l'arbre de la vierge, en bronze doré, XIIl'" SIÈCLE
DANS LA CAT1IÉDHALE DE MILAN. — HAUTEUR, U «1 È T R E S 30 CENTIMETRES.
Hélas! il y en avait de pareils, et de plus beaux peut-être, en France, dans l'église abbatiale de Cluny, dans l'église abbatiale de Saint-Remi de Reims, dans l'église cathédrale de Rayeux, et probablement dans nos cathédrales et nos abbatiales les plus importantes. Aujourd'hui, il ne reste plus qu'un seul pied de celui de Reims, mais ce pied témoigne que Vu Arbre » de Milan n'était pas le seul ni môme le plus beau qui fut. Quoi qu'il en soit, par un rare bonheur, r« Arbre » de Milan a survécu, et il nous donne une haute idée de l'habileté, du génie des modeleurs, des mouleurs, des fondeurs, des ciseleurs, des tourneurs et des monteurs du moyen âge. Nous attachons une si grande importance à cette œuvre, aujourd'hui incomparable, que sous la direction de l'Académie impériale de Milan et sous les yeux de M. César Cantu, son
chandelier juif à sept branches, et que ce candélabre annonçait le Clirist futur ( « praescriptum Christum »), le Christ annoncé d'avance par les Écritures et de qui découlent les sept Vertus appelées à guérir les sept Vices capitaux :
Ad fidei normam voluit Deus hanc dare formam, Quœ quasi pr;escriplum doceat coi^noscere Christum, De quo septenœ, sacro spiramine picnae, * Virtutes manant et in omnibus omnia sanant.
secrétaire perpétuel, nous en avons fait exécuter un moulage en plâtre que nous possédons. Ce moulage est destiné à reproduire en bronze, dans nos ateliers, le candélabre absolument tel qu'il existe, car nous pensons bien qu'une cathédrale quelconque de notre pays, celle de Paris, par exemple, ou celle de Reims, ou celle de Chartres, voudra remplacer, par mie copie exacte de l'd Arbre » de Milan, Vu Arbre » qu'elle a dû avoir et que la révolution lui a cassée. Si j'osais faire une comparaison, je dirais que le véritable arbre de la liberté est cet arbre de bronze où figure, par personnages, l'histoire de noire rédemption, depuis l'esclavage causé par la chute de l'homme jusqu'à l'affranchissement apporté par la naissance du Sauveur.