CHAPITRE III
Éducation sans collier. — Faites asseoir votre chien entre vos jambes; placez votre main gauche sur sa mâchoire supérieure ; faites-lui ouvrir la gueule, en pressant les lèvres entre les deux mâchoires, avec le pouce d'un côté et les deux premiers doigts de l'autre ; inttoduisez le billot de la main droite en disant : Prends.
La main gauche contenant la tête, faites conserver le billot en flattant l'animal de la main droite sur la poitrine et disant : C'est bien ! c'est bien ! Grondez l'animal s'il veut rejeter le billot. Après quelques secondes, retirez le billot avec douceur en disant : Donne.
Répétez cette leçon trois fois par jour; chaque leçon de trois minutes séparées par un repos.
Deux jours ordinairement suffisent pour faire comprendre les mots : Prends et Donne.
Éducation avec collier. — Votre chien ayant le collier de force, tenez la corde de la main gauche près de son point d'attache; présentez le billot de la main droite en disant : Prends. Elevez aussitôt la main gauche de manière à comprimer
légèrement le cou. Ce mouvement fait ouvrir la gueule du chien, et on introduit le billot ; caresser l'animal de la main droite en disant : C'est bien! c'est bien! Faire conserver le billot pendant quelques secondes, le reprendre avec douceur en disant : Donne.
Répéter cette leçon trois fois par jour; chaque leçon de trois minutes, séparées par un repos.
Bientôt le chien, sachant que la saccade suit immédiatement le mot : P rends ^ ne l'attend plus pour s'emparer du billot.
Lorsqu'il exécute bien cette leçon, placez-vous en face de lui et attirez-le doucement, avec le collier, sur le billot tenu à 6 ou 8 centimètres de la gueule, en disant : Prends.
Eloignez peu à peu le billot, et abaissez-le progressivement jusqu'à ce que le chien le prenne à terre.
Placez alors deux chevilles à chaque extrémité du billot, de manière à former un chevalet que le chien saisit plus aisément. Enfin, jetez le billot à une petite distance, conduisez-le chien dessus en lui disant : Prends^ Apporte!
Sitôt que le chien a compris qu'il ne s'agit que de rapporter le billot, ce qui est un jeu pour lui, il l'exécute volontiers.
Après quelques leçons, roulez la corde autour de son cou; cherchez à l'égayer en lui jetant l'objet.
S'il montre de rhésitation ou de la paresse, reprenez la corde et faites-lui sentir le collier. Le chien étant familiarisé avec son billot, on lui fait rapporter une peau de lièvre ou de lapin empaillée, alourdie par du sable.
On peut également mettre la peau autour du billot.
Lorsque vous aurez une pièce de gibier mort, vous lui donnerez une bonne leçon.
Ne mettez pas votre chien en chasse avant de l'avoir habitué et rendu impassible au coup de fusil. A cet effet, jetez une peau de lièvre ou de lapin, une pièce de gibier mort ; tirez dessus, et faites-lui rapporter Tobjet.
En négligeant cette précaution, vous êtes exposé à voir votre chien, effrayé par la détonation, vous quitter en entrant en chasse^ un beau jour d'ouverture.
Pendant les premiers jours de chasse, laissez votre chien porteur de son collier, les pointes en dehors, il sera plus obéissant.
Faites-lui rapporter deux ou trois fois les premières pièces abattues; bientôt le collier ne sera plus nécessaire ; il rapportera, à sa grande satisfaction et à la vôtre.
Lorsque vous serez en chasse, laissez quelquefois tomber une pièce de gibier sans que votre chien s'en aperçoive ; appelez-le, faites-la lui chercher et
rapporter ; il s'habituera ainsi à vous rapporter toute pièce de gibier qu'il aura trouvée.
Vous rencontrerez encore quelquefois de la répugnance chez votre chien lorsqu'il devra rapporter certaines pièces de gibier : râle, bécasse, bécassine, poule d'eau, etc. ; remettez- lui le collier et faites-le lui sentir, il s'exécutera.
Il est bon, dans les premiers temps, d'avoir le collier dans sa carnassière, si on ne juge pas nécessaire de le faire porter au chien.