Acide glycocholique, G26 1143 Az O6.— Synonyme : Acide
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cholique de Gmelin et Strecker, mais non de Demarcay et Berzelius, qui est identique avec l’acide cholalique.
L'acide glycocholique est très abondant à l’état de glycocholate de soude dans la bile de boeuf. La bile humaine n’en renferme que de très petites quantités ; la bile de chat et celle de chien n’en contiennent pas du tout.
Préparation. — Dissolvez dans l’alcool à chaud le glycocholate de plomb obtenu dans l’expérience précédente ; précipitez le plomb par l’hydrogène sulfuré, concentrez la solution alcoolique par évaporation, et précipitez l’acide glycocholique par l’eau.
Un procédé préférable est celui de Gorup-Besanez. Évaporez de la bile de bœuf fraîche presque jusqu’à siccité au bain-marie et épuisez le résidu par l’alcool à 90 p. 100 (densité 0,822). Enlevez l’alcool par distillation ou évaporation, diluez le résidu, si cela est nécessaire, dans l’eau, ajoutez un lait de chauxt Filtrez, laissez refroidir, et ajoutez de l’acide sulfurique en évitant d’en verser avec excès, jusqu’à ce qu’il se produise un trouble persistant. Laissez reposer pendant quelques heures, et tout le liquide se prend d’ordinaire en une bouillie cristalline d’acide glycocholique. Parfois cette transformation ne se produit qu’au bout de plusieurs jours, ou même de plusieurs semaines. Portez la masse sur un filtre uni à la pompe aérohydrique de Bunsen, lavez à l’eau froide et exprimez entre des feuilles de papier à filtre d abord avec la main, puis avec une presse à vis. On peut obtenir l’acide glycocholique à un état de pureté encore plus parfait, en redissolvant les cristaux dans une grande quantité d’eau de chaux, et en ajoutant de l’acide sulfurique, jusqu’à ce que 1 acide glycocholique se sépare de nouveau. Cet acide cristallise en longues aiguilles minces et blanches. Les cristaux sont très peu solubles dans l’eau froide, plus solubles dans l’eau chaude; il cristallise par conséquent par refroidissement. La solution alcoolique d’acide glycocholique se trouble par l’eau; il se forme un précipité floconneux, qui se transforme au bout de peu de . temps en un amas de fines aiguilles.
146. Glycocolle, G2 H5Az O2. — Synonymes : Glycocine, glycine, sucre de gélatine, acide amido-acétique.
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L’acide glycocholique est facilement décomposable, et on peut obtenir le glycocolle en faisant bouillir pendant longtemps cet acide avec de l’acide chlorhydrique concentré1. Par le refroidissement il se sépare une masse résineuse, que l’on désigne sous le nom de résine biliaire (acide cholalique et dyslysine). On sépare la résine du liquide par la décantation et on évapore. Le résidu est ensuite dissous dans l’eau chaude avec de l’hydrate d’oxyde de plomb et filtré ; la liqueur décomposée par l’hydrogène sulfuré et filtrée de nouveau, est finalement évaporée.
Les cristaux rhomboïdaux et transparents de glycocolle ainsi obtenus, sont lavés, pour les purifier, dans l’alcool absolu. Ils ont
une saveur sucrée; ils sont solubles dans l’eau froide, presque insolubles dans l’éther et l’alcool et présentent une réaction acide.
Réaction caractéristique du glycocolle. — Lorsqu'on fait bouillir une solution de glycocolle avec de l’oxyde de cuivre et qu’on précipite par l’alcool, après la filtration, la liqueur bleu foncé qui en résulte, il se dépose des prismes bleus caractéristiques de glycocollate de cuivre (G2 * H4 Az 02)s Gu H2 O.
1 On prépare plus avantageusement le glycocolle avec l’acide hippurique, qui est contenu en grande quantité dans l’urine des herbivores et qui consiste en glycocolle uni à de l’acide benzoïque.
Préparation de L'acide hippurique. — De l’urine fraîche de cheval ou de vache est mélangée avec un lait de chaux et bouilli pendant quelques minutes. On filtre le liquide bouillant, on le réduit par évaporation au sixième environ de son volume primitif et on le neutralise par l’acide chlorhydrique. L’acide hippurique ainsi précipité cristallise sous forme de prismes rhombiques, semblables à d’épaisses aiguilles (Fig. 143). On prépare le glijcocolle
en faisant bouillir pendant plusieurs heures de l’acide hippurique avec de
l’acide chlorhydrique concentré et en évaporant la liqueur presque jusqu’à siccité. L’acide hippurique est décomposé en acide benzoïque et en glycocolle. Le résidu est traité par l’eau froide, qui ne dissout qu’une petite quantité d’acide benzoïque. Puis, après liltration, on ajoute de l'oxyde de plomb hydraté pour éliminer l’acide chlorhydrique. On filtre et on précipite le plomb par l’hydrogène sulfuré ; le précipité est séparé par filtration et l’on évapore la liqueur jusqu’à cristallisation.
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147. Acide taurocholique, G*6 II45 Az SO7. — L’acide taurocholique ou coléique accompagne l’acide glycocholique dans la bile du bœuf ; c’est l’acide principal de la bile de l’homme, et le seul qui existe dans la bile du chien.
Préparation. — Mettez en suspension dans l’alcool du taurocholate de plomb obtenu avec de la bile cristallisée et décomposez-le par de l’hydrogène sulfuré. Filtrez, évaporez la liqueur jusqu’à un petit volume à une température douce, versez dans un flacon bouché à l’émeri et précipitez par l’éther en grand excès. L’acide forme un précipité sirupeux, qui peu à peu se transforme en petites aiguilles soyeuses très déliquescentes à l’air.
L’acide taurocholique est soluble dans l’eau et l’alcool, insoluble dans l’éther. Sa présence est décelée comme celle de tous les acides biliaires parla réaction de Pettenkofer; il se distingue de l’acide glycocholique en ce qu’il ne précipite pas par l’acétate de plomb seul, mais qu’il précipite par l’acétate de plomb et l’ammoniaque, et des autres acides biliaires en ce qu’il donne de la taurine lorsqu'il est décomposé à chaud par l’acide chlorhydrique.
148. Taurine, G2 II7 Az SO5. — La taurine peut être retirée de l’acide taurocholique ou de la bile.
Préparation. — Faites bouillir de la bile de bœuf pendant plusieurs heures avec de l’acide chlorhydrique étendu. Les acides biliaires sont décomposés. La taurine et le glycocolle se combinent avec l’acide chlorhydrique et restent dissous, tandis que l’acide cholalique se sépare sous forme d’une masse résineuse. Filtrez la liqueur, évaporez à siccité, épuisez le résidu par l’alcool absolu, qui en extrait le chlorhydrate de glycocolle; dissolvez le résidu dans l’eau et abandonnez à la cristallisation. Pour purifier le produit obtenu, dissolvez-le dans 1 alcool, précipitez-le par l’acétate de plomb, décomposez la liqueur filtrée par l’hydrogène sulfuré , filtrez, évaporez à siccité, épuisez le résidu par l’alcool absolu, puis traitez par une petite quantité d’eau pour dissoudre la taurine et laissez cristalliser.
On peut aussi retirer ce corps de la bile de chien, qui ne ren-
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ferme que du taurocholate. Faites bouillir la bile avec de l’acide chlorhydrique, séparez la masse résineuse, évaporez le résidu acide, épuisez par l’alcool absolu pour enlever le chlorhydrate deglycocolle et traitez par l’eau bouillante.
La taurine est soluble dans 15 à 16 parties d’eau froide; elle est plus soluble dans l’eau chaude. Elle est presque insoluble dans l’alcool froid, mais plus soluble dans l’alcool à chaud. Elle est insoluble dans l’alcool absolu et l’éther. La forme de ses cristaux et le soufre qu’elle contient, servent à la faire reconnaître. Sescristaux sont des prismes hexagonaux, terminés par des pyramides à quatre ou six faces, incolores et transparents (Fig. 144). La présence du soufre dans la taurine est démontrée de la façon suivante : Si l’on chauffe un cristal de taurine sur une lame de platine, il se gonfle, brunit, et se fond en dégageant des vapeurs, dans lesquelles on reconnaît à l’odeur l’existence de l’acide sulfureux. Si l’on calcine des cristaux avec du carbonate de sodium, et si on laisse tomber sur la masse quelques gouttes d’acide, il se dégage de l’hydrogène sulfuré. Si l’on dissout des cristaux dans de la potasse caustique et si on concentre la solution par l’ébullition, il se dégage de l’ammoniaque et il reste dans la liqueur du sulfate et de l’acétate de potassium.
Fig. 144. — Cholestérine.
149. Acide cholalique, G 24 H 40 O 5. — Synonyme : Acide cholique. Cet acide ne se rencontre pas dans la bile fraîche.
Préparation. — Faites bouillir pendant douze ou quatorze heures la bile (ou une solution d’acide glycocholique) avec une solution concentrée de potasse caustique, ou avec de l’eau de baryte saturée à chaud. Précipitez par l’acide chlorhydrique, lavez le précipité à l’eau, redissolvez-le dans une petite quantité de potasse, ajoutez de l’éther, précipitez par l’acide chlorhydrique et abandonnez le tout pendant quelques jours. Au burdoh sanderson, labor. de physiologie. :t-2
4’JS
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contact de l’éther, la liqueur cristallise sous forme de prismes quadrangulaires terminés par des pyramides. Décantez l’éther, exprimez la masse cristalline entre des feuilles de papier à filtrer, et après l’avoir dissoute dans l’alcool bouillant, versez de l’eau en petite quantité jusqu’à ce que la liqueur commence à se trçubler. L’acide cholalique se sépare par refroidissement en tétraèdres. L’acide cholalique existe sous deux états. A l’état amorphe , il est mou, de consistance cireuse. Il est un peu soluble dans l’eau, assez soluble dans l’éther, et soluble en toute proportion dans l’alcool. A l’état cristallin, il est insoluble dans l’eau et dans l’éther, mais assez soluble dans l’alcool. Chauffé sur une lame de platine, il brunit, fond et brûle en dégageant des vapeurs, dont l’odeur rappelle celle de l’encens. Lorsqu’on le chauffe ou qu’on le fait bouillir avec de l’acide sulfurique, il se convertit en substances résineuses, l’acide choloïdique et la dyslysine.
ISO. Cholestérine, C îS H u O. — La cholestérine se retire d’habitude des calculs biliaires, et non point directement de la bile. Les calculs sont formés principalement de cholestérine, d’une petite quantité de pigments biliaires et de sels terreux.
Préparation. — Traitez par l’alcool bouillant les calculs biliaires réduits en poudre, et filtrez à chaud. Par le refroidissement de la solution, les cristaux de cholestérine se déposent. Pour les purifier, faites les bouillir dans une solution Fig. 145. — Acide hippurique. alcoolique de potasse caustique.
Les cristaux se séparent de nouveau par refroidissement. Lavez-les dans l’alcool chaud, puis dans l’eau; redissolvez dans un mélange d’alcool et d’éther, et laissez évaporer. La cholestérine cristallise en tables rhombiques, dont les angles sont souvent brisés (fig. 145). Elle est complètement insoluble dans l’eau et dans l’alcool à froid. Elle se dissout facilement dans l’alcool bouillant. On peut extraire aussi la choies-
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térine de la bile, en évaporant la solution éthérée de calculs biliaires que l’on obtient dans la préparation de la bilirubine. On purifie les cristaux comme il vient d’être indiqué.
Réactions. — 1° Placez quelques cristaux de cholestérine sous le microscope , ajoutez une goutte d’un mélange de 5 volumes d’acide sulfurique et de 1 volume d’eau, et chauffez doucement le porte-objet. Les bords des cristaux prendront une coloration rouge carmin. Si le mélange employé est formé de 3 parties d’acide pour 1 d’eau, la coloration est violette; si l’on étend l’acide encore plus, les bords paraissent lilas et se dissolvent dans l’acide;
2° Les cristaux traités par l’acide sulfurique concentré, en présence d’une petite quantité d’iode ou de chlorure de zinc prennent une coloration qui varie du vert bleu au violet;
3° Si l’on verse une goutte d’acide azotique concentré sur un cristal, dans une capsule de porcelaine, et que l'on évapore à siccité, à une douce chaleur, il se produit une coloration rouge foncé ;
4° Si l’on broie de la cholestérine avec de l’acide sulfurique concentré et si l’on ajoute du chloroforme, on obtient une solution dont la coloration varie du rouge sang au pourpre et disparaît en passant successivement par le violet, le bleu et le vert ;
5° Chauffé doucement avec un mélange de 1 volume de solution de chlorure ferrique, et de 2 volumes d'acide chlorhydrique , la cholestérine prend une coloration violette ou rouge ;
6° Chauffée à une température élevée avec l’acide phosphorique, la cholestérine se colore en brun rouge.
151. Action de la bile. — La bile paraît concourir à l’absorption de la graisse. Lenz, Bidder et Schmidt, ont trouvé qu’un chien, sur lequel on avait lié le conduit hépatique, absorbait moins de graisse qu’avant, et que le chyle contenu dans le canal thoracique renfermait très peu de matières grasses. Ils ont calculé la quantité de graisse absorbée, en comparant la quantité ingérée à celle qui avait passée dans les fèces. La bile émulsionne la graisse, comme on peut le vérifier en agitant dans un flacon de la bile avec de l’huile. 11 est douteux cepen-
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dant que ce soit à cette propriété que soit due l’absorption. En forçant de l’huile soit par pression, soit par aspiration, à traverser des membranes animales ou du papier à filtrer, on voit que le phénomène s’accomplit bien plus facilement, lorsque l’huile a été mêlée au préalable avec de la bile.
152. La bile précipite la syntonine et la pepsine. — Faites digérer un morceau de fibrine dans du suc gastrique artificiel, et ajoutez ensuite une grande quantité de bile; il se produit immédiatement un précipité. Filtrez, placez un nouveau morceau de fibrine dans la liqueur et acidulez avec l’acide chlorhydrique. La fibrine n’est pas digérée, parce que la pepsine a été précipitée. Toute la pepsine ne se dépose que lorsque la quantité de bile employée est très considérable. La bile précipite le chyme dans le duodénum. Sa présence dans l’estomac peut être nuisible. Il semble aussi que la bile possède une propriété antiseptique, car elle empêche, jusqu’à un certain point, la décomposition putride des matières albuminoïdes.
153. Sécrétion de la bile. — La secrétion de la bile est constante, mais elle est plus abondante à certains moments. C’est ainsi qu’elle est plus active après l’ingestion des aliments; elle atteint d’ordinaire son maximum de deux à quatre heures après chaque repas. Pour observer la sécrétion de la bile, on pose une ligature sur le canal cystique et on introduit une canule dans la vésicule biliaire. On trouvera dans le Report of the British association for 1868 un mémoire de Rutherford et de Gamgce où est exposée avec beaucoup de détails la manière d’exécuter cette opération chez les chiens. Chez le cochon d’Inde, on peut opérer de la façon suivante :
154. Etablissement d’un fistule biliaire chez le cochon d’inde. — Chloroformez l’animal et attachez-le sur l’appareil de contention de Czermak. Incisez les parois abdominales au niveau de la ligne blanche sur une étendue de un pouce a unpouce et quart(25à30 millimètres) à partir de l’apophyse xiphoïde. La portion pylorique de l’estomac, est ainsi mise à nu. Écartez avec précaution 1 eslo-
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mac jusqu’à ce que vous ayez découvertle duodénum. La portion de cet organe, correspondant chez l’homme à la portion supérieure transverse, forme une boucle à convexité dirigée vers le diaphragme. C’est sur le milieu de cette convexité que débouche le canal cholédoque. Liez ce conduit en ce point, et saisissez la vésicule biliaireavec des pinces; incisez-la sur une petite étendue et introduisez dans l’incision une canule, que vous fixerez au moyen d’une ligature. Le diamètre de la canule ne doit pas dépasser deux à trois millimètres et son extrémité doit être munie d’un rebord saillant. On peut la faire soi-même bien facilementen chauffant l’extrémité d’un tube de verre du diamètre voulu, et en l’appuyant encore chaud sur une plaque de fer. Recousez la plaie en laissant au dehors l’extrémité libre de la canule. Chez les cochons d’Inde, la bile est sécrétée en grande quantité jusqu’à 7,3 grammes par kilogramme du poids total du corps et par heure. Elle renferme de petites proportions de matières solides, environ 1,3 pour 100. Quand le conduit cholédoque est lié, les cochons d'Inde meurent en moins de vingtquatre heures; quand il n’est point lié, ils peuvent vivre une semaine. La bile est secrétée sous une très faible pi'ession. Pour déterminer cette pression, on fabrique un manomètre en fixant verticalement un tube de verre d’environ cinquante centimètres sur un support en bois et en adaptant un tube en caoutchouc à son extrémité inférieure, on remplit l’appareil d’eau et on ferme au moyen d’une pince à pression continue le bout libre du tube de caoutchouc. Cela fait, on lie le canal cholédoque d’un cochon d’Inde et on introduit une canule dans la vésicule biliaire. Après s’être assuré que l’eau s'élève dans le manomètre à une hauteur de 100 millimètres au-dessus du point zéro, on place le tube dans une position horizontale, au même niveau que la canule, on fixe le bout libre du tube de caoutchouc sur la canule et on enlève la pince. Quand la bile vient à être sécrétée, la colonne d’eau progresse et indique de la sorte la rapidité de la sécrétion. Quand la colonne d’eau a 150 millimètres de long, redressez verticalement le tube. Si la pression maximum de la bile chez l’animal en expérience a été atteinte, l’eau descendra dans le tube; dans le cas contraire, elle continuera à s’élever.
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155. Absorption par le foie. — La bile sécrétée par le foie est réabsorbée quand la pression diminue dans les vaisseaux sanguins ou quand elle s'accroît dans les capillaires biliaires (Heidenhain) ; la jaunisse est ainsi produite de deux façons différentes. Pour voir l’absorption causée par la diminution de pression dans les vaisseaux sanguins, comprimez l’aorte immédiatement au-dessous du diaphragme. La pression diminue parfois dans le manomètre, mais comme la veine cave et d’autres organes sont généralement comprimés de la même façon, le résultat n’est pas constant. Pour voir l’absorption causée par l’accroissement de pression dans les conduits biliaires, remplacez l’eau dans le manomètre par une solution aqueuse de carmin d’indigo, en quantité suffisante pour dépasser de plusieurs pouces le point le plus élevé qu’ait atteint la colonne d’eau. La solution est graduellementabsorbée,des tremblements musculaires se manifestent et l’animal meurt de la même façon que si l’on avait injecté de l’eau dans ses veines. En même temps, la surface du corps est colorée par le carmin d’indigo. Cette expérience nous montre qu’une légère obstruction du conduit vecteur de labile est suffisante pour déterminer la réabsorption de ce liquide et par conséquent la jaunisse.
GLYCOGÈNE
156. — Ce serait une exception remarquable à la loi d’écononomie, qui régit tous les organes, si le foie, la glande la plus vomineuse du corps, n’avait pas d’autre fonction que la sécrétion de la bile, liquide qui joue dans les phénomènes digestifs un rôle beaucoup moins important que le suc gastrique ou le suc pancréatique. Aussi en est-il autrement ; en effet, le foie, outre la propriété de sécréter la bilejouit de la propriété de former du glycogène, substance qui ressemble par ses réactions à la dexlrine et peut être, comme elle, transformée en sucre par l’action des ferments. Le glycogène, existe toujours dans le foie en quantité plus considérable quand l’animal digère que lorsqu’il est à jeun. On ne sait pas encore d’une manière positive de quelles matières il dé-
GLYCOGÈNE
rive. L’ingestion habituelle d’aliments amylacés en augmente l’abondance; mais comme il continue à se produire en quantité considérable quand l’alimentation se compose exclusivement de viande, il est évident qu’il peut être formé par les susbstances albuminoïdes. A l’appui de son origine aux dépens des substances albuminoïdes on a prétendu que s’il augmente après l’ingestion d’aliments amylacés, cela est dû à ce que le sucre provenant de l’amidon est brûlé à la place de l’albumine, ce qui fait qu’il reste une quantité plus considérable d’albumine susceptible d’être convertie en glycogène. Les expériences de Cyon, si l’on peut y ajouter toute confiance, semblent démontrer que l’urée est formée dans le foie. Comme les quantités de sucre et d’urée excrétées par les diabétiques soumis à une alimentation animale, suivent une marche parallèle, on peut supposer que, lorsque l’alimentation est exclusivement composée de matières albuminoïdes, le glycogène est formé par l’albumine ou parles peptones qui se dédoublenten glycogène et urée. Demême, lorsque l’alimentation, est composée d’amidon et de sucre, le glycogène se forme en abondance, et, en même temps, il se fait dans le foie un dépût de graisse. On peut en conclure, que le sucre absorbé par l’intestin est décomposé pour donnernaissance au glycogène et à la graisse. Le glycogène semble jouer un rôle très important dans la vie des cellules, car on le rencontre partout où l’activité vitale est énergique, comme dans les néoplasies ou dans les tissus embryonnaires. Une expérience remarquable de Hoppe-Seyler a démontré que le glycogène constitue un des éléments desglobules blancs tant qu’ils sont actifs, mais qu’il disparaît quand ils ont perdu leur propriété de se mouvoir, et est remplacé par du sucre h Au début de la vie fœtale, les fibres musculaires et les poumons renferment une grande quantité de glycogène, qui diminue plus tard, mais qui cependant ne disparaît jamais. Le foie et les autres glandes, le système nerveux de l’embryon, ne renferment point de glycogène ou n’en contiennent que peu ; mais il est très abondantjdans le placenta. Après la naissance il est presque entièrement localisé dans le foie et les muscles. Il semble que dans ces derniers, sa pré-
Pour 1ns détails de l’expérience voyez : Med. Chem. Untersuch , 1871, p. 486.
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sence a quelque relation avec le travail musculaire, car il diminue lorsqu’ils entrent en activité. Le glycogène du foie n’y reste pas longtemps; il se convertit bientôt ensucre, detelle sorte quela grande quantité de glycogène, qu’on rencontre après un repas, diminue rapidement pendant le jeûne et disparaît entièrement dans l’inanit ion ; par contre le glycogène des muscles n’augmente pas autant après l’ingestion des aliments, mais ne diminue pas non plus aussi rapidement par l’inanition (Weiss).
Bien que le foie lui-même et le sang renferment un ferment, qui transforme le glycogène ensucre, cette transformation est probablement effectuée dans une grande proportion par le sang, car elle a lieu beaucoup plus rapidement quand la circulation dans le foie est très active. L’usage du sucre dans l’organisme est trè's mal connu, mais il est possible qu’il soit, de même que le glycogène, en relation avec le travail musculaire, puisque la quantité de sucre (ou d’une substance qui réduit le cuivre) dans le sang diminue beaucoup, lorsque ce liquide traverse des muscles qui se contractent (Genersich). Tandis que Claude Bernard professe que la formation du sucre dans le foie est constante pendant la vie, Pavy, Ritter, Meissner et Schiff soutiennent qu’elle n’a lieu qu’après la mort, ou pendant la vie seulement dans des conditions pathologiques telles que celles déterminées par le trouble de la respiration ou de la circulation. Ils basent leur opinion sur ce fait que le foie, examiné immédiatement après la mort, ne contient pas de sucre ou n’en contient que de petites quantités et que le sang de la veine sus-hépatique ne renferme pas plus de sucre que celui des veines jugulaires ou delà veine-porte. Il est vrai que l’on ne trouve du sucre qu’en très petite quantité dans le foie frais, mais cela est dû, selon toute probabilité, à ce que le courant de la circulation entraîne constamment pendant la vie, le sucre contenu dans le foie aussitôt qu’il est formé (Flint). Le fait que le sang de la veine porte renferme autant de sucre que celui de la veine hépatique repose sur des expériences peu concluantes, parce que, dans toutes, on avait omis de placer une ligature sur la veine porte avant d’enlever le foie, de sorte que la veine hépat ique n’ayant point de valvules, le sang reflue dans le système de la veine porte. Quand on évite cette
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cause d’erreur, on trouve le sucre en bien plus grande proportion dans la veine sus-hépatique que dans la veine porte. Pour aller au devant de l’objection que le sucre ainsi constaté a été formé après la mort, on recueille du sang du cœur droit ou de la veine cave et on compare la proportion de sucre qu’il contient avec une égale quantité de sang pris dans la veine jugulaire. Toute précaution a été prise pour éviter de troubler la circulation, et cependant on trouve que le sucre, dans le premier cas, est en beaucoup plus grande abondance que dans le second (Lusk).
157. Procédé poür démontrer la. fonction glycogénique du foie. — Le foie renferme du sucre , que l’on peut enlever par des lavages. — Tuez un lapin de forte taille en pleine digestion, en le décapitant. Ouvrez l’abdomen, enlevez le foie et placez le dans une large cuvette, comme celles dont on se sert en photographie. Introduisez une canule dans la veine porte et une autre dans la veine sus-hépatique. Faites passer un courant d’eau à travers la veine porte ; ce qui peut être fait au moyen d’une seringue. Mais il est plus commode de fixer la canule de la veine porte à un tube en caoutchouc dont l’autre extrémité s’adapte à un flacon rempli d’eau et situé à un niveau plus élevé. Procédez comme si vous vouliez faire une injection ordinaire en employant une pression égale à une colonne d’eau de soixante à quatre-vingt centimètres. Le liquide, qui s’écoule par la veine sus-hépatique est d’abord du sang, puis du sang étendu d’eau et enfin de l’eau pure. Recueillez des portions de chacun de ces liquides dans de petits vases, et laissez couler le reste dans la cuvette, dans laquelle est placée le foie. Recherchez si ces liquides renferment du glucose. Vous trouverez que les portions recueillies les premières en renferment, mais que la quantité diminue graduellement à mesure que les lavages continuent. Parfois même il disparaît. Laissez passer le courant d’eau, jusqu’à ce qu’on ne puisse plus en découvrir de traces à l’aide des réactifs indiqués dans le paragraphe suivant.
Arrivé à ce point, enlevez sans perte de temps la canule et coupez le foie en trois morceaux. Hachez l’un d’eux aussi rapidement que possible, jettez-le immédiatement dans de l’eau bien
bouillante et acid niez très légèrement avec de l’acide acétique pour coaguler l’albumine. Placez un second morceau dans de l'alcool pendant une ou deux minutes, décantez l'alcool et chassez ce qui en reste en exprimant la masse; coupez-la ensuite en petits fragments, couvrez-la d’alcool absolu et abandonnez-la à elle-même. Laissez sur la table, abandonné à lui-même, le troisième morceau. Quand le foie a bouilli pendant quelques minutes, séparez l’eau par filtration. La liqueur filtrée est laiteuse. Traitez par les réactifs, si l’opération a été rapidement faite, elle ne présente que des traces de sucre ou même pas du tout, ce qui montre que tout le sucre a été enlevé du foie.
Le sucre se forme de nouveau dans le foie , après qu'on a enlevé par les lavages et par l'ébullition tout celui qu'il contenait. — Après avoir laissé pendant quelque temps abandonné à luimême le troisième morceau de foie, hachez-le et faites-le bouillir comme le premier morceau, filtrez et cherchez s’il renferme du sucre!; vous en trouverez dans la plupart des cas. Gomme il n’y en avait point dans le premier morceau, il faut donc que le sucre se soit formé après que le foie a été divisé en trois parts.
Si des morceaux de foie parfaitement frais, qui ont été soumis à l’ébullition pendant dix minutes et qui n’ont décélé aucune trace de sucre avec le réactif de Fehling, sont abandonnés à l’air pendant quarante-huit heures, ils offrent alors du sucre en abondance.
Le foie contient du glycogène , substance qui peut être convertie en sucre de raisin par l'action des ferments. — Prenez une petite quantité de la liqueur filtrée laiteuse obtenue par l’ébullition du foie et qui ne renferme pas de sucre, comme on l’a constaté. Ajoutez-y un peu de salive et chauffez pendant quelques minutes au bain-marie à 35°, ou sur une lampe à alcool. Versez une solution de potasse et du sulfate de cuivre et faites bouillir ; vous trouverez du sucre. Réduisez le reste laiteux de la liqueur filtrée par évaporation à un petit volume, et ajoutez de 1 alcool en excès. Il se forme un précipité blanc floconneux de glycogène.
Le foie renferme aussi un ferment diastasique. — Avec le morceau de foie qui a été placé dans l’alcool préparez une solution
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glycérique parla méthode indiquée au §163- Versez-en une petite quantité dans une solution de glycogène, maintenez-la à une température de 40° au bain-marie et, de temps à autre, prenez-en de petites quantités pour y rechercher le sucre. Vous finirez par y en trouver, mais au bout de plusieurs heures.
158. Recherche du sucre dans le sang. — Gomme l’albumine et la matière colorante du sang pourraient masquer la réaction, il faut les enlever avant de faire agir les réactifs. Le procédé de Claude Bernard est le suivant : (Inverse du sang, s’il est pur, dans un mortier et on le triture avec du noir animal en quantité suffisante pour former une pâte très épaisse. On y ajoute une petite quantité d’eau, on triture de nouveau et on verse le mélange sur un filtre. L’eau traverse le filtre tout à fait claire, entraînant en dissolution le sucre qui peut exister et que décèle le réactif de Trommer ou celui de Fehling. Si le sang est étendu, on l’agite avec une quantité suffisante de noir animal pour former une pâte épaisse, on filtre et on procède comme ci-dessus.
Le Dr Pavy isole le sucre de la manière suivante : il pèse 40 grammes de sulfate de sodium en petits cristaux dans un vase d’une capacité de 200 cent, cubes. 11 verse dessus 20 cent, cubes du sang à analyser et pèse de nouveau avec soin le vase avec son contenu; il obtient de cette façon le poids exact du sang. Après avoir agité le sang et les cristaux avec une baguette de verre, il ajoute environ 30 cent, cubes d’une solution chaude et concentrée de sulfate de sodium. Le vase est placé au-dessus d’un bec de gaz, surmonté d’une toile métallique et chauffé jusqu’à ce que le contenu se transforme en un caillot suspendu dans un liquide incolore. Le liquide est séparé du caillot, et ce dernier lavé pour en retirer tout le sucre. Ce qui s’opère en versant le liquide sur un morceau de mousseline soutenue par un entonnoir placé au-dessus d’un vase plus grand. Une portion de la solution chaude concentrée de sulfate de sodium est ajoutée au coagulum, agitée à plusieurs reprises et le tout versé sur un filtre de mousseline. Le liquide est exprimé par compression de la masse et pour plus de certitude qu’il ne reste plus trace de sucre dans le coagulum, cette opération de
lavage et de compression est recommencée plusieurs fois. Le liquide ainsi obtenu peut être considéré comme renfermant tout le sucre existant dans le sang. Il est légèrement trouble et doit être porté à 1 ébullition pour qu’il puisse fdtrer à travers les filtres ordinaires du papier. Il est alors parfaitement transparent. Pour compléter cette partie de l’opératiQn, il faut laver le vase dont on s’est servi, ainsi que le filtre de papier avec la solution concentrée de sulfate de sodium. Le dosage du sucre contenu dans cette solution, est obtenu en déterminant comme précédemment la quantité d’oxyde de cuivre réduite, et, s’il est nécessaire, le cuivre est séparé par électrolyse.
Une autre méthode préférable, quand on doit doser le sucre, consiste à étendre le sang avec trois ou quatre fois son volume d'alcool, à laisser digérer pendant quelque temps, puis à filtrer. Le résidu est ensuite épuisé par de nouvelles quantités d’alcool que l’on ajoute à la liqueur filtrée, l’alcool est évaporé et on recherche le sucre dans le liquide restant. La réaction de Trommer excellente pour la salive, est insuffisante dans le cas actuel, car le liquide peut renfermer beaucoup de substances capables de réduire l’oxyde de cuivre. Il faut donc avoir recours à d’autres réactions.
Réaction de Moore. — Ajoutez à la liqueur dans un tube à essais delà potasse ou de la soude caustique jusqu’à réaction fortement alcaline et chauffez graduellement jusqu’au point d’ébullition. Si la solution contient du sucre, elle prend une teinte d’abord jaune, puis brun rouge et enfin brun foncé ou même noire ; s’il n’y en a que des traces, la teinte reste jaune ou orange.
Réaction de Bottcher. — Ajoutez à la liqueur dans un tube à essais une toute petite quantité d’oxyde ou de sous-nitrate de bismuth ainsi qu’un grand excès d’une solution très concentrée de potasse ou de soude caustique, et faites bouillir pendant quelque temps. S’il y a du sucre, l’oxyde de bismuth sera réduit et prendra une coloration grise, puis noire. S’il n’y a que des traces de sucre, la quantité de bismuth employée doit être très faible, sans quoi tout le bismuth ne serait pas réduit. Si, dans un premier essai, on n’obtient qu’une coloration grise, il faut
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répéter l’opération avec une quantité de bismuth beaucoup plus petite.
Réaction par la fermentation. — Une solution de sucre de raisin mélangée avec de la levure fermente immédiatement et dégage de l’acide carbonique. Claude Bernard a décrit un appareil destiné à manifester ce phénomène. Il consiste en un tube à essais long d’environ 8 centimètres hermétiquement fermé par un bouchon à travers lequel est introduit jusqu'au fond un tube de verre étroit. Le tube de verre est complètement rempli du liquide qu’il s’agit d’essayer, mélangé avec une petite quantité de levûre et placé au bain-marie à 35°. S’il existe du sucre dans la solution, il se dégage de l’acide carbonique, qui ne pouvant s’échapper au dehors, contraint le liquide à s’élever dans le petit tube. Comme la levûre peut renfermer du sucre, onremplit un tubeàessais disposé de la même façon avec de l’eau mélangée de levûre afin de pouvoir comparer. On détermine la nature du gaz en l’agitant avec de l’eau de baryte. Le liquide qui s’échappe au dehors est recueilli au moyen d’un tube en caoutchouc fixé à l’extrémité supérieure du petit tube de verre et on y recherche l’alcool en le faisant bouillir avec une petite quantité de bichromate de potassium et d’acide sulfuriqne. S’il y a de l’alcool, le liquide prend une teinte verte.
La quantité de sucre contenue dans un échantillon donné d’urine peut être approximativement déterminée de la manière suivante: Déterminezsoigneusementladensité del’urine recueillie pendant vingt-quatre heures, versez-en quatre onces (120 grammes) dans un flacon d’une capacité de 360 centimètres cubes et ajoutez-y de la levûre de bière gros comme une noisette; bouchez l’orifice du flacon avec un tampon de coton, 'abandonnez-le pendant vingt-quatre heures à une température moyennne. Préparez pour servir de contrôle un second flacon, mais qui ne renferme pas de levûre. Au bout de vingt-quatre heures, faites refroidir les deux flacons; l’urine qui renferne de la levûre est trouble et doit être filtrée. Déterminez la densité des deux urines; chaque degré de densité perdu par l’urine pendant la fermentation correspond à un grain (64 milligr.) de sucre par once (30 gr.). Dans la plupart des cas, 1a densité de l’urine avant l’opération et
celle de l’urine contenue dans le deuxième flacon et qui n’a pas fermentée est identique (. Réaction de Robert).
159. Préparation du glycogène. — Pour retirer une grande quantité de glycogène du foie, il faut choisir un animal bien portant et le tuer pendant la digestion. Pour empêcher la conversion du glycogène en sucre après la mort, il faut rendre, aussi rapidement que possible, le ferment inactif, c’est à quoi l’on arrive en chauffant le foie à 100°.
Tuez par décapitation, à l’aide d’un fort couteau, un lapin de grande taille, une ou deux heures après lui avoir donné un repas copieux de sucre de canne. Ouvrez de suite l’abdomen, enlevez le foie, divisez-le en petites lanières aussi rapidement que possible et jetez-les dans une grande capsule placée au-dessus d’un bec de Bunsen et renfermant de Peau bouillante. Le bec doit être large, parce que le foie refroidit l’eau, et qu’il pourrait s’écouler quelque temps avant que tous les morceaux ne soient portés à latempérature de 100°, auquel casla conversion de glycogène en sucre aurait lieu dans les parties insuffisamment chauffées. Laissez le foie à cette température pendant un court espace de temps ; puis décantez le liquide dans un grand flacon et jetez le foie dans un mortier. Reversez le liquide dans la capsule, broyez le foie, replacez-le dans la capsule et faites-le bouillir pendant une neure. Filtrez la liqueur et refroidissez-la rapidement en entourant le vase, qui la contient, de glace pilée. La liqueur renferme une grande quantité de matières albuminoïdes, dont il faut se débarrasser pour obtenir le glycogène à l’état de pureté. Le meilleur procédé pour y arriver consiste à précipiter par une solution d’hyodhydrargyrate de potassium (Brücke). Cette solution se prépare en précipitant la solution de chlorure mercurique parl’iodure de potassium, lavant le précipité et y ajoutant une solution bouillante de potassium, jusqu’à saturation delà liqueur.
Quand la liqueur filtrée est refroidie, ajoutez-v alternativement de l’acide chlorhydrique et de l’hyodhydrargyrate de potassium jusqu’à ce qu’il ne se produise plus de précipité. Remuez le mélange, laissez reposer pendant cinq minutes et
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filtrez. Ajoutez de l’alcool à la liqueur jusqu’à ce que le glycogène commence à se précipiter abondamment, en évitant soigneusement d’en verser en excès, de peur que d’autres substances ne soient aussi précipitées. La meilleure condition pour que le glycogène se précipite, est que le mélange d’alcool renferme 60 p. 100 d’alcool absolu. Recueillez le glycogène sur un filtre, lavez-le d’aborddansdel’alcool étendu, puis dans de l’alcool à 90 p. 100 (densité 0,822), qui permet de le séparer plus facilement du filtre. Épuisez par l’éther et desséchez rapidement dans le vide. Au lieu de séparer l’albumine par l’hyodhydrargyrate de potassium, on peut aciduler légèrement avec de l'acide acétique la solution bouillante de glycogène et filtrer. La liqueur est alors rapidement réduite à la moitié de son volume par évaporation et mélangée avec un égal volume d’alcool à 90 p. 100. Le glycogène se précipite avec une petite quantité de glutine. Pour l’en débarrasser, on le fait bouillir pendant une heure ou plus avec de la potasse caustique; on neutralise avec de l’acide acétique, on précipite par l’alcool, on recueille sur un filtre, on lave avec de l’alcool fort, puis avec de l’alcool absolu, jusqu’à ce que toute trace d’eau ait disparu, et on chasse ensuite l’alcool par l’éther. Le glycogène se présente alors sous l'aspect d’une poudre blanche. On le dessèche rapidement en l’étendant en couche mince sur une lame de porcelaine chaude, sur laquelle on fait passer un courant d’air. Si la glutine n’a pas été tout à fait enlevée, ou si l’eau a été incomplètement déplacée par l’alcool et l’éther, le glycogène se transforme en se desséchant en une masse gommeuse, au lieu de former une poudre blanche.
On peut aussi retirer le glycogène des muscles par le procédé suivant dû à Abeles : Le muscle est d’abord soumis à une longue ébullition dans une solution de potasse caustique; la solution est ensuite presque neutralisée avec de l’acide chlorhydrique, de façon à ce qu’elle continue à avoir une réaction distinctement alcaline. On y ajoute alors une solution de chlorure de zinc et on fait bouillir pendant 20 à 40 minutes. Les substances protéiques sont précipitées et on obtient facilement par filtration un liquide transparent. Il est important de n’employer que la quantité de chlorure de zinc strictement nécessaire pour produire
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le précipité. Quand la liqueur transparente fitrée ne se trouble plus par ébullition avec une nouvelle quantité de chlorure de zinc, on filtre et on lave soigneusement le précipité. On convertit la liqueur ainsi que les eaux de lavage au bain-marie, on laisse refroidir et on traite par un excès d’alcool légèrement acidulé par l’acide chlorhydrique. Le glycogène se précipite; on le recueille sur un filtre, on le lave avec de l’alcool à 60 p. 100 acidulé avec de l’acide chlorhydrique jusqu’à ce que les eaux de lavage ne contiennent plus de zinc. L’alcool acidulé est déplacé par de l’alcool pur, et la substance ainsi obtenue est finalement desséchée.
160. Propriétés du glycogène. — Le glycogène est une substance amorphe, incolore, insipide, très soluble dans l’eau. Ses solutions aqueuses sont fortement opalescentes, et même laiteuses lorsqu’elles sont concentrées. Ce sont, en apparence, de véritables solutions puisqu’elles traversent les filtres et le noir animal sans subir d’altération, et qu’on ne peut y observer au microscope aucune particule en suspension. Cependant Brücke ne croit pas que ce soient de véritables solutions ; il pense que l’eau tient en suspension des particules de glycogène, qui se sont gonflées. L’opalescence disparaît quand on ajoute des alcalis caustiques, bien que l’alcali ne détruise pas le glycogène. Le glycogène est insoluble dans l’alcool et dans l’éther. Il ne renferme point d’azote. Brûlé sur une lame de platine, il ne dégage point l’odeur caractéristique des substances azotées et ne laisse point de cendres.
Le glycogène est coloré en rouge foncé par la solution d’iode. La meilleure solution d’iode à employer pour voir cette coloration est celle que l’on obtient en mettant un peu d’iode dans de l’eau et en y ajoutant très graduellement de l’iodure de potassium, en agitant constamment, j usqu’à ce que la solution prenne une teinte rouge vineux. Si l’on verse dans une solution de glycogène de la potasse caustique, puis une goutte de sulfate de cuivre, l’oxyde de cuivre se reclissout. L’oxyde n’est pas réduit par l’ébulition.
161 . Influence de l’alimentation sur la quantité de glycogène
GLYCOGÈNE
contenue dans le foie. — Lorsqu’on vient à tuer deux lapins à la même période de la digestion, traités de la même façon, mais nourris l’un avec du blé et du sucre en abondance, et l’autre avec du foin en petite quantité, on trouve que le foie renferme chez le premier beaucoup plus de glycogène que chez le second.
162. Conditions qui déterminent la conversion du glycogène en glucose. — Le glycogène peut être transformé en dextrine et en glucose :
1° Parles ferments. — Placez au bain-marie à 37°-i0“ deux tubes à essais renfermant un mélange d’une solution aqueuse de glycogène et de salive. Retirez l’un d’eux aussitôt que l’apparence laiteuse de la solution a disparu, ajoutez-y de l’alcool, il se forme un précipité de dextrine. Filtrez; lavez le précipité avec de l’alcool, et mettez-le dans l’eau, il devient transparent et së dissout en formant une solution dépourvue de toute opalescence. Traitez une petite quantité de cette solution par la potasse caustique et le sulfate de cuivre, il ne se produit par ébullition aucune trace de réduction de l’oxyde de cuivre. Traitez une autre portion de la liqueur par la solution d’iode , il se manifeste une coloration rouge, analogue à lacoloration caractéristique du glycogène. Ajoutez à la liqueur alcoolique filtrée de la potasse et du sulfate de cuivre, la réduction a lieu. Gela montre que le glycogène s'est transformé en partie en dextrine, en partie en glucose par l’action du ferment salivaire. Laissez le second tube à essais quelque temps encore au bain-marie, puis ajoutez de l’alcool. S’il y est resté assez longtemps, il ne se produira pas de précipité. Essayez la réaction de Trommer, l’oxyde de cuivre est aussitôt réduit. Ce qui prouve que le glycogène s’est entièrement transformé en sucre sous l’influence de l’action prolongée du ferment salivaire.
Le sang renferme un ferment qui agit sur le glgcogene. — Le sang contient un ferment qui agit de la même façon que le ferment de la salive. Versez une petite quantité de sang dans une solution de glycogène, et laissez le mélange quelque temps au bain-marie à 37°. Séparez l’albumine et essayez la réaction de Trommer.
buruü.n sa.ndersox, labor. ‘lie. physiologie.
DIGESTION
2° Par les acides. — Mélangez une solution de glycogène avec de l’acide chlorhydrique et de l’acide sulfurique dilués et faites bouillir; pendant que la liqueur bout versez-y de la potasse caustique en excès et du sulfate de cuivre , la présence du sucre se manifestera. Le glycogène peut toujours être transformé en sucre par les acides, mais parfois il exige un temps plus ou moins long.
163. Procédé pour séparer le ferment diastasique du foie. — Décapitez un lapin et enlevez le foie aussi rapidement que possible. Hachez-le et lavez-le à plusieurs reprises pour enlever le sang. Pressez-le afin d’exprimer le liquide qu’il renferme et plongez-le pendant vingt-quatre heures dans l’alcool absolu. Enlevez l’alcool par filtration, lavez de nouveau le foie avec de l’alcool et laissez le pendant plusieurs jours dans la glycérine. Filtrez à travers un morceau de mousseline, la liqueur ne contient pas de sucre, mais renferme un ferment qui convertit le glycogène et l'amidon en sucre. Yersez dans trois tubes à essais la solution glycérique, ajoutez dans l’un du glycogène, dans le second de l’amidon et abandonnez le troisième pendant 15 à 30 minutes. Traitez ensuite la liqueur des trois tubes par les réactifs du sucre c’est-à-dire par la potasse et le sulfate de cuivre. Vous ne trouverez point de sucre dans le tube qui ne renferme que la solution glycérique, le sucre existant dans le foie immédiatement après la mort ayant été enlevé par l’alcool avant l’addition de glycérine. Dans les deux autres tubes il y a du sucre. L’effet se produit aussi bien quand on étend la solution glycérique.
Après que le ferment a été enlevé par la glycérine , la masse contient encore du glycogène. — Traitez la masse à plusieurs reprises parla glycérine. Prenez deux tubes à essais et introduisez-y une petite quantité de cette masse avec de l’eau. Au bout de quelque temps recherchez si l’un d’eux contient du sucre, vous n’en trouverez point. Ajoutez à l’autre tube un peu de la solution glycérique que l’on a constaté ne pas contenir de sucre, et portez-le à 40° pendant quelques instants, au bout de ce temps vous y trouverez du sucre. On peut retirer le ferment de labile en le précipitant par l’alcool, en lavant le précipité avec de l’alcool sur
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un filtre, et en épuisant comme ci-dessus, par la glycérine (Von Wittich).
164. Glycosurie. — On n’est pas d’accorcl sur la question de savoir si le sucre est un élément normal de l’urine, ou non. Mais dans l’état morbide, que l’on désigne sous le nom de diabètes mellitiis, il existe en quantités considérables. Claude Bernard a démontré le premier que son apparition dans l’urine pouvait être amenée par certaines lésions du système nerveux ; et comme il avait constaté que ces lésions déterminaient en même temps la dilatation des vaisseaux du foie, il attribuait la présence du sucre à un accroissement de la circulation dans cet organe. Ses vues ont été confirmées; le mécanisme nerveux, qui entraîne la dilatation des vaisseaux, a été découvert par Gy on et Aladoiï. Il résulte des recherches de ces physiologistes que les nerfs vasomoteurs des vaisseaux hépatiques passent du centre vaso-moteur dans la moelle allongée dans la portion cervicale de la moelle épinière, qu'ils quittent à sa partie inférieure. De là ils accompagnent les artères vertébrales jusqu’au dernier ganglion cervical, d’où ils passent par les deux cordons placés en avant et en arrière de l’artère sous-clavière (anneau de Vieussens) dans le premier ganglion dorsal ; fisse rendent de là au foie en passant par la chaîne ganglionnaire du sympathique et les nerfs splanchniques. Quand ces fibres vaso-motrices sont séparées du centre nerveux soit par division au niveau de l’artère vertébrale, soit par extirpation du premier ganglion cervical ou du premier ganglion dorsal, ou encore par section des cordons qui forment l’anneau de Yieussens, les vaisseaux hépatiques se dilatent et le diabète apparaît. Il est très important de remarquer que la section de la chaîne ganglionnaire du sympathique ou des nerfs splanchniques n'amène pas le diabète, bien que les nerfs vaso-moteurs du foie se trouvent de la sorte divisés ; la raison en est probablement que les nerfs vaso-moteurs de l’intestin étant divisés en même temps, le sang afflue en si grande quantité dans les vaisseaux intestinaux, que la circulation ne peut pas être activée dans le foie. Les vaisseaux peuvent aussi être dilatés par action réflexe quand on coupe le pneumogastrique
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el que l’on irrite le bout central, ou encore lorsqu’on irrite les racines de ce nerf dans le quatrième ventriculq, La section des nerls splanchniques ou de la chaîne ganglionnaire du sympathique empêche la production du diabète quand la piqûre du quatrième ventricule a lieu postérieuremeut, mais elle ne le fait point disparaître lorsqu’il existe déjà. Le diabète peut aussi être provoqué par l’inhalation d’oxyde de carbone (Schmiedeberg), de chloroforme, d azotate d’amyle, ou par l’injection de curare. Quant à ce qui concerne l’oxyde de carbone, on s’est assuré que son action n’est pas empêchée chez le chien par la section des deux splanchniques; mais, chez les lapins, elle n'amène pas la production du diabète (Eckhard).
L’augmentation de la proportion du sucre contenu dans le sang amène la glycosurie. Pour le montrer, on met à nu la veine jugulaire chez un lapin, après l’avoir au préalable pesé et s’être assuré que son urine ne présente aucune trace de sucre. On injecte ensuite lentement une solution de sucre à 5 ou 10 p. 100. Il faut employer environ 2 grammes de sucre par chaque kilogramme du corps de l’animal. Quelques instants après on retrouve le sucre dans l’urine ; mais, le lendemain, il a complètement disparu. Si la quantité de sucre contenu dans le sang n’excède pas un demi-gramme par kilogramme du corps de l’animal, l’urine n’en présente point de traces.
165. Production de la glycosurie parla piqûre du plancher du quatrième ventricule. — La partie du quatrième ventricule, dont la piqûre est suivie de l’apparition très abondante de sucre dans l’urine, est limitée supérieurement par une ligne qui joint les origines des nerfs acoustiques et inférieurement par une ligne qui joint les origines des pneumogastriques ; si l’on pique un peu en-dessus ou en dehors de cette surface, on peut produire également la glycosurie, mais plus ou moins nettement. Claude Bernard a constaté que, pour que l’expérience réussisse, il est essentiel de blesser les corps olivaires et que la glycosurie ne se produit pas lorsqu’on se contente de blesser les couches sensorielles supérieures, c’est-à-dire postérieures. L’instrument qu’on emploie pour faire la piqûre est un petit instrument en acier
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en forme de ciseau, à bord tranchant, large d’environ 4 millimètres et muni en son milieu d’une pointe longue de deux milli-
mètres (fig. 146). On enfonce l’instrument à travers l’os occipital et le cervelet jusqu’à ce que la pointe rencontre l’apophyse basilaire de l’occipital. De cette manière le bord tranchant de l’instrument ne peut pas blesser les fibres antérieures motrices de la moelle, et l’on empêche ainsi les troubles des fonc-
Fig. 146. — Pointe de l’instrument dont on se sert pour la piqûre diabétique.
lions moLrices qui viendraient compliquer l’expérience.
Procédé opératoire. — Attachez un lapin sur le ventre sur l'appareil de Gzermak et fixez la tète sur le montant placé sur le côté
Fig. 147. — Coupe d’une tête de lapin (d’après Cl. Bernard). — a, cervelet; b, origine de la septième paire; c, moelle épinière; d, origine du pneumogastrique; e, trou d’entrée de l’instrument; f, instrument; g, nerf trijumeau ; h, canal auditif ; i, pointe de l’instrument pénétrant dans la moelle après avoir traversé le cervelet; k, sinus veineux occipital; L, tubercules quadrijumeaux; m, cerveau; n, coupe de l’atlas.
de l’appareil. Faites une incision d’environ un demi-pouce (1 5 millim.) au niveau de la protubérance occipitale externe. Appuyez la pointe de l’instrument sur la ligne médiane du crâne, exactement derrière la protubérance, et enfoncez-le à travers
DIGESTION
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l’os en inclinant le manche d’nn côté à l’antre, de manière à faciliter l’opération et en ayant soin de ne pas exercer une pression trop considérable. Une fois le crâne perforé, poussez l’instrument en bas et en avant à travers le cervelet, de manière à croiser la ligne qui joint les deux conduits auditifs, jusqu’à ce qu’il soit arrêté par l’apophyse basilaire ; retirez-le alors doucement (11g. 147). Recueillez l’urine une demi-heure ou une heure après et essayez les réactifs du sucre.
SECTION IV. DIGESTION DANS L’INTESTIN
Suc pancréatique.
166. — On peut se procurer du suc pancréatique, soit par une fistule temporaire, soit par une fistule permanente. On admet généralement que les sécrétions recueillies par ces deux espèces de fistules sont différentes, que le suc pancréatique normal peut être seulement obtenu par une fistule temporaire, tandis que le liquide, qui s’écoule par une fistule permanente, est aqueux et privé de certaines propriétés que possède le premier. Ludwig et Bernstein sont cependant arrivés, en perfectionnant le mode opératoire, à obtenir du suc normal au moyen d’une fistule permanente.
167. Procédé pour établir une fistule temporaire. — Chez le chien, il existe deux conduits pancréatiques, dont l’un vient s’ouvrir dans le duodénum avec le canal cholédoque. L’autre conduit, plus grand, débouche isolément dans le duodénum, environ deux centimètres plus bas que le premier. C’est le seul dont on se serve dans l’expérience. Il n’est pas nécessaire de lier le premier. Claude Bernard recommande de faire l’opération sur des chiens de grande taille, de préférence des chiens de berger, parce qu’ils sont moins sujets à la péritonite que les autres races. Cinq ou six heures auparavant on fait prendre à l’animal un repas copieux de pain et de viande. L’opération doit être faite aussi rapidement que possible. Elle consiste à prati-
DIGESTION DANS L’INTESTIN
quer sur l’animal couché sur le côté gauche, une incision longue de 7 à8 centimètres dans l’hippochondre droit, à partir de l’extrémité de la dernière fausse côie, parallèlement à la ligne blanche. L’hémorrhagie doit être arrêtée avant d’ouvrir le péritoine. Le duodénum est situé au fond de la plaie. Aussitôt qu’il est mis à nu, on l’attire au dehors et on cherche le conduit pancréatique,
Fig. 148. — Fistule pancréatique temporaire (d’après Cl. Bernard). A, conduit pancréatique principal du chien, dirigé transversalement ; a, insertion des conduits sur l’intestin ; l’insertion du petit conduit est un peu plus haut; a', petit conduit; a”, ligature qui fixe la canule T à l’intestin; ff, fil qui fixe la canule dans le conduit; /, intestin; PP’, pancréas; T, canule d’argent; R, robinet; V, sac en caoutchouc.
environ deux centimètres au-dessous du canal cholédoque. La partie du pancréas, dans laquelle est enfoui le conduit, est également étroitement attachée au duodénum et le recouvre quelque peu. Le plus grand et l’inférieur des faisceaux de vaisseaux qui passent du duodénum au pancréas, est placé au-dessus du conduit. On écarte ces vaisseaux et on passe un fil au-dessous du conduit, que l’on distingue parce qu’il est plus grand et plus pâle. On doit faire bien attention de ne pas blesser les vaisseaux pour ne pas causer d’hémorrhagie, et de ne comprimer le
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pancréas que le moins possible. On ouvre le conduit avec la pointe de ciseaux fins, on introduit dans l'ouverture une canule d’argent de 5 millimètres de diamètre et de 10 à 12 centimètres de long, et on la fixe au moyen du fil préalablement passé sous le conduit; on l’attache en outre à l’intestin, avec un fil que l’on passe à travers la tunique séreuse intestinale. L’extrémité de la canule ainsi que les bouts de ces fils, sont attirés au dehors de la plaie; le duodénum est refoulé dans la cavité abdominale, et la plaie est refermée par une suture, en ayant soin de réunir d’abord les muscles abdominaux, avant de réunir la peau. On fixe à l’extrémité libre de la canule un petit sac en caoutchouc, muni d’un robinet, on chasse l’air qu’il contient et on ferme le robinet. Le suc gastrique se rassemble dans le sac, et on l’en retire au moyen du robinet (fig.148). Généralement il coule abondamment ; si cela n’a pas lieu, on injecte une petite quantité d’éther dans l’estomac Le suc gastrique peut être recueilli pendant plusieurs heures, mais au bout de vingtquatre heures il est altéré. Quelques heures plus tard il faut retirer avec précaution la canule et les fils de ligature. La plaie se guérit d’habitude rapidement.
168. Méthode pour établir une fistule permanente. — Pour établir des fistules permanentes, Ludwig et Bernsteinchoisissent des chiens de petite taille, parce que, chez eux, on arrive plus facilement au duodénum sur la ligne médiane, et qu’il n’est pas écarté aussi loin de sa position naturelle par la fistule que dans les animaux de grande taille. Le chien doit être à jeun le jour de l’opération, parce que les vaisseaux pancréatiques sont pleins pendant la digestion, et que, dèslors, les hémorrhagies se produisent facilement. On narcotise l’animal au moyen d'une injection d’opium dans la veine tibiale; on pratique une incision d’environ deux centimètres sur la ligne blanche à égale distance de l’apophyse xiphoïde et de l’ombilic ; on attire le duodénum avec le pancréas, qui lui est attaché, au dehors de la plaie, et on passe un fil autour du conduit. On introduit dans ce dernier, au lieu d’une canule, un fil de plomb disposé de telle sorte qu’une de ses extrémités soit insérée dans l’intestin, et 1 autre
DIGESTION DANS D'INTESTIN
profondément dans la glande; puis on ploie sa portion médiane et on l'attire en dehors de la plaie. Grâce à la forme en T ainsi donnée au fil de plomb, ce dernier ne peut ni glisser, ni tourner dans le conduit, et en le choisissant d’un diamètre assez petit pour qu’il ne le bouche pas, le suc pancréatique peut continuer à s’écouler au dehors de la glande. Après avoir passé trois fils à travers les parois du duodénum près du conduit, on fait rentrer dans l’abdomen l'intestin et le mésentère, et enfin, au moyen de ces fils, le duodénum aux parois abdominales. On coud la plaie en laissant au dehors la partie recourbée du fil de plomb. Vingtquatre heures après l’opération les points de suture sont enlevés, mais le fil de plomb est laissé en place, et deuxou trois jours plus tard, on peut recueillir le suc pancréatique. Dans ce but, on place sous le ventre de l’animal deux courroies attachées à une barre horizontale, que l’on peut faire mouvoir au moyen d’une corde enroulée autour d’une poulie fixée au plafond. L’animal est alors suspendu au-dessus d’une table, à une hauteur tel'e qu’il puisse seulement la toucher avec ses orteils; dans cette position il reste parfaitement tranquille. On attache ensuite un entonnoir sous la fistule, et l’on recueille le suc pancréatique dans un vase de verre placé au-dessous.
Le suc gastrique normal, que l’on recueille au moyen d’une fistule temporaire, est un liquide incolore, transparent, épais et filant, à réaction fortement alcaline. Lorsqu’on le refroidit audessous de 0°, il se produit un coagulum. Le suc gastrique obtenu au moyen des fistules permanentes est plus aqueux et ne donne pas de coagulum par refroidissement. Dans le premier cas, il renferme souvent [0 p. 100 environ de substances solides, mais cette proportion peut s’abaisser jusqu’à 2 p. 100; dans le second cas la quantité de matières solides est fréquemment de 2 à 5 p. 100. On détermine ces quantités au moyen du procédé décrit §76. Le suc pancréatique renferme une substance albuminoïde, un albuminate alcalin, de la leucine, de la tyrosine, des graisses, du savon, des sels inorganiques et trois ferments ou davantage. L’un d’eux convertit l’amidon en sucre, un autre dédouble les graisses et met en liberté las acides gras, un troisième transforme les matières alburni-
DIGESTION
noïdes d’abord en peptones, puis en leucineet en tyrosine, et un quatrième ferment coagule le lait. C’est à cause de la présence du troisième ferment que les réactions du suc pancréatique, que l’on a abandonné à lui-même, diffèrent de celles du suc pancréatique frais, l’albumine du suc pancréatique frais étant digérée par le ferment qu’il renferme et produisant des peptones, de la leucine et de la tyrosine. Lorsque le suc pancréatique frais est chauffé à 72°, l’albumine se coagule, et, après qu’on a enlevé le coagulum, l’acide acétique précipite l’albuminate alcalin.
169. Suc pancréatique artipiciel. — L’extrait aqueux du pancréas peut servir pour montrer les principales propriétés du suc pancréatique. Pour le préparer, il faut employer le pancréas d’un animal tué en pleine digestion. On prend en conséquence le pancréas d’un animal tué six heures après un repas copieux. Après l’avoir lavé pour enlever le sang, on le coupe en petits morceaux ; on y ajoute quatre fois son volume d’eau et on le maintient pendant deux heures à une température d’environ 25°, mais qui ne doit dans aucun cas dépasser 30°. On filtre d’abord à travers un linge, puis à travers du papier. La liqueur filtrée offre généralement une réaction acide, due à la présence des acides gras provenant du dédoublement des graisses par l’action du ferment; elle est opalescente par suite de la présence des graisses à l’état d’émulsion. Si l’on fait bouillir une petite quantité de la liqueur, il se forme un précipité d'albumine. Filtrée ensuite et neutralisée, la liqueur donne un nouveau précipité d’albuminate alcalin. La présence de la leucine et de la tyrosine peut être démontrée en enlevant l’albumine par ébullition, en acidulant la liqueur eten isolant chacun de ces corps par le procédé indiqué au § 35. Pour prouver que la leucine existe dans le suc pancréatique au moment où il est sécrété, et qu’elle n’est pas due à des changements qu’il subit ultérieurement, on la recueille dans l’alcool au sortir de la fistule.
170. Solution glycérique des ferments pancréatiques. — Après avoir coupé le pancréas en petits morceaux comme précédemment, on le laisse pendant un jour ou deux dans 1 alcool
DIGESTION DANS L’INTESTIN
absolu, on exprime l’alcool, on le remplace par de la glycérine, et, au bout de quelques jours, on filtre.
171. Action du suc pancréatique. — 1° II émulsionne les graisses. — Agitez de l’huile avec l’extrait aqueux du pancréas, *1 se forme une émulsion. Ce phénomène est dû à l’albumine qu’il renferme, car, si on ajoute de la potasse caustique au mélange de façon à dissoudre l'albumine et que l’on agite de nouveau, les gouttelettes de graisse se réunissent les unes aux autres.
2° Il dédouble les graisses et met en liberté les acides gras. — L’extrait aqueux du pancréas contient de la graisse; aussi, quand on le laisse pendant une heure au bain-marie à 40u, sa réaction devient plus acide. Pour montrer cette action sur les graisses, neutralisez soigneusement dans un tube à essais une petite quantité d’extrait aqueux et ajoutez-y de l’huile d’olive ou du beurre frais, dont la réaction doit être également neutre. Mettez le mélange pendant quelque temps au bain-marie. Jettez sur du papier bleu de tournesol une goutte du mélange puisé au fond du tube, et laissez-la s’étendre; elle laisse après elle une tache rouge et graisseuse.
3° Il transforme T amidon en sucre. — Mélangez de l’eau chargée d’empois etdu glycogène avec de l’extrait aqueux du pancréas et laissez le mélange pendant quelques minutes au bain-marié à 40°, la réaction de Tronnner y démontrera la présence du sucre. Le sucre ainsi produit est généralement de la maltose, qui peut être convertie en glucose par digestion prolongée avec le ferment ou par ébullition avec les acides étendus. La mallose dévie beaucoup plus que la dextrose le plan de polarisation de la lumière, mais elle réduit moins énergiquement les sels de cuivre.
4° Il transforme la fibrine en peptones , qu’il décompose ensuite en produisant de la leucine et de la tyrosine. — Avant de dissoudre la fibrine cuite, le suc pancréatique la transforme en une substance albuminoïde soluble très semblable à la fibrine crue. Cette substance est ensuite dissoute; dans la solution elle, est soit à l’état d’albumine coagulable par la chaleur, soit à l’état d’albuminate. L’albumine dissoute est ensuite convertie en peptones.
DKîESTION
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Si la digjstion continue, la quantité de peptones diminue, tandis quelaquantitédeleucine etdelyrorineaugmente. Il seforme aussi des corps qui offrent les réactions de la naphtylamine et de l’indol (Kühne) ; quand la digestion dure très longtemps l'indol se forme en quantité considérable et dégage une odeur très désagréable de matières fécales, que l’on attribuait à la putréfaction jusqu’à ce que Kühne eut montré sa véritable nature. Faites bouillir plusieurs morceaux de fibrine dans un grand tube à essais, et, après avoir remplacé l’eau par du suc pancréatique ou de l’extrait glycérique de pancréas, portez le tube au bain-marie à 40°. D’abord il ne se produira aucune altération; mais, au bout de deux heures environ, les morceaux de fibrine se désagrègent quand on remue, et les plus petits d’entre eux disparaissent. Si l’on en retire deux ou trois et qu’on les lave avec de l’eau, on remarque qu’ils sont corrodés, mais ne sont pas gonflés comme dans le suc gastrique. Pour montrer que la fibrine coagulée a été convertie par le suc pancréatique en un corps ressemblant par ses propriétés à la fibrine crue, mettez un des morceaux dans de l’acide chlorhydrique à 0,1 p. 100. Il se dissout rapidement, en formant une solution de syntonine. Triturez un second morceau de fibrine dans une solution de chlorure desodium à 10 p. 100 et filtrez. La liqueur filtrée j'enferme de l’albumine dissoute. Divisez-Ia en deux portions : dans l’une, versez de l’acide azotique et faites bouillir l’autre; dans les deux cas, il se produit un précipité. Si l’on soumet au même traitement de la fibrine cuite, on voit qu’elle est insoluble dans ces réactifs. La fibrine crue elle-même est beaucoup moins soluble que la fibrine cuite qui a subi l’action du suc pancréatique. On remarque fréquemment que si l’extrait aqueux du pancréas a été préparé avec une glande parfaitement fraîche et encore chaude, la trypsine a fort peu d’action ou est même complètement inactive. Dans ce cas, l’addition d’une petite quantité d’acide chlorhydrique étendu rendra souvent le ferment capable de digérer les protéides.
Faites bouillir une portion de la solution de fibrine dans le suc pancréatique. Neutralisez une autre portion de la solution avec de l’acide acétique. Dans les deux cas, il se forme un précipité. Abandonnez la liqueur à elle-même pendant deux ou trois heures.
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puis acidulez avec de l’acide acétique et faites bouillir pour coaguler l’albumine qui peut être présente. Filtrez. Évaporez à 60° ou 70°, et ajoutez de l’alcool quand la liqueur est encore chaude jusqu’à ce que les peptones soient précipitées. Laissez reposer pendant vingt-quatre heures et filtrez. Dissolvez le précipité de peptones dans l’eauet essayez les réactions indiquées au §119. Réduisez la liqueur filtrée à un petit volume par évaporation, et laissez refroidir. La tyrosine se dépose en cristaux. Décantez la liqueur mère, concentrez-la par évaporation et la leucine se cristallisera à son tour. Pour purifier la tyrosine, lavez-la sur un filtre, d’abord dans de l’eau à la température de zéro jusqu’à ce que le liquide qui traverse le filtre soit incolore, puis avec de l’alcool ordinaire, ensuite avec de l’alcool absolu et finalement avec de l’éther. Pour purifier la leucine, placez les cristaux sur un filtre, et laissez-les-y jusqu’à ce qu’il ne s’écoule plus aucune goutte de liquide. Lavez alors avec de l’eau à zéro jusqu’à ce qu’elle reste complètement incolore, puis successivement avec de l’alcool ordinaire, de l’alcool absolu et de l’éther. 11 est très important que la liqueur ait été complètement égouttée avant qu’on ne procède aux lavages, autrement les cristaux se dissoudraient dans l’eau. Recherchez la naphtylamine et l'indol dans la liqueur mère. La première est signalée par la coloration rose rouge que prend l’eau mère diluée dans l’eau quand on y ajoute graduellement de l’eau de chlore. Pour démontrer la présence de l’indol, faites bouillir dans un tube à essais la liqueur mère étendue, additionnée d’une petite quantité d’acide sulfurique dilué, ou d’une goutte ou deux d’une solution étendue d’un azotate ou d’acide azoteux excessivement étendu ; il se produit une coloration rouge. La solution très étendue d’acide azoteux peut être facilement préparée en faisant bouillir dans un tubeàessais un petit morceau de glucose avec de l’acide azotique, et en décantant l’acide et le remplaçant par de l’eau lorsque le tube à essais est rempli de vapeurs rouges.
5° Ferment de la présure dans le pancréas. — De même que le suc gastrique (§122), le pancréas sécrète un ferment qui possède la propriété de coaguler et de digérer le lait. Le ferment de la présure contenu dans le suc pancréatique agit plus énergiquement et plus rapidement que celui du suc gastrique et ne laisse
DIGESTION
qu'un faible résidu. Le docteur Roberts a fait sur ce ferment les observations suivantes : il existe dans, l’extrait du pancréas du porc, du mouton, du veau, du bœuf et du poulet. Quelle que soit la ma îière dont on a obtenu l’extrait de la glande, quel que soit le dissolvant employé, cette propriété de cailler le lait existe toujours, mais l’extrait par la solution de chlorure de sodium est toujours plus énergique que les autres. La présure du pancréas diffère de la présure que l’on retire de l’estomac, en ce qu’elle agit aussi bien dans des solutions qui renferment jusqu’à quatre grains (25 centig.) de bicarbonate de sodium par once (31 gr.) de lait, que dans les solutions neutres ou même légèrement acides. Le lait soumis à l’action de l’extrait du pancréas dans un vase de verre ouvert, à la température de 38°, se recouvre d’abord d’une mince pellicule, parfaitement unie et commence à se coaguler. Bientôt les parties caillées se redissolvent et le lait redevient entièrement liquide. Une portion du caillot cependant résiste et ne se dissout qu’au bout de plusieurs heures. Si le lait est étendu au préalable du tiers ou du quart de son volume d’eau, cette phase de coagulation ne se présente pas, et on observe seulement un léger épaississement transitoire. Puis apparaît un très curieux changement d’aspect; le lait perd son aspect blanc luisant, et prend peu à peu une teinte jaune gris terne, mais qui n’est pas très apparente et qui exige pour être bien reconnue la comparaison avec du lait non altéré. Pendant que ces changements se produisent, le lait perd graduellement sa saveur propre et devient à la longue amer. Si, de temps en temps, on essaie sur du lait ainsi traité l’action de l’acide acétique, on voit que le précipité qui se forme au commencement devient de moins en moins abondant à mesure que la caséine est convertie, à la longue, en peptone ; il finit par cesser complètement. Le temps nécessaire pour la digestion du lait est environ de deux heures et demie.
4 72. SÉPARATION DES FERMENTS PANCRÉATIQUES DE l’eXTRAIT
glycérique. — Précipitez l’extrait glycérique par l’alcool absolu, filtrez, puis reprenez pendant une semaine ou deux par la glycérine et filtrez, et laissez la liqueur tomber goutte à goutte dans un
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grand vase cylindrique rempli d’alcool absolu. Le ferment est précipité à l'état de flocons blancs. Quand tout le ferment est complètement précipité, faites-le digérer pendant un jour ou deux dans un mélange d’alcool et d’éther. Filtrez avec l’appareil de Bunsen et lavez à plusieurs reprises avec l’alcool et l’éther. Faites sécher le précipité au-dessus d’une capsule remplie d’acide sulfurique et pulvérisez-le (Hiifner).
173. Séparation des ferments du pancréas. — Deux des ferments du suc pancréatique, la trypsine et l’amylopsine, ont été isolés par Danilewsky; un troisième ferment, celui qui coagule le lait, l’a été également par Roberts, de Manchester. Quant au ferment qui dédouble les graisses, appelé stéapsine, il est entraîné ou détruit par la magnésie dont Danilewsky se sert. Voici sa méthode : lavez soigneusement le pancréas d’un chien qui a été tué six heures après un repas copieux, broyez-le dans un mortier avec le quart de son volume de magnésie, et quatre volumes d’eau. Maintenez la masse pulpeuse pendant deux heures environ à une température de 25° au bain-marie. Après que le mélange est refroidi et que la masse pulpeuse ainsi que la magnésie s’est déposée, filtrez le liquide, en ayant soin de ne pas verser le dépôt sur le filtre, car il en obstruerait les pores et le traverserait en partie. Neutralisez la liqueur avec de l’acide chlorhydrique étendu et versez-la dans un grand flacon. Ajoutez-y, sans remuer, le quart ou le tiers de son volume de collodion épais, et agitez fortement et à plusieurs reprises pendant plusieurs minutes. Versez le mélange dans une large éprouvette et remuez constamment, de manière à favoriser l’évaporation de l’éther et à empêcher le collodion de former de gros grumeaux. Quand le collodion estlégèrement grumeleux, filtrez à travers un linge et évaporez l’éth er dans le vide. Traitez le liquide filtré une seconde fois parle collodion, filtrez à travers le même linge, et mettez-le de côté A.
Lavez le précipité plusieurs fois à l’alcool à GO ou 70 p. 100 et desséchez-le sans le retirer du linge qui le contient entre des doubles de papier à filtrer. Étendez-le avec une spatule et laissezle reposer à l’air jusqu’à ce qu’il soit complètement sec. Puis
DIGESTION
agitez dans un vase de verre long et étroit avec de l’éther, auquel on a ajouté un peu d'alcool absolu, jusqu’à ce que le précipité soit dissous et qu'il se soit produit une solution trouble. Laissez reposer pendant deux jours, séparez par décantation le liquide trouble du précipité et, après l’avoir étendu d’éther, versez-le dans deux grands vases et abandonnez-le à lui-même pendant plusieurs jours jusqu’à ce qu’il se soitdéposéun nouveau précipilé. Recueillez celui qui reste alors en suspension par tiltration à travers du papier suédois. Enlevez le collodion de chaque précipité en agitant avec de l’éther à plusieurs reprises et desséchez dans le vide. Traitez par l’eau froide le résidu jaune, consistant en un mélange d’albumine coagulée et du ferment pancréatique qui agit sur la fibrine, et filtrez. Le ferment (trypsine) est dissous et l’albumine reste sur le filtre. Essayez sur un morceau de fibrine le pouvoir digestif du liquide filtré.
Reprenez le liquide A, évaporez-le dans le vide, séparez-le du collodion par filtration, et chauffez au bain-marie à 43° ou 44° pour le débarrasser d’une matière albuminoïde qu’il renferme et qui se coagule à cette température. Filtrez, évaporez le liquide filtré dans le vide jusqu’au sixième de son volume et ajoutez une grande quantité d’alcool absolu. 11 est bon de laisser le précipité qui se produit alors plusieurs jours sous l’alcool, car il devient ainsi plus insoluble dans l’eau. Recueillez le précipité sur un filtre et lavez-le plusieurs fois avec de l’alcool. Traitez-le ensuite par un mélange de deux parties d’eau et d’une partie d’alcool pour dissoudre le ferment et éliminer toutes les substances albuminoïdes. Filtrez, évaporez la liqueur à siccité dans le vide, et dissolvez le résidu dans l’eau. La solution transforme rapidement l’amidon en sucre, et digère la fibrine, mais très lentement, parce que le ferment qui possède cette dernière propriété n’a pas été complètement séparé par le collodion. Elle renferme aussi de la leucine et de la tyrosine, dont la plus grande partie peut être enlevée parla dialyse à la température de 4°. Le ferment, qui a été nommé par Dufresne amylopsine, doit être dissous, si on veut le conserver.
Le procédé pour isoler le ferment de la présure du suc pancréatique a déjà été décrit au § 171, 5.
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174. Préparation de la tyrosine par la digestion pancréatique. — Enlevez le pancréas d’un animal, cinq ou six heures après le repas, pesez-le, coupez-le en petits morceaux, triturezle avec dix fois son poids de fibrine crue et ajoutez à la masse 12 ou 15 parties d’eau à 45°. Maintenez cette température pendant quatre à six heures, en ayant soin de remuer fréquemment, puis ajoutez une petite quantité d’acide acétique, et faites bouillir pour coaguler l’albumine. Jettez la masse sur un linge et évaporez rapidement le liquide filtré jusqu’à consistance sirupeuse. Versez-le encore chaud dans un vase et mélangez-y de l’alcool jusqu’à ce qu’il se forme un précipité floconneux. Laissez refroidir, filtrez et distillez jusqu’à ce que la liqueur soit réduite en une bouillie épaisse, que vous laisserez pendant un jour dans un endroit frais, pour que la cristallisation soit complète. Jetez alors sur un filtre, et laissez écouler toute l’eau mère. Lavez le résidu avec un peu d’eau froide et placez-le dans une grande quantité d’eau à 50°, qui dissout la leucine et laisse la tyrosine. Dissolvez la tyrosine dans l’eau chaude, laissez-la cristalliser, puis redissolvez-la dans l’ammoniaque et laissez cristalliser de nouveau.
175. Changements dans les cellules du pancréas et des glandes salivaires. — Les cellules du pancréas sont formées de deux zones : une zone périphérique, accolée à la membrane, homogène, claire, fortement colorée par le carmin; une zone interne, tournée vers le centre de l’acinus, granuleuse, foncée et difficilement colorée par le carmin. Le noyau est situé à la limite des deux zones. Pendant la digestion, les cellules se rétrécissent, la zone granuleuse interne disparaît graduellement, tandis que la zone claire s’étend dans tout l’acinus; en même temps, les noyaux s’arrondissent et grossissent. Dans les glandes salivaires, on observe une disposition semblable, mais dans un ordre inverse; en effet, c’est la zone interne qui est homogène, tandis que c’est la zone périphérique granuleuse qui envahit toute la cellule pendant la période d’activité.
burdon sanderson, labor. de physiologie.
Suc intestinal.
176. — Le suc intestinal a été obtenu à l’état de pureté par Thiry, qui sectionne le jéjunum ou l’iléon en deux endroits, distants l’un de Tautre de 10 a 15 centimètres, fait un point de suture à l’une des deux extrémités de l’anse intestinale ainsi isolée et fixe l’autre aux lèvres de la plaie abdominale. Le petit cul-de-sac intestinal, formé de cette manière, reste attaché au mésentère ; ses vaisseaux et ses nerfs n’ont point été blessés ; le liquide est par conséquent normal et peut être recueilli sans aucun mélange avec les autres sécrétions digestives, et la continuité du tube digestif est rétablie en suturant les extrémités divisées de l’intestin.
177. Fistule intestinale. — La méthode employée par Thiry, a été modifiée par Paschutin, qui choisit de préférence le duodénum ou le commencement du jéjunum , région de l'intestin grêle qui est le siège d’une sécrétion abondante. Pour pratiquer une fistule par sa méthode, après avoir soigneusement rasé la peau, on incise la ligne blanche sur une longueur de 3 à 5 centimètres. On attire au dehors le duodénum, on y pose deux ligatures à environ deux centimètres et demi au-dessous du point où il se sépare du pancréas, on divise l’intestin entre les deux ligatures et on rentre dans l’abdomen le bout supérieur du duodénum.
Il s’agit ensuite de sectionner également le jéjunum. La manière la plus simple d’y arriver. serait, semble-t-il, de suivre l’intestin jusqu’au point qui doit être divisé; mais cela est impossible à cause du peu d’étendue du mésentère au point où le duodénum se continue avec le jéjunum. Il faut donc trouver le jéjunum autrement, en remontant le long de l’intestin, à partir de l’anse intestinale, qui se présente dans la plaie. Avant de faire cette opération, on doit reconnaître au préalable dans quelle direction il faut suivre l’intestin. Dans ce but, l’anse intestinale étant tenue tendue entre les doigts et le pouce, on injecte dans l’extrémité inférieure sectionnée du duodénum, une solution de
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sel à 1/2 pour 100, avec une seringue munie cl’une canule conique, et introduite à travers la ligature. Gomme le liquide s’écoule jusqu’à ce qu’il rencontre l’obstacle opposé par les doigts, on reconnaît la partie supérieure de l’anse intestinale, à ce qu’elle se remplit. On suit alors la portion d’intestin distendue jusqu’à ce que l’on rencontre le commencement du jéjunum, que l’on reconnaît ace que, à ce niveau, le mésentère devient plus court. On pose deux ligatures, et on divise entre elles l’intestin. L’extrémité inférieure de l’intestin est replacé dans l’abdomen, et l’extrémité supérieure est close par une suture, de façon à la transformer en un cul-de-sac. Mais avant de faire ces points de suture, on comprime entre les doigts et le pouce le faisceau des vaisseaux mésentériques qui se rendent à la partie étranglée par les ligatures, pendant qu’on la sectionne.
Gomme il est nécessaire que les surfaces séreuses soient affrontées, la membrane muqueuse qui s’est retournée en dehors par suite de la contraction de la tunique musculaire, doit être d’abord repliée en dedans, puis les points de suture sont disposés de la manière indiquée dans la figure 149. L’extrémité ainsi close du jéjunum est replacée dans l’abdomen, et l’on rétablit la continuité de l’intestin, en rejoignant les bouts sectionnés du jéjunum et du duodénum. En effectuant cette jonction, on doit avoir soin de retrancher les parties qui ont été comprimées par les ligatures. Les ligatures appliquées sur les vaisseaux doivent comprendre une petite portion de la paroi intestinale , afin qu’elles soient plus solides. Les deux bouts sectionnés sont alors affrontés, les fils des ligatures sont solidement noués ensemble afin de maintenir dans la position voulue les deux bouts de l’intestin et tenus par un aide. Le premier point de suture est pratiqué à travers les parois intestinales, de façon à entourer les deux faisceaux de vaisseaux et doit être très serré; de la
Fig. 149. — La figure de gauche montre la manière de pratiquer les sutures pour fermer le culde-sac dans le procédé de Tliery.
La figure de droite, la manière de suturer les deux bords de l’intestin.
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sorte non seulement il réunit les deux tronçons d’intestin, mais encore sert à lier les vaisseaux.
Pour empêcher que la ligature n’entame l’intestin, il faut se servir de fil de soie épais et souple. Cinq ou six points de suture semblables, placés à une petite distance les uns des autres de chaque côté, sont suffisants pour réunir le bord mésentérique des deux tronçons de l’intestin, qui sont alors disposés de telle sorte que leurs axes sont parallèles (fig. 149). Pour achever de les réunir, on les place sur le prolongement l’un de l’autre et on
les coud ensemble. L’application de la dernière suture est chose difficile, à cause surtout de la tendance de la muqueuse à se retourner en dehors. On comprendra facilement la manière de la pratiquer, en se reportant à la figure 150. On prépare plusieurs fils munis d’une aiguille à chacune de leurs extrémités. Pour la première suture, on fait pénétrer une aiguille de dehors en dedans en a, et on la fait ressortir en b , l’autre extrémité du fil également muni d’une aiguille, est introduite dans l’intestin en a' et en ressort en b\ Les deux extrémités b et b ' sont nouées ensemble. Pour laseconde suture, l’une des aiguilles pénètre en b et en ressort en c, l’autre entre en b ’ et ressort en c\ et ainsi de suite. Pour terminer l’opération, on réunit par une suture l’extrémité ouverte du cul-de-sac intestinal aux lèvres de la plaie abdominale. Il est bon aussi que le point de réunion des deux bouts de l’intestin soit fixé par quelques points de suture aux bords de la plaie, pour empêcher qu’en se mouvant il ne produise une péritonite générale.
178. Suc intestinal artificiel. — Enlevez l’intestin grêle d’un porc, d’un chien ou d’un lapin, immédiatement après la mort. Liez l’extrémité supérieure, fixez un court tube à robinet à la partie
Fig. 150. — Manière de pratiquer les derniers points de suture pour réunir les deux bouts de l’intestin. Les deux bouts de l’intestin sont représentés écartés l’un de l’autre; mais en réalité l’autre moitié de la circonférence est déjà réunie par une suture pratiquée comme l’indique la ligure 149.
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inférieure et remplissez d’eau. Puis fermez l’extrémité inférieure en comprimant entre les doigts et le pouce, et élevez tantôt une extrémité, tantôt l’autre, de façon que l’eau puisse détacher le contenu de l’intestin de ses parois. Videz l’eau et répétez l’opération trois ou quatre fois, jusqu’à ce que le liquide qui s’écoule, soit transparent ou légèrement opalescent, et ne soit plus du tout coloré par la bile. Un lavage de cinq minutes est d’ordinaire suffisant pour que le nettoyage soit complet. Il ne faut pas le continuer plus longtemps qu’il n’estnécessaire, parce que autrement une grande partie du ferment intestinal serait enlevé par l’eau de lavage. Fendez l’intestin et séparez la membrane muqueuse de la tunique musculaire. Coupez la muqueuse en petits morceaux avec des ciseaux, ou broyez-la dans un mortier avec du sable ou du verre pilé, puis ajoutez-y trois ou quatre fois son volume d’eau et abandonnez le mélange à lui-même pendant un quart d’heure ou même deux heures. Filtrez à travers la mousseline, puis à travers un filtre de papier.
179. Action du suc intestinal. — t 0 II transforme l'amidon en sucre. — Mélangez du suc intestinal artificiel avec de l’eau chargée d'empois, faites chauffer et recherchez le sucre (par la méthode décrite § 158 ou § 79), dans le mélange et dans chacun des deux liquides séparément, pour être sûr qu’aucun d’eux ne renferme de sucre.
2° Il transforme le sucre de canne en sucre interverti. — Dissolvez du sucre de canne dans l’eau et appliquez à une portion de la solution la réaction deTrommer. Il ne se produira aucune réduction d’oxyde de cuivre, comme lorsqu’on emploie du glucose. Ajoutez du suc intestinal artificiel à une autre portion de la solution. Exposez pendant quelques instants le mélange à une température de 40° et essayez la réaction de Trommer; le cuivre sera réduit. L’ébullition avec les acides produit le même effet. On le démontre facilement en faisant bouillir du sirop avec de l’acide sulfurique étendu, et en appliquant la réaction de Trommer.
3° La présence du ferment de la présure dans le suc inestinal n’a pas été démontrée d’une manière absolue.
DIGESTION
180. Expérience de Moreau. — Lorsque tous les nerfs qui se rendent à une portion de l'intestin ont été divisés, cette portion sécrète une grande quantité de suc intestinal aqueux. — Pour vérifier ce fait, on fait jeûner un chien de grande taille au moins pendant vingt-quatre heures, de façon que les intestins soient complètement vides. On chloroformise l’animal, on pratique une incision sur la ligne blanche et on attire au dehors une anse intestinale. On pose sur cette anse deux ligatures à une distance de quatre à cinq pouces (10 à 12 cent.) l’une de l’autre, de manière à isoler complètement la'porlion située entre les ligatures du reste de l’intestin. On coupe dans le mésentère tous les nerfs qui s’y distribuent, en ayant soin de laisser les vaisseaux intacts. Gela fait, on pose une ligature de chaque côté des deux premières à la même distance de quatre à cinq pouces de façon à isoler deux autres tronçons égauxd’intestin; maison ne touche point aux nerfs qui s’y rendent. On rentre l’intestin dans la cavité abdominale, on ferme la plaie par un point de suture, et on laisse l’animal en repos pendant quatre à cinq heures, puis on le tue. L’examen de l’intestin montre que la portion médiane qui n’est plus innervée est complètement remplie de liquide, tandisque les deux autres portions isolées de chaque côté sont vides. Kühne s’est assuré que la composition du liquide est identique à celui du suc intestinal étendu.
181. Mouvements dë l’intestin. — L’influence du système nerveux sur les mouvements de l’intestin n’a pas été encore complètement élucidée. Les mouvements péristaltiques sont probablement produits par les ganglions situésdans les parois intestinales, parce qu’ils continuent sur une portion excitée de l’intestin ; mais ils sont activés par l’action des pneumogastriques, et ralentis ou arrêtés par les nerfs splanchniques. La présence du sang veineux dans les vaisseaux de l’intestin (Maier et Von Bascli) ou leur distension par le sang artériel (Nasse) stimule les ganglions et excite les mouvements. Les nerfs splanchniques agissent comme nerfs d’arrêt de l’intestin ; quand on les irrite, les mouvements cessent (Pflügeret Westphal). A un certain moment après la mort, par contre, ils excitent ses mouvements (Ludwig et Spiess). On ne sait pas s’ils exercent une acLion d’arrêt directe-
DIGESTION DANS L’INTESTIN
ment, sur les ganglions, comme c’est le cas pour le pneumogastrique dans le cœur, ou s’ils agissent simplement d’une manière indirecte par la diminution qu’ils produisent dans l’afflux du sang en déterminant la contraction des vaisseaux. On trouvera dans Sitzungsberichte der Wiener academie , t. XXV, 1857, p. 580, la description delà méthode employée par Ludwig et Spiess pour étudier l’action des splanchniques. Kôlliker prétend que leur action d’arrêt est détruite par le chloral ; l’auteur de ces lignes n’a pu vérifier ce fait sur des animaux anesthésiés par du chloral. L’irritation des pneumogastriques détermine des mouvements de l’intestin, à partir de l’estomac, quelquefois seulement quand les deux splanchniques ou un seul sont intacts, et invariablement toujours quand tous les deux ont été divisés (Houckgeest). En pratiquant cette opération, ainsi que les autres opérations que l’on peut faire sur l’intestin, il est bon de suivre la méthode de Sanders-Ezn, c’est-à-dire d’ouvrir l’abdomen dans une solution de chlorure de sodium à 3/4 p. 100 chauffée à 35°, pour éviter l’irritation produite par l’action de l’air sur les intestins. Dans ce but, on se sert d’une grande cuve de zinc de 32 pieds (80 cent.) de long sur 9 1/2 (24 cent.) delarge et 8 1/2 (21 cent.) de profondeur, munie d’un régulateur de Geissler. On y verse 35litresd’eau à 35°elunequantitéde selsuffisantepourcomposerune solution à 3/4 p. 100. Au lieu de mesurer l’eau chaque fois, il est préférable de marquer d’un trait sur lesparois delacuvela hauteur jusqu’oùelle doit s’élever. L’animal, attachésur uneplanchette à laquelle on fixe le support de l’appareil de Gzermak, est placé dans l’eau et l’extrémité inférieure de la planche est maintenue immergée au moyen d’un poids. Voyez pour plus de détails le mémoire de Houckgeest dans les Archives de Pflüger, t. VI,
SÉCRÉTIONS