A LA LETTRE DE M. L'ÉVÊQUE DE ST-DIÉ
personnelles, des opinions qui n'existeraient pas si je ne les eusse pas mises en avant.
» Ce qu'il attaque, c'est notre droit, ce sont nos lois; — ce sont les Articles des libertés de l'Église gallicane de P. Pithou , dédiés à Henri IV, et que le chancelier d'Aguesseau appelait le palladium de la France.
» Ce qu'il attaque, c'est la Déclaration de 1682, œuvre du clergé de France, rédigée par Bossuet , sanctionnée par Louis XIV, par la Sorbonne et par toute la magistrature de France.
» Ce qu'il attaque, c'est la loi de germinal an X, qui a rétabli parmi nous le culte catholique, qui régit ce culte depuis près d'un demi-siècle, et sans laquelle (si, comme le fait le mandement , on la foulait aux pieds) tout serait anarchie dans l'Église et dans l'État.
» Voilà ce qu'on attaque, voilà ce que j'ai défendu en 1844, comme sous la Restauration; non plus seulement comme citoyen et comme jurisconsulte, mais cette fois comme magistrat , chef des procureurs-généraux, et comme homme politique, député, ancien ministre du roi et rapporteur de la Charte de 1830, qui consacre nos libertés religieuses comme nos libertés politiques.
» Si la controverse était permise , c'était une affaire de logique, et ce ne pouvait être la matière d'une censure. Il est aussi trop commode de condamner là où l'on désespère de convaincre , et où de fausses qualifications prodiguées à ses contradicteurs ne peuvent changer la nature des choses.
» M. l'archevêque de Lyon a commis un abus de pouvoir : il s'est attaqué aux lois et à l'État.
538 KÉPONSE DE M. DUPIN.
» J'ai défendu l'un et l'autre; j'ai fait mon devoir, et j'ai confiance en Dieu.
» Veuillez agréer, Monseigneur, la nouvelle assurance de mon respectueux et fidèle attachement.