées à préparer la nourriture de l'enfant nouveau né : le lait. Les glandes en font la sécrétion, les mamelons : l'excrétion.
DFUXIÈME SECTION.
Du Toucher et des divers états des parties de la génération 5 ainsi que de celles gui ont rapport à P accouchement.