PRATIQUE DU DESSIN; PAPIER, CRAYON, ESTOMPES, PLUME, LAVIS
Le dessin se [>ratique de plusieurs manières; et Ton comprend sous ie nom général de dessin, toute espèce de crayonnage, d'eslompage, de traits de plume et de lavis sur papier blanc ou papier de couleur destiné à imiter les contours et le relief des formes de la nature par des l'gnes, des lumières, des ombres, et même des teintes variées mais qui ne sont pas les nuances innombrables du coloris complet de la nature. Le crayon, l'estompe, la plume et le lavis s'emploient ou séparément ou ensemble. Le lavis prend ordinairement le nom de dessin à l'aquarelle, quand les lumières y sont réservées en épargnant la teinte du papier, et le nom de gouache quand on avive ou qu'on replace les lumières avec des teintes nouvelles, soit au crayon, soit à la plume; souvent aussi ou adoucit le crayon ou la plume par des teintes de tevis, Avaai de parler dechacu» de ces modes 4e cvayon»
ÉTUDE DE LA FtGURE. 67
ner un dessin, et des moyens qui nous semblent les plus convenables, nous dirons un mot des différens papiers propres pour le dessin.
Papier. — On peut dessiner sur toute espèce de papier blanc ou coloré dont on choisit la nuance la plus convenable pour diminuer le travail du crayon.
Quand on se sert des papiers colorés, on épargne le travail du crayon dans les endroits qui doivent être de la même force que la teinte du papier, et l'on se sert de craie , de crayon ou de pastel blanc pour rehausser , c'est-à-dire pour faire paraître les endroits éclairés. De celle façon, la couleur même du papier sert de demileinle ; il ne s'agit plus que d'ombrer avec du crayon de couleur les endroits où sont les plus fortes ombres, et de rehausser, comme nous venons de dire, les jours avec du blanc.
Cette exécution d'un dessin sur papier coloré est plus expédilive que sur le papier blanc pour la main d'un dessinaleur habile; quant aux élèves ils doivent commencer leurs premiers exercices sur du papier blanc, afin d'observer ainsi le crayonnage des demi-teintes, et d'opposer les ombres aux lumières en recevant la blancheur du papier pour les lumières; pour apprendre à bien se servir du papier coloré, il faut le choisir d'abord d'une teinte très-faible ; car plus le papier est foncé en couleur, et plus il faut d'art pour y mettre le blanc dans les jours. Quant au choix de la nuance, le goût seul doit en décider.
Le papier à dessin doit être assez fort pour supporter sans être altéré ou chiffonné, le travail du crayon; son grain doit être en général égal et fin; pour ceux qui dessinent à la plume, il suffit qu'il soit uni, qualité qu'il acquiert sous le marteau en le fai<iaut battre; il faut aussi qu'il ne boive point, qualité indispensable pour toute espèce de lavis. La dimension du papier est subordonnée toujours au dessin qu'il doit recevoir, et c'est encore au goût à régler les marges et le cadre. Nous donnerons r«Fliçle Topographie la grandeur des papiers
DESSIN dVprÈS nature.
que l'on trouve dans le commerce , et les préparations simples qui le rendent convenable au lavis.
Crayon, — H y a des crayons rouges , noirs, gris, blancs , et en général nous conseillerons à l'élève l'usage de ceux qui s'effacent le moins, pour l'habituer à la précision du trait. Un bon crayon contribue à l'exécution facile du dessin , et sa bonté consiste à être tendre , moelleux, et d'une pâte égale fine et serrée. Trop sec le crayon casse , trop mou il s'écrase et s'estompe ; il faut donc choisir avec soin le crayon convenable au dessin.
Sanguine. — Il faut choisir la sanguine ou crayon rouge, la plus foncée en couleur et la plus douce au toucher; on coupe celte pierre avec une lime plate, ou une petite scie , en petits carrés longs , et on les taille en pointe avec un couteau ou un canif. Ce crayon rouge s'efface difficilement avec la mie de pain.
Pierre noire ou pierre d'Italie, — Il faut la choisir tendre, d'un grain doux, sans trou ni gravier, la placer dans un endroit un peu humide, et la tailler comme nous l'avons indiqué pour la sanguine. Ce crayon d'un noir grisâtre, s'efface assez facilement et casse peu.
Crayons composés. — Ces crayons de pierre factice , fabriqués par Conté et quelques autres, portent des numéros qui indiquent leur degré de dureté; quand ils sont bons, on peut en tirer un excellent parti, et en obtenir plus de finesse et plus de vigueur que de la pierre noire, qui a le défaut d'être un peu grise. Les crayons composés s'effacent très-bien à la mie de pain; ceux qui sont préparés pour l'estompe ont un velouté qui ne se trouve pas dans les crayons noirs naturels.
On fabrique aussi de ces crayons de couleur rouge et blanche.
Mine de plomb. — Celle qui est naturelle, fine et douce au taillé, est très-avantageuse pour plusieurs genres de dessin; on fabrique aussi des mines de plomb factices, mais elles ont généralement le défaut d'être cassantes.
ÉXUDE DE LA FIGURE. 6g
La fabrique de M. Conlé est célèbre pour ce genre de crayons; ceux qui se font en Angleterre avec de la mine naturelle sont recliercliés ; c'est à la gomme élastique que s'efface toute espèce de crayons mine de plomb.
Estompe. — Le papier roule, la peau, le liège, servent à faire une es(ompe avec laquelle on élait^ le crayon par un léger iVollement. On donne aux estompes dont la grosseur varie depuis celle d'une plume jusqu'à celle du pouce, une forme cylindrique terminée en cônes par les deux bouls; c'est avec ces pointes coniques que l'estompe adoucit le crayon, on place la poussière de crayon dont on l'a chargé. L'estompe peut être dure pour les ombres, mais elle doit èlre moelleuse pour les demiteintes. On taille les estompes avec un canif extrêmement tranchant, ei mieux avec un rasoir quand elles sont en peau.
Plume. — Le dessin à la plume convient mieux aux dessinateurs habiles qu'aux élèves, parce que tous les coups portent, et ne peuvent plus s'effacer; il y a cependans une sorte d'avantage à s'en servir même dans le commencement des éludes; parce que cela oblige à faire un trait correct, et à ne pas hasarder une esquisse qu'on n'aurait plus les moyens d'effacer pour la corriger. Il faut observer, cependant, que l'habitude delà plume ne conduit ordinairement qu'à une manière dure et sèche ; pour apprendre à la bien manier, rien n'est meilleur que de copier les eaux i'orles inimitables de Callot, ou d'excellentes gravures d'un burin habile , d'un dessin correct, et où il n'y ait point de confusion dans les hachures, et d'imiter avec la plume les contours et les hachures que le burin ou la pointe ont tracés.
Pour dessiner à la plume, on se sert ordinairement de plumes de corbeau , de canard ou d'oie , dites bouts cCalle , parce que provenant du bout des ailes de l'oiseau, elles sont plus fermes et qu'elles marquent un trait plus net sur le papier. Nous donnerons à l'article Topographie quelques notions sur le choix des plumes et sur leur préparation convenable pour toute espèce de dessin.
70 DESSIN d'après NATURE.
Le dessin à la plume s'applique de préférence à Tarchitecture et au paysage.
Lavis. — Le lavis est une teinte d'eau colorée que le pinceau applique sur le papier; la plupart des lavis se font à l'encre de Chine, à la sépia ou bien an bistre; le lavis à l'aquarelle se fait avec des couleurs de diverses nuances, et l'on épargne sur le papier les blancs qu'on veut réserver : !a gouache-lavis se fait avec des couleurs à l'eau, et les blancs y sont teinlés et touchés au pinceau.
On trace ordinairement à la mine de plomb qui disparaît sous le lavis, l'esquisse que le lavis doit remplir; mais ces lavis ont rarement assez de vigueur pour n'avoir pas besoin d'être rehaussés par des traits de crayon ou de plume. Le lavis sert encore, dans un dessin arrêté au crayon ou à la plume, à placer les ombres nécessaires avec une couleur étendue dans plus ou moins d'eau et couchée avec un pinceau.
^ Il faut avoir près de soi de l'eau bien propre dans Jaquelle on décharge son pinceau, tant et si peu qu'on le uge nécessaire, et repasser à plusieurs reprises sur les endroits qui demandent de la force.
Cette façon d'ombrer un dessin est très-ex péditive lorsqu'on ne fait qij'un croquis \ mais elle est fort longue lorsque l'on veut amener un dessin à un grand fini ; car alors on ne doit pas mettre tout d'un coup la teinte d'une nuance aussi foncée que l'on veut qu'elle soit, parce que les bords d'un ombré lavés au premier coup, sont toujours durs et tranchés; il faut, au contraire, faire ses ondjres de plusieurs couches d'une nuance peu foncée, parce qu'il est plus facile d'en adoucir les bords et qu'avec de la patience, on arrive sans dureté à une nuance aussi foncée qu'on le désire. Cette manière de dessiner est fort commode au peintre, pour faire voir la pensée d'un tableau, pour donner une esquisse du sujet et rendre son effet de lumière, parce qu'elle produit des ombres sourdes où il ne se trouve pas de petits blaqcs
mêlés, comme dans les dessins au crayon, et qu'en cela elle approche plus de Teffet de la couleur.
Celte méthode esi encore très-convenable an dessin du paysage, parce qu'elle permet d'adoucir les bords et de ne pas cerner les contours dans l'exécution du feuillé surtout. Elle est d'ailleurs utile pour habituer an maniement du pinceau, surtout pour la miniature dont le travail est un mélange de dessin et de peinture.
Le lavis se fait ordinairement sur du papier blanc, qui doit être fort épais, afin que les couleurs ne s'emboivent point, et qu'elles puissent aisément glisser dessus; c'est pour cela qu'on a coutinne de le faire battre et laver dans l'eau d'alun, avant que de s'en servir pour le lavis. Lorsque tout le dessin est arréié sur le papiir, soit avec le fusain ou à la mine de plonjb, on le repasse à la plume avec une teinte d'encre de la Chine faible; il est mieux même, quand cela est possible, de ne point mettre le trait à la plume, c\ de laver sur un simple trait de mine de plomb, et le dessin en est plus moelleux; quand le trait est arrêté, on couche avec le pinceau les teintes les plus faibles du lavis, en adou( issanl toutes les parties qui le demandent avec un autre pinceau net et un peu humecté d'eau pure; quand la première couche est sèche, on en donne une autre plus forte, puis une plus noire, et ainsi de suite, autant qu'il est nécessaire. Si on lave sur du papier demi-teinte, on pourra rehausser en blanc les parties qui doivent être les plus éclairées, en se servant d'un pinceau; mais, pour l'ordinaire, on couche le blanc en hachant avec la pointe d'un pinceau fin et délié.
GRANDEURS RELATIVES OU r-ROrORTlONS ET MESURES DU CORPS HUMAIN.
Il est bien entendu cpie tout ce que nous dirons à cet égard ne doit jamais être pris d'iine manière absolue et invariable, comme une vérité mathématique, mais bien çomme une limite plus ou ciolus rapprochée qui servirî^
72 DESSIN d'après NATURE.
de guide au dessinateur pour le régler dans ses études, et le retenir dans la roule du vrai et du beau, les arlisles ont établi de plusieurs manières les grandeurs relatives ou proportions et mesures du corps humain ; Le Poussin a mesuré avec le plus grand soin le Laocoon, la Niobée, le Senèque, l'Antinoiis, les Lutteurs, la Diane d'Ephèse, l'Apollon, la Vénus de Médicis, l'HercuIe-Commode , et de toutes ses éludes d après l'antique, celle de l'Antinoiis est la seule qui nous ait été conservée.
La mesure géométrique la plus ancienne de la figure humaine, à partir du sommet de la tête jusqu'à la plante des pieds, donnait à Tliomme huit l'ois la hauteur de sa téte, en la divisant de la manière suivante :
La boîte osseuse jusqu'à la naissance de la colonne
vertébrale étant i
La colonne vertébrale sera 3
Le fémur (sans ses emboîtemens) sera 2
Le tibia (compris l'emboîtement de la rotule) sera. . 2
On divise encore les huit longueurs de téte, de la manière suivante :
La première partie, du crâne au menton: la seconde, du menton aux mamelles; la troisième, des mamelles au nombril; la quatrième, du nombril aux parties sexuelles; la cinquième, des parties sexuelles à la moitié de la cuisse; la sixième, du milieu de la cuisse au-dessus du genou ; la septième, du genou au-dessous du mollet de la jambe; la huitième, du mollet au talon.
La même longueur de huit hauteurs de téte s'observe aussi de l'extrémité d'une des mains à l'autre en passant par les épaules. Ainsi l'homme debout, les bras allongés horizontalement, se trouverait renfermé dans un carré parfait.
Cette division de la figure en huit têtes, quoique la jpluç ancienne et la plus généralement adoptée, n'est pa§
cependant la plus exacte, car il a été reconnu que la hauteur du corps est pins ordinairement de sept têtes que de huit; aussi en adoptant la division en sept tètes et demie l'a t-on répartie en dix faces, depuis le sommet de la tète jusqu'à la plante des pieds, en rapportant à cette division tontes les parties du corps, comme il suit, la face étant les trois quarts d'une tête : un quart de tête du *;ommet à la racine des cheveux sur le front où commence la face qui finit au bas du menton ; cette face qui sert d'unité de mesure , se subdivise en trois parties égales; la première contient le front; la seconde, le nez; la troisième, la bouche et le menton; les yeux sont éloignés de telle sorle l'un de l'autre, qu'un œil peut être placé entre eux.
Le nez est largi^- , au bas des narines et d'une aile à l'autre, de la longeur d'un œil, de sorte que des aplombs tombant des pointes internes des yeux seraient des tangentes aux ailes du nez.
Depuis le dessous du menton jusqu'à la fossette entre les clavicules, une longueur de nez.
De cette fossette entre les clavicules jusqu'au dessous des mamelles, une face.
De ce dessous des mamelks jusqu'au nombril, une tète.
Du nombril jusqu'au bas du ventre, une face ou trois quarts de tète.
Du bas du ventre jusqu'au milieu de la palette du genou, une tête et une face, ou sept qiiarls de tête.
Du milieu de la palelte du gcisou, jusqu'au coudepied, une tête et une face ou sept quarts de tête.
Du coude-pied au-dessous de la plante, un quart de tète ou un tiers de face.
Ainsi en réunissant les mesures précédentes on trouve pour la hauteur totale, cinq faces deux tiers, plus trois têtes un quart, ou bien en totalité soit dix faces, soit sept têtes et demie, puisqu'une face est les trois quarts d'une tête.
La largeur totale les bras étendus, est également de dix
74 DESsm d'après nature.
faces, et dans cette position, la figure, ainsi que nous l'avons dit, ayant même largeur et même hauteur, peut s'inscrire dans un carré.
Les principales largeurs s'établissent ainsi :
D'un coté des mamelles à l'autre, deux faces.
L'os du bras, humérus, est long de deux faces, depuis l'épaule jusqu'au coude.
De l'extrémilé du coude à la première naissance du petit doigt, l'os appelé cubitus^ avec partie de la main, contient deux faces.
De l'emboîlure de l'omoplate à la fossette d'entre les clavicules, une face.
De la fossette entre les clavicules jusqu'aux extrémités de répaule, il y a une téle ou quatre tiers de face, et autant de l'autre côté, font deux tèles , ou deux faces et deux tiers de face.
La fossette et les deux bouts des mamelles, forment un triangle parfait.
Si l'on veut obtenir un résultat exact avec les mesures ci-dessus, il faut observer que la distance, les bras étendus, de l'extrémité d'un doigta l'autre est bien égale à la longueur du corps, mais que les emboîtures du coude avec rhumérus, et de l'hu-mérus avec l'omoplate, emportent une demi-face lorsque les bras sont étendus.
La longiieur du pied est la même que de la plante au mollet, et du mollet au sommet du genou (Mesure de l'Antinous par Le Poussin).
La longueur de la main est d'une face.
La longueur du pouce est la même que celle du nez, un tiers de face.
La grosseur du bras au poignet est d'un tiers de face.
La grosseur du bas de la jambe est d'un tiers et trois douzièmes de face.
Le dedans du bras, depuis l'endroit où se perd le muscle qui fait la mamelle , appelé pectoral, jusqu'au milieu du bras, a de longueur une face et un tiers; et
du milieu du bras jusqu'à la naissance de la main, il y a une lace et deux tiers.
La longueur du plus long doigt du pied, est la même que celle du nez, un tiers de face.
Il est difficile de déterminer d'une manière bien précice les largeurs des membre?, parce qu'elles sont modifiées par la force plus ou moins grande des muscles, et par les différentes attitudes du corps.
En général, les proportions des longueurs varient peu chez les individus adultes; cependant le cou devient ordinairement plus court quand la ligure est plus grande; le bas du ventre rend la cuisse plus courte quand il descend ; et ces exceptions ne sont même pas générales.
Un élève de David , M. Bosio , dans son Traité élémentaire du Dessin, donne de la manière suivante les proportions de l'homme^ hauteur et largeur.
Déterminez, par deux lignes horizontales et parallèles, la hauteur que vous désirez donner à votre figure.
La ligne supérieure donne principe au sommet de la téte, l'autre reçoit le talon ; ensuite élevez une verticale qui passe au milieu de la jonction des deux clavicules , elle servira d'aplomb à la figure ; si la figure ne pose que sur une jambe, cette verticale doit diviser la malléole par le milieu, pour que le corps prenne une position verticale.
Après ce tracé, ii faut tirer des ligues horizontales intermédiaires, pour placer les diverses parties du corps : ce corps est divisé en huit parties égales, c'est-à dire qu'il a huit fois la hauteur de la tète, moins un quart; après avoir marqué le quart de la hauteur d'une tête sur la hauteur tolale, on la divise en deux parties égales; la première prend du sommet de la tête aux génitoires, et la seconde des génitoires au talon, elles font ensemble la hauteur totale de la figure.
Longueur du b'as, trois têtes, depuis le principe d¥ brachial jusq;i'au bout des doigts.
La cuisse porte la même longueur que le torse, en pre*
DESSIN d'après nature.
nant depuis la jonction des clavicules jusqu'au bas-ventre, dernière région du thorax; elle a cette longueur depuis l'os des îles jusqu'au milieu de la rotule. En reportant encore la même longueur depuis la rotule jusqu'au talon on obtiendra aussi celle de la jambe.
Les largeurs marquées sur les lignes horizontales s'établissent ainsi :
Première région.
Deltoïde. Deux télés et un quart.
Pectoraux. Une téte et demie.
Entre les cotes et le bassin. Une téle et un quart.
Bassin, Une téte et demie , moins un tiers de nez.
Hanches. Une tête et demie.
Bras. Un nez et deux tiers.
Avant-bras. Deux nez.
Seconde région.
Cuisse. Trois quarts d'une tête et un tiers de nez. Rotule. Un nez et demi.
Gémeaux. Deux nez.
Malléole. Un nez et un tiers.
Observations sur ces proportions , dans l'homme adulte, la femme et l'enfant. Dans l'homme adulte, les proportions des longueurs , pour les individus bien conformés, se renferment dans les limites que nous avons établies d'une manière générale; mais les largeurs sont sujettes à un grand nombre de variations; la symétrie parfaite de la partie droite à la partie gauche n'existe presque jamais ; en général , plus on copie la nature , et mieux on comprend le mérite et la difficulté de ce type du beau idéal , qui , sans doute , n'a été créé dans l'antiquité que par la réunion ou l'ensemble des beautés éparses chez des individus d'une espèce humaine supérieure en force et eu beauté à la race actuelle.
Il existe , indépendamment de la différence de stature entre l'homme et la femme , une différence dans les longueurs et les largeurs dont nous avons élabli les limites et les variations chez l'homme adulte.
Les contours plus arrondis, les attaches moins fortes de muscles moins apparens distinguent toujours Tensemble de la femme; elle a la tête plus petite et le cou plus long; les parties des mamelles et du bas-ventre sont plus basses, ce qui fait que l'espace depuis le dessous des tétons jusqu'au nombril est plus petit chez la femme que chez l homme adulte d'un sixième de face environ , et qu'elle a la cuisse moins longue de prés d'un neuvième de face.
La femme a aussi les épaules et la poitrine plus étroiles que l'homme; mais elle a les hanches beaucoup plus saillantes, le bassin plus large et les cuisses plus rondes et plus charnues ; le haut des bras et les jambes sont aussi plus grosses, tandis que les pieds au contraire sont plus petits et plus étroits; enfin le système musculaire est moins apparent chez la femme, parce qu'il est plus charnu, les membres sont moins larges et plus arrondis par la même raison , et l'ensemble plus gracieux et plus souple n'offre jamais ces formes angulaires qui dans l'homme dénotent presque toujours la force corporelle.
Chez les enfans les proportions varient avec l'âge : l'enfant nouvellement né n'a tout au plus que quatre têtes de longueur, et plus il augmente en âge, plus le bas de son corps acquiert d'étendue ; un enfant de quatre ou cinq ans a cinq têtes de hauteur, et cette quantité augmente toujours jusqu'à l'âge viril.
Détail et tracé des proportions de la tête , de la main et du pied. — Nous ne répéterons pas ici ce qui est bien entendu par tout ce qui précède , que ces tracés que nous indiquons ne sont que des constructions destinées à faciliter l'élude d'après nature.
Le tracé d'une tête peut s'exécuter en tirant d'abord une verticale A (fig. 5 , pl. IV), qui sera partagée en quatre parties égales, au moyen des horizontales B, C ,
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D, E, F, la ligne A B déterminera le sommet de la lèle ; la ligne C déterminera le commencement de la face, à partir de la racine des cheveux; la ligne D déterminera le milieu du globe de l'œil; la ligne E le dessous du nez, et la ligne F le bas du menton.
Ensuite, on divisera la verticale en deux parties égales entre les lignes A etE, et le point milieu ainsi obtenu a, servira de centre à un cercle dont la circonférence sera tangente aux horizontales A et E ; le diamètre horizontal h h servira à tracer deux courbes qui se raccordent à la circonférence aux extrémités de ce diamètre, de manière à former un ovale dont la partie inférieure sera sur la ligne horizontale F.
De E à F la verticale sera divisée en trois parties égales par doux horizontales dont l'une indiquera la place de la bouche, et l'autre le miUeu de la distance de la bouche au bas du menton; cette distance détermine la longueur du cou dont la largeur s'étabht par des verticales menées des points c c sur l'horizontale C.
En divisant la ligne horizontale D, en cinq parties égales, chaque partie sera la largeur d'un œil , celle du milieu donnera l'espace qui doit se trouver d'un œil à l'autre, et l'une d'elles donnera la largeur des narines au-dessous du nez. La largeur de la bouche sera indiquée par celle de l'œil, plus un tiers.
La hauteur de l'oreille est déterminée en bas par la ligne ce, qui passe au-dessous du nez, et en haut par la ligne e e qui est celle des paupières.
La fig. 6, pl. IV, offre l'exemple d'une téte construite d'après les lignes et les mesures ci-dessus , et dont les contours sont modifiés par un raccordement de courbes.
La tête représentée tig. 7, et qui est vue par- derrière, est construite d'après le même tracé et alors il suffit de la verticale A et des horizontales B et F.
La téte de quelque manière qu'on l'envisage, présente toujours la forme d'un ovale, plus ou moins régulier et elle se modifie suivant l'âge et le sexe; avec l'âge J'ovale se déforme par des anfractuosités plus ou moins
ÉTUDE DE LA riGURL. 79
prononcées ; d'ailleurs la conformation de la boîte osseuse et celle des mâchoires varie dans chaque peuple, et pour ainsi dire dans chaque contrée ; les races dégénérées sont remarquables par rabaissement général de tout le système.
Le tracé que nous avons donné pour un tête vue de face, sert encore pour une téle vue de profil. Après avoir déterminé fig. 8 toutes les lignes de la fig. 5, et formé l'ovale, on placera au point d l'aile du nez, el une perpendiculaire élevée sur ce point déterminera la place de l'œil sur la ligne D. Du point dscà point e il y a un quart de longueur de nez, ou un douzième de face ; du point c au point /il y a deux longueurs de nez, à ce point commence le lobe de l'oreille, el l'oreille entière est tangente à une verticale élevée par le point/; en portant la largeur de l'oreille deux fois de /en /, on détermine le derrière de la tête ou occiput.
La longueur donnée du dessous du nez au bas du menton ^, est égale à celle du bas du menton ^ à la naissance du cou II ; et du haut du cou h au bas î.
Les autres mesures sont celles de la tôle vue de face. On peut encore déîerminer les proportions de la tête vue de profil par l'opération suivante.
Il faut commencer par fixer la hauteur que l'on veut donner à la tèle , par deux lignes horizontales i et 5 (fig. 9, pl. 4), puis les joindre par une verticale A B. Du point A sommet de la verticale , on mène une hgne oblique A C limitée par l'horizontale 5, et dont l'obhquité indique l'inclinaison que doit avoir le profil ; entre la verticale et l'oblique, on trace la courbe continue du profil D C tangente à la verticale A C et limitée par les horizontales i et 5 , ce tracé détermine les limites du front, du menton et des lèvres. On divise ensuite l'espace A B en quatre parties égales, par les lignes 2, 3, 4. Entre les horizontales i et 2 se trouve le crâne. Entre 2 et 3 le front; entre 3 et 4 le nez; entre 4 et 5 la bouche et le menton; sur la ligue horizontale marquée 3 ou indiquera le sourcil, et divisant la lon^
to
DESSIN d'après nature.
gueur du nez en trois parties égales, on déterminera la distance de la corde de l'arc du sourcil, à la lacrymale ; du point lacrymal, une parallèle au profil du nez, déterminera par sa rencontre avec l'horizontale 4? l'aile du nez.
On divisera de même en trois parties égaies l'espace de 4 à 5, du nez au menton : la première ligne de division marquera le milieu entre la lèvre supérieure et la lèvre inférieure ; la seconde indiquera le commencement du menton qui se terminera à la troisième.
Après ces opérations , on déterminera la place de l'oreille en prenant une longueur de nez et demie, pour dislance entre ia gouttière nasale et l'origine de l'oreille sur la ligne 4 ; l'oreille entière ayant une longueur de nez ou un tiers de face, se trouvera comprise entre les lignes 3 et 4.
Ce tracé est celui d'une tête de belles proportions , mais ces proportions varient à l'infini depuis le beau idéal jusqu'à la nature la plus ignoble et la plus affaissée.
Si la tête était vue en-dessous ou en dessus, il y aurait alors une déformation perspective ou raccourcie dans les parties qui se trouveraient soit au-dessus soit au-dessous de la ligne d'horizon.
Pour exécuter le tracé d'une téte vue de trois quarts, il faut procéder comme pour celle de profil, c'est-à-dire décrire un cercle que l'on divisera par des cordes en trois sections de même hauteur, puis s'éloignant du diamètre vertical, on décrira un nouveau cercle qui déterminera le derrière de la tête; entre ces deux cercles on dessimira l'oreille; posant la pointe du compas sur l'intersection de la ligne horizontale des yeux avec le premier cercle au point a (fig. i3, pl. IV), et l'ouvrant jusqu'au point d'intersection 6 , on décrira l'arc 1/ c , qui marquera le contour de la joue ; ensuite , divisant en deux parties égales la distance qui se trouve du point d de la verticale au point ^, on obtiendra le point e, miheu du Dez j de ce point e comme centre et avec le rayon ea, on
ÉTUDE DE liA FIGURE.
tracera l'arc a f^ qui sera Tautre joue : ajoutant maintenant une quatrième partie au-dessous du cercle, de même grandeur que celles qui divisent le cercle, on aura le point g qui indiquera le bas du menton. Placez la bouche et le cou comme il a été dit au profil.
Quand la tète est vue en-dessus de rhorizontale qui passe par le sommet A (fig. i, pl. V), ou en projection horizontale, elle forme sur le plan horizontal de projection un ovale irrégulier dont C D (fig. 2, pl. V) est le grand axe, et cette projection s'obtient par des verticales abaissées de tous les points de la tète vue de trois quarts.
Le tracé d'une tête d'enfant diffère de ceux que nous venons de donner ; voici celui décrit dans lart de dessiner de J. Cousin.
Tracez une ligne horizontale A B (fig. 12, pl. IV), coupez-la en deux également par une verticale CD, et du point E, comme centre, décrivez un cercle qui figurera la partie supérieure de la tête; divisez les deux rayons E C et E D chacun en deux parties égales ; reportez la longueur d'une de ces parties au-dessous du cercle, et, par le prolongement du rayon E D, tirez les lignes I, 2, 3, 4, 5, 6 et 7 ; la première section de i à 2 comprendra le sommet de la tête jusqu'à la naissance des cheveux ; la seconde, la partie supérieure du front ; la ligne no 4 est celle sur laquelle on doit placer les yeux ; les sourcils monteront jusqu'au milieu de l'espace qui se trouve entre la ligne n*' 3 et celle n° 4.
Divisez la corde n° 4 en cinq parties égales, la deuxième et la quatrième donneront la place et la largeur des yeux.
Sur la ligne n° 5 placez la partie infér ieure du nez ; l'espace entre la ligne n° 5 et celle n° 6 doit être divisé en trois parties égales ; sur l'une des lignes de division se place le milieu de la bouche, et la troisième limite le bas du menton.
Divisez l'espace qui se trouve entre la ligne n° 4 et celle n° 5, en quatre parties égales, et de l'un des
DESSIN d'après nature.
points de division a, comme centre, et avec un rayon égal à celui du cercle supérieur déjà tracé, décrivez un demi-cercle ABC qui déterminera le dessous du menton et les limites extérieures des oreilles.
La hauteur des oreilles est déterminée par l'horizontale tangente aux sourcils, et par l'horizontale qui divise en deux parties égales la longueur du nez.
Les joues auront de largeur, des deux côtés de la verticale, l'espace qui se trouve entre la ligne des yeux n® 4 et celle du menton n** 6.
La largeur de la bouche est égale aux trois quarts de la longueur du nez.
Le cou doit avoir de grosseur, deux longueurs et demie de nez, et le haut des épaules une mesure de tête.
Pour la téle de profil on fera le même cercle et les mêmes divisions que ci-dessus; on décrira le derrière de la téle hors de ce cercle; et il sera facile de placer toutes les autres parties du visage d'une manière analogue à celle donnée pour le profil d'une tête ordinaire.
Tracé des proportions de la main et du pied. — La longueur de la main se forme de trois longueurs du nez, c'est-à-dire de la longueur d'une face entière , que l'on divisera en trois rectangles, i , 2 , 3 ( fig. 10, pl. IV ). Un quatrième rectangle , ajouté au-dessous de ceux-ci , servira pour placer le poignet. En posant la pointe d'un compas au point A , et l'ouvrant jusqu'au tiers du rectangle n** 2 , l'on tracera une portion de cercle qui indiquera la première jointure des doigts : divisez la base du rectangle n° 3 en deux parties égales ; portez une de ces parties de A en A'; au point A élevez une v<>rîicale qui coupe la base commune des rectangles i et 2 en un point a , que vous joindrez avec A' par une oblique A'« , et au point d'intersection avec l'horizontale B , sera la deuxième jointure du pouce ; A a , par son intersection avec B , déterminera la réunion du pouce avec l'index ; l'index s'élève jusqu'à la moitié de la phalange supérieure du doigt du milieu ; l'annulaire s'élève jusqu'aux deux tiers de cette même phalange; l'auriculaire s'élève jusqu'à
la joinUire supérieure de l'annulaire , et le pouce jusqu'à la phalange inférieure de l'index.
La longueur du pied, vu de côté ou de profil ( fig. 1 1, pl. IV), contient quatre longueurs de nez, ou une hauteur de tête ; divisant cette longueur en trois parties égales , une de ces parties servira à déterminer le diamètre de la jambe au-dessus de la cheville ; il faut donner à la jointure du coude- pied, depuis le dessous du talon A jusqu'au point B , une longueur et demie de nez ; de ce dernier point jusqu'à la première jointure du gros orteil C, un nez et deux tiers. Le petit doigt commence à la troisième partie de la troisième mesure qui sépare le pied en quatre parties égales , et n'excède pas la moitié de la première jointure du pouce ; les doigts suivans augmentent successivement de la grandeur de leurs ongles jusqu'au doigt qui est proche du pouce.
Ces mêmes mesures du profil en dehors, sont appliquabîes au profil en dedans.
Pour dessiner le pied vu par-devant, et par conséquent en raccourci, il faut, pour la largeur de l'avant-pied , prendre une longueur et deux tiers de nez ; divisez cette mesure en trois parties égales, dans l'une desquelles on dessinera le gros orteil , dans la suivante les deux doigts voisins , et dans la dernière les deux plus petits doigts.
Le pied vu par derrière, et [»ar conséquent en raccourci , a pour largeur, au talon , une longueur de nez ; l'avant-pied a pour largeur une longueur et un tiers de nez , comme dans le pied vu par-devant , et le bas de la jambe au-dessus de la cheville a pour diamètre une longueur de nez ou un tiers de face.
Il est bien entendu que ces proportions ne sont pas absolues, surtout dans les raccourcis , qui sont trèsvariables : mais elles peuvent servir à guider l'artiste dans ses compositions.
Observations sur les raccourcis. — Avant d'indiquer
Ô4 DESSIN d'après nature.
les modlficalions que les tracés éprouvent quand la figure est vue en raccourci, il est bon de noter quelques observations générales qui servent en quelque sorte de récapitulation à ces tracés.
En posant la pointe d'un compas sur le nombril d'un corps, dont les bras sont étendus et les jambes écartées, on trouvera que ce point est le centre d'un cercle dont la circonférence louche aux extrémités des doigts des mains et à la plante des pieds (i).
Il y a trois parties principales du corps qui conservent entre elles une juste proportion : i. le tronc, depuis les clavicules jusqu'à l'emboîture des cuisses; i. la cuisse jusqu'à la jointure du genou ; 3. l'os de la janibe jusqu'à la jointure du pied. Cette dernière est la moindre des trois, qui s'augraentent par proportion, de manière que les parties les plus basses de la figure sont les plus courtes; ainsi l'os de la cuisse est plus long que celui de la jambe de la moitié d'un quarantièoie, c'est-à-dire d'un quatre-vingtième de la hauteur entière de la figure, et le tronc est plus long que l'os de la cuisse de la moitié d'un quarantième, de façon qu'il surpasse la longueur de la jambe d'un quarantième entier (2).
Voici quelques moyens graphiques pour tracer les raccourcis : prenons pour exemple la tête ( fig. 3 , pl. V ) ; on indiquera par l'oblique A B , la pente que doit avoir cette tête en avant, et l'on déterminera le profil d'une manière conforme au tracé ordinaire de la tête de profil ; tirant ensuite des horizontales a, ^, c, ^, etc. , coupant à angle droit la verticale CD, de la tête vue de face , on obtiendra sur celte ligne C D tous les points nécessaires pour mettre ensemble la figure par des perpendiculaires à l'oblique A B , afm que tous les traits de la figure soient également penchés et dans le même sens.
(1) YitruTc.
(a) Albert Durer»
lÉTUDE DE LA FIGURE.
Il en serait de même pour une tête penchée en arrière ou pour une autre entièrement couchée (i).
Si la tête en raccourci est vue de trois quarts , il faudra combiner le tracé que nous venons de donner avec les tracés ( fig. i et 2, pl. V ).
Pour le tracé d'une main en raccourci, il faut conirmencer par dessiner la main de profd, A , (fig. 4 , pl. V), en donnant aux doigts la disposition qu'ils doivent avoir dans le raccourci ; puis , pour avoir un plan de projection, on tirera au bas de cette main une ligne horizontale B G , coupée par une verticale D E ; divisant ensuite Tangle 1> F E en deux parties égales par une oblique F G, de toutes les jointures et extrémités de la main de profil , on abaissera des verticales qui couperont l'oblique F G en plusieurs points, par lesquels, menant des horizontales , on achèvera le plan de projection ; on élèvera de ce plan des lignes perpendiculaires qui , avec des lignes de niveau tirées vers la droite de toutes les parties de la main du profil A, détermineront, par leurs intersections , la place de chacune des parties de la main vue en raccourci.
On obtiendra le tracé du piedVu en raccourci d'une manière analogue en opérant d'après un pied vu de profil , avec les mesures qui ont été données de celte partie du corps , et par le moyen de lignes verticales et horizontales , comme l'indique la fig. 5 , pl. V.
Notions sur les os , sur les muscles et sur les mouvemens du corps humain. — Les os et les muscles apparens dans les divers mouvemens du corps humain sont ceux dont la connaissance importe le plus au dessinateur ; leur indication ne peut être fautive sans que la figure dessinée ne soit estropiée , tandis que , par son exactitude, elle précise dans les masses de l'ensemble des points de repère qui facilitent l'étude des détails.
(i) On trouve plusieurs exemples de ces opérations dans VArt dt Dtss/'n^ par J. Cousin.
DESSm DIAPRÉS NATURE,
L'ensemble du système osseux forme le squelette , ou la charpente solide qui sert de soutien aux parties molles et flexibles du corps humain ; cette charpente indique d'une manière générale la forme et les proportions de l'ensemble analomique , dont il est nécessaire que nous disions quelques mots , avant de donner la nomenclature des os et des muscles principaux.
La conlexlure du squelette ou charpente osseuse forme les cavités où les organes vitaux sont à l'abri des agens extérieurs : c'est encore la charpente osseuse qui sert de levier à toute la machine ; et ce sont les muscles qui font mouvoir celte série de leviers articulés.
L'ensemble du squelette ( fig. i et 2 , pl. IV ) se divise ordinairement en trois masses distinctes , la tete , le TRONC et les MEMBRES , ct daus cet ensemble, il y a 245 OS de toutes grandeurs.
La TETE se subdivise en deux parties , le crâne et la face.
Le crâne renferme 8 os ; c , le coronal ; h , les deux pariétaux ; c, V occipital ; les deux temporaux ; e , le sphénoïde et Velhmoide; on peut ajouter à ces os les cornets spliénoïdaux et les osselets de t ouïe, renfermés dans le temporal.
La face se divise en mâchoire supérieure et mâchoire inférieure,
La mâchoire supérieure est composée par les os maxil^ laires supérieurs ,f: palatins , malaires , nazaux , lacrymaux , les cornets inférieurs elle vomer.
La mâchoire inférieure est formée par un seul os appelé maxillaire inférieur^ g.
La partie supérieure du tronc comprend la colonne ^vertébrale et la poitrine.
La colonne vertébrale^ h , est composé de 24 os nommés vertèbres, et divisée en trois régions, i. cerç>icale , 2. dorsale, 3. lombaire,
La poitrine ou le thorax est constitué , en arrière et au milieu , par une portion de la colonne vertébrale , en avant et au milieu par le sternum, i,* et de chaque côté
par douze côtes, distinguées en supérieures ou sternales, en injérieures ou asternales,
La partie inférieure du tronc , ou le bassin , est formée, en arrière , par le sacrum ,y , et le coccyx , k; et sur les côtés par le bassin ou os coxaux , /.
Les MEMBRES sc distinguent en supérieurs et inférieurs.
Les membres supérieurs ou thoraciques se divisent ainsi : V épaule, formée de la clavicule m , en avant , et de V omoplate n ou scapulum en arrière ; le bras ^ formé par un seul os, V humérus o ; V avant-bras , forme par le cubitus p en dedans , et le radius q en dehors ; la main , subdivisée elle-même en carpe r, métacarpe s , et doigts. Le carpe est composé de 8 os , le métacarpe de 5 os ; les doigts sont composés chacun de 3 os.
Les membres Inférieurs ou abdominaux sont divisés en cuisse , jambe et pied.
La cuisse est formée d'un seul os, le fémur t; la "jambe, de 3 os : le tibia u , le péroné v , et la rotule x.
Le pied est formé du tarse j, du métatarse z , et des orteils.
Le tarse est composé de 7 os ; le métatarse de 5 os ; el les orteils de 3 os chaque.
Cette nomenclature nous semble suffisante pour le dessinateur, qui peut au reste consulter, pour plus de 'détails, le Manuel d'Anatomie.
Les muscles qui se rattachent à la charpente osseuse et la font mouvoir, sont des organes de forme e^ de volume \ariables, le plus souvent de couleur rouge, susceptibles de se raccourcir ou de se contracter pour produire le mouvement : c'est à l'aide de membranes ou cordes fibreuses que les muscles agissent le plus ordinairement , en enveloppant le corps de leur vaste tissu.
La forme des muscles, leur position piécise, leur force et le mouvement qu'elle détermine, ne sauraient être étudiés avec trop de soin par les dessinateurs et par les peintres ; c'est au peu de connaissance que les artistes ont de l'analomie du corps humain que l'on doit attri-
DESSIN d'après nature.
biier les grossiers contre-sens qui déparent un si grand nombre de tableaux et de statues. Cette étude est longue et ne peut être faite avec fruit que sur la nature.
On peut s'aider, dans cette étude, des ouvrages d'ànatomie et des modèles anatomiques qui se trouvent dans nos bibliothèques et nos musées publics , mais c'est sur la nature même qu'il faut toujours faire l'application des connaissances puisées dans les livres.
Nous indiquons , dans les figures 3 et 4 ( pl. IV ) , les muscles extérieurs , qui sont les plus apparens dans lef formes que doit rendre le dessinateur ; voici d'ailleurr une nomenclature générale que l'on pourra consulter a' besoin.