SPIRITUELLES PAR LEUR DESTINATION
9o A qui appartient- il, en cas de doute, de déterminer si une chose est principalement spirituelle.. ou temporelle ?
Le droit de déterminer, en cas de doute, si une chose est principalement spirituelle ou temporelle* appartient à l'Eglise, non seulement, parce que l'Eglise est une puissance d'un ordre supérieur à l'Etat, à raison de sa fin spéciale; mais encore parceque s^ule elle a été constituée par Dieu interprèteinfaillible de la révélation divine et que seule, dès lors, elle peut dire aux hommes, avec une autorité souveraine, les vérités dogmatiques ou morales que renferme cette révélation ou qui s'y rapportent.
Pie IX a donc justement frappé de ses anathèmes la proposition suivante: • " Il appartient au
du Syllabus: — L'Église n'est pas une vraie et parfaite société, pleinement libre; elle ne jouit pas de ses droits propres et constants que lui a conférés son divin fondateur: mais il appartient au pouvoir civil de définir quels sont les droits de l'Église et les limites dans lesquelles elle peut les exercer.
Pouvoir civil de définir quels sont les droits de l'Eglise et les limites dans lesquelles ells peut les exercer." ( Syll. XIX.)
lOo Eglise ne pourrait-elle pas abuser dhine nutorité si considérable pour empiéter sur le s droits de VÊtat ?
Non, il est impossible que l'Eglise abuse jamais de son autorité, si considérable qu'elle soit, pour empiéter sur les droits de l'Etat. En effet, pour donner aux puissances de ce monde la certitude qu'en définissant ses propres prérogatives, l'Eglise n'empiéterait point sur leurs droits, Dieu a voulu qu'elle soit à jamais préservée, par une assistance particulière de l'Esprit-Saint. du danger d'errer dans l'interprétation de la doctrine révélée. Aussi n'a-t-elle 'cessé en aucun temps de proclamer hautement à la suite de son divin Maître: " Qu'il faut rendre à César ce qui appartient à César." ( Math. XXII, 21. -
llo Ij Kt'it a-t-il V obligation de reconnaître l'indépendance absolut de VÉglisi et di respecter ions ses dmits ?
Oui l'Etat a l'obligation de reconnaîlre l'indépendance absolue de l'Eglise et de respecter tous ses droits. Les dépositaires du pouvoir civil iraient manifestement contre l'ordre établi par Dieu, s'ils méconnaissaient cette obligation, puisque c'est Dieu qui véritablement a donné à l'Eglise son indépendance et tous les droits qu'elle affirme et qu'elle prouve avoir reçus de lui.
La société civile trouve, d'ailleurs, son intérêt à ce que l'autorité de l'Eglise soit respectée: car. " c'est l'Eglise, dit Léon XIII, qui. guidée par la charité, inspire la douceur aux ames, l'humanité aux
mœurs, l'équité aux lois: elle n'a jamais été hostile à une honnête liberté, elle est habituée à détester les dominations tyranniques. " ( Encyclique DiiUtirnum, juin 1881 )