‹ Manuel des [so]ciétés de tempérance [microforme]Chapitre 21 sur 44 · ÈS · texte numérisé non relu

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re : Jl est bon de ne point boire de vin ;”? N'oé but du Æ Vons vin et s’enivra. Après l’ivresse, suivit la nudité du # autre “ corps, et l’intempérance enfanta l’impureté. Loth, Æ bien “ cet ami de Dieu, qui fut sauvé sur la montagne, et “ qui, seul, de tant de uilliers d’hommes, avait été ‘Ré:

‘ trouvé juste, est enivré, et commet lu plus abomi : «J ‘ nable action... Et quoique la volonté n’ait aucune ‘ part au crime, l’erreur toutefois ne laisse pas d’être ‘“ coupable. jo

“ Elie fuyait Jézabel, et, fatigué, se reposait sousun&, St “ chêne dans la solitude : un Ange vient à lui, leré-& dép “ veille et jui dit: Léve-toi, et mange. Elie regarde, 228, “ et il vit auprès de sa téte un pain cuit sous la cendre} tem “et un vase d’eau. Est-ce que Dieu ne pouvait pas luilf” forte “ envoyer un vin délicieux ?”? “ Ré

Voilà ce qu’a pensé, et comment a parlé de l’usage rande du vin un des plus savans et des plus saints prêtresOnnes dont l’Eglise s’honore. Nous pourrions citer bien d’au-MPar sui tres témoignages de l’antiquité chrétienne et païenneM0isson cuntre le vin, siles bornes, que nous noussommes pres-R “Par crites dans cet ouvrage, ne nous interdisaient de lee pren faire... Mais que n’aurait pas dit St.-Jérôme s’il avaitlueique eu à parler, comme nous, des détestables boissons don é. Pui on nous empoisonne sous les homs de bière, rum, vinégéné wiskey, etc. etc... Que n’aurait-il pas dit contre l’u ombre sage journalier même du bon vin s’ilavait eu, comme@0iSsons nous, à parler à des hommes qui ne peuvent se procuurs le rer cette jouissance sans faire des dépenses excessive0mme eu égard à leur fortune et à l’état de notre pauvre payä* Pauv où tout est encore à créer ? Quels foudres d’éloquencæÿr tout ] ces oracles du sanctuaire n’auraient-ils pas fait enten dérera dre contre la boisson, si, comme dans nos pays difirent a Nord, elle eut été la grande plaie des peuples, le pre “ Les mier et le plus redoutable ennemi de la croix, et euftnnent été opposée, par le démon, comme le plus grand obus aut tacle à l’effusion des grâces et des iumières de l’Evan ils son gile parmi nous et les nouveaux peuples qu’on cher ‘ 1. che à tirer des ténèbres de l’idolâtrie. ndant I] nous semble que la lettre suivante, que nous aneur 1

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| vons reçue de M. le Coronaire de Québec, est une

autre preuve du mal qve la boisson nous a fait, et est bien propre à nous y faire renoncer pour toujours :

RÉVÉREND MonsIEUR,

& J’ai l'honneur de répondre à votre lettre du 5 Décembre 1841. Votre première question est conçue en ces termes :

‘ Sur le nombre des morts subites et d’accidens “ déplorables, dont vous prenez connaissance tous les

A‘ ans, quelle est la proportion de celles causées direc-

“ tement ou indirectement par l’usage des boissons << fortes 1”?

4 Réponse. —J’ai le chagrin de vous dire que la très srande partie, au moins les sept-huitièmes, des personnes qui perdent la vie par mort subite, par accident, ar suicide, ne doivent ce malheur qu’à l’usage des boissons fortes.

Parmi ces tristes événemens dont .j’ai été obligé le prendre note, je me permettrai de vous en citer quelques-uns, dont les circonstonces m'ont le plus frapé. Puisse le peuple Canadien, que vous cherchez à égénérer, réfléchir sérieusement sur les maux sans ombre qu’il attire sur lui par l’usage des abominables oissons qui nous.sont importées. Puisse-t-il pour touours les bannir loin de ce pays. Si chacun était,

mme moi, témoin des maux que la boisson fait dans e pauvre pays, vous n’auriez pas grand peine à porer tout le monde à y renoncer, surtout quand on condérerait qu’à côté du mal qu’elles font, elles ne prorent aucun bien réel à l’homme.

“ Les faits que je vais vous citer sont ceux qui me ennent, en ce moment, à la mémoire, et dont j’ai le us authentiqué ler particularités. Mais je vous assure ’ils sont loin d’être les plus atroces.

# 1.—Charles..….., sans être un ivrogne, aimait cendant la boisson lorsqu’il se maria. Son métier d’araeur lui faisait gagner de grosses gages en été, et

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en hiver un petit commerce, qu’il tenait dans sa maison, lui rapportait plus qu’il ne fallait pour payer les dépenses journalières. Il s’arquit bientôt une couple 4u ge de jolies propriétés. Sa femme lui avait déjà donné beanc deux enfans, lorsqu'elle s’aperçut qu’il commençait à d’être faire beaucoup de dépenses et à négliger ses affaires tous s pour l’amour de la boisson. Elle voulut lui faire desM le remontrances: mais il était trop tard ; ses avis ne firent} néglig qu’aigrir son caractère, l’éloigner de sa maison, et leÆ duite précipiter de plus en plus dans l’abîme de l’ivrogne-Æ sentar rie. Bientôt, ce qu’il avait gagné dans ses années del courag bonne conduite fut dissipé ; et la femme, pour se con détrui soler de l’affreuse misère dans laquelle elle allait tomÆ ne sou ber, se mit à boire aussi. Il est impossible de décrirdl cou et l’état de cette malheureuse famille. laquel] Cet homme infortuné, frappé un jour de sa dégra® vre ! dation, se jette dans le corps une dose de boisson en#infortu core plus forte que de coutume. Puis il saisit un pis aurait : tolet. et se décharge le coup à bout portant dans ISson pay côté. Il tombe sans connaissance, le bas-ventre ouvert ‘3. baigné dans son sang. Il était dans un état horrible certain Les gens du voisinage courent aussitôt chercher M. IEtravai:, Docteur, qui ne restait pas loin de là. Dans l’intervallS Il avai sa conpaissance lui était revenue. En apercevant Médecin: ‘“ Bonjour, dit-il, M. le Dr., vous venez sa il conse ‘ doute pour me guérir; maisauparavant il faut prequ’i “ dre un coup ensemble.” Puis il fait d’incroyabl@æsa eftorts pour mettre la main dans son gousset, afin d’e tirer un écu, avec lequel, dit-il, il veut envoyer che c cher du rum. Mais il n’a ne le tems de retirer desŒil profit gousset sa main converte de sang qu’il expire ! se pen “ Le Médecin, les assistans et moi, qui suis appeétat qu un instant après, quoique accontumés à voir bien dde leur horreurs, restons saisis d’épouvante. “4, 9, Louis... issu d’une de nos meilleures fambdes boi les de campagne, avait reçu une excellenté éducati dans le Collége de... Il s’y fit remarquer par ses ! lens.et ses bonnes qualités. Ses études achevées, il maria à une jeune et très aimable demoiselle, qui

jouir tait a

dans sa mai- À jouir de quelques années de bonheur avec lui. J1 s’éur payer les E tait acquis l’estime dé ses concitoyens, et il reçnt même t une couple du gouvernement une charge de confiance. Il avait déjà donné beaucoup d’amis, au nombre desquels je me félicitais ommençait à d’être. Mais il aimait la boisson, et ce fut la cause de r ses affaires} tous ses malheurs. (Ce vice, qui va toujours croissant, lui faire des le posséda tellement à la fin, que pour le satisfaire il avis ne firent# négligea ses affaires Bientôt sa fortune se trouva rémaison, et leÆ duite presque au néant, son esprit s’affaiblit. Ne se le l’ivrogne-Æ sentant pas la. force de supporter ses malheurs, ni le ses années dell courage de quitter la boisson, l’horrible pensée de se , pour se con détruire s’empare de lui; ils’éloigne sans que personne lle allait tom ne soupçonne son dessein: il s’attache une pierre au le de décrire cou et va se jeter dans la rivière...…, sur les bords de laquelle j’ai eu la douleur d’aller inspecter son cadar de sa dégra vre ! Telle a été la fin déplorable de cet homme de boisson enBinfortuné, qui, sans la boisson, par ses bonnes qualités, ] saisit un pisÿ aurait fait le bonheur de sa famille, et l’honneur de ortant dans lSson pays. 3 ventre ouvert ‘“3.—Noël.…., excellent ouvrier, s’était acquis une état horribleAcertaine aisance, par son industrie, son assiduité ‘au hercher M. lÉtravaii, et la bonne conduite de son excellente femme. ans l’intervallR Il avait été, jusqu’à un certain âge, sans prendre aucuapercevant IL ne sorte de boisson ; mais enfin, sollicité par ses amis, ous venez sa il consent à y goûter, et dissipe en peu de tems tout ce nt il faut preqü’il avait d’abord gagné. ‘Tombé par sa faute, avec t d’ineroyabl@sa famille, dans la plus affreuse misère, deux fois il usset, afin d’Æcherche à se détruire, et deux fois sa pauvre femme envoyer che vole à son secours, et l’arrache à la mort. Mais bientôt e retirer desdil profite des ténèbres de la nuit, prend une corde et expire ! se pend au chevet de son lit! Et c’est dans cet horrible qui suis appelétat que sa femme et ses enfans le trouvent au sortir à voir bien ‘dde leur premier sommeil.

‘4.—La plupart des morts subites sont dues à l’effet Leilleures famides boissons fortes. On se tromperait fort si Pon lenté éducatileroyait qu’il faut toujours une grande quantité de quer per.ses | boisson pour tuer un homme. Quelques verres, bus L achevées, il Ravec des umis, sans suflire pour enivrer, ont maintes noiselle, qui fois eu l’effet d’un coup de ide dans la tête ou dans

le corps, par les ravages snbits et étonnans qu’ils y Æ tume: ont causés. J’ai souvent été appelé pour de semblables Æ 1, tête cas. J’en suis toujours revenu l'esprit de plus eu plus presqt rempli de dégoût et d’horreur pour ces dévorantes D rurgie boissons qui sont malheureusement d’un si fréquent Æ flamm usage dans doutes les classes de la société. On dit sou- “67. vent: une telle personne est morte d’apoplexie, d’hé- Æ {henti morrhagie, de consomption. Tous ces mots ne sont, Æ bien le le plus souvent, qu’un voile dont notre ignorance se À enfans sert pour cacher le suicide par la boisson. Si on ouvre Æ __ Une les cadavres de ces personnes qu’on dit mortes d’apo-Æ ble, plexie, de ruptures des vaisseaux sanguins, de con-Æ qe bois somption, on voit à ne pouvoir s’y tromper, générale- Æ son be ment, que les ravages de l’alcohol sont les seules et E firent | immédiates causes de ces morts funestes. mauva # 5.—Il n’y a pas bien longtemps, je fus appelé, Æ fut, co: dans une campagne, pour visiter le cadavre d’un vieil-E sion n lard, mort subitement à. l’âge de 80 ans; cet homme Æ 176 ou avait, à ce qu’on me dit, fait excessivement usage de E batern. boisson toute sa vie, s’était toujours bien porté, et'se À elle pe moquait, en apparence avec de bonnes raisons, de ceux Æ mauve qui disent que les boissons fortes ruinent le tempéram-} de deu ment. Le Chirurgien ouvre son corps en ma présence E ve, et devant le jury. Quel n’est pas notre étonnerient de B et étai voir qu’il n’avait pas gros comme le pouce de foie !Æ en se Tout avait été entièrement brûlé par la boisson: à la «g, place du foie, il n’y avait plus qu’un affreux amas de E cellent matière coagulée ; au reste, tous ses autres organes étaient dans un état purfait de conservation, et, sans la boisson, il aurait encore pu vivre un grand nombre d'années. | | ‘:6.—George..……., gros habitant de campagne, était à la tête d’une nombreuse famille qu’il soutenait honorablemert. Mais, comme il] partageait, avec un grand nombre d’autres Canadiens, la funeste pensée que les boissons donnent de la force à l’homme, il en buvait à proportion de ses grands travaux. Un jour que la chaleurs’annonçait devoir être excessive, pour mieux la. supporter, il prend une dose plus forte que de cou-

ns qu'ils y semblables plus en plus dévorantes si fréquent On dit souwlexie, d’héots ne sont, gnorance 8e Si on ouvre ortes d’apoins, de con- Ta généraleles seules et

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D page : il tombe, roule à l’eau et se noie!

tume; ce fut son coup de mort ; l’alcohol lui monte à la tête; porte l’enflammation dans le cerveau,et il meurt presque sur le champ. La déclarætion du savant Chirurgien que j’appelai, fut qu’il était mort d’une enflammation de cerveau causée par la boissson.

6 7,—-Le fait suivant, que j'ai eu la douleur d’anthentiquer, est encore bien déplorable, et prouve combien les parens devraient être attentifs à ce que leurs enfans ignorassent jusqu’au nom des boissons fortes. —Une jeune fille appartenant à une famille respectable, mais dans laquelle il se faisait un grand usage de boisson, en avait contracté secrètement le goût dès son bas âge. Ses parents, qui s’en aperçurent, n’en firent pas d’abord grand cas. Ils espéraient que ce mauvais penchant se détruirait avec l’âge ; mais il en fut, comme il est ordinairement, le contraire ; sa passion ne fit que croitre avec l'âge. Ayant atteint sa 17e ou 18e année, et fatiguée de la gêne de la maison paternelle, et surtout des remontrances de sa mère, elle part un jour et vient en ville se jeter dans une mauvaise maison. Elle continue à boire, et au bout de deux-ans je suis appelé à visiter son hideux cadavre. Elle était morte dans un état complet d’ivresse, et était brisée des coups qu’elle avait reçus la veille en se battant avec trois autres malheureuses !

8.—Augustin..…, jeune matelot canadien, et excellent jeune homme, vient en ville, rencontre quelques amis qui l’entraînent à l’auberge presque malgré lui. Il s’enivre, et revient à son bord dans cet état. Il veut danser, gambader devant le reste de l’équi- Il était le seul soutien d’une vieille mère infortunée.

4 9.—Cyprien….…., petit commerçant, s’enivre dans une auberge qui se trouvait sur le bord d’une rivière qu’il voulait traverser, - Puis il sembarque dans cet état ;.arrivé au milieu du courant, un excès de phrénésie s’empare de lui, il s’élance à l’eau et se noie sous les yeux des rameurs.épouvantés Le lendemain je is appelé à authentiquer sur son cadavre que le bois-

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son est le plus redoutable ennemi de l’homme, et qué

tout ce qu’il y a de bon dans la société devrait travailler à la détruire jusque dans sa racine.

‘6 10.—Marie...., femme de la campagne, d’un certain âge, et mère d’enfans très respectables, était malheureusement adonnée à la boisson. Elle vient en ville pendant l’hiver, s’enivre, veut retourner chez elle le soir, perd le chemin, et est trouvée gelée à mort le lendemain au mikieu d’un champ. Et que de morts semblables à celle-là dont j’ai eu la triste nécessité d’enrégistrer la cause ?

‘ Beaucoup de personnes adonnées à la boisson|

meurent subitement tous les ans. Lorsqu'on ouvre leurs cadavres, on voit que c’est le manque de nourriture qui les a fait périr. On sait qu’une personne qui boit des liqueurs fortes perd bientôt le sentiment de la faim : oublie, dans son ivresse, de donner la substance à son corps qui tombe de faiblesse et qui laisse partir la pauvre âme pour l’autre monde. Parmi nombre de ces cas déplorables-eu voici un :

‘ 11.—Emilie..….., épouse de...….., était extrêmement adonnée à la boisson; son mari, fatigué de ses excès, la renferme et lui donne autant de boissons fortes qu’elle en désire.

en prend excessivement et meurt subitement au bout de ce tems.

‘ Son cadavre, qui est ouvert devant moi, nous pré-k,.

sente un spectacle d’hurreur presqu’impossible à déecrire. Son foie, horriblement gonflé, était durci comme une. pierre. Ses poumons étaient dans un état de décomposition affreuse. Le Chirurgien déclare que la boisson seule avait causé ces ravages.

12.—Je fus appelé, il y a quelque tems, à examiner la cause de Ja mort subite d’un enfant de deux ans; et

voici le triste récit que nous firent les témoins de ce.

lamentable événement. La mère, qui passait pou

aimer ja boisson, était sortie sans dire où elle allait

L'heure du repas arrive, son mari, voyant qu’elle ne venait pas, est inquiet et sort pour la chercher ; il là

Pendant quinze jours, elle!

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trouve à quelques pas de sa maison, tombée dans un état complet d’ivresse sur son malheureux enfant qu’elle avait étouffé sous le poids de son corps. Et és à Dieu que ce femme fût la seule qui ait causé

mort de son enfant par sa passion pour la boisson. Mais elle n’est pas Ja seule; malheur aux pauvres enfans qui ont des mères tant soit peu adonnées à l’usage des boissons fortes. Les anciens Romains punissaient de mort les femmes qui aimaient trop le vin. Ils agissaient sagement.

4 Je vous citerais bien d’autres traits, dont mes livres sont remplis, des funestes effets de la boisson ; mais ce serait à ne jamais finir, et jé serais véritablement embarrassé sur le choix. Je me contenterai donc de continuer à répondre simplement aux questions que sentiment de vous me faites l’honneurde m’ac-esser. Votre seconde nner la subs-E question est conçue en ces termes: “ Combien, année > et qui laisse E ‘ commune, de personnes se noyent, combien se suici- . Parmi nom-B“ dent, combien périssent d’autres manières ‘aussi “ funestes 7” Réponse: Dans chaque année, à quelque chose près, il est trouvé entre 30 à 50 noyés, qui sont reconnus pour être des matelots, des gens employés à bord des petites goëlettes, chaloupes, bateaux, et sur les quais, etc. Ceux-ci sont généralement des Canadiens, qui, ayant pris un coup ou deux de boissons fortes, deviennent trop hardis, affrontent le danger, et courent après une mort funeste. —Le nombre des suicides varie depuis un, deux, jusqu’à dix par année, sur un total de 59 à 72 enquêtes que le Coronaire ‘ent avec un juré pendant les années communes.

“ Votre troisième question est : “ Depuis que la So- “ ciété de Tempérance fait quelque progrès parmi le “ peuple Canadien, avez-vous remarqué que les morts “ subites et funestes soient devenues plus rares ?”” Réponse: Je puis vous assurer que le nombre de morts par apoplexies, épilepsies, délire, etc., tontes générale- Ament causées par l’usage des boissons fortes, ont été beaucoup plus rares depuis l’établissement des Sociétés de Tempérance. Le nombre des enquêtes n’a pes

ne, d’un certables, était Elle vient en tourner chez vée gelée à x, Et que de triste néces-

à la boisson qu’on ouvre ue de nourripersonne qui

tait extrêmefatigué de ses t de boissons ze jours, elle} ment au bout

moi, nous prépossible à dét durci comme sun état de déclare que la

ns, à examiner deux ans ; € témoins de ce i passait pou où elle allait.

ant qu’elle ne hercher ; il là

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diminué dans la saison de la navigation, à cause de l’engmentation de 1na marine ; mais, depuis que la na+ vigation se ferme, à présent qu’il ne reste plus que la population Canadienne, qui se corrige par l’heureuse influence de la Société de Tempérance, le nombre de morts accidentelles et funestes est diminué d’une manière bien visible et bien corsolante,

Personne ne pent fermer les yeux sur le bon effet que la Société de Tempérance a déjà eu parmi nous. Nous voyons régner l’aisance dans bien des familles quel Ja misère et mille privations accablaient tous les jours dans la ville et les villages. Beaucoup de persoñnesk ont recouvré leur santé et refait leur tempérammenth depuis qu’elles se sont jointes aux Sociétés de Tempérañce, et qu’elles ont entièrement quitté la boisson Beaucoup d’auberges ont été fermées parce qu’elles n'étaient plus fréquentées,

‘ À la 4e. question qui est ainsi: “ Si on parveniait si

‘“ à détruire l’usage des boissoñs fortes parmi notré ‘“ peuple, pensez-vous que le nombre de morts funes- “ tes diminuerait considérablement, et qu’il en résul- ‘ terait beaucoup de bien.” Réponse: Oui, Monsieur, je le pense; si, comme il faut l’espérer, l’usage des boissons spiritueuses eesse, les accidens et les morts funestes deviendront aussi rares qu’ils sont aujourd’hui fréquens.

“ Et les biens qui en résultersient, pour la société Œn:

en général, comme pôur les particuliers, sont incalculables. |

ü J'ai l'honneur d’être, Monsieur, Votre très-humble serviteur,

ü“ B, PANET, Cot.”

H y a peu de tem, nous eûmes le bonheur de no trouver avec un de ces hommes admirables dent lo monde ne cotnprendra jarhais parfhitement les nobles sacrifices et les vertus héroïques, mais qui seront uraguifiquemént récompensés au ciel. C’est un Mission-

“ assuré (et je le tiens de sources malheureusement | ‘ trop certaines pour pouvoir en douter) que 70 étaient |}

‘ ivres lorsque lu mort les a frappés. Des témoins “ occulaires nous ont donné la désclante certitude “ qu’un grand nombre dans leur ivresse venaient de

‘ prononcer d’afireux blasphêmes, d’appeler même le } $ démon à leur aide, lorsqu'ils furent lancés aux pieds À

“ de leur Souverain et redoutable Juge...….!??

Mais le sort des jeunes gens qui ne périssent pas |

ainsi est-il bien plus consolant pour la religion, la famille, la patrie? Ah! quel spectacle plus déchirant que ces milliers de jeunes Canadiens qui descendent, tous les ans, sur les cages. De retour de la coupe des

bois, épuisés par un travail surhumain, par des priva- |

tions incroyables, que font-ils dans leurs paroisses ? La plupar, n’en deviennent-ils pas le scandale et l’opprobre? Un mois s’est à peine écoulé qu’ils ont dépen-

sé, en boissons et en débauches, l’argent qui était |

pourtant le prix de tant de peines et de dangers.—Et set immense commerce de bois, qui devrait porter la richesse et la vie partout, ne sert qu’à enrichir quel-

4 laisse

ques étrangers, vendeurs de boissons, qui quitteront |

bientôt, comme nous l’avons déjà vu mille fois, leton- |

neau ou Je verr: sale de la cantine, pour se montir |

sur des monceaux d’or, et ÿ achever de nous arracher

en grand, ce qu’ils n’avaient pu nous ôter en détail.

Encore une fois, est-ce la famille, la paroisse, le pays qui profitent de tant d’: rgent gagné par les sueurs des Canadiens dans la coupe des bois ? Non. La boisson nous prive de toutes ces richesses.

Et cela est si vrui que rien n’est plus rare dans nos |

campagnes qu’un homme qui a pu s’y établir hono-

rablement après avoir cependant gagné beaucoup À

d’argent dans les chantiers.

Après de pareils faits dont nous sommes, tous les Jours, les tristes témoins, qui se passent sons nos yeux, au sein de presque’ toutes nos paroisses, est-il besoin de conjurer tous ies Pasteurs, tous les pères de famille,

tous les hommes qui peuvent exercer quelqu’infuence À.

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