QUATRIÈME LEÇON
ENGRAIS («un).
Conservation des engrais. — Dessiccation. — Sang. — Fumier des fermes. — Meules Dailly. — - Engrais flamand.
— Caves souterraines. — Prix de revient. — Résultats comparatifs. — Commerce des engrais.— -Importation. — Exportation. — Merl , tangue , noir-résidu des raffineries.
— Guano. — Importation en Angleterre. — Golombine. —Falsifications des engrais..-*- Experts. —Premiers essais. — Essais rationnels des engrais. — Application de l'analyse au dosage de la qualité du sol. — Culture (observations générales , défrichemens , etc.).
La matière azotée devant être regardée, d'après les principes que nous avons établis plus haut, comme la base essentielle des engrais , l'agriculteur doit employer de préférence , pour fumure , les matières qui, sous le plus petit volume , contiennent le plus d'azote.
Tout en attachant à la matière azotée l'importance qu'elle mérite , il ne faut pas, d'une manière exclusive , nier la part importante que prend aussi la matière organique non azotée , et même la matière inorganique (silice, chaux, alumine, etc.), à lacté de la végétation. Nous avons vu précédera-
ment que l'humus était esscmiellcmenl formé de carbone; ajoutons que, mélangé avec une certaine (j ua utile d: matière animale, soumis à Tin* lluencc de l'humidité et de la chaleur, il éprouve une décomposition lente qui fournit de l'acide carbonique; cet acide sature une partie de l'ammoniaque qui résulte de la décomposition de la matière azotée. Lorsqu'il y a excès d'acide carbonique, il se dissout <»n partie dans l'eau dont le sol est imprégné , ou s'échappe au dehors pour être repris par les surface^ respiratoires des plantes.
Les substances minérales, telles que la chaux, l'alumine , la silice , 'etc., sont charriées par les liquides sévciu des. végétaux, et semblent indispensables k Un grand nembre de (liantes $ nous en avons vu quelque* fanes modifiées dans leur état physique par l'acte de la végétation (i).
(1) Nous avons étudié la propriété qu'ont certains végétaux d'absorber les sels minéraux contenus dans le sol , et nous l'avons nommée propriété milicapt . Le genre rhubarbe surtout est très avide des sels calcaires et alcalins , et si l'on rencontre de l'oxalate de chaux ou de potasse dans les tiges et les racines , et parfois de l'oxalate acide dans les pétioles des feuilles , cela tient à l'absorption d'une base alcaline qui se sera saturée pendant l'assimilation » de l'acide oxalique formé, selon nous , à priori, dans la plante. L'acide oxalique est très répandu dans l'économie végétale ; et cela se conçoil aisément lorsqu'on se rappelle- sa composition (G1 Os, HO=^ G' 0\ + 0 Aq.) , et lorsqu'on sait avec quelle facilité et es combien de circonstances il peut se produire. L'acide oxalique se trouve combiné à la potasse dans plusieurs racines, dans celles de rhubarbe , de loruientille, de bistorte, de gentiane , 4* eapoMire , et dans celles des variétés rumtx, etc. ;
Nous nous occuperons maintenant de la conservation des engrais, question fort importante, puisqu'elle permet à l'agronome d'en faire venir des pays éloigné*, et h peu de frais, de grandes quantités a la fois, et de les réserver aussi longtemps qu'il désire, sans avoir à craindre les inconvéniens dune fermentation qui, s'emparant de tous les engrais humides, leur fait perdre une partie de& produits utiles à la végétation*
Nous avons vu que la dessiccation nous permet d'employer comme l'engrais le plus riche le sang provenant des abattoirs de Paris , et fourni en si grande abondance (i); elle peut aussi être pratiquée avec avantage pour les fumiers des fermes. La dessiccation est moins simple que celle du sang ; mais elle ne leur fait perdre que fort peu de chose, environ a pour 100 de leur valeur; mais par l'évaporation, ioo parties de fumier se réduisante
à l'état d'oxalate de chaux , on le1 rencontre surtout dans plusieurs lichens* (parme lia crudata, lichen varlolarla). (N. eu Kéd.)
(1) Le sang sec est exporté aux colonies pour la culture des cannes à sucre ; on y envoie aussi , pour la clarification fa sucre , de grandes quantités de gang soluble, c'est-à-dire solidifia à une basse température , et dont la dissolution jouit , comme le sang frais , de la propriété de se coaguler par la chaleur. C'est à M. Derosne que nous devons cette application. On dispose pendant Tété , en plein air, une eipèce d'échafaudage formé de branches entrelacées , sur lequel on verse le sang qui se trouve pris par une pompe dans un bassin situé au dessous de l'échafaudage , et par cette manœuvre réitérée , le sang s'attache aux branches et t'y dessèche lentement. (N. des R.)
33 , les frais de transport se trouvent eu définitive diminués d'environ deux tiers.
M. Dailly, agriculteur distingué (maître de la poste aux chevaux de Paris), dispose ses fumiers en meules, pour les obtenir à l'état sec. Elles doivent être construites et couvertes à peu près comme celles des céréales (blé , seigle, avoine, etc.), afin de les mettre à l'abri des eaux pluviales ; de plus, on doit avoir soin de disséminer dans toutes les meules, et de bien mélanger avec la paille, les matières très humides et réunies en masse. Il faut, en un mot , pour obtenir une dessiccation parfaite , que les meules soient bien aérées. L'agronome doit avoir soin , en outre , de les disposer le plus près des terres qui ont besoin d'être fumées , afin d'éviter les frais de transport. Il faut prendre également en considération l'économie de main-d'œuvre, qui résulte de la facilité du maniement, lorsqu'il s'agit de répandre le fumier sur le sol : chacun sait combien cet exercice est fatigant pour les ouvriers qui répandent le fumier humide à la fourche. Il est inutile d'ajouter que les fumiers desséchés seront employés de préférence dans les terrains argileux, d'un labour pénible , et où les convois s'effectuent difficilement; enfin , on ne les répandra sur le sol qu'à l'époque où il est permis d'espérer des pluies ; car l'humidité est une des conditions premières de la réussite des engrais secs.
En Belgique et eu Flandre, où l'agriculture est
si perfectionnée , ou conserve l'engrais (engrais flamand) dans des caves souterraines , solidement construites , à l'abri des influences atmosphériques qui pourraient développer une fermentation nuisible à ses qualités. L'engrais flamand se compose des vidanges , auxquelles on ajoute presque toujours une certaine quantité d'eau , afin d'obtenir un mélange liquide. On transporte ces matières dans les champs où sont construites les citernes, dans des tonneaux disposés sur des haquets. On vide les tonneaux par la bonde, et le liquide est conduit par une gouttière dans la cave , qui présente deux ouvertures, l'une assez large pour donner passage à cette gouttière, et une autre ordinairement exposée vers le nord, par laquelle s'échappe une partie des gaz qui se forment pendant la fermentation lente de l'engrais. Lorsque la cave est pleine, on ferme avec soin la première ouverture pour empêcher l'accès de Fair qui activerait trop cette petite fermentation (i).
A l'époque des fumures, on dispose de distance en distance, aux environs des caves à vidanges , de grands baquets dans lesquels on vide une partie de
(1) La masse de terre qui se trouve au-dessus des caves absorbe une grande quantité de calorique ; la température toujours constante s'oppose à la décomposition de l'engrais. Quant à la petite fermentation qu'il éprouve et dont nous voulons parler ici , elle est d'une grande importance , car elle est le résultat de la transformation de la matière stercorale en substances assimilables par les végétaux. (Sels ammoniacaux. V. Assimilation de l'azote, leçon précédente.)
l'engrais ; on se sert pour le transporter des baquets et des tonneaux qui ont été employés pour le remplissage des caves. On puise ensuite dans les baquets le liquide avec des hottes en bois, et on le répand sur le sol , soit à la cuiller , soit k l'aide de voitures-arrosoirs, semblables à celles qui servent à l'arrosement de la voie publique à Paris. L'emploi de cet engrais en irrigations produit les ré* sultats les plus surprenans ; il équivaut pour les Flamands à plus de trois fois la quantité de nos fu« iniers des fermes , qui contiennent 4 d'azote pour iooo , et il faut ne pas perdre de vue qu'ils em» ploient pour un hectare de terre, que nous fumons avec 10,000 kilog. de fumier de ferme, a5,ooo ki<log. d'engrais flamand. Gela ne les empêche pas d'obtenir de grands bénéfices ; car, ici , le prix est en rapport avec la richesse de l'engrais.
Les engrais forment aujourd'hui une branche de commerce considérable. C'est une industrie neuve, qui a pris une grande extension depuis quelques années seulemeui; car les procédés de dessiccation et de conservation sont pour ainsi dire réceus. Le commerce des engrais se fait à l'intérieur; on en exporte aussi des quantités prodigieuses aux colonies surtout , et enfin l'étranger nous en fournit aussi. Cette importation s'accroît de plus en plus chaque année.
Chaque département fait le comrticrce d'engrais d'une manière relative à sa position, à sa richesse territoriale , etc. La .Normandie et la Bretagne
emploient et expédient, dans que ques localités, des masses considérables d'un engrais particulier, ou sable azoté (merl, tangue). Le metl, corruption du mot anglais mari, qui signifie marne, est une production animale qui ressemble tout-à-fait au sable ordinaire par ses propriétés physiques. Malgré cette apparence, il contient beaucoup plus d'azote que nos fumiers de fermes (il en renferme 5 pour iooo). Il e$t composé de carbonate de chaux, de phosphate de chaux, et surtout d'une matière organique provenant des animaux qui l'ont formée. Le merl est très estimé en Bretagne ; il s'en consomme par an plusieurs millions de kilogrammes. Il n'est pas moins répandu sur les côtes d'Angleterre.
Le noir animal des raffineries (i), dont nous aurons occasion de parler à propos des engrais factices et des débris animaux, contient i5 pour cent de sang coagulé ; c'est un des engrais les plus estimés, Nantes, et les sept départemens qui se
trouvent compris dans le bassin de la Loire , éft approvisionnent nos campagnes; on peut en porter la consommation à environ ld> 000,000 de kilogrammes bar an.
Sur lafcôte du Pérou, le sol, qui est par luimême d'une stérilité remarquable, est rendu fer-
(1) Le noir animal employé à I* décoloration des sirops dans les raffineries s'imprègne de matières organiques , et notamment de sang employé dans là clarification. Cette snfc
lile au moyeu d'un engrais nommé guano , qu'on exploite dans plusieurs îlots de la mer du Sud (1). Dans un terrain composé uniquement de sable blanc et d'argile, il suffit d'ajouter une faible quantité de guano pour pouvoir y récolter les plus riches moissons de maïs. Le sol, ainsi préparé, ne renferme aucune autre matière organique que le guano, et cet engrais est composé d'urate d'ammoniaque, d'oxalate d'ammoniaque, de phosphate, de carbonate de la même base et de quelques sels terreux (Fourcroy, Vauquelin). Il se vend fort cher en Angleterre (60 francs les 100 kilogr.), et bien que ce prix paraisse exorbitant, plusieurs cultivateurs ont obtenu les meilleurs résultats de son emploi (2). On a cherché tout récemment à importer chez nous, sous le nom de colombine, le guano du Pérou. Ce n'est pas dans le nom que la différence apparaît , on peut même appeler cela une traduction heureuse; car la colombine est
stance animale se trouve à l'état très divisé, et rendue par le carbone plus difficilement composable et plus propre à suivre les progrès de la végétation.
(1) Le guano est déposé dans ces îlots par une foule immense d'oiseaux aquatiques (palmipèdes) qui les habitent pendant l'incubation : ce sont les excrémens putréfiés de ces oiseaux ; ils couvrent la terre d'une couche de plusieurs pieds.
(2) C'est du moins ce qui se trouve répété à chaque ligne sur les prospectus des négocians anglais , qui cherchent à en généraliser l'emploi dans toutes les parties du monde. Le guano coûte au Pérou 15 fr. les cent kilog. ; il renferme de 50 à 14 d'azote sur 1000.
aussi une fiente d'oiseaux (de pigeons) ; mais cet engrais est encore plus riche que le guano (i). Les Flamands attachent un grand prix à la colombine; tous les ans ils louent les pigeonniers de la Picardie et emportent la colombine dans leur pays. Ils emploient jusqu'à 200 francs par hectare de cette fiente.
A mesure que le commerce des engrais a pris de l'importance , les fraudes et les falsifications de tontes sortes ont fait aussi d'immenses progrès. Les noirs-résidus des raffineries sont, depuis 1824 (2), très recherchés en agriculture. La consommation de ces résidus ayant augmenté bien au-delà de la production, les manufacturiers se sont vus forcés de les mélanger, souvent même en présence des agronomes. Peu à peu ce mélange a pris de l'extension , et il n'a bientôt plus été possible de trouver de ces noirs à l'état de pureté.
Il est donc inutile d'ajouter que cet état de choses a fait perdre de fortes sommes aux imprudens fermiers qui avaient fait des approvisionnemens considérables et h grands frais de matières inertes. Enfin dernièrement l'autorité s'est vue forcée de prendre des mesures sévères pour détruire ces dangereux abus, et tout d'abord elle a nommé des experts chargés de constater les délits en essayant
(1) La colombine renferme de 80 à 83 pour 4000 d'azote.
(2) Avant 1824, les raffineurs payaient un droit pour &re jeter à la décharge publique les noirs-résidus de leur fabrication.
es
les engrais suspects. Mais ces essais irop grossiers n'ont pu su (lire; car ils reposaient sur la combustibilité de la matière organique contenue dans le noir de raffinerie, et dont la quantité indiquait la richesse. On pesait une certaine quantité de l'engrais a essayer; on le soumettait, dans une capsule en platine ou en terre, a l'action d'une chaleur vive qui déterminait la combustion de la matière organique , de sorte que la perte plus ou moins grande était, pour les experts, la preuve évidente que le noir contenait une plus ou moins grande quantité de matière azotée. Mais combien il était facile, ne s'en tenant qu'a de pareils procédés, de ne pas s'apercevoir de la fraude la plus commune, c'est-à-dire du mélange Mec du poussier de tourbe. Aussi doit-on y renoncer complètement.
Pour faire l'essai d'un engrais, on emploie aujourd'hui une méthode beaucoup plus rationnelle et d'une exécution qui, sans être aussi simple, n'est pas moins facile. 11 s'agit de faire d'abord un échantillon qui représente exactement la composition de toute la masse d'engrais à examiner; on y parvient aisément en commençant par preudre dans tout l'engrais une masse d'environ 100 kilogrammes, en mélangeant cette masse, la divisant en dix portious dont on prend un kilogramme ; ces dix kilogrammes sont pulvérisés et tamisés avec soin ; ils fournissent le dernier échantillon , dont on prend, par exemple, 10, 5 ou 2 graoa-
mes, etc. Quelque petite que sera la quantité employée pour l'essai qui nous occupe, elle représentera la composition exacte des bateaux , tombereaux , tonneaux , etc. , d'engrais à examiner. On soumet ensuite l'échantillon d'épreuve à une dessiccation complète. À cet effet , on l'introduit dans un tube de verre, fermé à la lampe par Tune de ses extrémités, plongeant dans un bain d'huile d'une température de 100 h 120% et on le met en communication avec un tube plein de chlorure de calcium ( chlorhydrate de chaux fondu ) , qui correspond lui-même à une cloche posée sur le plateau d'une machine pneumatique. Lorsque l'appareil est ainsi disposé, on fait le vide, et, à l'aide de la chaleur, toute l'eau que pouvait contenir l'échantillon d'épreuve se trouve vaporisée et absorbée par le tube a chlorure de calcium ; quand, après avoir fait manoeuvrer pendant quelques tnstans la machine , on ne voit plus de vapeurs aqueuses se condenser sur les parois du tabe, on pèse la matière avec soin et on la brûle dans un tube de Liebig (tube à combustion pour analyser) en la mélangeant avec de l'oxide de cuivre. Dans cette combustion, le carbone de la matière se trouve réduit en acide carbonique en se combinant à l'oxigène de l'oxide de cuivre; l'hydrogène se porte aussi sur une partie de l'oxigène pour former de l'eau ; l'acide carbonique se rend dans un tube à boules plein d'une solution de potasse caustique qui sature l'acide. Quant à l'eau ,
elle se trouve en partie condensée dans les boules du tube, et l'excès se trouve absorbé par du chlorure de calcium, qui remplit la cavité d'un tube placé h l'extrémité du tube à boules. Pendant ce temps, l'azote , qui n'est point soluble dans l'eau , traverse le liquide alcalin du tube k boules, se dessèche h travers le tube de chlorure de calcium, et vient remplir des cloches graduées qui indiquent le volume exact du gaz. Enfin, comme l'échantillon d'épreuve contient quelquefois une petite quantité d'oxigèue qui pourrait se mêler à 1 azote et former un oxide gazeux, ou bien augmenter son volume , ce qui induirait l'analyste en erreur, on a soin d'ajouter dans le tube à combustion une petite couche de cuivre métallique qui absorbe Voxigène au fur et à mesure qu'il s'en produit.
L»es moyens d'analyse que nous Tenons d'indiquer pour obtenir le titre des engrais , peuvent jusqu'à un certain point servir & reconnaître la quantité de matière azotée contenue dans le sol » par conséquent sa qualité , que nous désignerons sous le nom kVengixtis du soL -Nous pensons qu'on parviendrait aiusi à reconnaître d'une manière exacte la fertilité ou h fécondité d'un terrain (i)t Tétai dans lequel se trouvaient les terres affermées îi tel ou tel cultivateur, et celui daus lequel
il) Ken que la quantité pit» ou moins grande iFaiote dn sol »it pour noua respeesma exacte de » riches»? , m*ba-
ils les ont rendues. Ce moyen d'expertise n'offrirait-!! pas une garantie morale aux propriétaires et aux fermiers? Enfin, si le cultivateur rendait ses terres en meilleur état que dans celui où il les a prises, le propriétaire ne devrait-il pas lui en tenir compte, et réciproquement?
Il est telle ou telle culture qui épuise le sol, ou qui lui rend à peu près ce qu'elle lui emprunte. On sait aujourd'hui d'une manière positive, d'après les expériences de M. Boussingault, la quantité de matière azotée enlevée ou donnée par une culture.
Si les céréales épuisent le sol plus que tous les autres végétaux , cela ne tient pas seulement à l'abondance et a l'avidité de leurs racines chevelues : c'est qu'on récolte toutes les parties de la plante qui pourraient, en mourant et se décomposant sur le sol, lui rendre une partie de l'azote qu'elles lui enlèvent (1); c'est qu'enfin on attend la maturation des grains , et c'est ici l'occasion de se rappeler que la graine des céréales contient une matière I azotée qui lui donne une qualité d'autant plus appréciable, qu'elle est plus grande (gluten), et que le sol y pourvoit encore.
Il n'en est pas ainsi des plantes dont les feuilles
blions pas l'influence notable et que l'agronome ne devra jamais perdre de vue , des propriétés physiques et chimiques (friabilité, sécheresse, alcalinité, état marneux, calcaire, siliceux , pyriteux , etc.).
(1) On sait que la paille est un produit très important ,
oflr.mt une grande surface, absorbent tous les principes azotés répandus dans l'air, et ne permet* tent pas de perdre les produits de l'cvaporation du sol. C'est ainsi que Ton explique les bons résultats obtenus par les cultivateurs qui ont généralisé les prairies artificielles (luzernes, trèfles, etc.), et qui ont remplacé les jachères dans un grand nombre de localités (i). Enfin la culture des pommes de terre, qui sert ordinairement de préparation aux terres destinées à recevoir du blé, offre plusieurs avantages que nous signalerons en peu de mots : le buttage, le binage, le sarclage, et enfin X arrachage, sont autant de préparations du sol , de causes de divisibilité, etc. ; les feuilles et les mauvaises herbes qui restent sur le terrain , après la récolte sont considérées , en pratique, comme équivalant à un quart de fumure. Enfin, si les propriétaires se livrant à l'extraction de la fécule, faisaient servir comme engrais les eaux des féculeries et les divers résidus de celle fabrication , on peut
tant comme aliment pour les bestiaux 9 que comme litière •t base de fumiers, etc.
(1) Il serait trop long d'entrer dans les détails que nécessiterait la question des jachères, aussi renvoyons-nous nos lecteurs aux ouvrages spéciaux ; cependant, nous dirons que, malgré l'opinion émise par quelques agriculteurs , les jachères conviennent à certaines localités, les terres étant trop pauvres par elles-mêmes pour être cultivées sans l'addition d'une grande quantité d'engrais, et ayant besoin de se refaire par la mort et la décomposition successive des mauvaise! herbes auxquelles elles ont donné naissance.
être persuadé, tout bien calculé, que la culture des parmentières rendrait plus au sol qu'elle ne lui emprunte.
Nous donnerons à la fin de la sixième leçon le tableau de quelques cultures , et de leurs produits comparés à cçux des pommes de terre.