CHAPITRE XI
Du placement des libres sur les tablettes.
Désire-t-on enfin , après avoir formé les • différentes classes ou sous-divisions , procéder au placement même des livres sur les tablettes( i) respectives,
(6) V. IL part. chap. xxii.
(1) Qnant aux dimensions que Ton doit observer en faisant dresser des tablettes , elles dépendent du nombre des volumes , de la différence des formats , et de la quan* tité des ouvrages de cbaque format. En général » on doit avoir l'attention de laisser entre chaque rang de livres et la tablette supérieure , un intervalle suffisant pour pou-: voir tirer chaque volume sans difficulté.
il sera urgent de prendre les niesores nécessaires pour leur conservation , savoir :
lo ne pas trop les serrer dans leurs rayons (2) ; ^^ les placer en commençant par les rayons inférieurs et de continuer toujours bas en baut ;
On donne ordin^ireoieat 14 à Id pQuces de profondenr à chaque tablette, et 9, 13, ov 15 lignes d'épaissenr , selon sa longueur et par conséquent selon la quantité des lirres qu*elle aura à supporter. La distance d'une tablette à l'autre dépend de la hauteur des formats; et la multiplicité des tablettes , de l'âévation de l'appartement. An reste , on peut varier a volonté la distance entre les rayons, en les faisant supporter par des crémaillères. Cependant il airÎTe parfois qu'on se contente , quelle que soit cette élévation, de monter des rayons 4 cinq ou six pieds de hauteur tout autour de l'appartement ; celui du dessus est couronné de bustes ou de petites statues ; le surplus du mur depuis ce rayon jusqu'au plafond , est tapissé d*un papier uni et orné de gravures ou de tableaux. Pour une grande bibliothèque il sera préférable de disposer les tablettes de manière qu'on en ait deux pour les in-fol. , trois pour les in -4* , et cinq pour les in-8» , in-lS* , etc.
Les bibliothèques des Romains étaient disposées a peu près comme le sont actuellement les boutiques des marchands de papier de tenture ; mais les rayons, divisés par cases (eapsae ou f&ndi)^ étaient enfermés dans des armoires , et même , dans les derniers temps , sans doute sous des vitraux, si l'on en croit Boêce, dans son livre de Consolùêêonê pkiiôsopkiae.
(S) Pour que la reliure du volume ne souffre pas par la fréquente sortie de son rang ; ponr que l'air puisse circuler autour des volumes, afin d'en éloigner les insectes qui rongent les livres.
3* réunir dans des cartoiis les petites broehùres y d'une faible reliure , etc. etc. , qui ne pourraient qu'occasionner du désordre dans la bibKothè-^ que ) réunir chaque format , sans faire relier œs brochures j afin qu'on puisse s^^n servir séparétneni (3) ;
4^ laisser dans les rayons un vide proportionnel pour les ouvrages à compléter (4) ;
5^ mettre à part les ouvrages incomplets, pour pouvoir les compléter si l'occasion se présente (5);
^*ata
(â) Ces cartons peuvent être faits de différentes manières , mais les plus commodes sout ceux faits en forme d'un grand in-quarto ^ de l'épaisseur d'un gjros volume et fermés comme des boîtes en carton. Un des couvercles est arrangé tle manière à pouvoir s'ouvrir à volonté. Ces cartons portent les titres des grandes divisions du système bibliographique et peuvent se placer à la suite de chaque division , ou dans des armoires à vitraux ou à grillages.
(4) Ces vides pourraient , s'ils sont un peu grands , pro-> duire un mauvais coup d'œil; alors le bibliothécaire peut» s'il désire gagner de la . place , resserrer davantage les livres , et placer les suites des ouvrages deri?ière la première rangée.
(5) Plusieurs bibliothécaires placent parmi ce nombre les ouvrages dont le titre seul manque. Nous pensons qu'il est bien fkcile de remplacer ce titre et souvent môme il est déjà connu au bibliothécaire ^ alors on doit le copier snr nme feuille de papier blanc et 1^ faire coller au commencement du livre. De cette manière on peut tout de suite mettre l'ouvrage à la place qu'il doit occuper dans la hihliatfaèquc.
si plusieurs ouvrages différents se trouvent réliés ensemble , de placer ce volume dans la classe où appartient le premier traité , à moins : ci) que le second traité ne soit d'une trop grande utilité ou rareté , et b) que le premier traité ne se trouve déjà séparément dans la bibliothèque; enfin
ôter les doubles qui se trouvent dans la bibliothèque (6).
(6) n est souvent très bon d*aToir dans les bibliothèques publiques deux ou plusieurs exemplaires d*un ouvrage qui est souvent consulté. Mais les fonds modiques alloués pour Fachat des livres de la plupart des bibliothèques ne permettent pas de faire ce double achat. Les bibliothécaires sont plutôt forcés de se défaire des doubles , de les troquer contre de nouveaux ouvrages , ou de les vendre pour en acheter d*autres dont le besoin se fait sentir.
La séparation à%s doubles mérite une attention particulière , car on doit examiner :
1» Si les exemplaires sont différenies éditions du même ouvrage ,
2<* Si ceux d'une même édition se distinguent- ( comme il arrive souvent pour les incunables ) par des feuilles mUre-^ ment placées , tF autres estampes , etc. ;
3'^ Si Tun des deux est imprimé sur du papier ordinaire , et l'autre sur parchemin j papier vélin ^ etc.;
4« Si Tun deux a des gravures, des estampes ou des cartes géographiques coloriées , etc. ;
6^ Si l'un se distingue de l'autre par des notes margi^ noies — originales -» manusorites , des gravures ajoutées qui n'appai'tiennent pas à cette édition, etc.
Dans tous ces cas l'ouvrage ne doit pas être considéré comme double. M^is si la difi'érence des deux exemplaires