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Recherche de l’acide hippurique, C9II9Az

Après l’urée, l’acide hippurique est le composé organique qui

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est le plus abondant dans l’urine de l’homme; la quantité moyenne excrétée par jour, est au moins d’un gramme. Malgré cela la recherche de l’acide hippurique dans l’urine de l’homme présente de grandes difficultés, il est par conséquent préférable d'apprendre à isoler cette substance dans une urine où elle soit en plus grande quantité que dans l’urine normale de l’homme. Comme l’urine des herbivores en contient en abondance, on peut employer celle d’un cheval ou d'une vache, ou bien encore l’urine de l’homme, chez lequel on a provoqué une excrétion excessive d’acide hippurique, en lui administrant 10 à 15 grammes d’acide benzoïque, 10 ou 12 heures avant de recueillir l’urine.

C’est un fait digne de remarque que l’ingestion d’acide benzoïque détermine chez les hommes en bonne santé la sécrétion de quantités considérables d’acide hippurique (glycobenzoïque). Il semble qu’il existe toujours dans l’économie du glycocolle [C 2 H3 (Az H*) O2], qui n’est jamais excrété sous cette forme, mais qui peut s’unir au radical de l’acide benzoïque (benzoyle), pour former de l’acide hippurique. En comparant les formules du glycocolle et de l’acide benzoïque, on voit qu’on peut se représenter ce dernier comme dérivé du premier par la substitution du radical benzoyle (C7 H8 O) à un atome de II.

Glycocolle .... C 2 H 3 (Az H 2f O 2.

Acide hippurique. C 2 H 2 (Az H2) (C 7 II 8 O) O 2.

Faites chauffer au bain-marie 200 cent, cubes d’urine de vache jusqu’à ce qu’elle soit réduite à 40 cent, cubes. Ajoutez de l’acide chlorhydrique et laissez reposer jusqu’au jour suivant. Une grande quantité d’acide hippurique s’est séparée de la liqueur sous forme d’une masse cristalline brune. Lavez la masse cristallisée à l’eau froide et pressez-la entre des doubles de papier à filtre. Dissolvez ensuite dans une quantité d’eau bouillante aussi petite que possible, ajoutez un peu de charbon animal pur, c’est-à-dire du charbon animal qui a trempé pendant plusieurs jours dans de l’acide chlorhydrique étendu et qui a été ensuite lavé à l’eau, et filtrez. Concentrez la liqueur filtrée et abandonnez-la à la cristallisation. Pour les autres

méthodes de recherche de l’acide hippurique , principalement quand il existe en petites quantités, nous renverrons à la traduction française du Traité d'analyse chimique appliquée à la physiologie de Hoppe-Seyler, p. 208.

Après avoir ainsi obtenu de l’acide hippurique à peu près pur, faites les expériences suivantes :

1° Dissolvez un morceau d’acide hippurique dans de l’eau bouillante et laissez cristalliser une goutte de la solution sur une lame de verre. L’acide se sépare d’ordinaire sous la forme de prismes transparents isolés, ou sous forme de prismes à quatre faces parallèles à l’axe longitudinal et disposés en groupes rayonnants; leurs extrémités sont terminées par deux ou quatre faces. La forme fondamentale est celle du prisme vertical rhombique (fig. 145).

2° Chauffez un morceau d’acide hippurique dans un petit tube de verre, avec de l’eau de chaux, l’ammoniaque, qui se dégage et que l’on reconnaît facilement à son odeur caractéristique, prouve que le corps soumis à l’examen renferme de l’azote.

3° Mélangez dans un petit creuset de porcelaine de l’acide hippurique avec de l’acide azotique concentré. Faites bouillir et évaporez à siccité. Le résidu chauffé dégage une odeur très caractéristique de nitrobenzine.

4° Chauffez quelques cristaux d’acide hippurique, dans un petit tube, il se développe une odeur qui rappelle celle du foin, en même temps qu’il se forme des goutteletes huileuses rouges.

192. Recherche de la créatinine, G 4 H 7 Az s O. — Ajoutez un lait de chaux à 300 cent, cube d’urine, jusqu’à ce que la réaction soit nettement alcaline. Versez dans le liquide une quantité suffisante d’une solution de chlorure de calcium, pour qu’il se forme un précipité. Lorsque ce dernier s’est déposé en partie, filtrez , évaporez la liqueur filtrée à siccité dans une bassine ou au bain-marie, et ajoutez au résidu encore chaud 30 à 40 cent, cubes d’alcool à 95°. Remuez et versez le contenu de la bassine, ainsi que les lavages à l’alcool de la bassine, dans un vase à précipité qui doit être placé dans un endroit

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frais. Filtrez et lavez le résidu insoluble dans une nouvelle quantité d’alcool. Si le liquide filtré et l’alcool de lavage mesurent plus de 50 cent, cubes, ramenez-les à ce volume en chauffant modérément. Laissez refroidir la liqueur et ajoutez-y un demi centimètre cube d’une solution alcoolique de chlorure de zinc parfaitement neutre, et remuez pendant quelque temps. Le vase est ensuite laissé pendant trois à quatre jours dans une cave. Au bout de ce temps toute la créatinine combinée au chlorure de zinc s’est séparée. On la recueille sur un filtre et on lave avec de l’alcool absolu. La substance qui reste sur le filtre est un chlorure double de zinc et de créatinine (G4 H7 Az3 0/ Zn Cl2 chimiquement pur. Ce composé très caractéristique est très peu soluble dans l’eau froide et insoluble dans l’alcool froid; il cristallise en aiguilles réunies en paquets.

On retire la créatinine pure du chlorure double, en faisant bouillir ce dernier corps, pendant une demi-heure ou plus, dans l’hydrate d’oxyde de plomb récemment préparé et bien lavé. On filtre la solution, on l’évapore à siccité et on obtient la créatinine que l’on fait dissoudre dans l’alcool et qu’on laisse cristalliser.

La créatinine est très soluble dans l’alcool et l’eau bouillante, à peine soluble dans l’éther. Faites sur ce corps les expériences suivantes :

1° Laissez évaporer quelques gouttes de ce liquide, il reste un dépôt cristallin (fig. 133).

2° La saveur de la solution est fortement alcaline.

3° La réaction avec le papier de tournesol montre que cette substance est fortement basique.

4° La solution de chlorure de zinc ajoutée à la créatinine, produit immédiatement un précipité toujours cristallin du sel de zinc.

193. Recherche des matières colorantes de l’urine. — Sous différents noms, entre autres sous celui de urohématine, plusieurs auteurs ont décrit la substance ou le mélange de substances, qu’ils considèrent comme la cause de la coloration de 1 urine

normale (Scherer, Ilarley, Heller, § 142). Nous sommes parfaitement convaincu que l’on n’a isolé aucune matière colorante, qui puisse expliquer la couleur jaune ambrée de l’urine normale de l’homme.

Les expériences suivantes jettent quelque lumière sur les réactions de la matière colorante de l’urine normale :

1 . Prenez 200 cent, cubes d’urine et précipitez par l’acétate neutre de plomb; le précipité abondant qui se produit est formé par la combinaison du plomb avec les acides existant dans l’urine et par une partie de la matière colorante. Filtrez et observez que la liqueur filtrée n’est pas tout à fait incolore. Ajoutez-y de l’acétate basique de plomb, il se forme un nouveau précipité, et cette fois la liqueur filtrée est complètement incolore.

Réunissez les précipités formés par les acétates neutre et basique de plomb, et traitez le mélange par l’alcool acidulé avec l'acide chlorhydrique. Vous obtiendrez un liquide rouge qui donne, après filtration et évaporation, un résidu rouge noir d’uromélanine, insoluble dans l’eau.

On admet aujourd’hui que ce corps n’est pas, comme on l'avait supposé, la matière colorante de l’urine. Les recherches de Harley, bien qu’elles n’aient pu aboutir à isoler cette matière , ont montré que la soi-disant urohématine est un mélange de plusieurs substances pigmentaires.

2. Après avoir vu ce que c’était que l'urohématine, notre attention doit être attirée par la présence constante dans l’urine d’un corps bien défini, l’indican ou indigo blanc, G16 H12 Az2 O2, que l’on peut facilement transformer en indigo bleu et en indigo rouge. Heller, qui découvrit le premier sa présence dans l’urine, sans cependant en reconnaître la nature, lui donna le nom d’uroxanthine, et ceux d’uroglaueine et d’urrhodine à l’indigo bleu et à l’indigo rouge, qui en dérivent.

Nous renverrons pour la méthode de préparation de l’indican à l’ouvrage déjà cité de Iloppe-Seyler, page 218. Il suffira, pour notre but actuel, d’indiquer les expériences suivantes :

Précipitez 100 cent, cubes d’urine parfaitement fraîche par l’acétate de plomb. Filtrez; le liquide filtré renferme tout

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l’indican. Ajoutez de l'ammoniaque, qui précipite l’hydrate d’oxyde de plomb avec l’indican. Lavez le précipité recueilli sur un filtre avec de l’eau et de l’acide chlorhydrique dilué. Très souvent le filtre contient, par suite de la formation d’indigo bleu, des particules bleues, qui contrastent avec le chlorure de plomb, avec lequel cette substance est mélangée.

Laliqueur filtrée, abandonnée à elle-même pendant vingt-quatre heures, se recouvre généralement d’une pellicule bleue pourpre, formée par Tindigo.

3. Précipitez plusieurs centaines de centimètres cubes d’urine fraîche par l’acétate de plomb et filtrez; traitez la liqueur filtrée ar un excès d’hydrogène sulfuré, faites bouillir et filtrez. Versez la liqueur dans un égal volume d’acide chlorhydrique pur et concentré; le mélange prend une coloration violette ou indigo bleu; laissez reposer pendant douze heures et ajoutez un volume d’eau. Au bout de vingt-quatre heures il s’est généralement formé un dépôt, qui est recueilli sur un filtre, lavé et desséché. Traité par l’éther, ce dépôt lui abandonne d’ordinaire une matière colorante rouge, et il reste Tindigo qu’on purifie en le dissolvant dans l’alcool bouillant.

Il faut se rappeler que Tindigo bleu ne diffère de l’indican que par la présence de deux atomes d’hydrogène de plus :

Indican ou indigo blanc. G16 H12 Az2 O2.

Indigotin ou indigo bleu. G16 H10 Az2 O2.

Dans la préparation de Tindigo bleu avec Tindican, il se forme d’autres substances, telles qu’une matière sucrée, isomère du glucose, mais non fermentiscible, et un corps très imparfaitement connu, Tindigo rouge, dont il a été question au § 186.

Principales réactions de Tindigo bleu :

(a) , ajoutez un fragment d’indigo bleu avec de l’éther; vous verrez qu’il est très peu soluble; mais l’éther en a cependant dissous une quantité suffisante pour acquérir une légère teinte bleue.

(b) . Chauffez un fragment d’indigo bleu dans un tube de verre, il se sublime et se dépose sur les parties froides du tube. Si le tube est très étroit et ses parois minces, on peut l’examiner au

microscope et on observe que le dépôt est formé de plaques et d’aiguilles microscopiques.

(c). Dissolvez de l’indigo bleu dans l'acide sulfurique et examinez une mince couche de la solution au spectroscope ; vous observerez une bande d’absorption tout près de la ligne D, vers l’extrémité rouge du spectre, le violet étant également absorbé.

194. Détermination de la quantité d’urine produite dans un temps donné. — Avant de décrire succinctement les méthodes que l’on emploie dans le dosage des éléments les plus importants de l’urine, il est hon de faire remarquer, comme une règle générale, que l’analyse quantitative de l’urine ne jette que peu ou point de lumière sur l’énergie et le caractère des réactions qui s’opèrent dans l’intimité des tissus, à moins que l’analyse ne porte sur un échantillon d’urine, qui représente la sécrétion moyenne pendant un temps connu, durant lequel on a pu s’assurer aussi exactement que possible des conditions dans lesquelles se trouvait l’animal.

Cette remarque se comprendra facilement, si l’on songe que l’on peut obtenir les renseignements les plus précieux sur la sécrétion urinaire, en recueillant, mélangeant et mesurant la quantité d’urine émise pendant vingt-quatre heures. Cette quantité une fois connue , 200 cent, cubes suffiront pour la plupart des analyses.

On recueille l’urine de l’homme dans des vases de verre parfaitement propres ; dans les expériences précises on lave au préalable les vases avec de l’acide sulfurique étendu, puis avec de l’eau. Le vase collecteur peut être gradué ou non; dans ce dernier cas, l’urine, après avoir été mélangée, est soigneusement versée, par portions successives, si cela est nécessaire, dans une éprouvette graduée d’une capacité d’un litre, divisée de 5 en 5 centimètres.

On opère souvent sur l’urine des chiens et des lapins, princi-

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paiement lorsqu’il s’agit d’expériences sur l’action physiologique des médicaments. Dans ce cas, pour recueillir les urines, on place les animaux dans des cages spéciales, dont les parois sont formées en partie de lames de fer ou de cuivre, en partie de toile métallique. Le fond se compose de bâtons de verre, d'environ 1 centimètre de diamètre, disposés tout près les uns des autres, de façon à laisser écouler les urines et à retenir les excréments solides.

Les bâtons de verre sont solidement fixés dans la base du cadre en bois de la cage, qui est en outre munie d’un tiroir portant une cuvette de verre ou de porcelaine comme celle dont se servent les photographes. La cuvette est percée d’un trou, qui, au moyen d’un tube de verre, permet aux liquides de se rassembler dans le vase collecteur situé au-dessous. Si l’on a soin de laver les bâtons de verre de la cage, ainsi que la cuvette de porcelaine, on recueille l’urine dans un grand état de pureté.

195. Détermination de la densité de l’urine. — Cette opération se fait d’après les deux méthodes décrites dans l’Appendice § 220, c’est-à-dire soit avec le flacon à densité, soit avec un densimètre.

Le densimètre, dont on se sert pour rechercher la densité de l’iirine, perte le nom d’uromètre. La tige est ordinairement divisée de façon à indiquer les densités de 1,000 à 1,060, celle de l'eau étant égale à 1,000; il est bon d’avoir deux uromètres, l’un donnant les densités de 1,000 à 1,030, l’autre de 1,030 à 1 ,060. La longueur de la tige de ces instruments étant la même que celle des densimètres ordinaires, la lecture de la graduation est beaucoup plus exacte. Avant de se servir d’un uromètre, il faut le contrôler en le plongeant dans des liquides de densité connue, par exemple, dans trois échantillons d’urine, dont on a déterminé avec soin la densité au moyen de la méthode du flacon.

Bien que, dans certaines circonstances, la détermination de la densité d’un seul échantillon d’urine puisse être suffisante, généralement l’expérience n’est bien concluante que lorsqu on a

pris la densité d’un échantillon d’urine mixte émise pendant vingt-quatre heures.

La connaissance de la densité de l’urine permet de savoir assez approximativement la quantité totale des matières solides excrétées par les reins dans un temps donné.

On a reconnu empiriquement que la densité de l’urine est dans un rapport étroit avec les matières solides qu’elle contient en dissolution. Robert Christison a fait voir, il y a plusieurs années, qu’en multipliant par le facteur 2,33 le chiffre qui exprime la différence entre la densité d’un échantillon d'urine et la densité de l’eau, le produit représente exactement le poids de toutes les substances solides contenues dans 1 ,000 parties d’urine. D’autres observateurs ont reconnu depuis que, si la formule du Dr Christison donne des résultats exacts quand on l'applique à des urines de densité supérieure à 1,018, pour les urines de densité inférieure, on obtient des résultats plus exacts en substituant le facteur 2 au facteur 2,33.

L’exemple suivant suffira pour démontrer l’application de cette méthode au calcul approximatif de la quantité de matières solides de l’urine excrétées pendant vingt-quatre heures:

Un homme émet en vingt-quatre heures 1,575 cent, cubes d’urine, dont la densité est 1,025, quelle est approximativement la quantité des matières solides contenues dans son urine?

1° La formule du Dr Christison nous donne la quantité de matières solides contenues dans 1,000 parties d’urine; ainsi, en prenant pour unité le gramme et en désignant par x la quantité de matières solides contenues dans 1 ,000 grammes, nous avons :

2° Il nous faut maintenant chercher le poids l’urine. Comme la densité de l’urine est 1 ,023 et que son volume est 1 ,575 centimètres cubes, son poids y exprimé en grammes, nous sera donné par la proportion suivante :

d’où y

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3° Connaissant le poids en grammes de l’urine émise pendant vingt-quatre heures et le poids approximatif des matières solides renfermées dans 1 ,000 parties en poids d’urine, nous aurons le poids z de toutes les matières solides excrétées pendant vingtquatre heures par la proportion suivante:

1,000: 55,59 : : 1611 : z d’où z = 86, 33 grammes.

Il est bon de remarquer que le résultat ainsi obtenu n’est qu’une approximation du chiffre réel, auquel on arrive par la méthode directe, que nous allons maintenant décrire ; mais cette approximation est suffisamment grande pour qu’on puisse s’en servir.

196. Dosage de la totalité des matières solides contenues dans l’urine. — Lorsqu’on connaît le volume total d’urine émise en vingt-quatre heures et que l’on veut rechercher par les pesées directes la quantité totale de matières solides qu’elle ren-

Fig. 136. — Étuve à air chaud. Fig. 157. — Exsiccateur.

ferme, on verse à l’aide d'une pipette, très exactement graduée, 10 à 15 centimètres cubes d’urine mixte dans une capsule de porcelaine ou de verre préalablement pesée, et on chauffe au bain-marie, ou dans une étuve à eau (fig. 156) jusqu’à ce que l’on ait un résidu presque desséché. On chauffe ensuite la capsule et son contenu dans une étuve à air, dont la température est maintenue à 120°. On laisse ensuite refroidir dans un exsiccateur (fig. 157) et on pèse rapidement. La pesée et la dessiccation doivent

ofi l

être répétées jusqu’à ce que le poids delà capsule et du résidu soit constant. Pour plus d’exactitude, on recouvre la capsule avec une lame de verre rodée à l’émeri, quand on la transporte de l’étuve à l’air dans l’exsiccateur et de fexsiccateur dans la balance.

Il est absolument indispensable que les pesées soient faites le plus rapidement possible, car les matières solides de l’urine desséchées sont éminemment hygroscopiques.

Au lieu de déterminer le volume de l’urine que l’on analyse, on peut en déterminer le poids.

197. Dosage nu chlore contenu dans l’urine par la méthode de liebig. — On a déjà vu que lorsqu’une solution d’azotate mercurique est mélangée avec une solution d’urée, il se produit un précipité blanc épais formé de combinaisons de l’urée avec l’oxyde mercurique. § 189, 6.

Si la solution d’azotate mercurique est suffisamment diluée et si la quantité employée est suffisante, le composé formé renferme quatre molécules d’oxyde mercurique pour une molécule d’urée.

Si la solution d’urée renferme du chlorure de sodium, il ne se formera pas d’abord de précipité, parce que la réaction entre l’urée et l’oxyde de mercure ne se produit pas tant que la double décomposition de l’azotate mercurique et du chlorure de sodium n’est pas complète.

Hg 2(Az03) + 2 Na Cl = Hg Cl2 + 2 Na AzO3.

Mais aussitôt que celte double décomposition est achevée, il apparaît un précipité blanc d’oxyde mercurique, combiné à l’urée.

La méthode de Liebig pour doser le chlore de l’urine est basée sur ces réactions.

Nous exposerons successivement la préparation de la solution titrée d’azotate de mercure, et la marche à suivre pour déterminer avec son aide la quantité de chlore de l’urine.

Préparation de la solution titrée d'azotate de bioxyde de mercure pour le dosarje du chlore dans V urine. — ün a besoin des solutions suivantes :

itcRDOft sANDBRâox, 1 ubof. de physiologie.

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1» Une solution d’azotate de bioxyde de mercure, titrée de façon que 1 cent, cube corresponde à 10 milligrammes de chlorure de sodium. On la prépare en dissolvant 20 grammes de mercure parfaitement pur dans de l’acide azotique bouillant, jusqu’à ce que le liquide acide ne produise plus de précipité dans une solution de sel marin. On concentre la liqueur au bain-marie jusqu’à consistance sirupeuse, on la dilue ensuite avec environ 1 litre d’eau distillée.

A moins qu’il ne soit resté après l’évaporation un grand excès d’acide azotique, il se dépose un précipité blanc d’azotate basique de mercure, que l'on sépare en filtrant. Avant de fdtrer, il faut ajouter quelques gouttes d’acide azotique, qui redissoudront une portion considérable du précipité sans rendre le liquide trop acide ; la solution d’azotate mercurique ainsi obtenue doit être mise de côté jusqu’à ce que l’on ait préparé les autres réactifs nécessaires pour déterminer son degré de concentration.

2° Une solution de sel marin, que l’on obtient en dissolvant dans de l’eau distillée 20 grammes de chlorure de sodium pur et en étendant la solution à un litre. Le chlorure de sodium doit être fondu avant d’être pesé.

Dix centimètres cubes de cette solution renferment 2 décigrammes de chlorure de sodium.

3° Une solution d’urée faite en dissolvant 4 grammes d’urée dans un peu d’eau distillée et en étendant la solution à 100 cent, cubes.

4° Une solution de sulfate de sodium saturée à la température ordinaire.

Pour déterminer le litre de la solution d’azotate mercurique, on la verse dans une burette, de préférence dans la burette de Mohr à robinet de verre, d’une capacité de 50 centimètres cubes et divisée en millimètres.

Dix centimètres de la solution de sel marin sont alors versés avec une pipette dans un vase de verre; on y ajoute 3 cent, cubes de la solution d’urée et 5 cent, cubes de la solution de sulfate de sodium. On y laisse alors couler goutte à goutte la solution d’azotate mercurique. Chaque goutte de l’azotate qui tombe dans le mélange y détermine un précipité blanc, qui disparaît de

suite de lui-même, ou quand on remue. Si l’on ajoute d’avantage d’azotate le mélange devient opalescent, mais il ne se forme pas de précipité jusqu’à ce que tout le chlorure de sodium soit décomposé. On lit alors le nombre de centimètres cubes de solution mercurielle employés. Si, par exemple, il a fallu 12, 7 cent, cubes de la solution pour produire un précipité permanent, on en conclut que ce volume de la solution contient la quantité d’azotate mercurique nécessaire pour décomposer 2 décigrammes de chlorure de sodium. Gomme il est avantageux d’avoir une solution dont 10 cent, cubes correspondent à 1 décigramme de chlorure de sodium, il faut étendre la solution, que l’on vient de préparer au degré voulu. Dans le cas actuel 12,7 cent, cubes contiennent une quantité de sel mercuriel correspondant à 2 décigrammes de chlorure de sodium, c’est-à-dire autant qu’il devrait y en avoir dans 20 cent, cubes de la solution. En ajoutant au 12,7 cent, cubes, 7,3 cent, cubes d’eau, on aura donc 20 cent, cubes d’une solution dont 10 cent, cubes pourront décomposer exactement 1 décigramme de chlorure de sodium.

Mais comme on prépare les solutions titrées en grandes quantités, il est bon d’étendre toute la solution à la fois.

Ainsi, en supposant que l'on ait 800 cent, cubes de solution, dont 12,7 cent, cubes correspondent à 2 décigrammes de chlorure de sodium, comme il faut ajouter à 12,7 cent, cubes, 7,3 cent, cubes d’eau, il est évident qu'il faudra en ajouter 459,8 cent, cubes, ce qui donnera 1259,8 cent, cubes, dont

10 cent, cubes correspondent à 100 milligrammes de chlorure de sodium, ou 60,65 milligrammes de chlore. |

Après avoir ainsi obtenu la solution titrée d’azotate mercurique,

11 faut, avant d’analyser l’urine, préparer une solution que nous désignerons sous le nom de mélange de baryte.

On le prépare en mélangeant deux volumes d’une solution d’azotate de baryte saturée à froid avec un volume d’eau de baryte, également saturée.

Pour doser l’urée, on ajoute 2 volumes quelconques de l’urine à analyser, soit 40 cent, cubes, à un volume, soit 20 cent, cubes du mélange de baryte. Il se dépose un abondant précipité, formé principalement d’un mélange de phosphate, de sulfate et de car-

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bonate de baryum. La séparation des phosphates est absolument nécessaire, parce que ces sels sont précipités par l’azotate de mercure.

Comme la liqueur filtrée est composée pour un tiers de mélange de baryte, il faut en prendre, pour l’analyser, 15 cent, cubes. Cette quantité correspond exactement à 10 cent, cubes d’urine. Il faut donc avoir, outre les pipettes graduées jaugées de 20 et de 40 cent, cubes, une autre pipette exactement jaugée de 15 cent, cubes. On acidifie très légèrement ces 15 cent, cubes de liqueur en y ajoutant goutte à goutte de l’acide azotique excessivement étendu, puis on y laisse couler la solution d’azotate de mercure d’abord un peu rapidement, puis goutte à goutte, jusqu’à ce qu’il se produise un précipité épais permanent, qui ne change pas, lorsqu’on agite fortement.

Le nombre de centimètres cubes employés, multipliés par 0,01 , donne en fraction de gramme la quantité de chlore, contenue à l’état de chlorure de sodium dans 30 cent, cubes d’urine. Ainsi, si la quantité de la solution titrée employée est de 8,56 cent, cubes, la quantité de chlore présent à l’état de chlorure de sodium dans 10 cent, cubes d'urine est de 85 milligrammes.

Il est à remarquer que si l’urine contient de l’albumine, il faut l’enlever par l’ébullition et la filtration avant de procéder au dosage du chlore.

198. Détermination du chlore au moyhn de l’azote d’argent. — Dans les cas où la quantité de chlore est excessivement petite, il faut employer la méthode suivante, de préférence à celle qui vient d’être décrite.

10 cent, cubes d’urine sont placés dans une capsule de platine avec 2 grammes d’azotate de potassium pur et évaporés à siccité. Le résidu est chauffé avec précaution jusqu’à ce que tout le charbon ait disparu.

On laisse refroidir la capsule, et on dissout dans l’eau distillée la masse saline qu’elle renferme, à laquelle on ajoute une petite quantité d’acide azotique. Le dosage du chlore est alors effectué au moyen des méthodes qui sont décrites dans les manuels d’analyse chimique. La partie essentielle de ces méthodes

consiste : 1° à précipiter le chlore à l’état de chlorure d’argent, à laver, brûler et peser le précipité; et 2° à ajouter à la solution neutralisée de chlorure, mélangée avec une goutte de chromate de potassium, une solution titrée d’azotate d’argent. L’azotate d’argent détermine un précipité blanc de chlorure d’argent ; mais quand tout le chlore est précipité une seule goutte de plus du réactif produit une coloration intense rouge saumon, due à la formation de chromate d’argent.

199. Dosage de l'urée. — I. Méthode de Liebig. — Pour doser l'urine par cette méthode on a besoin 1° du mélange de baryte, dont on s’est servi dans le dosage du chlore, et 2° d’une solution d’azotate de bioxyde de mercure préparée également de la même façon que pour la détermination du chlore, mais renfermant d’avantage de mercure. Pour l’obtenir, on dissout 75 grammes de mercure dans de l’acide azotique pur en observant exactement toutes les précautions qui ont été indiquées et on l’étend de façon que le volume soit égal à 1 litre.

Pour ramener la solution d’azotate au titre nécessaire pour doser l'urée, on verse dans un vase 10 cent., cubes d’une solution aqueuse titrée d’urée pure renfermant 2 grammes d’urée pour 100 cent, cubes : la quantité de la solution versée dans le vase contiendra par conséquent 2 décigrammes d’urée.

On y ajoute alors la solution d’azotate mercurique et on remue ; il se dépose un abondant précipité blanc. Quand la précipitation paraît être presque achevée, on dépose sur une plaque de porcelaine une goutte du liquide tenant le précipité en suspension et on y ajoute une goutte de carbonate de sodium. Si l’urée n’a pas été complètement précipitée, on n’observe aucun changement de couleur. On continue alors à verser goutte à goutte la solution d’azotate mercurique, en répétant de temps à autre sur la plaque de porcelaine cet essai avec le carbonate de sodium. A la fin, il apparaît une couleur jaune, qui indique que la solution mercurique a été ajoutée eu excès. Le nombre de centimètres cubes de la solution employés indique le nombre de centimètres cubes qui correspondent à 2 décigrammes d’urée. Comme il est plus commode d’employer une solution d’azotate mercurique, dont

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10 cent, cubes précipitent 100 milligrammes d’urée ou 1 cent, cube 10 milligrammes, il faut étendre la solution de la même manière que pour le dosage du chlore.

Une fois la solution mercurique et le mélange de baryte préparés, l’analyse de l’urine s’effectue rapidement. On ajoute 40 cent, cubes d’urine à 20 cent, cubes du mélange de baryte ; on filtre et on précipite 15 cent, cubes de la liqueur ûltrée avec la solution mercurique, jusqu’à ce que l’essai avec le carbonate de sodium donne une coloration jaune.

Le nombre de centimètres cubes employés de la solution mercurique moins 2, multiplié par 0,01 gramme, indique très exactement la quantité d’urée, exprimée en fraction de grammes, contenue dans 10 cent, cubes d’urine, pourvu que cette dernière ait une composition moyenne, c’est-à-dire qu’elle ne renferme pas d’éléments anormaux, que la quantité de chlorure de sodium ne dépasse pas la moyenne, et qu'elle ne soit ni très concentrée, ni très étendue.

Il en résulte qu’il faut faire subir plusieurs corrections à la méthode de Liebig, pour arriver au degré d’exactitude qu’elle est susceptible de donner.

En indiquant ces corrections, nous expliquerons pourquoi le nombre de cent, cubes moins 2, de la solution mercurique employée, multiplié par 0,01 gramme indique très exactement, exprimée en fraction de gramme, la quantité d’urée contenue dans 10 cent, cubes d’urine. La raison de cette soustraction de 2 cent, cubes, est que, en moyenne, dans les urines, ce volume de solution est nécessaire pour décomposer les chlorures, et n’agit pas par conséquent sur l’urée.

Si l’on fait cette correction dans une série d’observations et si, comme on l’a déjà fait remarquer, l’urine n’a pas une composition très exceptionnelle, les résultats obtenus ont une exactitude très suffisante et sont comparables les uns aux autres. Mais si l’urine qu’il s’agit d’analyser provient d’un malade atteint de pneunomie ou de fièvre, cette correction arbitraire conduirait d’ordinaire à une erreur très grande.

Dans de pareilles circonstances, il faut employer un moyen plus scientifique pour corriger l’erreur provenant de la présence

des chlorures. On détermine d’abord, au moyen de la solution d’azotate mercurique titrée pour le dosage du chlore, la quantité de chlore qui existe à l’état de chlorure de sodium dans 10 cent, cubes d’urine, c’est-à-dire dans 15 cent, cubes de liqueur filtrée obtenue en mêlant deux volumes d'urine avec un volume de mélange de baryte, et puis on enlève dans une autre quantité de la liqueur filtrée tout le chlore qu’elle contient au moyen d’une solution titrée d’azotate d’argent. Pour cette dernière opération, il est nécessaire d’avoir une solution d’argent qui ait exactement le même titre que la solution d’azotate mercurique, dont on s’est servi. Un la prépare en dissolvant dans de l’eau distillée 11,601 grammes d’azotate d’argent fondu, et en étendant la solution à un litre. La solution aura le titre voulu, c’est-à-dire que 1 cent, cube précipitera exactement 1 centigramme de sodium.

Prenez 30 cent, cubes du mélange filtré d’urine et de baryte, ajoutez-y une goutte d’acide azotique et versez-y, à l’aide d’une burette on d’une pipette graduée, deux fois autant de cent, cubes de solution d’azotate d’argent qu’on emploierait de cent, cubes de la solution d’azotate mercurique pour doser le chlore. Il se forme un précipité de chlorure d’argent, et la liqueur filtrée peuL servir alors au dosage de l’urée.

Un exemple permettra de se rendre mieux compte de cette série d’opérations.

40 cent, cubes de l’urine d’un enfant atteint de la fièvre typhoïde ont été mêlés avec 20 cent, cubes du mélange de baryte ; le liquide a été filtré. 15 cent, cubes de ce liquide ont été mesurés dans un vase et on y a ajouté la solution mercurique titrée pour le dosage du chlore jusqu’à ce qu’il se soit formé un précipité permanent épais. Le nombre de cent, cubes employés de la solution était 4,5. Gomme chaque cent, cube delà solution titrée correspond à 1 centigramme de chlore à l’état de chlorure de sodium, la quantité contenue dans les 10 cent, cubes d’urine est de 0,045 grammes. 30 cent, cubes du même mélange filtré d’urine et de baryte ont été traités par 4,5 X 2, c’est-à-dire par 9 cent, cubes. La liqueur a été filtrée. Or 39 cent, cubes du mélange d'urine, de solution de baryte et de solution d’azotate d’argent renferment 20 cent, cubes d’urine. Par conséquent en prenant

SECRETIONS

-9 ou 19,5 cent, cubes de la liqueur lillrée après la précipitation du chlorure d’argent, nous aurons la quantité de liquide renfermant toute l’urée présente dans 10 cent, cubes de l’urine à analyser.

Il faut également remarquer que, si la quantité de chlore existant dans l’urine est très petite, comme dans beaucoup de maladies aiguës, on arrive à des résultats très suffisamment exacts en négligeant toute correction.

On peut encore faire subir àla méthode Liebig d’autres corrections correspondant à des circonstances particulières; nous nous bornerons à les exposer succinctement, renvoyant pour les explication aux Traités spéciaux.

1° Lorsque, en dosant l’urée contenue dans 15 cent, cubes du mélange d’urine et de solution de baryte, le nombre de cent, cubes de la solution mercurique employés dépasse 30, il faut recommencer l’opération en ajoutant aux 15 cent, cubes du mélange une quantité d’eau distillée égale à la différence entre le nombre 30 et le nombre de cent, cubes employés dans la première opération.

! i 0 Quand la quantité de la solution d’azotate mercurique ajoutée au 15 cent, cubes du mélange filtré d’urine et de solution de baryte est moins de 30 cent, cubes, il faut retrancher 0,1 cent, cube par chaque 5 cent, cubes de solution mercurique employés en moins que 30.

Cette corection a peu d’importance.

II. Méthode de Davypour le dosage de l'urée. — Cetteexcellente méthode est basée sur ce fait, que nous avons déjà mentionné, que lorsqu’une solution d’urée (GH’* Az2 O), telle que l’urine, est traitée par une solution d’hypochlorite, elle est décomposée en acide carbonique, en eau et en azote. Si l’on effectue le mélange dans une longue éprouvette graduée et qu’on la retourne sur une cuve à mercure, tout l’azote s'accumule à la surface du mélange, l’acide carbonique étant absorbé par la solution d’hypochlorite employée. Le volume d’azote dégagé permettra de calculer la quantité d’urée. Nous renverrons, pour l’exposition détaillée de cette méthode à l’ouvrage du Dr Thudichum, Treahse on the Pathology of the Urine , Londres, 1858.

La méthode de Davy, de môme que celle de Liebig, ne donne pas des résultats d’une exactitude absolue. L’acide urique et les autres substances azotées présentes dans l’urine sont décomposées par les hypochlorites ; mais, comme leur quantité est relativement très petite, l’erreur commise est peu importante. Nous pouvons confirmer, d’après nos propres observations, la grande exactitude de cette méthode, lorsqu’elle est appliquée cà des solutions d’urée pure, et nous pensons que, pratiquée avec un appareil convenable, elle est la méthode de dosage de l’urée la plus utile et la plus digne de confiance.

Les appareils décrits par Hüfner, Russell et West, et Dupré, sont basés sur cette méthode; dans tous l’urée est décomposée par une solution d’un bypobromite alcalin.

L’appareil de Russell et West, pour l’analyse quantitative de l’urée, se compose d’un long tube, portant une boule à une de ses extrémités et' surmonté à l’autre extrémité d’un col muni d’un étranglement, d’une baguette de verre fixée à un lien de caoutchouc, d’un vase collecteur, d’une éprouvette graduée et d’une pipette d’une capacité de 5 cent, cubes. Pour déterminer la quantité d'urée contenue dans un échantillon d'urine, on verse 5 cent, cubes de l’urine dans la boule du tube, que l’on achève de remplir jusqu’au col avec de l’eau, et l’on introduit la baguette de verre dans le tube, dans le but de séparer l’urine diluée de la solution d'hypobromite \ avec laquelle on achève de remplir ce dernier. On place ensuite le tube , l’orifice tourné en haut, dans le vase collecteur, à moitié plein d’eau, l’éprouvette graduée, également remplie d’eau , est renversée sur l’orifice du tube, dont on enlève en ce moment la baguette de verre. La solution d’hypobromite se mélange alors avec l’urine, la décomposition s’opère et l’azote se dégage (voyez § 189, 7), comme l’indique l’équation suivante :

Go Az1 2 IP + 3 Na Br O + 2 Na Iio = 3 Na Br + 3 IP O +

Na2 Go a + Az2.

1 La solation d’hyprobomite se prépare en dissolvant 100 grammes de soude solide dans 250 cent, cubes d’eau, et en ajoutant à la solution ainsi

formée, lorsqu’elle est refroidie, 25 cent, cubes de brome. Celte solution se conserve bien.

SÉCRÉTIONS

L’azote se rassemble à la surface de l’eau, clans l’éprouvette, où on peut le mesurer et en déterminer la nature par les moyens ordinaires. L’appareil est construit de telle sorte que chaque centimètre cube de gaz devenu libre, -indique que l'urine renferme 2 cent, cubes d’urée pour 100. Pour faciliter le dégagement des dernières traces d’azote, on peut chauffer avec précaution, après un intervalle de cinq minutes la boule du tube.

200. Dosage de l’acide urique. — On dose habituellement l’acide urique par précipitation avec l’acide azotique ou l’acide chlorhydrique étendus. Le précipité cristallin est lavé, desséché et pesé.

Versez dans 200 cent, cubes d’urine 5 cent, cubes d’acide chlorhydrique étendu d’un poids spécifique de 1,11 et laissez reposer pendant vingt-quatre heures dans une cave. Recueillez l’acide urique sur un filtre pesé d’avance, et làvez-le soigneusement avec l'eau distillée. Desséchez le filtre et l’acide urique dans une étuve à eau à la température de 100°. Faitesrefroidir le filtre desséché dans un exsiccateur (dans les verres de montre, etc.), et pesez-le. En retranchant le poids du filtre de papier du poids total de l’acide urique et du filtre, on obtient le poids de l’acide urique précipité. Il faut y ajouter aussi la quantité d’acide urique retenue en dissolution par l’urine et l’acide chlorhydrique et par l’eau de lavage du filtre. Dans ce but, on mêle tous ces liquides ensemble et on les mesure. Chaque 100 cent, cubes du mélange contenant 0 gr. 0038 d’acide urique (Neubauer), on calcule la quantité totale que le mélange en renferme; on ajoute le chiffre obtenu au chiffre qui exprime la quantité d’acide urique recueilli sur le filtre et l’un a la quantité d’acide urique renfermé dans l’urine soumise à l’analyse. Ce nombre n’est du reste qu’approximatif L

201. Dosage de l'acide phosphorique. — L'acide phosphorique (§ 188), contenu dans l’urine, est combiné en partie avec les terres alcalines, la magnésie et la chaux, mais principale-

1 Voyez les recherches du I> Salkowsky dans Wirchow's Arclnv. Vol. LU, et celles de Maly dans Pflüger's Archiv., 1872. vol. VI, p. 201.

ment avec les alcalis. Si Ton rend l’urine alcaline en y ajoutant de l’ammoniaque, les phosphates terreux sont précipités et les phosphates alcalins restent en solution. On détermine d’habitude la quantité d’acide phosphorique anhydre correspondant à l’acide phosphorique de l’urine. Dans le dosage de l'acide phosphorique de l’urine, on peut doser seulement la quantité totale qui existe dans le liquide, ou bien on peut doser d’abord la quantité totale et ensuite la quantité qui reste après la précipation des phosphates terreux.

La méthode volumétrique , employée pour le dosage de l’acide phosphorique de l’urine, est basée sur les réactions suivantes :

(a) . Quand on traite la solution d’un phosphate acidulée avec de l’acide acétique par une solution cl’azotate ou d’acétate d’uranium, il se forme un précipité de phosphate d’uranium.

(b) . Quand on ajoute un sel soluble d'uranium aune solution de ferrocyanure de potassium, il se forme un précipité brun rougeâtre.

Préparation des solutions titrées d'uranium, etc. — Avant de préparer la solution d’uranium, il faut faire une solution titrée d’un phosphate. Dans ce but, on dissout 10,085 grammes de phosphate de sodium bien cristallisé (Na* H Pho3 + 12 H2 O) dans de l’eau distillée et l’on étend la solution à un litre. 50 cent, cubes de la solution renferment 0,1 gramme d’acide phosphorique.

On dissout ensuite 100 grammes d’acétate de sodium dans 900 cent, cubes d’eau distillée, et on y ajoute 100 cent, cubes d’acide acétique.

La solution d’acétate d’uranium se prépare en dissolvant de l’oxyde d’uranium du commerce dans l’acide acétique. On étend la liqueur et on filtre. A la place de cette solution, on peut employer la solution d’azotate d’uranium que l’on obtient en dissolvant le sel cristallisé dans l’eau et en étendant la liqueur. Ces solutions doivent contenir 20,3 gr. d’oxyde d’uranium par litre.

Une fois la solution d’acétate ou d’azotate d’uranium pré-

SÉCRÉTIONS

parée, il s’agit de déterminer son dégré de concentration de la manière suivante : On verse dans un vase 50 cent, cubes de la solution titrée de phosphate de sodium, puis on y ajoute 5 cent, cubes de la solution acide d’acétate de sodium. On y laisse couler la solution d’uranium contenue dans une burette très exactement graduée, jusqu’à ce que la précipitation cesse. On étend quelques gouttes d’une solution de ferrocyanure de potassium sur une plaque de porcelaine et après chaque addition de solution d’uranium au phosphate, on prend, à l’aide d'une baguette de verre, une goutte du mélange, qu’on laisse tomber sur le ferrocyanure. Dès que la solution d’uranium est ajoutée en excès, on observe la coloration brun rougeâtre, caractéristique du ferrocyanure d’uranium.

La solution d’uranium doit être titrée de telle sorte que 20 cent, cubes correspondent exactement à 50 cent, cubes de la solution de phosphate de soude, c’est-à-dire à 1 décigramme d’acide phosphorique.

Dans l'analyse de l’urine avec les solutions d'uranium, il faut opérer sur 50 cent, cubes de liquide. Cette quantité d'urine est traitée par la solution d’acétate de sodium et chauffée au bainmarie à une température voisine de 100°, puis on y ajoute la solution d’uranium de la façon qui vient d’être indiquée.

202. Dosage de l’acide sulfurique. — La meilleure manière de doser l’acide sulfurique de l’urine est de le précipiter par le chlorure de baryum. Le précipité de sulfate de baryum ainsi formé est pesé, desséché et brûlé, et permet de calculer le poids d’acide sulfurique. On détermine d’habitude le poids d’acide sulfurique anhydre, correspondant à l’acide sulfurique contenu dans l’urine.

Nous renverrons, pour les détails de cette méthode, au traité (l’Analyse quantitative de Fresenius. Les manipulations qu’exigent une semblable analyse, quelques simples qu’elles soient, ne peuvent être apprises que dans un laboratoire de chimie pure.

On a proposé de doser l’acide sulfurique de l’urine au moyen d’une solution titrée de chlorure debaryum; mais cette méthode

est longue; elle n’a même pas l’avantage de la rapidité sur celle que nous avons décrite au commencement de ce paragraphe.

203. Recherche du sucre dans l’urine. — On ne sait pas encore exactement si l’urine à l’état normal renferme ou non du sucre. Les méthodes qui ont été proposées pour isoler cette substance par les auteurs qui pensent qu’elle existe toujours dans l’urine sont compliquées; et comme elles ont du reste conduit à des résultats très différents, suivant les observateurs, nous les passerons sous silence. (Voyez 'Pflüger’s, Archiv fur Physiol. v. p. 359 et 375).

Quand le sucre se rencontre en quantité anormale dans l’urine, par exemple dans les cas de diabète, on peut très facilement le découvrir. Les expériences suivantes suffiront pour familiariser avec les principales réactions :

1° Prenez 5 cent, cubes d’urine de diabétique ou d’une solution de sucre de raisin, et ajoutez-y deux ou trois gouttes d’une solution de sulfate de cuivre, de manière à produire une très légère coloration verte ; versez dans le mélange une solution de soude ou de potasse caustique, jusqu’à ce que le précipité d’hydrate d’oxyde de cuivre, qui s’est d’abord formé, se soit redissous.

La liqueur, qui a pris une belle teinte bleue, chauffée doucement devient opaque et prend une couleur rougeâtre, en même temps qu’il se forme un abondant précipité d’oxyde de cuivre, (réaction de Trommer ). Voy. §§ 12, 79 et 158.

2° Ajoutez à 5 cent, cubes d’urine un volume à peu près égal d’une solution de soude ou de potasse caustiques et faites bouillir. La liqueur prend d’abord une teinte jaune clair, puis ambrée et finalement brun foncé (réaction de Moore).

3° Versez dans un tube à essais à moitié plein de mercure de l’urine de diabétique avec un peu de levure; fermez l’orifice du tube avec le pouce et renversez-le sur une capsule contenant du mercure.

Au bout de vingt-quatre heures, à la température ordinaire, on trouvera que le tube renferme de l’acide carbonique en abon-

SÉCRÉTIONS

dance que l’on peut absorber facilement en introduisant un fragment de potasse caustique. (Voy.§ 158, la méthode de Roberts pour le dosage du sucre dans burine au moyen de la levure.)

Outre ces réactions, on peut observer au polarimètre que l’urine des diabétiques possède la propriété de dévier à droite le plan de polarisation de la lumière.

204. Dosage du sucre. — Les meilleures méthodes pour doser le sucre consistent soit à déterminer dans quelle étendue une épaisseur connue de la solution sucrée dévie à droite le plan de polarisation de la lumière, soit à rechercher la quantité d’urine qu’il a été nécessaire de faire bouillir avec la solution titrée d’un sel de cuivre pour réduire tout le cuivre à l’état de protoxyde rouge.

Pour doser le cuivre au moyen de cette méthode, connue sous le nom de méthode de Fehling, on prépare la solution titrée de la manière suivante : — 34 gr., 65 de sulfate de cuivre pur et bien cristallisé sont dissous dans 160 cent, cubes d’eau, et 173 grammes de sel de Seignette (tartrate double de potasse de soude) sont dissous dans 900 cent, cubes d’une solution de soude caustique d’une densité de 1, 120. On ajoute graduellement la solution de sulfate de cuivre à la solution alcaline de sel de Seignette, en ayant soin de remuer continuellement. Il se produit une coloration bleu foncé dans le liquide que l’on étend à un litre. 10 cent, cubes de la solution sont réduits parO gr., 05 de sucre de l’urine de diabétique.

Voici maintenant la marche à suivre dans l’analyse :

L’urine à analyser est étendue à un volume connu; ainsi, quand il s’agit de l’urine de diabétique, dont la densité est 1,040, à 100 cent, cubes on ajoute 900 cent, cubes d'eau distillée.

On verse dans une capsule de porcelaine 10 cent, cubes très exactement mesurés de la solution titrée de cuivre, on y ajoute 40 cent, cubes d’eau distillée et on porte à l’ébullition.

On y verse alors, à l’aide d’une burette, l’urine préalablement étendue; après avoir ajouté quelques centimètres cubes, on chauffe fortement la capsule, puis on cesse de chauffer pendant quelques secondes.

La solution, qui, après avoir bouilli avec la liqueur sucrée, a pris une coloration rouge, dépose un sédiment rouge d’oxyde cuivreux, tandis que le liquide surnageant reprend une teinte plus ou moins bleue, parce qu’une portion du cuivre reste encore dissoute.

On ajoute alors des portions successives d’urine diluée et l’on fait bouillir le mélange après chaque addition. A mesure que l'opération avance, on a soin de verser l’urine avec beaucoup de précaution, et on n’en laisse couler que quelques gouttes à chaque fois. Il arrive un moment où le fond de la capsule est recouvert d’un dépôt d’oxyde, et où, en penchant la capsule, de façon que le liquide qu’elle contient vienne en contact avec les parois blanches, on n’aperçoit plus aucun reflet bleu.

On lit alors et on note le nombre de centimètres cubes de solution sucrée employée. Il est bon toutefois de pousser l’opération encore un peu plus loin. On ajoute donc encore quelques gouttes d’urine diluée, on fait bouillir de nouveau, et on recommence, si cela est nécessaire, jusqu’à ce que le mélange devienne légèrement opaque et prenne une couleur jaunâtre, ce qui prouve que l’on a ajouté un léger excès de solution sucrée. On lit alors le nombre de centimètres cubes d’urine ainsi ajoutés. En prenant la moyenne arithmétique de ces deux résultats, on obtient un nombre qui représente très exactement, en centimètres cubes, le volume de l’urine diluée nécessaire pour réduire tout le cuivre contenu dans 10 cent, cubes de la solution titrée employée, et comme ce volume de la solution de cuivre est réduit exactement par Ogr., 05 de cuivre, cette quantité doit exister dans le volume d’urine diluée, dont on a fait usage.

Un exemple fera facilement comprendre ces calculs : — Supposons que la densité de l’urine d’un diabétique a été trouvée égale à 1,035. On a mélangé dans un flacon d’une capacité d’un litre 100 cent, cubes avec de l’eau distillée en quantité suffisante pour que le volume du mélange soit exactement de 1000 cent, cubes. 10 cent, cubes de la solution titrée de cuivre ont exigé, pour que la réduction fut complète, 30 cent, cubes 49 d’urine étendue, ou, en d’autres termes, 39 cent. 49 d’urine diluée contiennent 0 gr. 05 de sucre. Gomme l’urine a été étendue de dix

SÉCRÉTIONS

fois son volume d’eau, le même volume d’urine non diluée renfermerait dix fois plus de sucre, c’est-à-dire 0 gr. 5 de sucre. Ges données nous permettent de calculer facilement la quantité de sucre sécrétée pendant vingt-quatre heures.

Ainsi, en supposant que, dans l’exemple actuel, la quantité d'urine émise en vingt-quatre heures ait été de 3000 cent, cubes, la quantité de sucre sécrétée pendant la même période sera donnée par la proportion suivante :

30,49 : 0,5 : : 3000 : x d’où x = 49 gr. 19.

Quand on emploie cette méthode d’analyse, il faut avoir soin d’étendre suffisamment l’urine. Quand la proportion du sucre est très considérable, il est bon d’étendre l’urine de vingt fois au lieu de dix fois son volume.

On peut aussi doser approximativement le sucre contenu dans l’urine des diabétiques au moyen de la réaction de Roberts, décrite § 158.

205. Recherche de l’albumine. — Sauf dans des cas très exceptionnels, dont nous n’avons pas à nous occuper ici, la seule matière albuminoïde que l’on rencontre dans l’urine, présente les réactions de l’albumine du sérum. Par conséquent quand on fait bouillir de l’urine albumineuse, elle se coagule, c’est-à-dire qu’elle se sépare sous forme de précipité insoluble dans l’acide azotique. Lorsqu’on ajoute de l’acide azotique à de l’urine renfermant de l’albumine, il se produit un coagulum blanc, qui ne disparaît pas quand on fait bouillir le liquide. Pour faire cette expérience versez une portion de l’urine à examiner dans un tube, puis inclinez le tube obliquement et ajoutez un excès d’acide azotique que vous laisserez couler le long de la paroi, de façon que les deux liquides ne se mêlent pas; c’est à la limite des deux liquides qu’apparaît le coagulum. Portez le contenu du tube à l’ébullition: s’il renferme des traces d’albumine, il devient simplement floconneux, tandis qu’il se dépose un précipité jaune, si l’albumine existe en grande quantité. Videz le tube et sans le laver, versez-y une nouvelle quantité d’urine, que vous soumettrez au même traitement que la première; vous

trouverez fréquemment qu'il ne se produit aucune coagulation, bien qu’il existe de l’albumine dans la liqueur, parce que la quantité d’acide azotique, restée dans le tube et provenant de la première expérience, est suffisante pour convertir l’albumine en acidalbumine qui ne précipite pas par l’ébullition. L’urine albumineuse possède la propriété de dévier à gauche le plan de polarisation de la lumière.

206. Dosage de l’albumine. — On fait bouillir un volume connu d’urine, par exemple 50ou 100 cent, cubes; si la réaction est alcaline ou neutre, après avoir ajouté une trace d’acide acétique, l’albumine se coagule et on la recueille sur un filtre. On lave à plusieurs reprises le coagulum sur le filtre avec de l’eau bouillante, et après l’avoir laissé égoutter, on le dessèche cl’abord dans une étuve à eau à 100°, puis clans une étuve à air à 120°. La différence entre le poids du filtre et de l’albumine et le poids du filtre seul exprime la quantité d’albumine (avec les sels combinés) qui existe dans le volume d’urine soumis à l'analyse.

Lorsqu’on a affaire à de nombreux dosages d’albumine il vaut mieux se servir du polarimètre. L’étendue de la déviation à gauche du plan de polarisation de la lumière est exactement proportionnelle à la quantité d’albumine présente dans un liquide, pourvu que l'épaisseur de la couche du liquide examinée soit la même, et qu’il n’existe aucune autre substance, telle par exemple que le sucre, capable d'exercer une action contraire sur la lumière polarisée.

207. Recherche des matières colorantes de la bile. — Quand il existe dans l’urine une grande quantité de bilirubine, on peut la séparer en agitant le liquide avec du chloroforme; on décante, on évapore la solution, on dissout le résidu dans du chloroforme pur, et on laisse la solution s’évaporer. On obtient de cette façon des prismes rhombiques rouges de bilirubine.

Dans tous les cas où la bilirubine existe, on peut en démontrer l’existence au moyen de la réaction bien connue avec l’acide azotique (réaction de Gmelin). Si l’on verse de l’acide azotique concentré renfermant de l’acide azoteux sur de l’urine contenant burdon sanderson, labor. de physiologie.

SECRETIONS

de la bile étendue en couche mince sur une assiette de porcelaine, on observe une succession de colorations magnifiques. La solution devient verte, puis bleue et violette, puis finalement elle se colore en jaune sale § 138 et 142.

Quand il s’agit de rechercher bien exactement les traces de bilirubine, il est préférable de la séparer de l’urine à l’aide du chloroforme, et d’essayer sur le résidu l’action de l’acide azotique. Une propriété très caractéristique de l’urine ainsi que des autres liquides animaux colorés par le pigment biliaire, c’est de teindre en jaune le linge, avec lequel on les met en contact.

208. Recherche des acides biliaires. — On traite par l’acétate de plomb 400 à 500 centimètres cubes d’urine tant qu’il se produit un précipité, puis on ajoute une solution d’ammoniaque. Le précipité, recueilli sur un filtre, est lavé à l’eau. Quand il est bien égoutté, on le fait bouillir, ainsi que le filtre, dans un ballon renfermant de l’alcool, et on filtre la solution chaude. Puis, après avoir ajouté quelques gouttes de solution de carbonate de sodium, on évapore à siccité au bain-marie. Le résidu est bouilli avec de l’alcool absolu, puis la solution est concentrée à un petit volume. L’addition d’un excès d’éther produit un précipité des sels de sodium des acides biliaires, qui, abandonnés à eux-mêmes, cristallisent souvent.

Ce précipité est séparé par décantation du mélange d’alcool et d’éther. Il est soluble dans l’eau; on peut évaporer à siccité dans une capsule de porcelaine quelques gouttes de la solution aqueuse, puis on essaie la réaction de Pettenkofer, qui consiste à ajouter quelques gouttes d’acide sulfurique pur, puis une trace d’une solution de sucre de canne, et à chauffer très modérément. Au bout de quelque temps, il se développe une magnifique couleur violet pourpre.

On peut rechercher les acides biliaires dans Turine, sans les séparer au préalable, en employant la méthode de Strassbiirger (§ 143), mais la méthode de Hoppe-Seyler, que nous venons de décrire est bien préférable.

209. Recherche du sang. — Lorsqu’on laisse reposer de l’urine

contenant du sang, il se forme d’habitude un dépôt,, dans lequel on découvre sans difficulté les globules caractéristiques.

On peut aussi employer pour confirmer la preuve de l’existence du sang dans l’urine la réaction avec la teinture de gaïac. On ajoute à la liqueur suspecte une goutte de teinture de gaïac et environ la valeur d’une cuillère à thé d’éther ozonisé; s’il y a du sang, on observe un anneau bleu au point de contact de l’éther et de l’urine.

Enfin, l’examen de l’urine au spectroscope permettra ordinairement d’observer sans difficulté le spectre de l’hémoglobine et de l’hématine.

L’urine, qui renferme de l’hémoglobine portée à l’ébullition, donne un précipité d’albumine et d’hématine.

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