‹ Manuel des [so]ciétés de tempérance [microforme]Chapitre 18 sur 44 · JE PROMETS · texte numérisé non relu

JE PROMETS

Nature de l'engagement que l’on prend en entrant dnns la Société de T'empérance. 8

ch, v., dit: “ En vérité, je vous déclare que vous ne ‘ devez point jurer en aucune manière : ni par le ciel,

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“ parcequ'il est le trône de Dieu ; ni par la terre, par- !

“ ce qu’elle sert comme d’escabeau à ses pieds; ni par Jérusalem, parcequ’elle est la ville du grand

‘“ Roi ; vous ne devez pas jurer non plus par votre tête, À

‘“ parce que vous ne pouvez en rendre un seul che- “ veu blanc ou noir: mais contentez-vous de dire:

‘“ cela est, cela est, ou cela n’est pas, cela n’est pas ; |

“ car ce qui est dit de plus vient du mal.”

Il n’est pas nécessaire de dire, après cela, que l’es- | prit de l’évangile est qu’on ne fasse de sermens que |

dans les circonstances les plus graves. Dans le’ cours ordinaire des choses, on ne doit se servir que de la simple affirmation pour exprimer sa pensée. Et c’est

ce qui se fait dans l’engagement que l’on prend en | se mettant de la Société de Tempérance. (Cet enga- | gement n’est ni un serment ni un vœu : c’est une pro- À

messe pure et simple. C’est la parole d’un homme

d’honneur, c’est la promesse d’un chrétien que nous |

demandons, bien persuadés que celui qui n’aurait pas assez d'honneur pour respecter sa parole, n’aurait pas assez de religion pour garder son serment.

Mais, quoique l’engagement que vous prenez ne | soit ni un serment ni un vœu, il doit cependant vous |

être inviolable et sacré, pnisque, le plus souvent, c’est

dans l'Eglise, au pied des saints antels,en présence de vos amis, de vos parens, et de toute votre paroisse, | que vous avez fait la promesse généreuse de ne ja- | mais prendre de boissons enivrantes. Si vous man- |

quez à votre parole, vous trompez votre curé, vos amis, vos parens, votre paroisse tout entière, qui se fiaient

sur vous et vous regardaient comme un soldat géné- |

reux, dont les exemples et les paroles allaient servir, le reste de votre vie, à détruire le règne de la büisson, et à chasser pour toujours le démon de l’irtempérance.

En manquant à votre promesse, sans de graves raisons, il est vrai que vous ne seriez pas un parjure, puisque vous n’avez pas fait de serment. Mais ton-

Jours, vous serez un lâche; un homme sans cœur et

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sans honneur, sur la pole duquel il n’y aura aucun fond à faire. Et souvent, ceux-là même qui vous auront le plus pressé de boire avec eux, qui vous y auront le plus excité, en vous disant qu'après tout vous n’aviez fait qu'une simple promesse, et qu’il n’y avait pas de péché à prendre un petit coup aves un ami, seront les premiers à publier votre bassesse, et à rire de vous en arrière. Ils auraient été forcés de vous admirer et de vous respecter, si vous leur eussiez dit courageusement, comme un brave habitant des environs de Québec qui, se trouvant avec des amis, était sollicité par eux à prendre de la boisson: “Je n’ai ‘ point fait de serment,mais j’ai donné ma parole d’honneur à mon curé ; cela suffit. Si vous êtes mes véritables amis, vous ne m’exciterez pas à faire une ‘“ action aussi peu excusable. Pour l’amour de Jé- ‘“ sus-Christ, j’ai promis de ne jamais faire usage de “ boissons fortes ; il ne convient pas que, pour votre “ amour, je fausse ma première promesse : et vous “ devriez être les premiers à m’encourager à respec- ‘# ter ma parole. Un homme d’honneur ne doit ja- “ mais manquer à sa parole ; vous voulez donc que ‘# je cesse d’en être un. Il me semble que je ne méri- # terais plus d’être de vos amis, si j’étais capable de “# m’oublier jusqu’à ce point.” Ses amis restèrent confus, et n’osèrent plus jamais lui parler de prendre de la boisson.

On entend quelquefois des personnes, demander si c’est un péché de prendre un verre de boisson quand on est de la Société de Tempérance ? Nous répondrons d’abord qu’un membre de la Société de Tempérance, qui se respecte, ne fera jamais cette question ; car sa parole est donnée de ne plus jamais en prendre, il ne lui en faut pas plus... Il ne demandera pas, pour s’excuser, si c’est un péché ou non d’en faire usage.

Mais, admettant qu’il n’y ait pas de péché à manquer, en général, à un engagement qu’on n’a pas pris sous peine de péché, ne peut-on pas dire que, dans presque tous Les cas, celui qui manque à son engage-

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ment de Tempérance, pècue ? D’abord il pèche, presque toujours, par gourmandise, en prenant une chose dont il n’a pas besoin. Il pèche contre lu justice qu’il doit à ses enfans, en donnant au vendeur de boisson un argent qui aurait été infiniment mieux employé à l’éducation et à l’établissement de sa famille. Il pèche contre lui-même, en buvant, sans besoin, ce qu’il sait (comme on le prouvera plus tard) être nuisible à sa santé. St. Paul, dansson Ep. aux romains, dit positivement : Il vaut mieux ne pas boire de vin... st votre frère doit en devenir plus faible. Il pèche donc contre la charité qu’il doit à son prochain. Son voisin, son frère, son ami, peut-être même ses propres enfans, qui sont plus faibles que lui, étaient devenus des hommes sobres et religieux, depuis qu’imitant l’exemple qu’il léur avait donné, ils avaient entièrement renoncé à l’usage des boissons fortes ; mais à peine le voient-ils manquer à sa promesse, qu’ils deviennent moins fermes eux-mêmes dans leurs bonnes résolutions. Le démon leur dit tout bas, et ses snppôts crient tout haut : “qu’il n’y a pas de péché à prendre un pe- “-tit verre ; que la religion ne défend que l’excès ; ‘ qu’un tel en prend bien, quoiqu’il soit de la Tem- ‘“ pérance ; que c’est du fanatisme de mettre des pé- ‘ chés partout, et que c’est se rendre ridicule de tenir “ si fort à un engagement qui n’est rien dans le fond. Quand ils vont chez leur perfide ami, ils voient les autres en prendre gaiement, ils s’entendent . persiffler de tous côtés... “ Prenez garde, leur dit-on, d’y goû- “ ter, vous êtes damnés sans ressource. Si vous en “ portez à vos lèvres, vous aliez mourir ; c’est du poi- .“ son.” Il n’en faut pas tant pour réveiller une longue habitude, pour rouvrir des plaies qui ne faisaient que commencer à se fermer. Îls portent la muin au malheureux verre ; à peine y ont-ils £ .ûté, que la passion se rallume avec plus de fureur que jamais. Fncapables de se modérer comme leur ami, ils se plongent, plus qu’auparavant, dans le bourbier de l’ivrognerie ; et leur dernier état devient sept fois pis

soule quan de la parle Tem] des b de Jé manq gnal influe

pèche, prest une chose justice qu’il r de boisson ix employé famille. Il s besoin, ce d) être nui- UX romains, e de vin...

pèche donc + Son voipropres enlevenus des nitant l’exntièrement s à peine le deviennent nes résoluppôts crient ndre un pee l’excès ; le la Temtre des péile de tenir s le fond.”?

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ami, ils se bier de l’iept fois pis

que le premier. Je dirai, sans crainte de me tromper, à ceux qui ont la Jâcheté de prendre de ces bois-

sons, après y avoir renoncé : ‘“ voz/à votre ouvrage....’?

De même qu’une étincelle cause, souvent, le plus ter-

rible embrâsement, ainsi ce petit verre de boisson que

vous avez pris, qui n’était rien en lui-même, a causé

la perte, peut-être éternelle, de votre frère....vous é-

tiez assez furt, vous aviez assez de tête pour marcher

sur le bord de l’abîme ; vous avez pris, par la main,

votre frère, que vous connaissiez plus faible que vous.

Il vous a suivi: vous lui disiez qu’il n’y avait pas de

danger ; que, pourvu qu’il suivit le sentier où vous

marchiez avec lui, il ne tomberait pas... Et pen-

dant que vous lui parliez, il a perdu l’équilibre..….

Vous le voyez, il roule au fond du gouffre... Il périt sous

vos yeux, sans qu’il vous soit possible de lui porter au-

cun secours... Et, après cela, vous demandez si un

petit verre était péché pour vous ?..... vous cherchez

des excuses à votre imprudence, et vous n’êtes pas désolé! Et vous ne regardez pas avec horreur ce sen-

tier si étroit et si dangereux, où vous avez conduit et

perdu votre ami, votre frère ! Ah Î c’est que, si vous avez la physionomie de l’homme, vous n’avez pas

l’âme d’un chrétien !

Ah ! si l’on savait ce que vaut une âme ! combien sa perte ou son salut est dû souvent à peu de chose, dans l’origine ! Saint-Paul disait : “ Si je savais que la vi- ‘“ ande, que je mange, fût un sujet de péché pour ‘“ mon frère, je ne voudrais jamais en prendre une scule bouchée.” Voilà comment on parle et agit quand on a de la religion, qu’on aime Dieu, qu’on x: de la charité pour son prochain. Et voilà comment parleront et agiront les membres de la Société de Tempérance. Ils ne souilleront jamais leurs lèvres des boissons, auxquelles ils ont renorcé pour l’amour de Jésus-Christ, parce qu’ils savent que le moindre manque de fidélité à leur promesse deviendrait le signal de la perte de la plupart de ceux que l’heureuse: influence de la Soçiété de Tempérance a ramenés dans:

les sentiers de l’honneur et de la religion. Et Saint Paul ne dit-il pas encore dans son admirable épitre aux Galates, chapitre vr : “ Mes frères, si quelqu’un “ est tombé dans le péché, vous qui êtes spirituels et forts, travaillez à le relever avec charité, faisant toujours attention que vous pouvez être tentés vousmêmes, aussi bien que lui. Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de

Jésus-Christ.’ Méditez bien ces paroles du saint Apôtre, et vous ne manquerez pas à votre engagement, sous le prétexte que vous êtes fort, et qu’il n’y a pas de danger, pour vous, de tomber. L’Apôtre des nations vous avertit que tout ce qui a fait tomber voire frère,peut être un sujet de chûte pour vous-même. Il veut que vous vous regardiez toujours comme étant faible, et que vous preniez les mêmes précautions, pour ne pas tomber, que celles que vous conseillez aux personnes, dont vous connaissez les châtes, et que vous auriez relevées et corrigées en vous mettant, pour leur amour, de la Société de Tempérance.

Voulez-vous être inébranlable dans la bonne et sainte résolution que vous avez piise ? Méditez encore, le crucifix à la main, ces autres paroles de l’Apôtre Saint-Paul écrivant aux Corinthiens :—v. 22. Tout m'est permis, mais tout ne m'est pas avantageux.

v.93. Tout m'est permis, mais tout n’édifie pas le prochain.

v. 24. Que personne ne cherche sa propre satisfaction, mais le bien des autres.

Si vous manquez à votre engagement de Tempérance, et que vous preniez, sans une absolue nécessité, de la boisson, après y avoir renoncé, c’est sans doûte

parce que vous pensez que, n’en ayant jamais fait d’excès, il n’y à pas de danger, pour vous, aujourd’hui, de devenir intempérant. Mais ne craignez-vous pas qu'il ne se glisse quelque secret orgueil dans cette bonne opinion que vous avez de vous-même? Vous dites: “ [1 y aurait du danger pour un tel, à prendre. “ un verre de boisson; mais il n’y en a pas pour

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Dieu, comm laire !:

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nm. Et Saint irable épitre si quelqu’un spirituels et arité, faisant tentés vousfardeaux les insi la loi de les du saint otre engage- , et qu’il n’y __ L’Apôtre

fait tomber vous-même.

urs comme mes précau- 1e vous conz les châtes, li VOUS met- ‘empérance.

a bonne et itez encore, de l’Apôtre .22 Tout eux.

édifie pas le atisfaction,

de Tempéle nécessité, sans doute Jamais fait ujourd’hui, eZ-VOUS pas dans cette ne? Vous

à prendre

pas pour

4 moi!” Ne voyez-vous pas, par là, que vous fuites une comparaison qui n’est pas du tout en fuveur de votre frère; que vous vous mettez au-dessus de lui, que vous oubliez, en ce moment, ce mot de l’Ecriture : “ Que celui qui est debout craigne de tomber1?”? | Combien n’a-t-on pas vu de ces gens, qui avaient atteint l’âge de vingt, trente ou quarante ans en disant qu’il n’y avait point de danger pour eux de prendre un petit coup de tems en tems, et qui ont, cependant, fini par être des ivrognes ? Il n’y a peut-être pas une seule paroisse, en Canada, où on ne trouve de ces exemples. Il semble que Dieu a permis la chûte de ces gens qui comptaient tant sur leurs forces, afin que personne ne soit tenté à l’avenir de se croire et de se | dire à l’abri du danger.

Vous me direz peut-être : M&is, c’est bien pénible, pour l’amour des ivrognes, de se priver de ces boissons, dont l’usage ajoutait tant de charmes à nos

a petites réunions. C’est bien singulier: J’ai toujours été sobre, Dieu merci, et parce que mon voisin est un ivrogne, vous voulez que Je quitte des liqueurs innocentes en elles-mêmes, qui ne m’ont jamais fait faire de mal duns ma maison, et qui, souvent, me faisaient si bien, le soir, oublier les dures jatigues de la journée.” Nous vous répondrons, une fois pour toutes: mon ami, en vous invitant à vous mettre de la Société de Tempérance, nous ne vous commandons rien ; et vous ne rendez pas justice aux apôtres de la Société de Tempérance, lorsque vous dites qu’ils veulent, qu’ils exigent, qu’ils commandent, etc., ete. Non, non, nous n’exigeons, ne commandons rien; seulement, nous vous montrons une bonne œuvre à faire, hous vous disons les motifs que vous auriez de vous | joindre à nous, pour le bien de notre patrie, de notre | religion, pour le salut de nos frères, pour la gloire de Dieu, et peut-être aussi pour votre propre intérêt. Si, comme vous le dit votre digne Evêque, dans sa circu- 1 laire sur la Société de Tempérance, vous n’avez pas assez de force et de courage pour suivre les bons eun-

seils qui vous sont donnés ; si, pour de bonhes raisons,

je veux bien le supposer, vous ne pouvez comprendre le bien incalculable qui s’en suivrait, si les boissons détestables en usage dans ce pays étaient bannies de toutes nos maisons, restez tranquilles, buvez vos petits coups, instruisez vos enfans à boire aussi: seulement nous vous souhaitons de ne pas en voir surgir parmi eux, comme il s’en trouve partout, qui, à force de petits coups, ont fini par perdre leurs biens, leur santé, leur religion, leur honneur ; ont fini, en un mot, par devenir des ivrognes scandaleux.

Mais ne vous plaignez pas de nus commandemens, de nos exigences ; car, encore une fois, nous ne commandons à personne. C’est une armée sainte que nous cherchons à former, dont nous désirons nous environner pour combattre un des plus grands ennemis de notre salut. Il ne faut jamais mener personne à la guerre de force ; les gens, qui vont au combat malgré eux, deviennent traîtres à la première occasion, nous le savons. Ils abandonnent leur drapeau, quittent leurs armes et s’enfuient à l’approche de l’ennemi ; aussi, nous ne voulons pas de vous; nous ne voulons avoir que des gens de cœur, qui ne tremblent pas, qui ne se lamentent pas, quand on.leur propose de faire un sacrifice pour l’amour de Jésus-Christ. Nous ne voulons que des hommes d’honneur, que des chrétiens véritables dont la simple parole vaut tous les sermens et toutes les garanties du monde.

On dit: “ Mais, n’est-ce pas inconcevable de vou- ‘ Joir nous imposer, à nons, hommes sobres et tem- ‘“ pérans, un joug aussi pesant que celui d’être privés, ‘ toute notre vie, des liqueurs que Dieu nous a données ‘“ et dont, après tout, il a permis l’usage !?” . Les personnes qui tiennent ce langage n’ont jamais lu l’Epitre de Saint-Paul, que nous venons de citer ; ou, si elles l’ont lue, elles en ont bien complètement oublié les sublimes et divins enseignemens. Que dit le saint Apôtre? “ Portez les fardeaux les uns des autres, et: “ vous accomplirez ainsi la ivi de Jésus-Christ.??.

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: personne à la ombat malgré occasion, nous quittent leurs nnemi ; aussi, voulons avoir pas, qui ne se le faire un sa- Nous ne voutles chrétiens is les sermens

able de vouobres et temd’être privés, jous a données 1»? . Les perais lu l’Epitre r; ou, si elles nt oublié les dit le saint

des autres, et ésus-Christ.??:

ut été coupable, afin de nous sauver tous.

1os misères sur lui, pour nous en délivrer.

e fardeau à notre place, parce qu’il a vu que nous n’éions pas capables d’en soutenir le poids.

nibles, misérables, pécheurs ; et, pour nous tirer de

ous dirons donc à ceux qui se plaignent de ce qu’on

‘herche à leur imposer un fardeau, qui ne devrait être

is que sur les épaules des intempérans: “ Jésushrist, qui était innocent, a voulu souffrir comme s’il

Il a pris Il a porté

Nous étions

abîme de notre faiblesse, de nos misères, et de nos échés, il a voulu vivre et faire pénitence, jeûner et ouffrir, comme s’il eut été Ini-même faibie, misérable t pécheur.” Voilà le grand mystère du salut des ommes, que nous sommes tous appelés à continuer

ks uns envers les autres. Saint Paul, sans commander

en à personne, nous dit que nous devons faire, les s envers les autres, ce que Jésus-Christ a fait pour salut de tous. Saint Paul veut que ceux qui sont brts portent le fardeau comme ceux qui sont faibles. t pourquoi cela? Parce que, si les faibles sont laiss seuls à porter le fardeau, il n’en seront jamais caibles ; ils succomberont : mais s’ils voient le reste de urs frères porter le même fardeau pour leur amour, s prendront courage, et le fardeau leur paraîtra léger. ésus-Christ, en jeûnant, nous a appris à jeûner; en mortifiant, en crucifiant sa chair, il nous a appris à icifier la nôtre. Ainsi, autrefois c’était chose presimpossible aux intempérans de porter le fardeau de bstinence totale ; mais aujourd’hui qu’une foule de rsonnes, comprenant qu’il n’est pas toujours nécesre, au service du bon Maître, d’attendre le commanment pour faire une bonne action, se sont imposé lontairement le fardeau de l’abstinence totale pour ler leurs frères faibles, rien n’est plus commun que voir des hommes, adonnés à l’excès des boissons tes, en faire généreusement et pour toujours le sace. Que personne donc ne se plaigne, que perne ne crie à la nouveauté. Ici il n’y a rien de veau ; tout est facile et doux aux hommes de bonne

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volonté, Et quant à la prétendue nouveauté de la F doctrine que prêchent les apôtres de la tempérance, &

c’est une chose nouvelle, oui, mais comme tout ce qui 4 vient de l’Evangile, qui est une nouvelle aussi. C’est à une admirable et bonne nouvelle, destinée, si elle est 4 bien comprise, à extirper complètement l’ivrognerie 4

de notre pays, et, avec ce vice, bien d’autres désordres qu’il traîne naturellement à sa suite.

Que ceux donc qui ne veulent pas se mettre de la Société de Tempérance, vivont tranquilles; personne ne songe à leur faire violence, pour les y contraindre ; qu’ils usent, tant qu’il leur plaira, des boissons auxquelles ils tiennent par tant de liens; qu’ils se ser-

Quant aux membres de la Société de

“ geux.”?

deau de l’abstinence totale, pour l’amour de leurs frères, qu’ils bénissent Dieu de leur en avoir inspiré

la pensée, et qu’ils repoussent, avec une religieuse} indignation, les efforts que des amis pervers feraient

pour lés détourner du sentier glorieux où ils se sont] le leurs

engagés à marcher le reste de leurs jours. Qu'ils se

souviennent de ce que Jésus-Christ a dit de celuiqui,|

ayant mis la main à la charrue, a le malheur de regarder en arrière. Il vaut certainement mieux ne pas commencer une bonne œuvre que de l’abandon-

ner lâchement, sans raison, après l’avoir commencée.l < » BP Mhémate

Il n’est pas hors de propos de donner ici la traduction d’un fragment de l’admirable discours d’un des premiers Evêques d’Irlande, et des plus. savans Pontifes de l'Eglise, Monseigneur ForAn, Evêque de Waterford et de Lismore, au sujet de la Société de Tem: pérance. Après avoir éloquemment décrit une partiel des biens spirituels et temporels que Ja divine Providence fait descendre sur l’Irlande, par le moyen de la Société de Tempérance, il continue ainsi: “Dès le

“ commencement des travaux du Père Matthew, je

1 prévis ® cure

incon gation Mrecevo 4 Tempé # dans l’ au moi Sdes boi Mmvoyant fde qua!

Msageme

vent de la liberté dont parle St, Paul, quand il dit: puis ce

‘ Tout m’est permis, mais tout ne m’est pas avanta-{

rogner Hustrie,

H . ; . " M'empé Tempérance qui ont voulu suivre le conseil du Saint-( ve

Esprit, et qui se sont volontairement imposé le far- Les p

Mages ds

mevenus

ruit de ’habit e oivent,

ance et nembre est reti igue ret ouleur

es misé e ses cri >S plus ed du tr étaient ère, pot courent us docil

auté de la 4 prévis le bien incalculable qu’il était appelé à prompérance, f curepàa mon peuple; et voyant les dépenses et les out ce QUi Æ inconvéniens de toutes espèces qu’entraînait l’obliassi. C’est M ation où chacun se trouvait d’aller à Cork, pour , Si elle est recevoir le Pledge (1) des mains de l’Apôtre de la ivrognerie Æ'Tempérance, je l’invitai à venir dans mon Diocèse, s désordres M dans l’espérance que deux ou trois mille persoïnes Mau moins auraient le courage de faire le sacrifice des boissons fortes. Quelle ne fut pas ma joie en voyant que, dans l’espace de trois Jours, pas moins de quatre-vingt mille personnes avaient pris l’ensagement de la Tempérance entre ses mains. Depuis ce moment, on ne connait plus le vice de l’irognérie dans Waterford. La paix, l’ordre, l’in- Mustrie, le bonheur règnent partout à la suite de la Tempérance. Les hommes les plus prodigues sont Mevenus économes.

posé le far-}

®° Les pères sans entrailles, qui dépensaient leurs ur de leurs $ pages dans les auberges, conservent aujourd’hui le aVOir inspiré Hruit de leurs travaux pour donner la nourriture, ne religieuse. bit et la vie à leurs heureuses familles. Ils revers feraient vent, en rentrant dans leur maison, les caresses ils se sont leurs chers petits enfans qui n’ont connu l’abons. Qu'ils SE ;7ce et le bonheur que depuis que leur père est de celuiqui bre de la Société de Tempérance. Le libertin heux de re retiré de sa mauvaise voie ; partout l'enfant prot mieux DO retourne à la maison paternelle. Accablé de e l’abandon-Œ jour an souvenir de ses fautes passées, le blascommencée hémateur élève sa voix suppliante vers le Dieu ici la tradnc-Œ Hiséricordes, et demande avec larmes le pardon purs d’un des ces crimes. Les pécheurs les plus scandaleux et |savans Pon-, plus endurcis sont humblement prosternés au que de Wa-Se4 du tribunal de la Pénitence. Des hommes qui été de Tem-Bitsiést comme arrachés des bras de l'Eglise, leur rit une partie ère, pour vivre sans frein, sans lois, sans religion, divine Provi courent avec joie se ranger parmi ses enfans les moyen. de lg, dociles, et, non contens d’obéir au commandesi: “Dès le

| Matthew, Je

nettre de la fi 3; personne 4 ontraindre ; k >issons aUX- (f w’ils se ser- # uand il dit : 4 as avanta-!

Société de oil du Saint- 6

) Gage de Tempérance.

ment de la confession annuelle, ils viennent, no seulement tous les mois, mais encore toutes les se maines purifier leur conscience et sc nourrir pain hal; de vie. Les discordes dans les familles, les bataiË: que 1 les, les juremens, les blasphêmes, la misère hideus®: dont ont disparu devant cette société régénératrice. J‘ la m: conjure donc instamment mon clergé de m’aider #‘ veille propager, par tout mon Diocèse, la doctrine et 1#° les ch pratique de la Tempérance parfaite... #' par le ‘ Je suis décidé à employer toute l’autorité qu: ciété. Dieu m’a donnée pour faire disparaître les aubergeS: l’œuv au moins celles qui avoisinent les Eglises. Je n° mon: souffrirai pas que les temples du démon restent d&‘ Puiss: bout à côté de ceux du Dieu Tout-Puissant. Ta Si le:

‘ que je vivrai, je ne permettrai Jamais à personne & l’égarc

tenir auberge à une distance moindre d’un demi millqui faus de l’Eglise, et je défends à mes prêtres, dès ce mique cell

‘ ment, d’administrer aucun sacrement à ceux que le

tiennent de pareilles maisons. Si j’apprends qiilpeut-être quelqu'un fréquente ces maisons, j’interdirai l’Mqu'il far glise et, pendant six mois, il sera défendu d’y offfMais to le Saint Sacrifice. Je déclare de plus que ceux déplus illus transgressent la promesse qu’ils ont faite en entrallde Tem] dans la Société de Tempérance, tombent dans len sont cas réservés à moi seul, et mes grands-vicailisinon de même ne pourront les absoundre. Et je veux q mon clergé maintienne l’observation de cette donnance que je proclame, et que Je veux voire écutée, avec la plus grande exactitude, partout n@ C’étai Diocèse, à l’égard des membres de la Société del... Une Tempérance. pauvre

‘“ Dieu a répandu sur nous ses bénédictions les psa maig abondantes, par le moyen de la Société de Temple chagr rance. T’histoire du monde n’offre aucun exenBnaissait

d’un changement aussi prompt, aussi admirablaussi bel aussi salutaire que celui opéré parmi nous deffsur un t( quelque tems. Et comment le Seigneur opère d’un pet ce prodige? Il se choisit deux hommes obscursBcœur ; à Père Matthew, de Cork et le Père Foley, de Yopetite f mère, e Mpauvre x

toutes les se ouxrir les, les batail

l'autorité qu e les auberge glises. Jen ion restent di

s à personne ( d’un demi #1l res, dès ce m nt à ceux q j'apprends qi interdirai |’ fendu d’y off is Que CEUX ( faite en entr

mbent dans | grands-vicai

Et je veux q >n de celte e veux Voir € le, partout n a Société de

dictions les été de Tem aucun exen ssi admirable rmi nous de gneur opère imes obscurs Foley, de Yo

iennent, noi U path nisère hideusii nératrice. JÆ

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uissant. Tai

Apauvre mèré, nâvrée de douleur, cherchait à sourire

‘ hal; et c’est en cela que nous voyons clairement que le bien prodigieux qui s’opère, est dû au Dieu dont les miséricordes sont sans bornes, et que c’est la main du Tout-Puissant qui opère toutes ces merveilles. Car il est dans les secrets de Dieu d’opérer ‘ les choses les plus admirables sur la terre, souvent ‘ par le moyen des membres les plus faibles de la so- ‘ ciété. L’établissement de cette Société n’est donc ‘ l’œuvre ni du Père Matthew, ni du Père Foley, ni ‘ mon œuvre non plus; c’est l’œuvre du Dieu Tout- ‘ Puissant.”

Si le savant et pieux Pontife de Waterford a établi, à l'égard des membres de la Société de Tempérance ui faussent leurs promesses, des règles plus sévères que celles établies par nos respectables Evêques, c'est que le mal causé par les boissons en Irlande était peut-être encore plus grand que dans notre pays, et u’il faut toujours proportionner le remède an mal. Mais toujours nous voyons, par ce discours d’un des plus illustres Prélats de l’Eglise, combien la Société de Tempérance est respectable et combien ceux qui n sont membres doivent se faire un point d’honneur, sinon de conscience, d’en observer les règles.

L’Ivrogne !

C’était un Samedi soir, la pluie tombait par torrens. .… Une femme de haute taille était assise dans une

pauvre maison, sur la seule chaise qui restait. Malgré

sa maigreur extrême et les traces que la misère et e chagrin avaient empfeintes sur sa figure, on reconnaissait encore en elle les vestiges d’une femme aussi belle qu’aimable. Elle chantait à demi voix,

sur un tôn doux et plaintif, pour calmer les douleurs d’un petit enfant malade dont les cris déchiraient le cœur ; à coté d’elle était assise sur le plancher, une

petite fille le regard doulourensement fixé sur sa mère, et semblant lui demander quelque chose. La

à son enfant. Pour crcher les larmes qui roulaien sur ses joues, elle disait à voix basse : “ Ma chère en! ‘ fant, 1l va bientôt arriver, et alors ma bonne petite ‘ fille aura à souper..….…?? l Un moment après la porte s’ouvre pour laissel entrer un enfant dont la bonne mine et la beauté se faisaient jour à travers les haillons dont il était couvert, ‘“ Ils n’ont rien voulu m’uvancer, ma chère ‘ maman, dit-il d’un ton de désespoir. Ils disent ‘“ que mon père ne fait que boire, et qu’ils courent ‘ le risque de ne pas être payés pour ce qu’ils nouf ‘ ont déjà donné.....?”? Le pauvre enfant, étouffé paï ses sanglots, ne put en-dire davantage. La malheu reuse femme reste quelques momens muette de dou leur. Enfin, reprenant quelque force: “Eh bien, ‘“ Edouard, qu’allons-nous devenir 7... c’est demain “ Dimanche, et nous allons certainement mourir del “ faim, à moins que tu n’ailles de nouveau... (elle n’osait prononcer le mot) chez ton oncle pour lui “ demander quelques chelins. Il me semble que si tu lui fais connaître l’affreuse misère à laquelle nous! sommes réduits, il ne pourra nous refuser...

L'enfant essaie en vain de cacher la peine que lui cause la proposition de sa mère ; ses joues si pâles se! teignent tout-à-coup d’un rouge écarlate par la vio4 lence qu’il se fait; son bel œil si doux brille d’un éclat inaccoutumé.— “ Oh ! ma mère, s’écrie-t-il, quel ‘ me demandez-vous ! Non, jamais, jamais! J’aimel ‘ mieux mille fois souffrir les horreurs de la faim! ‘ J'aime mieux quêter..... J’aime mieux mourir... ‘ Oh ! ma mère, je vous conjure, ne me commandezh ‘ pas d’aller chez mon oncle...” Et en prononganth ces paroles, il cuchait son visage dans ses mains, qu’ill tenait appuyées sur la table. | Il s’en suivit un long silence qui ne fut interrompu que par la petite fille : “ Maman, dit-elle, vous m’a-| “ viez promis de me donner à souper, lorsqu’Edouard # serait de retour ; je vous en prie, j’ai faim, donnez- ‘ moi donc un petit morceau de pain... Vous ai-je

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SOCIÉTÉ DE TEMPÉRANCE. 71 ‘“ donc fait de la peine, chère petite maman, pour ‘ que vous ne m’ayez rien donné à manger aujour- ‘ d'hui? je n’en puis plus... Mais pourquoi donc ‘ pleurez-vous ?” La mère, pressant cette chère petite, ne put lui répondre que par ses sanglots..….…. En ce moment Edouard levait sa tête de dessus la table ; son visage était revenu à sa paleur naturelle ; et cet air de vivacité, qu’il avait un instant auparavant, avait fait piace à l’abattement ; il s’avance vers sa mère, lui passe ses bras au cou et l’embrasse avec toute l’effusion d’un bon cœur: “Chère et tendre mère, lui “ dit-il, pardonnez-moi, je vous en prie. Je ne ‘ savais ce que je disais... Oh ! je vous en conjure,

LU

“ ne me faites pas mourir avec ces larmes que vous - versez et qui me reprochent le malheur que j’ai éu

“ d'augmenter vos chagrins par ma désobéissance. Je 6 pars tout dé suite. Après tout, il ne peut toujours “me traiter plus durement qu’il a fait l’autre jour... 4 Ma mère, ma chèré mère, prenez un peu de courage, ‘ je vous en conjure; priez pour moi, je vais vous # chercher du pain...

—“ Edouard,—répliqua la mère éplorée en le pres- & gant contrée son cœur,—mon Edouard, ce serait “ avec joie que je ferais le sacrifice de ma vie, pour “ épargner la moindre peine à un enfant qui m’a tou- & jours été aussi bon et aussi soumis que toi, mon “ chers; tu sais que ce n’est pas pour moi que je “ te prie de faire une démarche dont la seul. nensée # m’accable autant que toi... Mais (en lui mon- ‘ tran‘ ses petites sœurs,) c’est pour leur amour que “ tu vas m’obliger, et que tu vas encore cette fois “ montrer ton bon cœur pour ta mère.”

Demeurée seulé, elle s’agenouille, et prie en tenant eñtre ses bras ses enfans qu’elle arrose de ses larmes. Il est impossible de dire combien les instans qui s’écoulent paraissent ennuyeux longs et à cette mère dont le cœur était brisé par tant de douleurs... Bien des fois ellé sé leva, et ouvrit la porte pour regatder au-dehors$ mais elle ne pouvait percer les té-

nèbres” dont l’épaisseur était encore augmentée par l'orage qui tombait. Elle prêtait l’oreille au moindre bruit qu’elle croyait entendre... Enfin elle reconnut les pas de l’enfant si cher à son cœur. Il rentre, cette fois-ci apportant quelque nourriture. Mais il ne dit pas à sa mère avec quel mépris il avait été repoussé de bien des portes, quelles insultes il lui avait fallu recevoir partout. Il ne lui raconta pas dans combien d’endroits on lui avait dit que ça ne convenait pas de donner du pain qu’on avait tant de peine à gagner, pour nourrir un ivrogne, avec ses paresseux enfans ; il ue lui dit pas quels affronts il avait reçus pour son amour, ni combien de fois il avait été forcé de se je-

ter aux genoux de ceux qui le repoussaient en les con-

jurant de lui donner un petit morceau de pain pour sa mère et ses petites sœurs qui mouraient de faim. Mais la fièvre mortelle qui colorait de pourpre la figure de son enfant, et les larges gouttes de sueurs qui tombaient de son front, racontaient plus éloquemment qu'aucune voix, à cette mère infortunée, ce que son enfant avait souffert pour elle... Ses forces étaient épuisées: il tombe sans connaissance entre ses bras. - Aux premiers cris de douleur de cette pauvre femme succède un lang silence... Puis, revenant un peu à lui-même : ‘“ Ma mère, dit-il, prenez ma main, met- “ tez-la sur votre cœur... Pourquoi pleurez-vous? ‘ ajouta-t-il après une pause, pourquoi pleurez-vous, ‘ ma mère ? est-ce parce qu’aujourd’hui vous avez “ un enfant sur la terre, et que demain il sera au ciel ? “ Pourquoi pleurez-vous?.. je m’en vais quitter ce “ monde si plein de misères, ce monde où vous n’avez “eu que dut chagrin et des soucis, pour ce ciel si beau, ‘# dont nous avons si souvent parlé tous les deux. Je ‘ n’ai plus qu’un moment de vie: déjà je sens mes ‘ yeux qui se ferment à la lumière. La mort a déjà ‘“ Ja main sur moi; je n’ai qu’un seul regret en quit- “ tant si jeune la vie, o ma mère, c’est d’être séparé “ de vous... Ah! si je pouvais vous emmener aveo ‘# moi! mais j’espère que vous allez bientôt me sui

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SOCIÉTÉ DE TEMPÉRANCE. 73 ‘“ vre......”” Les mots qu’il voulut encore prononcer étaient inintelligibles. Sa tête se pencha sur le sein de sa mère; puis poussant un profond et dernier soupir, il laissa échapper son âme pour aller au ciel jouir, comme il l’espérait, d’une meilleure vie. Et la mère, trop infortunée, tomba sans parole et sans force sur le cadavre inanimé de son enfant...

Plusieurs heures s'étaient écoulées : toujours évanouie, elle le tenait encore entre ses bras ; un l’eut dit morte, et aussi délivrée à jamais des peines et des misères de cette vie. Tout d’un coup, la porte, ponssée violemment, s'ouvre avec fracas, et un homme ivre, rentre en chancelant… Il regarde d’un air, stupide, autour de lui, comme pour connaître où il se trouve.

{ À la fin il reconnaît sa femme, s’élance vers elle, la {saisit par le bras et la tire avec brutalité.

Un profond soupir qu’elle pousse, indique qu’elle revient à elle-même... puis l’apercevant, elle se relève,

det lui montre le cadavre de son enfant :—‘ Le vois-

“ tu, s’écria-t-elle, le reconnais-tu ? sais-tu qui est ce- ‘ Jui qui a écrasé cet enfant sous le poids des peines

1" et des angoisses ? sais-tu qui lui a donné en partage, 1‘ dès son entrée dans le monde, la pauvreté, la misère

‘et la honte ? qui a rempli la coupe de la vie de cet ‘ ange d’un fiel si amer, qu’il en a détourné ses lè-

1‘ vres, et qu’il n’a pu en supporter l’amertume?

“ Monstre ! ai-je besoin de le dire ? sais-tu qui a en- ‘ foncé le poignard dans le cœur de ce tendre enfant ?

1‘ C’est un père ivrogne, c’est toi qui as creusé son 1" tombeau, c’est toi qui m’as ôté mon enfant, c’est toi

“ qui as déchiré le cœur de la femme que tu avais fait ‘“ Je serment de rendre heureuse !...??

Le malheureux père, stupéfait, ne pouvait articuler nn seul mot.—Son ivresse s’était complètement dissipée à la vue de cette triste scène. Sa cunscience lü adressait des reproches aussi mérités et plus sévères encore que ceux de sa femme.

Pour appaiser ses remords et oublier son chagrin, il court à l’auberge voisine et s’enivre ! !......

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