FARINES
hrrn. brute le Troue
a ta
ta
10,96 11,40 9,80 78,811 11,811 8G,80 IS,00 63,00 13, 10 70,84 5,30 1 79,00 10,30 71, no 10,30 71,30 D,«2, 07,78
— bruis de bit tendre d'Odtm.. .
— idem, demieiiie qualité
— dci hoipiiei , tleoiièine qui lue
' Il Mail ratll 1,20 de MB Mr le Umli.
" Il éuil ru» 2,30 de ion.
'** il tuil roi* i,ÏO J« wb. (Journal i* PA«raMc<«,l,TIII,p.Et»0
Oulre les matières indiquées dans ce tableau, les blés contiennent encore de la cellulose et une très faible proportion d'huile essentielle /celle-ci n'appartient pas à l'amidon du blé , mais fa l'embryon qui occupe la base du grain , et n'entre pas tout-à-fait pour a sur 100 de son poids. Pressé entre deui feuilles de papier , l'embryon y laisse une tache formée par l'huile essentielle et un peu d'huile fixe. La dextrine contenue dans les grains a loug-temps été confondue avec une matière gommeuse (Voy. Analyse de Vauquclin). Le sucre est à l'état de glucose. Le sel le plus abondant est le phosphate de chaux, ce qui indique la nécessité d'amender le sol destiné h la culture du blé, avec cette substance, ou de le fumer avec des engrais qui en contiennent, comme les noirs de raffineries; les autres matières minérales sont de la silice, de l'oxidedefer, etc.
Aujourd'hui l'analyse , qui fait chaque jour des progrès» trouve dans le blé doux sortes de gluten, dont l'un est insoluble dans l'alcool , et l'autre soluble dans de l'alcool à fio/foo; doux sortes d'albumine, et même, selon Licbig , une matière analogue au caséum. Os substances s'y trouvent en petite quantité et sont sans importance pour l'agriculteur et le boulanger. Mais il n'en est pas de même de la Meule et du gluten; les farines sont très souvent falsifiées avec de la fécule de pommes de terre; comme la fécule de pommes de terre ne contient point de gluten, et que c'est le gluten
qui en fait la principale qualité, Celte falsification est très préjudiciable et influe beaucoup sur la panification. Outre cela , les farines sont de qualités plus on moins bonnes; les unes renferment naturellement plus de gluten , d'autres ont été avariées, gâtées, et leur gluten a perdu sa propriété essentielle > celle de procurer h la pâte la faculté de lerer, de faire pain. Il était donc de la plus grande importance de trouver un moyen de connaître la richesse des farines et de déceler la présence de la fécule de pommes de terre. M. Boland, ancien maître boulanger à Paris , a résolu ce problème de là manière la plus satisfaisante, et nous sommes heureux de pouvoir donner, sur les moyens qu'il emploie pour arriver à ces résultats , des renttignemens qu'il a bien daigné nous communiquer; fenseignemens aidés par des essais que nous avons répétés avec lut.
Nous n'insisterons pas sur les inconvéniens sans nombre qui résultent nécessairement du mélange des farines avec la fécule, A l'article Panification, nous aurons occasion d'ajouter quelques détails sur le rôle que jouent chacun des principes conte-* nus dans la farine du blé. Disons seulement avec M. Boland qu'il est bien démontré, par l'expérience et par la théorie, que la farine riche en gluten élastique est celle qui contient les meilleurs élémens d'une bonne panification ; que toute addition de matière étrangères qui peut dans la farine diminuer la quantité de gluten , est une fraude
préjudiciable aux intérêts du boulanger et du cousominateur.
Pendant fort long-temps et jusqu en 1 836, époque de la découverte de M. Boland, on ne parvint point à reconnaître la présence de la fécule de pommes de terre dans la farine des céréales, et les meuuiers purent impunément en ajouter jusqu'à 1 57100, sans craindre d'être découverts. Voici donc comme on devra procéder pour aller à la recherche, dans une farine quelconque , de la plus petite quantité de fécule qui pourrait y avoir été ajoutée, et connaître presque rigoureusement dans quelle proportion. On commencera par séparer le gluten de Ta* midon , en prenant a5 grammes de farine à essayer, la mélangeant dans une tasse a l'aide d'un tube> avec 1 2 grammes et demi d'eau. Ou malaxera ensuite cette pâte dans le creux de la main 9 sous un très petit filet d'eau , ou mieux dans une cuvette à nipitié pleine d'eau; dans ce dernier cas, on peut retrouver les petites portions de gluten qui pourraient échapper et se mêler à l'amidon qui tombe au fond de l'eau (i). Lorsqu'une farine a été mal fabriquée , le gluten est grenu et difficile à se rassembler en masse dans la main ; c'est donc une raison de plus pour opérer ainsi. Lorsque l'eau de ,
(1) Ce procédé d'extraction du gluten est celui qui est gé- * néralement suivi, lorsqu'on veut se procurer cette substance \ pour diverses applications dont nous aurons l'occasion d'en* y tretenir nos lecteurs.
lavage découle limpide, il reste dans la main, pour résidu , le gluten élastique pur que Ton pèse.
On agitera bien avec la main le mélange d'eau et d'amidon contenu dans la cuvette , et on le mettra dans un vase conique comme un verre à expérience, où on le laissera reposer pendant une heure environ. 11 se forme à la partie inférieure du vase un dépôt qu'il faut avoir soin de ne pas troubler; décanter avec un siphon l'eau qui le surmonte; deux heures après, aspirer avec une pipette l'eau qui l'aura de nouveau surnagé, car Tamidon entraîne toujours avec lui une quantité d'eau qu'il abandonne peu h peu en prenant de la cohésion. En examinant ce dépôt, on remarquera facilement qu'il est formé de deux couches distinctes : la supérieure , d'une couleur grise , est du gluten divisé non élastique et de l'albumine; l'autre couche, d'un blanc mat, est l'amidon. Quelque temps après , on enlève avec précaution , en se servant d'une cuiller à café , une partie ou toute là couche de gluten et d'albumine ; une résistance, qu'il ne faut pas chercher a vaincre, indique la présence de la couche d'amidon qu'il faut laisser sécher entièrement jusqu'à ce qu'elle devienne solide ; dans cet état , la détacher en masse du verre, €n appuyant légèrement l'extrémité du doigt tout amour jusqu'à ce qu'il cède , en lui conservant toujours sa forme conique. Si Ton avait à sa disposition un petit carreau de plâtre sec , on pourrait déposer ce cône qui ne tarderait pas à se séeher
convenablement. La fécule de pommes de terre, I plus pesante que celle du blé , s'étant précipitée la première , se trouve placée à l'extrémité du côhe. Mais comment la reconnaître dans cette masse uniforme? par un réactif, dont nous nous sommes tant de fois servi, l'iode, qui colore toutes les matières | amilacées, excepté dans la circonstance qui sert de ! base à ce procédé. Triturée à froid dans un mortier : d'agate, la fécule de pommes de terre, insoluble 1 l'eau froide , acquiert une divisibilité qui lui permet, sans qu'il y ait de véritable dissolution, de prendre au contact delà teinture d'iode concentrée une couleur bleu foncé. Soumise à la même épreuve | la fécule du blé ne se colore pas , ou du moins devient jaune par6on mélange avec la teintture d'iode. Par conséquent » toutes les fois qu'en agissant comme nous l'indiquons ici , on obtiendra une coloration bleue, on pourra en conclure que la farine contenait de la fécule de pommes de terre. Cependant il serait possible de se méprendre # et voici comment : si l'on triture trop long-temps l'amidon de blé , il acquière une divisibilité asset grande pour se colorer aussi en bleu par l'iode* et l'essai 6% trouve manqué. C'est pourquoi nous insistons sur l'emploi d'un mortier d'agate , un moi* lier de verre ou de porcelaine émaiilée est insuiS* tant; leur paroi intérieure trop unie laisse glisser ^ la fécule sans la déchirer. Un mortier en biscuit» F sans êire émaillé, présente nu contraire trop d't»* jpérités saillantes. La chaleur qui se manifeste^
a la trituration , ou une autre cause qu'on ne peut expliquer, fait prendre h la dissolution du blé une couleur sinon bleue , du moins violette , si foncée, qu'il y aurait du doute dans les comparai* sons. On évitera aussi d'exposer h la chaleur le dépôt qui se forme dans le verre conique, pour obtenir une dessiccation plus prompte; une température trop élevée, en dissolvant d'abord les fécules, et les désagrégeant, établirait entre elles une identité si parfaite qu'il serait impossible d'en reconnaître la différence.
Pour apprécier la quantité de fécule de pommes de terre ajoutée à la farine > la série de proportions k examiner n'est pas très considérable. Les meuniers ne commencent a trouver de l'intérêt à falsifier qu'avec une addition de 10 pour ioo jusqu'à a5; il faut étudier ces proportions de fécule , en les indiquant par cinquièmes. On reconnaîtra néanmoins, parce procédera présence delà plus petite quantité de fécule, même au-dessous de 5 pour lôo ; ajoutons qu'avec l'habitude , cette appréciation devient fort exacte; M. Boland peut découvrir les moindres traces de fécule de pommes de terre ajoutée à une farine. En enlevant du cône d'amidon cinq couches successives d'un gramme chaque, et en les éprouvant par ordre, de la matrière prescrite ci-dessus , fa coloration bleu foncé que donneral'épreuve indiquera positivement l'ad- J dition de 5 pour ioo de fécule de pommes de terre
par couche éprouvée. Voici pour la falsification de la farine par de la fécule.
Il ne suffit pas de savoir si une farine est mélangée , il est important pour le boulanger de pouvoir en apprécier la valeur. Le moyen le plus grossier, auquel il a recours la plupart du temps, consiste k délayer la farine dans le creux de la main et a en faire une pâte qu'il étire entre les doigts : si la farine fait une pâle qui s'allonge , elle est de bonne qualité ; et plus ou moins inférieure, selon que la pâte est plus ou moins courte. Tout grossier qu'il est, cet essai ne laisse pas que d'être assez juste entre des mains exercées , et cette élasticité de la pâte est ' due, comme on le voit de suite, à la qualité et à la * quantité de gluten renferme dans la farine, M. Bo- '3 land a imaginé d'apprécier la quantité et la qualité ' du gluten à l'aide d'un petit instrument, Yaleuro- * mètre ( mesure des farines ). C'est un cylindre en * cuivre, creux , long de i5 centimètres environ x cl d'un diamètre de 2 à 3 centimètres. Il se corn-
pose de deux pièces principales : Tune de 5 ccnli- * mètres , fermée à son extrémité, sorte de capsule, * peut contenir i5 grammes de gluten frais et se * visse au reste du cylindre. Une petite tige légère, l en cuivre, graduée, de 5 centimètres , descend au * tiers du cylindre et peut en sortir par la partie sa- * pérîcure opposée à la capsule , de sorte que celle- ^ ci étant chargée, il se trouve entre le gluten et la *' base de la tige mobile un espace à peu près double * de son volume. L'appareil étant ainsi disposé, on t
'introduit dans un bain d'huile chauffé à 200»; à :elte température le gluten se gonfle ; en augmenant de volume il s'élève dans le cylindre, atteint )ientôt la tige graduée qu'il soulève plus ou moins lelon qu'il est de plus ou moins bonne qualité'. Chaque fois que la tige s'élève, on compte les degrés déplacés : ceux-ci correspondent à une certaine augmentation du volume de gluten qui a été donnée par la moyenne des essais* Les bonnes farines donnent un gluten qui peut augmenter de 4 a 5 fois son volume; lorsque celui-ci appartient à une farine altérée , il ne se boursouflle pas , devient visqueux et presque fluide , adhère aux parois du cylindre et développe même quelquefois une odeur désagréable : celle du bon gluten rappelle l'odeur du pain chaud.
Puisque nous en sommes au gluten , il ne sera pas déplacé ici de dire quelques mots d'une de ses récentes applications, motivées par des expériences de M. Bouchardat.
Dans ses précédentes recherches, le pharmacien to chef de l'Hô tel-Dieu avait établi les relations qui existent dansle diabète sucré, entre l'ingestion des alimens féculens et la production du sucre; bais toutes les difficultés relatives au traitement Uratif de cette désespérante affection étaient loin t'ètre levées. Il est bien pénible de s'abstenir, et ela d'une façon continue , de pain qu'on désire vec la plus vive ardeur. Cela est si vrai que, malré les recommandations les plus instantes , malgré
la surveillance la plus active, malgré l'assurance que ces malheureux ont que les alimens qu'ils désirent avec tant de fureur finiront par leur devenir mortels » rien ne les arrête , et un peu plot tôt , nn peu plus tard , lassés de ce traitement qui ne finit pas , épuisés au moral plus encore qu'au physique (i), les diabétiques reprennent les alimens fécolens, les accidens reparaissent, des tubercules surviennent dans les poumons, et la mort arrive bientôt. Il était donc de la plus haute importance de trouver un aliment qui pourrait remplacer le pain > sans avoir ses inconvénient pour les diabétiques. En résolvant ce problème , M. Bouchardat est arrivé deux fois h un sueeès entier , à la guérison complète des malades. h Éclairé, dit M. Bouchardat, par les expériences si intéressantes de la Commission dite de la gélatine sur les propriétés essentiellement nutritives da gluten 9 je pensai immédiatement h faire préparer avec ce principe un aliment susceptible de remplacer le pain (2). C'est le problème précisément inverse que nous avons cherché à résoudre. La difficulté de la préparation du gluten pour usage de tous les jours était un obstacle , lorsque je pen-
(1) La concentration de l'urine évacuée en un jour parmi diabétique peut fournir jusqu'à un kilogramme de sucre!
(2) Nous avons préparé à Grenelle de grandes quantités de gluten dont M. Cazalis se servait au Collège de France pour nourrir des chiens : ses expériences ont appris que lf gluten est une matière nutritive au maximum.
sai que la Société d'Encouragement avait accorde une récompense à M. Martin pour avoir isolé le gluten dans la préparation de l'amidon. Je m'adressai h ce fabricant distingué > il s'empressa de me faire préparer le pain de gluten. Mais quoi qu'il p^t faire, l'addition d'un cinquième defarinefut toujours nécessaire. On peut obtenir ainsi un pain très léger et d'une saveur très agréable. Ce n'est point encore la un résultat radical , car notre pain contient encore environ 1/6 de fécule : mais c'est ine grande amélioration , car aoo grammes de ce ptik , avec une bonne nourriture animale , peuvent, auffire, et la proportion de fécule ingérée <Un$ un, jour se trouve réduite à 35 grammes. »
Aujourd'hui , M. Robine, boulanger à Paris, dont 1q zèle pour les perfectionuamens de son lit mérite d'Aire signalé , prépare des pains qui contiennent trois quarts de gluten et un quart 4'araidon*,Cespains à l'usage des diabétiques , conviennent aussi pour le traitement de quelques maladies de langueur, de rachitisme, etc. M. Robine a également trouvé un moyen d'apprécier la valeur des farines ! sur lequel nous reviendrons dans la quinzième leçon.
Clément Désorines, Ternaux, M. Darcet, et beaucoup d'autres, se sont occupés de la conservation des grains ; on a proposé divers systèmes qui n'ont pas complètement réussi. On a récemment résolu le problème d'une manière complète. 1 Avant de décrire ce nouveau procédé, la seul qui
soit employé aujourd'hui avec succès, nous dirons quelques mots des anciens, qui sont encore en usage dans beaucoup de pays.
Les grains sont répandus sur le sol des greniers, par tas ou couches de 4° à 5o centimètres de hauteur si le blé est peu Âgé , et par couches de 60 h 70 centimètres lorsque le blé a huit ans. L'air peut ainsi traverser ces couches et les dessécher, car, dans l'einmagasineuiçm des grains en grenier, ou doit hâter, autant que possible, la dessiccation pour empêcher réchauffement qui peut résulter de l'humidité. On doit aussi soustraire les grains*! attaques des animaux, tels que les rats, les souris, les oiseaux, les charançons et antres insectes. On comprend facilement que, dans, les années d'abondance, la hauteur des couches peut être augmentée de quelques centimètres, mais plusieurs raisons exigent qu'elle ne soit pas trop grande: d'abord le poids considérable du blé; ce poids Tarie beaucoup suivant sa qualité et son âge; il est ordinairement de 750 kilogrammes le mètre cube; ensuite la nécessité, pour la dessiccation et la conservation , de remuer ces grains par le vannage, ou mieux par le pelleiage, ainsi que nous le verrons plus loin (1).
Les greuiers ne réunissent pas toutes les conditions nécessaires pour h conservation parfaite des
(t) Le nettoyage des grains influe tellement sur sa eoottr- ▼ation et siir la qualité de bfuine, qu'il nous parait indi»*
• , parce que les mulots , tes insectes , et d'auinimaox , y causenl des pertes considérables , ré les soins continuels qu'il faut leur donner. i des pays où l'on conserve assez bien le blé des poils creusés dans le roc; c'est la sans î ce qui a donné l'idée d'amasser le grain des fossés ou silos , qu'on garantît du contact lumidité ou de l'air. Après aroir battu et nel-
»Ie d'ajouter cette note. Les instrument les plat moi et les plus répandra employés au nettoyage des grains, 1* Le cylindre vertical, fis;. 10 et fig. 11, «ma 1 Ko*
Fig. 10.
Re. u.
: d'un système d'ailettes qui battent le blé mrec -iour des tôles piqué» et en détachent ainsi la poussière lergic ; au-dessus de ce cylindre , on Toit dans U fig. le terra rt moteur, et 3* tu-dessous le sas A marteaux
toyê le blé, on Tentasse dans une fosse profonds, de la dimension calculée sur le volume que doit occuper la quantité de blé à conserver. On choisit un sol argileux , dur, homogène , et irapénéirabln a L'eau ; on y creuse une fosse dont on soutient lu terres par un revêtement en pierre : souvent, pu économie, on ne fait même pas les frai* de cettl bâtisse , on se borne à dessécher les parois du silo en brûlant de la paille dans le trou, ce qui durcit le sol et le rend compacte (i),
rt-mn vaatilataur; 4* le tarrar» vatûlama; ig. 4S, quichtM le peu de poussière ou de corps légers qui peuvent encore
Fig. 12.
rester dans le blé ; S* le cylindre horizontal dont le but ert de diviser le blé par grosseur ; enfin, à l'issue de te cylindrt, le blé est amené dans la trémie , d'où il coule loi -mime et par son propre poids dans l'mgrmmr.
(1) M. Darcrt a proposé de conserver le blé nécessaire *
On étend au fond du silo un lit de paille, et Pou y verse le grain en le lassant. À mesure que le taa augmente 9 on dispose de la paille sur le pourtour de manière è ce que le grain en soit entouré. Le blé doit naturellement être d'abord desséché le plus possible. Les charançons et autres insectes qui pourraient s'y trouver meurent, ou du moins ne s'y peuvent reproduire. Quand la masse est arrivée k une hauteur d'environ un mètre , on la recouvre d'un lit de paille , on tasse de la terre par dessus , de manière k former un monticule 9 pour que les eaux pluviales ne puissent y séjourner et s'infiltrer.
C'est ainsi qu'en Espagne, en Hongrie, etc., ou conserve durant plusieurs années des quantités considérables de irotnent; on appelle 9 dans ces pays , matamojvs, d'immenses silos creusés k 26 mètres de profondeur dans des sols choisis. Ces espèces de caves sont plancheyées de tous côtés et remplies de blé jusqu'à n3 mètres de hauteur ; les 3 mètres restant entre le plancher supérieur et le niveau du sol sont comblés avec de la terre, qu'on laboure et qu'on sème comme le reste du champ* L'égalité de température, la privation d'air et d'humidité suffisent pour empêcher les altérations du grain. Lasteyrie a contribué à importer en France l'heureuse invention des silos ; M. de Cases
f approvisionnement dfe Paris dans des silos construits sous les fortifications.
et Ternaux ont fait à ce sujet des expériences nombreuses, qui ont prouvé jusqu'à un certain point l'efficacité de ce procède dans notre climat.
On a encore essaye d'enfermer le blé dans des coffres , mais l'expérience n'a pas été complètement satisfaisante ; au bout d'un an la masse du blé était altérée. M. Dejean a imaginé de remplacer les coffres par des caisses en plomb , doul il soudait hermétiquement les joints. Ces caisses ou petite? chambres ont le désavantage d'être très coûteuses; leur poids est aussi un inconvénient, parce qu'on ne peut pas les loger dans les greniers.
De tous ces procédés de conservation, celui que nous allons étudier mérite à juste titre la préférence , ainsi que nous l'avons déjà dit.
On sait que l'insecte le plus redoutable par ses ravages, est la calandre du blé ou le charançon (i); il se multiplie parfois en si grande abondance dans les masses de blé des greniers, qu'il ronge tout et ne laisse exactement que le son ou l'enveloppe du grain. Chaque larve, en effet, toujours isolée en chaque grain , s'y loge et grossit & me* sure qu'elle en dévore toute la farine. a5 paires de charançons, k la température de ia*9 et dans un état tranquille, déterminent eu un au une pro-
(4) Insecte coléoptère, à bec allongé, antennes coudées, à élytret durs , les pieds terminés par des crochets qui ks aident à se cramponner.
création de i5o,ooo charançons. Un charançon mange 3 grains de blé, or, comme 100 grains pèsent 4 grammes, les i5o mille charançons dé* (misent 18 hectolitres de blé. Dans iao hectolitres de blé, on a trouvé 37,000 charançons qui ont été expulsés en trois jours dans un grenier mécanique (1) (voyez grenier Vallery). La chalenr atmosphérique hâte beaucoup les développemens et les dégâts des charançons , tandis que pendant un froid vif ces coléoptères s'engourdissent et sont incapables de nuire* Dès le mois d'avril, sous nos climats tempéra, les charançons pondent et se propagent jusque la mi-septembre; mais sous les climats chauds ils s'accouplent même plus tôt et plus tard encore. On les trouve accouplés si longuement et avec tant de ténacité, qu'on peut les balayer et les transporter en cet état sans qu'ils se séparent. Les reproductions de charançons ont lieu plusieurs fois dans l'année, quoique chaque individu meure après sa génération; il s'écoule de 40 à 45 jours entre l'accouplement ou le dépôt d'un œuf et sa transformation en insecte parfait. D'après des recherches sur ce sujet, une seule paire de ces insectes, pondant à la Gn d'avril des œufs dont les individus doivent se multiplier
(t) Indépendamment du charançon, il y a plutieurs autres initetes qui ravagent les grains, entre autres Vatucite (insecte lépidoptère ), qui attaque de préférence le blé en gerbes dans les champs ; quand il pénètre dans les tas de blé des greniers, on le détruit comme le charançon. . .
jusqu'à la mi-septembre , ou pendant cinq mois, par âne température moyenne de i5°, il en naît environ 6,0 45 charançous.
On peut d'après ces fii ils juger du nombre énorme des charançons , et de leurs ravages déplorables sous des températures plus chaudes. Les monceaux de blés attaqués ne le son! pas à la superficie, mais bien à quelques pouces de profondeur, afin que l'insecte soit plus à l'abri. Rien ne le décèle à l'extérieur du grain de blé; celui-ci paraît entier, seulement son peids est moindre , et il surnage l'eau p parce qu'il a été vidé par l'insecte.
Le charançon n'aime pas h être remué par le crible ou la pelle } «lors il déloge et quitte le grain. Il le quitte aussi dans les temps froids, pour chercher un abri plus chaud dans les fentes des planches ou des murs de greniers. Ce ne sont guère que les œufs , ou les larves engourdies, qui passent l'hiver (1).
On a cru peudaut bien long-temps qu'en mettant le blé dans des silos ou cave* , dont nous avons parié plus haut, pendant l'hiver, on les garantirait complètement des charauçous ; mais on s'est as* sure que le criblage et mieux le pelleiage sont plus efficaces.
On a aussi proposé les fumigations de tabac brûlé.
(1) Qudqaei fermiers , sur nos conseils, ont kaanui* de» greniers avec une dissolution de fwpJhtetterr ssYchsraBçeas contenus dans les Sentes ont été détruit», t< d'autres n'y sont peint icjitiuu.
d'odeurs fortes, même d'acide sulfureux; mais ces essais n'ont produit aucun résultat suffisant. On a encore essayé de soumettre le blé dans des éluve» à la température de 700 ; à ce degré élevé de chaleur , les charançons sont tués , mais l'embryon du blé 9 trop desséche, peut perdre sa faculté germinative (a).
L'emploi de la naphtaline réussit mieux que ces fumigations , il aurait besoin d'être généralisé; jusqu'à présent on s'en tient au pelletage.
Le froid étant cause de l'engourdissement des charançons , on a proposé un ventilateur capable d'entretenir dans les greniers un air assez frais pour arrêter leur multiplication ; ce moyen a été efficace dans plusieurs circonstances.
Mais de tous les appareils connus, le grenier mobile > de M. Vallery , est sans contredit le meil-
(1) Un appareil proposé par Robin a servi et sert encore aujourd'hui dans quelques localités pour la conservation des grains. (Test un grand cylindre en tôle, dans l'intérieur duquel serpente un tuyau qui se termine à la partie supérieure du cylindre par une trémie et à la partie inférieure par un mtjreneur.l? intérieur du cylindre est mis en communication «Tec le tuyau d'une bouillote qui produit de la vapeur; celleci 1 en se répandant dans le cylindre , chauffe le serpentin et trouve une issue à la partie supérieure. Par la trémie qui surmonte le serpentin, on verse du blé, qui , s'écoulant par ttû propre poids et circulant dans l'appareil chauffe, tombe tac et exempt de charançons , ainsi que de leurs larves , par l'engreneur, dans des sacs disposés pour le recevoir. La conservation du blé par ce procédé coûte de 5 à 10 centimes par hectolitre.
leur et celui qui présente le plus d'avantages, et Teroporie même sur le pellctage h la main.
Duhamel proposa le premier l'emploi des greniers mobiles.
Le grenier mobile de M. Vallgry , de Saint-Paulsur- Risle ( Eure ), se compose d'un cylindre on plutôt d'un vase annulaire de 4 mètres de diamètre sur 1 2 de longueur. Ce rase est divisé en hait compartimens f et , de plus , mobile autour d'un axe. La surface extérieure est percée d'ouvertures pour donner passage fa l'air , ouvertures garnies d'une toile métallique assez serrée pour retenir le grain , mais pouvant laisser passer les charançons que la rotation doit mettre en fuite. À une de ses extrémités s'adapte un ventilateur qui , se mouvant en même temps , lance , dans son axe , de l'air qui entre dans les compartimens et s'échappe par la aurface extérieure , en vertu de la force centrifuge. Le grain est donc traversé par l'air qui absorbe l'humidité s'il en trouve , et l'agitation chasse ou fait périr les insectes.
La division de la machine en compartimens offre deux avantages marqués : le premier , en fractionnant la masse , de la ventiler et de l'agiter plus facilement ; le second réside dans l'économie de la force fa employer. L'appareil se trouve en équilibre par la disposition du blé en parties , dont les poids se détruisent mutuellement ou b peu près ; de sorte que, pour donner au grenier
mobile le mouvement de rotation , il suffit de vaincre seulement les frottemens.
L'économie de force est telle que deux chevaux employés un jour par semaine, pourraient suffire àmauipuler i5o,ooo hectolitres de grains , ce qui nécessite pendant le même temps l'emploi de 700 hommes , dont la solde s'élève , par hectolitre environ, à 60 centimes, tandis qu'avec le grenier mobile, celte manutention ne revient pas à plus de 5 centimes. Le grenier a encore , sur les moyens actuellement en usage , l'avantage d'expulser du blé les excrémens d'animaux et la poussière s'il en contenait. On peut, avec lui , sécher les récoltes rentrées par un temps humide , et prévenir ainsi la fermentation. Enfin , il renferme, dans un espace donné , une plus grande quantité de grains que par la méthode ordinaire ; il économise donc le terrain.
Le prix de ces greniers mobiles n'est pas très fort : les frais de construction ne s'élèvent pas à pins de 2,000 à 2,5oo fr. pour 1,000 hectolitres. L'académie de Rouen a donné à l'invention de ML Vallery l'approbation qu'elle méritait. Mais c'est surtout aux sociétés d'agriculture de recommander son emploi aux cultivateurs , chez qui la routine commence , après bien des résistances , a être battue en brèche (1).
(1) Voici quelques expériences fort curieuses qui ont & biles en 1837, par la commission de l'Académie des Sciences.
Première expérience. — Le cylindre de l'appareil d'essai a 1 mètre 17 centimètres de longueur, 70 centimètres de diamètre ; il est divise en plusieurs compartimens. Le lundi , 1 9 juin 1837, il est rempli au 4/5 de blé du commerce.
Le mercredi suivant, une très grande quantité de charançons , évaluée à 5 ou 6 mille , sont placés avec précaution dans un seul des compartimens. L'observation fait bientôt reconnaître que les charançons se sont réellement installés. Les choses demeurent dans cet état jusqu'au 30; le thermomètre étant resté au-dessus de 14 degrés, les insectes ont pu s'accoupler ( la preuve en a été acquise plus tard par les jeunes larves trouvées dans des grains). Cette expérience toute préparatoire a eu pour but de bien laisser établir le charançon dans la masse, afin de s'assurer que la machine i réellement la propriété de le faire déguerpir.
Deuxième expérience. — Une quantité de blé charançonné est extraite, le 30 juin, du premier cylindre, et placée dans un cylindre plus petit, sans compartimens intérieurs, de 1 mètre 28 cent, de longueur, et de 28 centimètres de diamètre. Les douves du petit cylindre sont percées de trous garnis de toiles métalliques à mailles assez grandes pour laisser passer les insectes. Cet appareil est disposé de manière à recevoir un mouvement de rotation lent et continu au moyen d'un gros tourne-broche. Une enceinte carrée , circonscrite par une gouttière de zinc remplie d'eau , est préparée audessous du cylindre en mouvement , afin de recueillir les charançons qui chercheraient à fuir. L'appareil fait de cinq à six tours à l'heure. A peine a-t-il commencé à tourner, que l'on voit les charançons sortir par centaines à travers les toiles métalliques , et se laisser tomber dans l'enceinte d'où ils ne peuvent s'échapper. Dès le deuxième jour du mouvement, on n'aperçoit plus que fort peu de charançon*! le troisième jour, on n'en voit plus aucun pendant une heur* ■ entière d'observation.
Tous les charançons paraissent donc, dès le troisième joflC i d'agitation, avoir complètement fui; Néanmoins la mouf*~ • ment est continué sans interruption jusqu'au 24 juillet» ' Ge jour , l'appareil étant ouvert, le blé est étendu sur»1* nip, aucun charançon n'y est aperçu.
sm>
Il convenait de •'assurer si , dans une grande niasse de grains, les. charançons se comporteraient de ht même manière. Un appareil de 5 mètres de long sur S mètres 33 cent, de diamètre venait d'être établi , par ordre du ministre, du commerce , à Paris 9 rue de Chabrol ; sa contenance de 105 hectolitres offrait la possibilité de répéter l'expérience en grand.
L'appareil divisé en huit compartimens fut chargé de 120 hect. seulement, afin de laisser au grain la place de se mouvoir sur lui-même. Le 22 juillet on fit choix pour l'expérience d'une seule des cases. Elle fut infectée de 37,950 charançons. Le cachet de l'académie apposé9 le grenier mobile fut mis en mouvement. L'opération, commencée ce jour à midi , dura jusqu'à huit heures. Trois tours de cylindre , opérés en trente minutes, étaient suivis d'un repos de trente minutes* on pensa qu'en agissant ainsi on permettrait mieux aux charançons de sortir. On avait remarqué en effet que beaucoup de charançons prêts à sortir étaient ensevelis de nouveau sous le grain qui s'éboulait sous eux. L'expérience se continua avec les mêmes intermittences le lendemain 23; die ne fut arrêtée que le 24 à midi après avoir ainsi duré 48 heures.
Dès le premier jour, 22 juillet , les charançons abandonnèrent la case ; le second jour, 23 , ils fuyaient en grand nombre ; le 24 , on ne les aperçut plus qu'à de longs intervalles. Les charançons étaient retrouvés courant sur les murs du hangar, ou groupés dans les angles du bâtiment.
Les scellés , levés à ô heures du soir le 24 , permettent de constater les résultats suivans : 10 hect. retirés de la case infestée par les 37,950 charançons , furent étendus sur des draps, et scrupuleusement examinés par quatre personnes qui n'y rencontrèrent aucun insecte; 3 ou 4 hect. restés dans la case, soumis au même examen, ne révélèrent la présence que de vingt charançons ; encore doit-on faire remarquer que pendant qu'on procédait à l'examen de la première partie, l'appareil reçut une violente commotion qui a peutêtre fait retomber dans la masse du grain des insectes qui déjà en étaient sortis, mais qui adhéraient encore aux parois du cylindre.
De cette expérience il résulte rigoureusement que sur le* 37,950 charançons placés dans une des huit cases composant le cylindre chargé de ISO hectolitres de blé, il ne s'est plu retrouvé , après 48 heures de mouvement > dans les 15 hectolitres de la case infestée , que 20 charançons.
Une autre expérience a eu pour objet l'appareil considéré sous le rapport de la ventilation et de la faculté de dessécher le grain.
Le blé contenu dans l'appareil déposé à linstitut ayant été mouillé , son volume augmenta tellement, qu'il fut nécessaire d'en enlever le sixième pour rétablir dans l'appareil l'espace vide sans lequel le grain , pendant la rotation , ne pouvait prendre de mouvemens sur lui-même.
Le cylindre mis en activité à 4 heures resta exposée l'aspiration du ventilateur jusqu'à 8 heures du soir. L'expo rtence, reprise le lendemain matin, fut continuée 9 et avant le soir le blé était entièrement à sec.