SECTION II. — URINE
185. Caractères de l’urine. — L’urine normale de l’homme est un liquide limpide, d’une couleur jaune ambrée, ayant une odeur caractéristique, une saveur salée et une densité, qui varie d’ordinaire entre 10l8et 1023, bien qu’elle puisse s’abaisserjusqu’à 1005 ou s’élever, dans certaines circonstances, jusqu’à 1030.
La réaction de l’arme mixte humaine est dans les circonstances normales acide. Par urine mixte nous désignons le mélange des différentes portions d’urine sécrétées pendant 2î heures.
Abandonnée à elle-même, l’urine dépose au bout de quelques heures un sédiment légèrement floconneux, formé de mucus tenant en suspension un petit nombre de cellules épithéliales, qui proviennent desconduitsgénito-urinaires. On enseigne généralement que l’urine exposée à l’air dans des vases propres est plus acide au bout de quelques heures qu’au moment où elle vient d’être sécrétée. On a donné à ce changement le nom de fermentation acide . Les faits ne prouvent point la constance de cette transformation. Mais quand l’urine est exposée à l’air dans des vases ouverts pendant des périodes de temps très variables, elle finit toujours par subir la fermentation alcaline, c’est-à-dire que sa réaction est énergiquement alcaline ; elle répand alors une odeur ammoniacale et devient trouble par suite de la précipitation de phosphate ammoniaco-magnésien, de phosphate de calcium et d’urate d’ammonium, due probablement à la production d’un schizomycète, le micrococcus ureœ.
La réaction acide de l’urine normale de l’homme doit probablement être attribuée en grande partie à l’acide carbonique libre, à l’acide urique et à l’acide hippurique ; mais je dois dire qu’on l’attribue principalement au phosphate acide de sodium.
SÉCRÉTIONS
La réaction alcaline de l’urine qui s’est-décomposée est due sans aucun doute au carbonate d’ammonium. On observe que, sous l’influence de matières animales en putréfaction, l’urine parfaitement fraîche devient, dans le cours d’une ou de deux heures, très fétide. Dans ces circonstances, 1 urée contenue dans l’urine se combine avec les éléments de l’eau et se transforme en carbonate d’ammonium.
G H4 Az* O x H2 O = (Az H4)2 G O3.
Les expériences suivantes jettent beaucoup de jour sur les causes prochaines de la fermentation alcaline de l’urine.
Recueillez 200 cent, cubes d’urine parfaitement fraîche dans un vase soigneusement lavé avec de l’acide sulfurique étendu, puis avec de l’eau distillée. Cherchez quelle est la réaction du liquide, que vous trouverez acide, puis failes-en quatre parts égales.
1° Versez 50 cent, cubes dans une capsule et mettez-les de côté pour servir de terme de comparaison avec les trois autres portions.
2° Placez 50 cent, cubes dans une capsule et ajoutez-y quel ques gouttes d’urine devenue fétide . Au bout de vingt-quatre heures, comparez cet échantillon avec le premier. L’odeur, qui est devenue ammoniacale dans le second, n’a pas changé dans le premier. Le second échantillon est devenu très opalescent ou renferme un dépôt abondant, enfin sa réaction est devenue très alcaline, tandis que, dans le premier, elle est toujours acide. On peut démontrer que la réaction alcaline est due à la présence d’un alcali volatil ; en faisant chauffer le papier de tournesol dont on s’est servi, on remarquera que la couleur bleue, qu’avait pris le papier rouge de tournesol quand on l’a plongé dans le liquide, disparaît sous l’influence de la chaleur, pour laisser de nouveau place à la coloration rouge.
3° Une troisième quantité de 50 cent, cubes est placée dans un récipient florentin et portée àl’ébullition pendant quelque temps, puis un tampon de colon est enfoncé au moyen d’un bâton de verre dans le goulot du récipient, pendant que le liquide est encore bouillant. On entretient l’ébullition pendant quelques