BOB
CINttUlÈME LEÇON.
ENGRAIS (suite).
Analyse simplifiée des engrais. — Tableau des équivalent des engrais. — De quelques engrais qui figurent dans ce tableau. — Fumure des terres et nutrition animale.
Dans la leçon précédente , nous avons indiqué succinctement le procédé à suivre dans l'analyse d'une matière organique , et particulièrement d'un engrais, et nous avons expliqué comment on arrive à la détermination de l'azote ; mais nous
ayons supposé que Ton voulait connaître la composition élémentaire de l'engrais , et partant, savoir combien il contenait de carbone , d'hydrogène, d'oxigène et d'azote. C'est pourquoi nous avons employé le tube à chlorure de calcium et le tube à potasse (tube à boules de Liebig). Mais comme il s'agit de connaître simplement la quantité d'azote que l'engrais renferme pour le titrer, nous ajouterons que les tubes a chlorure de calcium et à potasse sont inutiles , et que l'on peut opérer ainsi :
On prend un tube en verre assez fort, fermé à la lampe par Tune des ses extrémités; on commence
par le dessécher en le rinçant avec une petite quantité de bioxide de cuivre chaud qu'on promène dans l'iutérieur en le secouant légèrement. Lorsqu'on a ainsi chassé l'humidité que le tube pouvait contenir, on introduit une petite quantité de bicarbonate de soude. Par-dessus ce sel, une couche de bioxide de cuivre ; puis 3 décigrammes environ de l'engrais à analyser, bien desséché , et qu'on mélange avec un peu d'oxide de cuivre. Par-dessus la couche de ce mélange , on ajoute du cuivre en planures , parfaitement décapé, une nouvelle couche d'oxide de cuivre, et eu fin on achève de remplir le tube avec du cuivre métallique. Cela lait, on entoure Je tube d'une feuille de laiton , dit clinquant : on assujetti cette feuille avec du fil de fer, et on ne laisse dégarnie que la partie du tube qui est pleine de bicarbonate de soude , attendu qu'elle est peu chauffée, et qu'on ne se sert du laiton que pour empêcher la chaleur de faire foudre le tube ou le déformer. On place ensuite le tube à combustion dans un fourneau long en tôle, et on adapte h son extrémité ouverte un tube divisé en deux branches , dont l'une , recourbée à son extrémité, plonge dans un bain de mercure, et sert à recueillir les gaz , et l'autre communique à une petite pompe à air de Gay-Lussac. Lorsque ce tube est bien assujéti au tube à combustion , on fait agir la pompe pour s'assurer que tout joint bien. S'il en est ainsi, le vide s'opère dans l'appareil, et Yon voit le mercure monter daift \t
tube à recueillir les gai. On met debout dans le bain h mercure , et au-dessus de l'extrémité du tube k recueillir les gaz, une éprouvette pleine aux deux tiers de mercure , et dont la partie supérieure est remplie d'une solution concentrée de potasse. On remplit ensuite le fourneau de charbon , à partir de la première couche de bioxide de cuivre, attendu que la partie du tube qui contient le bicarbonate de soude sort un peu du fourneau, et devra être chauffée plus tard. Lorsque tout le fourneau est garni de charbons incandescens , la matière organique se brûle , son oxigène et son carbone forment de l'acide carbonique , l'hydrogène trouve de l'oxigène pour former de l'eau et passer k l'état de vapeur avec l'azote, dans l'éprouvette ; l'acide carbonique sature la potasse; la vapeur d'eau se condense, et augmente d'une manière peu sensible la solution , tandis que l'azote insoluble occupe la partie supérieure de l'éprouvette , et déplace un peu le liquide. Lorsque l'opération est terminée , ce qui se reconnaît lorsqu'il n'y a plus dégagement de gaz, le tube étant porté au rouge , on chauffe alors l'extrémité qui contient le bicarbonate de soude* Ce sel se décompose , et laisse dégager une grande quantité d'acide carbonique , qui balaye tout le lube h combustion , c'est-k-dire entraîne avec lui les gaz qui ne se seraient pas rendus dans l'éprouvette , et vient encore saturer la solution de potasse. Après avoir pris ces précautions , on agite
avec soin la solution de potasse contenue dans l'éprouvette que l'on maintient toujours plongée dans le bain de mercure , afin de saturer la portion d'acide carbonique qui pourrait être mélangée au gaz azote. On peut même faire passer dans cette solution un petit morceau de potassa caustique, quand on craint qu'elle ne soit plus assez forte pour saturer ce petit excès d'acide carbonique. Ensuite , on enlève l'éprouvelte du bain k mercure à l'aide d'une soucoupe; on la pose dans une terrine pleine d'eau , et on la vide de mercure pour la remplir d'eau; opération qui doit se faire avec beaucoup de précautions. Enfin , on transvase, après agitation , le gaz qui occupe tou-» jours la partie supérieure de l'cprouvette, et qui est de l'azote pur, dans une petite cloche graduée, afin d'en connaitre le volume, et de savoir combien les 3 décigrammes de matière contiennent d'azote.
Lorsqu'on a le volume on a facilement le poids,' d'après les tables de réduction* Àiusi :
litre d'azote sec, tempér. 0' et press. 0m,76, pète lsr,350 n humide, 15° » 0 ,77 • i ,188
15° » 0 ,76 » 1 ,178 45° » 0 ,75 » 1 ,156 15° » 0 ,74 • 1 ,140 Etc., etc.