TABLEAU DES ÉQLTVALENS DES ENGRAIS
SUBSTANCES
Paille de
Fumier de ferme....
Pois
Millet ....
iSarrazin..
Lentilles..
I Avoine . . .
Orge
Seigle....
, Froment. .
» i 0,6*7 inférieure i » 0,33 super'.. .
Balles de froment....
Tiges sèches de topinambours
IMadia ....
Betteraves P. de terre.
Carottes . .
Herbes de prairies
(graminées)
Genêt, tige et feuilles.
Chêne.
Azote
pour
Hêtre
Feuilles J Peuplier., d'autom. \ Acacia.. . .
Poirier . . .
Bruyère . .
FUCUS digUalus\
> saccharînus sec.
Touraillons
Racines de trèfle. . . .
Graines de lupin
Marc de raisin
Pulpe de bett. (sèche) Pulp. de bett. (pressée) Ecume (Vigneux). . . .[ 5,3
SUBSTANCES
Azote pour
Tranche de betterave
épuisée (11)
«(Lin
-o l Colza
* JAracbyshypogea.
jR < Ralliai ..........
u j Epuration (sciure)
o I c (graisses)
H [ Croton
Pulpe de P. de terre.
Suc >
Eaux de féculeries. . .
Dépôt i
Dépôt i sec.
Eaux de fumiers (lavage, pluies)
£*:...* I Acacia
bcmre{ Chêne.
Excrémens ( Vache . .
solides.
Urine.
Excrémens mixtes.
Cheval .
Vache . .
j Cheval .
Vache. .
Cheval. .
Porcs.. .
Moutons Chèvres
Guano normal
Guano extrait par tamisage
Colombine
Litière des vers à soie.
Chrysalides des vers à
soie
Engrais froid liquide.
Poudrette Belloni....
» Jtonfaucon.
11,^5600 21,<rTl
SUBSTANCES
Coquilles d'huîtres . .
Goémon brûlé
CllU ( Houille
Snic'|Bois
Vase rivière (Morlaix) Trez rade de Koscoff. .
Merl
Gendres Picardie. . . • Chair moscol. sèche. .
Morue salée
i lavée , pressée.
ISec, soluble Liquide Coagulé, pressé..
Insoluble, sec...
Plumes
Poile de Bœuf
Chiffons de laine ....
Azote poor
ff
SUBSTANCES
Râpure de corne . . .
Hannetons
1 Fondus Humides Gras
Késidus de colle d'os.
Marcs de colle d'os...
Pain de creton
Noir des raffineries . .
> animalisé
i i des camps
Li magne
*> i Marville
Boulbène de la Haute-Garonne.
Azote
pour
Dans le tableau qui précède , nous avons placé les engrais les plus connus ; ei les principales matières qui peuvent être employées comme tels , dont l'analyse a fourni a M. Payen le titre exact.
Dans la première colonne se trouve le nom de la matière , dans la seconde la quantité d'azote renfermée dans iooo parties de la matière, et dans la troisième le nombre de kilogrammes à employer pour fumer un heelare. C'est notre fumier de ferme qui nous a servi d'équivalent, et qui est en tête du tableau, ll'en faut 10,000 kilogrammes pour fumer un heelare : ce qui revient a dire que ï o,ooo kilogrammes de matière contenant
4 pour iooo d'azote fument un hectare de terre. Or, on a dû prendre pour point de comparaison un hectare de terre fumé avec 10,000 kilogrammes de fumier contenant 4 pour 1000 d'azote. De sorte qu'il ne faudrait que5ooo kilogrammes de matière contenant 8 pour 1000 d'azote pour obtenir les mêmes résultats, et ainsi de suite.
Nous allons donner les explications nécessaires . pour l'intelligence des abréviations, et de certaines matières contenues dans ce tableau.
Lorsqu'on voit dans ce tableau la paille des céréales , des légumineuses > etc. , contenir une ' aussi forte proportion d'azote, on a tout d'abord lieu de se demander pourquoi on les donne eu aliment aux bestiaux au lieu de s'en servir comme engrais, et comment il se fait que les excrémens des animaux herbivores qui en ont consommé , contiennent si peu d'azote comparativement ?
On remarquera d'abord ici que la paille est dans le premier cas à l'état sec , et que dans les excrémens elle est très divisée , unie à une grande quantité d'eau , et qu'une partie de son azote a servi à la nutrition des animaux (1).
(1) Il serait difficile de pouvoir déterminer la quantité nutritive des alimens propres aux animaux avec autant d'exactitude que nous déterminons la quantité productive des engrais. Ceux-ci agissent environnés d'une terre qui, retenant une grande partie des solutions et des gaz , permet d'utiliser entre des limites très étendues, de plusieurs mois à plusieurs années, les produits de la décomposition propres à la nutrition yégétale, tandis que les substances alimen-
Si Ton compare la proportion d'azote contenue dans les excréraens solides de l'homme et des animaux , on trouve qu'elle est presque nulle , comparativement à celle qui est renfermée dans les excrémens liquides. Gela ne peut en effet être au-* trement.
Les alimens que prennent l'homme et les animaux ne peuvent entretenir la vie qu'autant qu'ils . présentent aux organes les élémens dont ils ont besoin pour leur propre reproduction. Les blés ainsi que les herbes fraîches et desséchées qu'ils consomment, contiennent sans exception des principes riches en azote.
La quantité de fourrage, ou, en général, de nourriture qu'il faut à l'animal , diminue dans le même rapport que cette nourriture est riche en principes azotés; elle augmente au contraire dans le même rapport que cette nourriture en contient moins.
On peut entretenir la vie d'un cheval en ne le nourrissant qu'avec des pommes de terre, qui contiennent fort peu d'azote ; mais cette vie est une inanition lente. Le cheval ne gagne ni en masse , ni en force , et succombe aux plus légers efforts.
Les quantités énormes de riz que les Indiens prennent dans leur repas nous étonnent. La raison
taires pour les animaux, doivent fournir en quelques heures à l'assimilation, et que le moindre retard, dû à des différences purement physiques ou inappréciables, pourrait avoir une grande influence sur le résultat principal. (Magendie.)
en est fort simple, lorsqu'on se rappelle que le riz est la céréale In plus pauvre en azote.
Il est clair que l'azote des plantes et des graines qui servent de nourriture aux animaux , est employé pour l'assimilation. Après la digestion, les excrémens de ces animaux doivent être privés d'azote; et s'ils en contiennent, cela provient de quelques sécrétions biliaires ou intestinales. Du reste, de toute manière ils contiennent toujours nnins d'azote que les alimens consommes (i).
(t) « Chei les carnivores, dit J. Liebig, l'acte de la nutrition prend une forme très simple , car tous les alimens sont identiques avec les principes essentiels de leur propre corps, c'est-à-dire que la chair, le sang, les membranes, etc., qu'ils consomment ne diffèrent chimiquement ni de leur propre chair, ni de leur propre sang. Dfctns l'estomac , organe digestif des carnivores, leurs alimens acquièrent une nouvelle ferme sans que leur composition chimique soit altérée ; ils deviennent soluhles et propres à être transportes dans d'antres parties de TcrçAnisme. et prennent de nouveau la forme du sang dVm ils dérivent. Les fonctions des appareils désunis, chet les carnivores, Ji la digestion et a la sanguinificaùon s* bornent donc Ji Caire subir une métastase aux alimens : chaque partie de ces alimens est assimilable, et il n'y a que les principes minéraux , tels que la matière les sels magnésiens insolubles qui . amenés en excès , rejetés de nouveau par le canal intestinal. Cbex les herhivwes , Tacte de nutrition parait ctirebôtn plus compliqué, car leurs orçanes de nutrition «wt pSns ONnpIexes» et leurs altmexs ws&m&ies:: mot» aux parus Assentielfa. de leur corpt .. * ^ItvTtf irJrr^iiwf , t, tt:.n
II** il e« *a*e ôe cMErpresadw pncrqsKfi. cbex les mas (carsutwe* « le nà* vaireumal est « ps jkrchfuié , que cWea ks autres vVerfctrow!W , il est s. cwnqJufuè, wat Aans ks nsmiiiinr ,faiat amiimirifl , tau
Les excrémens de 1 homme sont les plus azotes de tous, parce que, pour lui, manger c'est non seulement la satisfaction d'un besoin, mais en même temps une source de jouissances ; de sorte qu'il consomme plus d'azole qu'il ne lui en faut : c'est cet excès qui passe alors dans ses excrémens.
Ainsi par le fumier animal , on ramène toujours dans le sol moins de matières azotées que l'on n'en enlève par les récoltes ; mais on y apporte toujours une plus grande quantité de la substance nutritive qu'avait fournie l'atmosphère seule. La véritable question scientifique pour le cultivateur se réduit k savoir utiliser convenablement l'aliment azoté des plantes que produisent non seulement les excrémens de l'homme ei des animaux par la putréfaction, mais encore les débris animaux et toutes les matières végétales riches en azote. S'il ne l'apporte dans ses champs sous une forme convenable , cet aliment est perdu pour lui en grande partie. Un tas de fumier mal employé ne lui serait pas plus utile qu'à son voisin ; au bout de quelques années il trouverait à sa place les débris carbonés des parties végétales pourries, mais parmi eux il ne rencontrerait plus d'azote ; celui-ci s'étant dégagé en totalité a l'état de carbonate d'ammoniaque ( azote + hydrogène + carbonate -+• oxigène).
Nous avons besoin de rappeler que plus les organes des végétaux sont jeunes , plus ils contiennent d'azote, pour expliquer pourquoi la par-
lie supérieure de la paille est plus assolée que la . partie inférieure qui est d'une formation antérieure (i). Cette différence est indiquée dans le tableau des équivalens : la partie supérieure de la paille ou les o,33 delà totalité de la tige contient i3|3 d'azote pour 1000 parties; tandis que la partie inférieure, qui est a peu près deux fois aussi grande (elle comprend les 0,67 de la tige), en renferme seulement 4>i* Ce fait important, qui est dû aux recherches de MM. Boussingault etPayen, démontre l'avantage qui résulterait de donner aux bestiaux la partie supérieure des pailles, tandis qu'on réserverait l'autre pour la litière (a).
On observe aussi que la paille ou tiges desséchées des légumineuses (lentilles, pois), est beaucoup plus riche eu azote que celle des graminées ( blé, seigle, etc.). Tous les produits des végétaux de cette famille sont dans ce cas. C'est ce qui nous est encore démontré dans le tableau par les tiges et les feuilles des genêts, les graines de lupin, les racines de trèfles, etc. Tout le monde sait, que les fèves, les haricots, les lentilles, etc., sont autant d'alimens très nourrissans ; les pois chiches
(J) A part cela, nous pensons qu'il faut prendre en considération que Ton approche des épis , et que Ton trouve l'excès d'azote qui , n'ayant pu servir à la fructification (gfa* Un) * est pour ainsi dire resté en chemin. iN. des R.)
(2) On commence à soumettre les chevaux de notre cavalerie à ce genre d'essai ; nous pensons bien qu'il réussira, et qu'il viendra éclairer un peu les agriculteurs arriérés.
foi ment la base de la nourriture des forçât?»
Les Jeuilles d'arbre , et notamment celles d'automne, renferment une quantité d'azote qui explique la bonté du terreau qui en provient.
Les différentes espèces de fucus ( famille des algues) qu'on récolte en si grande quantité sur les côtes de la Bretagne et de la Normandie sous le nom de goémon, et que l'on brûle pour obtenir la soude naturelle, forment un excellent engrais, surtout par leur mélange avec le fumier de ferme.
Les touraillons ne sont autre chose que les radicelles de l'orge germé des brasseries (nous y reviendrons).
Les graines de lupin forment depuis quelque temps, en Toscane, la base d'un commerceassez important : on les vend de 6 a 10 fr. les ioo kilog; Pour leur faire perdre la faculté de germer, on détruit l'embryon en les torréfiant légèrement, ou en les faisant bouillira la vapeur.
Les mares des raisins sont employés comme fumier dans les pays vignobles.
Nous reviendrons sur l'emploi de la pulpe de betteraves, lorsque nous traiterons de l'extraction du sucre.
Les écumes qui proviennent de la défécation du jus de betteraves, mélange d'albumine végétale et de chaux (albuminate de chaux) , sont employées auprès des sucreries comme engrais, ligneux est le nom d'une localité aux environs de Villeneuve- Saint-Georges, où s'exploite en ce moment une
sucrerie indigène sous la raison sociale Verdeau et Compagnie. ]Nous aurons quelquefois l'occasion d'en parler.
Les tourteaux, ou résidus de la fabrication des huiles obtenues par la pression, ne contiennent que de l'albumine végétale, du gluten et peu de cellulose. Ce sont des engrais excellens; plus ils sont épurés et débarrassés de matières huileuses, et meilleurs ils sont, car l'huile est nuisible h la végétation. Plus ils sout divisés, plus ils ont d'action ; aussi les einploie-l-on à l'état de poudre. Nous aurons occasion, en parlant de l'extraction des huiles , de revenir sur Yarachjrs hypogea et sur le madia saliva, plantes nouvellement importées en France, et qu'on commence à cultiver pour leurs graines oléagineuses.
La pulpe des pommes de terre , les eaux de jéculeries , les dépôts, etc., formeront le sujet de quelques observations importantes pour les agronomes.
Uurine des herbivores est , comme on le voit dans notre tableau , plus riche en azote que leurs excrémens ; aussi est-il avantageux [pour les cultivateurs de la recueillir avec soin (i). La quantité d'azote renfermée dans les excrémens des moutons et des chèvres, indique PefFet qu'on doit attendre de leur mclangeavec ceux des vaches, de
(1) L'urine arrive sur les champs, soit comme eau de fumier ou purin, soit accidentellement avec les excrémenj solides qui en sont imprégnés. C'est à l'urine que ces derniers
cheval, elc , qui constitue les excrémens mixtes du tableau. (Elle indique aussi l'avantage du parcage.)
Si le guano renferme plus d'azote lorsqu'il est tamisé, c'est qu'alors il est débarrassé des débris végétaux et des cailloux avec lesquels il est mélangé à l'état normal.
Les litières des vers à 'soie et les chrysalides
doivent la propriété de dégager de l'ammoniaque , propriété qu'autrement ils ne possèdent qu'à un degré très faible.
L'urine de l'homme est composée , d'après Berzelius, sur 1000 parties , de
Urée 30,10
Acide lactique libre. . . ]
Lactate d'ammoniaque > 17,14
Matières extractives !
Acide urique 1,00
Mucus de la vessie 0,32
Sulfate de potasse 3,71
Sulfate de soude 3,16
Phosphate de soude . . . . . 2,94
Biphosphate d'ammoniaque 1 ,65
Sel marin 4,46
Sel ammoniac 4,50
Phosphate de magnésie et de chaux. 1*50
Silice 0,03
Eau 933,00
L'urine des herbivores contient , outre l'urée , de V acide Idppurique qui , par la putréfaction , se décompose en ammoniaque et en acide benzoîque ; on retrouve l'ammoniaque comme gluten , l'acide benzoîque comme tel , dans Vantkoxanthum odoratum. (J. Liebig.)
doiveut être considérées comme un engrais assez riche pour être regardé comme produit important dans les magnaneries.
Qn sait que la houille donne par sa distillation du carbonate d'ammoniaque ; c'est ce qui explique suffisamment pourquoi la suie qui provient de la combustion de cette matière est plus riche tu azote que la suie de bois.
Les plumes , les poils, les chiffons de laine, les rapures de corne , le débourrage des peaux, etc. , sont autant d'engrais très riches en azote, mais dont Fétat moléculaire ne permet pas une désagrégation prompte. Ils demandent en général de cinq à six ans avant d'être entièrement décomposés; aussi doit-on les employer de préférence pour fumer les pépinières , les plans de vigne , etc. Ils suivent lentement les progrès de la végétation. De sorte que si Ton prend en considération la lenteur de leur décomposition , leur richesse en aiote , et la quantité qu'il en faut pour fumer un hectare de terre, on saura exactement quelle est la quantité h employer pour obtenir pendant ?ix ans les mêmes résultats qu'en fumant chaque année avec io^ooo kilogrammes de fumier de ferme.
he^hannetons donnent a l'analyse 5a,i pour iooo d'azote. Ne devrait- on pas, dans les localités •oit ces insectes exercent de si grands ravages , encourager les femmes et les enfans h les recueillir; Ils donneraient uu engrais qui couvrirait le* frfltf de ce travail et diminuerait la quantité de
blancs (larves des hannetons) pour les années suivantes.
Les os , appliques à la fertilisation des terres, n'agissent qu'en vertu du tissu fibreux organique qu'ils renferment; cette action varie suivant que les os sont fondus, humides ou gras, suivant leur état de division , etc.
Le pain de creton est formé de l'assemblage des membranes adipeuses qui proviennent de l'extraction des graisses : c'est une substance très riche en azote.
Le noir animalisé est obtenu par le mélange des matières fécales .avec une poudre terreuse carbonisée. C'est un excellent engrais. Il a été inventé, en i833, par M. Salmon, associé de M. Payeu [manufacture de produits chimiques de Grenelle) (i). Celte découverte, qui résolvait deux questions , la désinfection des matières stercorales et la fabrication d'un engrais pouvant être appliqué avec avantage sans putréfaction préalable , valut a l'auteur le grand prix Monthyon.
Marville est une terre située près de Paris, dont M. Payeu a dirigé l'exploitation , et où il s'est livré aux différentes cultures expérimentales. Au nombre des améliorations réalisées dans celte localité $
(1) M. J. Rossignon ayant été chef de travaux chimiques dans la manufacture de Grenelle (Buran et O), nous sommes parfaitement au courant d'un grand nombre de travaux et de procédés dont il sera plus d'une fois question dans ce cours.
nous devons cher : Yégouttage des prairies trop humides h l'aide de tranchées ouvertes ou maintenues avec des fascines; V abattage de 6,000 pieds d'arbres et le défrichage de tout l'espace qu'ils occupaient; l'emploi de la chaux sur un sol argileux, abondant en détritus végétaux; l'introduction des instrumens aratoires de M. de Dombaslc, et d'une charrue perfectionnée pour l'enfouissage des fumiers longs , etc.