VATES AMBROSI GOTFREDVS DAT TIBI SANCTE
VAS VEMENTE SACRAJI Sl'ARGENDVJI CESAHE LYMI'IIAM.
« Saint Ambroise, le poëte Gotfredus te donne ce vase pour répandre l'eau sacrée cà la venue de César. » — Ainsi, quand l'empereur allemand des Romains, Barberousse, entrait dans la cathédrale de iMilan, dont le siège fut illustré par saint Ambroise , on lui présentait l'eau bénite dans ce vase précieux qui servit à Napoléon 1", qui servira à Napoléon III et qui , à dater d'aujourd'hui, peut appartenir aux plus pauvres églises de France.
A l'archivolte des arcades c[ui renferment la Vierge avec l'enfant Jésus et les quatre évangélistes, on lit des inscriptions, déjà publiées dans les « Annales » et qu'il est inutile de reproduire ici ^.
Certainement les évangélistes et la sainte Vierge sont bien partout; cependant on peut accuser le moyen âge d'en avoir prodigué la représentation. Je connais des édifices du xiir siècle, des cathédrales qui sont des chefs-d'œuvre et où, sans exagération, on peut compter la Vierge tenant Jésus jusqu'à cent fois et les évangélistes jusqu'à cinquante. Evidemment, c'est un abus, surtout quand la place manque, on peut le dire, pour représenter l'innombrable quantité de sujets qui composent l'iconographie chrétienne. D'ailleurs l'esprit veut être contenté et demande qu'un .sujet soit exactement approprié à l'objet qui le porte. Ainsi, je possède le moulage d'un bénitier ancien, sur lequel est figurée la Passion du Sauveur; mais, le dirai-je, à quoi bon? En vérité, la Passion n'y est pas à sa place. Sur un bénitier, il faut représenter, par symbolisme ou par réalité, des scènes où l'eali lave le corps et purifie l'àme. Ainsi, pour l'Ancien Testament, par exemple, Moïse sauvé des eaux, l'adoucissement des eaux amères,.la toison de Gédéon, la guérison de Naanian dans le Jourdain; pour le Nouveau, le puits de la Samaritaine, l'eau changée en vin, la Piscine Probatique, le lavement des pieds à la Cène. Ces sujets peu-