C. CHINIQUY,Ptri
Jeunes Amis,
C'est à vous que nous dédions ce petit ouvrage, parce que c'est votre bien, votre bonheur surtout que nous avions en vue pendant les veillei que nous y avons consacrées.
Il nous est permis, plus que jamais aujourd'hui, d'espérer que la lecture vous en sera salutaire, — car il a obtenu des paroles de béné diction de notre premier Pasteur. Et c'est de ses mains sacrées, e quelque sorte, que cette troisième édition passera dans les vôtres.
Ce livre n'a pas l'intérêt littéraire qu'une main plus habile aurait y lui donner. Cette considération, cependant, ne nous empêchera pas vous l'offrir de nouveau parce que, malgré de nombreux défauts, i le pensons propre à vous découvrir, et à vous faire éviter un des i dangereux pièges que Vennemi vous tend, dans ce pays,* dès les | miers pas dans la vie.
Lorsqu'un voyageur, traversant un pays inconnu, arrive, sans le sur/e bord d'un abîme, où des milliers d'infortunés aotit ^é ' /«; et qu^une voix lui annonce le danger et lui crîo de ^\»»igf
ÉPITRE DÉDICATOIRS. 19
te il ne s'amuse pas à considérer si les sons, qui ont frappé son oreille, sont aigres ou suaves ; il détourne son chemin, en bénissant la Providence qui a protégé ses jours.
Jeunes amis, la religion et la patrie ont également à souffrir des boissons fortes ; elles versent également des larmes sur les milliers d« leurs enfans que ces détestables et dévorantes ligueurs entraînent, tous les jours, dans l'abîme de tous les maux.
Regardez autour de vous : en mille endroits, vous verrez que la boisson a passé comme la foudre, a ravagé comme l'incendie. Ce n'est pas seulement sur quelques points de notre malheureux pays, c'est partout : non seulement dans l'enceinte de nos villes, mais au mili eu de nombre de nos campagnes ; non seulement dans les classes les plus humbles, mais encore dans les rangs les plus élevés de la société ; c'est enfin au sein de mille familles qu'elle porte la désolation, qu'elle engendre le déshonneur et le crime l
n est peu de Canadiens qui puissent dire que parmi leurs parens ou leurs amis les plus chers, il ne se trouve personne que la boisson ait ruiné, flétri, dégradé !
Si ce funeste et redoutable ennemi de votre bonheur ne vous tient pas encore dans ses chaînes, s'il ne vous a pas encore frappé dans votre personne, toujours, devez-vous craindre ses coups, puisqu'il en a renversé d'aussi forts, et peut-être de plus forts que vous ; vous devez It hdXTf puisqu'il vous a déjà mille fois blessés, sinon personnellement, dti moins dans vos afiecti(ïns les plus chères : car, quel est celui, parmi vous, qui n'ait eu souvent devant les yeux le hideux et désolant spectacle d'un parent ou d'un ami ivre 1
Les eâbrts faits pour étabb'r partout le règne heureux et mille iois béni delà Tempérance, ont été, dans plusieurs lieux, couronnés d'un succès bien consolant, sans doute. Mais l'ennemi est loin d'être chassé de toutes ses forteresses ; et la boisson fait encore d'affreux ravages.
C'est la boisson qui remplit nos prisons de malheureux : c'est la boisson qui peuple les colonies pénales d'infortunés exilés : c'est elle qui éteint la foi et fait oublier les devoirs les plus sacrés au milieu de notre patrie, comme elle arrête constamment les progrès de l'Evangile chez les nations lointaines. Couvertes des plaies profondes que la boisson leur fait tous les jours, la patrie et la religion tournent vers vous des mains suppliantes, et vous conjurent de fe.\\e tç^^^^tX^ ^-«xiSfe ^^X^^'*^ larmes et de leur deuil, de panser et ieimet Vea^^x'^^ Q^v\fc•&\yt^^«««!^^^ en vous eardlant soiules bannièt^ à^X^^dfeX^ ^-^^^sx^VsïasNs.^.
20 ÉPITRE DÊDICATOIRB.
Quelques personnes ont cru que la société de Tempérance aTai< pour but unique de convertir la , génération d'ivrognes que nous a^ vons parmi nous: elles se sont trompées. Sans doute que les apôtrei de la Tempérance, dans leurs travaux, ne perdent pas de vue le salut des malheureux qui sont en ce moment déjà les esclaves des boissons fortes ; mais ib ont dans la pensée quelque chose de plus grand, de plus durable encore : c'est d'empêcher que le démon de l'intempérance ne rétablisse jamais à l'avenir son règne parmi nous ; et voilà pourquoi ils s'adressent plus particulièrement à la jeunesse dont les lèvres n'ont pas encore été souillées par la boisson, car l'Esprit Saint a dit : << L'homme marchera toute sa vie dans le chemin qu'il a pris dans sa *' jeunesse."
Les enfans de l'ivrogne ne marcheront plus, comme par le passé, sur les traces de leurs pères, car la Société de Tempérance les prendra par la main au sortir du berceau, et les dirigera tout de suite dans la bonnQ voie.
Déjà nous voyons, avec un indicible plaisir, que la jeunesse Canadienne comprend que c'est elle surtout que la Providence appelle à recueillir les fruits de la société de Tempérance ; partout elle se presst autour de ses bannières.
Jeunes amis, puisse ce travail vous inspirer de nouveaux motif» d'embrasser les règles de la Société de Tempérance, et de persévérer dans votre bonne résolution pour le bien de notre commune patrie^ pour l'amour de notre sainte religion et votre propre bonheur. C'est le désir de votre
Tout dévoué et bien
Sincère ami, C. CHINIQUY, Ptre.
Pour se conformer au plan du Manuel, l'éditeur doit d'abord rappeler au lecteur les règles de la Société de Tempérance, dont l'importance et la nature ressortent des termes mêmes de la formule que l'on souscrit en entrant dans la Société.
Or, cette formule, pour être bien comprise et n'être pas une lettre morte, un vain son, exige une attention sérieuse dans toutes ses parties. Pour le chrétien zélé et consciencieux, chacune de ses parties a son poids et ses raisons graves, qui l'excitent au bien, ou qui l'y maintiennent. Nous diviserons donc cette formule comme suit :
lo. Pour l'amour de Jésus, abreuvé de fiel et de vinaigre.
2o. Avec la grâce de Dieu.
3o. Je promets.
4o. Ne jamais faire usage de boissons fortes.
5o. Excepté comme remède.
60. Je m'engage de plus, par mes paroles et mes exemples, à porter mes amis à faire le même sacrifice.
Comme on voit, celui qui veut devenir membre de la Société de Tempérance, a six choses à considérer. La première est le motif qui doit le faire agir. La seconde^ le sentiment de sa faiblesse et les raisons d'espérer que Dieu l'aidera. La troisième est la nature de l'engagement qu'il va prendre. La quatrième et la cinquième comprennent l'étendue et les bornes du sacrifice qu'il s'impose. Enfin la sixième et dernière considération lui fait connaître Ves\)èç.^ è^^^^^^OsaSs. qu'il promet d^exercei envers sesttète^*
en a tué pluBÎeurs, mais Photnme sobre prolonge ses jDurs.-
La Tempérance djiris le boire est k santé de Pâme et du corpB.
Il vaut mïeuK ne point boire de vin, .... si ça peut être, pour votre frère ^ un Aujet de ch&le &£ de péché, ou ai ça peut le rendre plus faible.- Mp, aux Rom.
^^de ïiïî jamais; faire usage * de boissons < enivrantes,
©îfcepté comme le- I méde. Je ^m'engage de'
tWpliia,parineé| ^ o |i paroles et 1 ***''' mes eKËïn- ;^ ^ tleSj à porte rJÇ t mea païens (j ^ t mes aTOla/r = *'^àfaireleinê-^'^ " me Hûcriiîco,
N*ÊXCITEZ pat à boire ctitx qui aiment le tin.
Tl ne boira pas de fitij ni rien de lîe qni peut enivrer, et jl sera rempli du St.
Esprit.
Si. Lue, c* I, v. 15,
g&-ar^ggifggg^? gSS58SS88SSSSU;a'a,'m