CHIMIQUES
210. Travail du verre. — Beaucoup de laboratoires possèdent une table à soufflerie verre; quand on n’a pas d’appareil de ce genre à sa disposition, on peut se servir du chalumeau à bouche fonctionnant au gaz. Avec un peu d’habitude on arrive facilement à produire avec cet instrument un jet continu et régu-
Fig. 158. — Flamme d’un chalumeau, a, flamme de réduction; b, flamme
d’oxydation.
lier, pourvu que son orifice ne soit pas trop large (fig. 158). Le dard produit dans la flamme par le chalumeau est formé de deux parties, une partie interne bleue conique a, qui est la flamme de réduction, entourée d’une autre partie extérieure b. Le point où la chaleur est la plus intense est situé un peu en avant de la pointe du cône bleu. La flamme de réduction est ainsi appelée parce que les gaz échappés à la combustion qu’elle renferme ont une grande tendance, à cette température élevée, à s’emparer de l’oxygène des substances avec lesquelles ils sont en contact. Dans
NOTES PRATIQUES
l’enveloppe extérieure, au contraire, l’oxygène afflue de toutes parts; aussi l'appelle-t-on la flamme d’oxydation.
Les tubes de verre ordinaires anglais contiennent de l’oxyde de plomb; quand on les chauffe dans la flamme de réduction, il se forme, à leur surface, des tâches noires de plomb métallique. Pour éviter cet inconvénient, il faut toujours les chauffer à l’extrémité de la flamme extérieure. Le verre allemand ne contient point de plomb, il est moins fusible que le verre anglais et lui est généralement préférable. On distingue facilement ces deux sortes de verre en les regardant par transparence suivant leur longueur; les premiers ont une coloration verdâtre, les seconds ont une teinte foncée.
Lorsqu’on veut étirer un tube de verre pour faire une pipette (fig. 159), il faut avoir bien soin de ramollir complètement et également la partie qui doit être étirée ; on la retire de la flamme avant de l’étirer. Si on néglige cette précaution, la partie étirée s’affaissera et se fermera.
Fig. 159. — Tube de verre disposé pour faire une pipette.
Pour courber un tube de verre, il est important de ne le chauffer qu’à une basse température strictement suffisante pour le ramollir, et de ne commencer à opérer la courbure que lorsqu’une grande étendue de la partie qui doit être courbée est bien également ramollie. C’est pour cette raison qu’il est préférable d’employer une grande flamme, dans laquelle on peut faire mouvoir le tube jusqu’à ce que le résultat soit atteint. Avant de le courber, il faut aussi le retirer de la flamme. Lorsqu’on opère sur un tube mince, et surtout lorsqu’on a chauffé trop fortement, il est difficile d’empêcher que la courbure ne se plisse. Pour l’éviter, il est bon de fermer une de ses extrémités hermétiquement et de souffler doucement par l’autre extrémité pendant qu’on le courbe. On courbe les grands tubes avec plus de facilité quand on les a remplis au préalable de sable bien propre et sec et qu on
suit LES MANIPULATIONS CHIMIQUES 583
les chauffe sur des charbons incandescents placés sur une toile métallique.
Pour sceller un tube, on le ramollit bien complètement à une petite distance de son extrémité et on étire rapidement. La partie capillaire d’un tube déjà effilé se scelle instantanément en y dirigeant la pointe de la flamme et en étirant la partie chauffée (fig. 160).
Fig. 160. — Manière de fermer un tube de verre. Le dard de la flamme du chalumeau est dirigé en a et les deux bouts du tube sont tirés rapidement en sens inverse.
Pour fermer un tube à son extrémité, on y soude un second bout de tube de la même sorte en les fondant ensemble dans la même flamme. Quand le point de réunion des deux tubes s’est un peu refroidi, on chauffe de nouveau le tube, que l’on veut fermer, tout près de la soudure et on étire comme précédemment.
Recuisson. — Pour recuire le verre, on le chauffe très fortement et on le laisse refroidir aussi graduellement que possible.
Travail des bouchons. — Pour fermer convenablement, un bouchon doit être un peu plus grand que l’orifice qu'il est destiné à clore. Avant de l’introduire, il faut toujours en diminuer le volume par compression soit avec un mâche-bouchon, ou si l’on n’en possède pas, en le faisant rouler par terre avec le pied, après l’avoir recouvert de papier pour qu’il ne se salisse pas. Pour couper les bouchons, le meilleur instrument est un tranchet de cordonnier ; mais on peut se servir d’un couteau quelconque, pourvu que la lame soit bien affilée. On emploie, pour perforer les bouchons, un tube de laiton dont une des extrémités est tranchante. Il est bon de percer les bouchons aux deux extrémités, de façon à ce que les deux trous se rencontrent au centre ; on achève l’opération avec une lime queue de rat. Le tube de laiton doit toujours être plus petit que ne doit être le canal dans le bouchon. .
581 NOTES PRATIQUES
211. Dissolution et ébullition. — La solubilité différente des diverses substances organiques dans les réactifs,, tels que l’eau, l’éther, l’alcool, les acides, les alcalis et les solutions salines, non seulement permet de les séparer les unes des autres, mais encore, dans beaucoup de cas, comme par exemple lorsqu’il s’agit des matières albuminoïdes, fournit un caractère par lequel on peut les distinguer des autres substances voisines* D’habitude, on fait agir les réactifs plutôt sur la solution des corps que sur les corps eux-mêmes. La dissolution a lieu bien plus rapidement quand le corps à dissoudre est finement divisé. Aussi faut-il ordinairement pulvériser dans un mortier les substances dures et sèches. Si elles ont une volume trop considérable, on les divise au préalable en morceaux suffisamment petits en les broyant dans un mortier de fer, ou bien en les enveloppant dans du papier gris et les frappant avec un marteau. Si on agite ou si on remue constamment la substance à dissoudre, de façon à la mettre continuellement en contact avec de nouvelles portions du dissolvant, la dissolution aura lieu bien plus rapidement.
Préparation des solutions. — Dans beaucoup de cas, un vase cylindrique est le récipient le plus convenable, car on peut en
Fig. 161. — Vase à dissolution placé au-dessus d’une toile métallique pour que la llamme ne le fasse pas éclater.
remuer le contenu pendant qu’il est soumis à l'action de la chaleur, qui accélère toujours la dissolution. Pour éviter qu il ne
SUR LES MANIPULATIONS CHIMIQUES
risque de se briser, on ne doit pas le chauffer au-dessus d’une flamme vive, mais il faut le placer sur une toile métallique ou dans un bain de sable supporté par un trépied (lig. 161). On emploie des ballons au lieu de ces vases quand il n’est pas nécessaire de remuer. Les ballons ont l’avantage d’empêcher la perle du liquide pendant l’ébullition, caries particules qui sont projetées, au lieu de tomber au dehors, sont recueil lies par les parois du ballon, surtout s’il est dans une position inclinée.
On peut employer plusieurs méthodes pour éviter la perle du liquide par évaporation. L’une d’elles consiste à placer un petit entonnoir dans l’orifice du ballon. Le liquide se condense dans l’entonnoir et retombe dans le ballon. On peut aussi fermer le col du ballon avec un bouchon, à travers lequel
Fig. 162 — Condensateur de Liebig.
on fait passer un large tube de verre dont l’extrémité inférieure est effilée en pointe. Une partie considérable de la vapeur, qui passe dans le tube, se condense sur ses parois et retombe dans le ballon. Si l’ébullition est continuée pendant longtemps, le tube finit par s’échauffer beaucoup, et une grande quantité de vapeur s’échappe. Pour éviter cet inconvénient, le tube est prolongé ebentouré d’un condensateur de Liebig, et, dans ce but, il faut le couder à 120 degr^ comme l’indique la fig. 162.
Pour épuiser une substance par l’éther, on place la subs-
NOTES PRATIQUES
tance et l’éther dans un ballon qui communique avec un second ballon au moyen d’un tube coude. Dans le premier ballon, le tube doit à peine faire saillie au-dessous du bouchon tandis que, dans le second ballon, il doit aller jusqu’au fond. Si l’on place le premier ballon dans un récipient contenant de l’eau chaude et le second dans un récipient renfermant de l’eau froide, l’éther distille et se condense dans celui-ci. Quand une grande quantité d’éther s’est ainsi condensée, on change réciproquement les ballons de récipient, et tout l’éther repasse dans le premier ballon. On peut répéter l’opération indéfiniment.
Nous indiquerons encore un appareil, dont on se sert principalement pour laver les précipités, mais qui est aussi applicable dans le cas actuel, car il remédie à la perte de liquide causée
Fig. 163. — Bain-marie à température constante pour digestion ou évaporation. Le régulateur ;'i gaz h n’est pas le même que celui qui est représenté ligure 165. Il est plus coûteux et n’est pas préférable a ce dernier.
par l’évaporation, en même temps qu’il permet de maintenir a un niveau constant l’eau d’un bain-marie (Voy. fig. 163). Il se compose d’un grand ballon a, muni d’un bouchon, traversé par
SUR LES MANIPULATIONS CHIMIQUES
deux tubes; l’un d’eux, b c, est droit et ouvert à ses deux extrémités, l’autre, d e f g, est coudé de manière à former un siphon, dont les branches ont la même longueur. Les deux extrémités d et f sont placées à un niveau un peu plus bas que 1’ ex trémi inférieure du tube b c. L’extrémité f est placée dans le bainmarie à une hauteur telle que le niveau de c coïncide avec celui que l’on désire que le liquide conserve. La différence effective entre les branches du siphon est égale à l’espace qui sépare les niveaux de c et de d. Toutes les fois que dans le bain-marie le liquide arrive au niveau de c, le tube d e g f cesse d’agir comme siphon, mais aussitôt qu’il s'abaisse, d f fonctionne de nouveau, et le liquide afflue dans le bain-marie, jusqu’à ce que la surface ait atteint de nouveau le niveau de c.
212. Évaporation. — L’évaporation des liquides aqueux se fait d’habitude dans des capsules en porcelaine de Berlin, chauffées soit au bain de sable, soit au bain-marie. Une casserole ordinaire peut parfaitement servir de bain-marie (fîg. 164). Si l’on emploie la flamme nue, il ne faut pas qu’elle touche la capsule. L’opération est singulièrement activée lorsqu’on remue continuellement.
S’il importe de ne perdre aucune partie de la substance, il ne faut pas chauffer le liquide jusqu’à l’ébullition, parce qu’il pourrait être projeté par dessus les bords de la capsule. Quand on évapore une solution à siccité , la surface se recouvre souvent vers la fin de l’opération d’une pellicule, qui empêche la vapeur, située
au-dessous, de s’échapper facilement, et Fi9- *64. Casserole dis- . , ,, , t r posée pour servir de
qui en meme temps qu elle retarde 1 eva- bain-marie.
poration, peut être la cause que la vapeur s’échappe en jet et qu’il se perde ainsi une portion de la matière. Le meilleur moyen d’empêcher la formation de cette pellicule est de remuer constamment le liquide avec une baguette de verre. On peut aussi y mettre obstacle en recouvrant la capsule à évaporation d’une autre capsule un plus petite, ou d’un
NOTES PRATIQUES
vase concave, mais l’évaporation se trouve alors retardée. Les solutions dans le chloroforme ou l’éther ne doivent jamais être évaporées sur une flamme nue, mais toujours au bain-marie, parce que leurs vapeurs sont inflammables.
Evaporation à une température constante. — Il est parfois nécessaire d’évaporer un liquide à une température constante , par exemple à 40°. On y arrive approximativement en plaçant la capsule à évaporation dans un bain de sable et en réglant soigneusement avec un thermomètre la hauteur de la flamme. Mais si on n’y veille pas constamment, la température peut s’élever ou s’abaisser beaucoup trop, de sorte que la solution court le risque d’être altérée. On évite celte alternative en se servant d’un bain-marie, chauffé par un bec de gaz réuni à un régulateur à gaz de Bunsen. Dans ce but, la forme de bain-marie la plus commode, me paraît être celle qui est représentée fig. 163.
Il est fait en zinc galvanisé et mesure 30 centimètres de diamètre sur 12 centimètres de profondeur. Sur un des cotés se trouve un renflement dans lequel on place le thermomètre et le régulateur à gaz. Le dessus du bain-marie est recouvert par une lame de zinc percée de plusieurs trous, sur lesquels on pose les capsules à évaporation, ou par une série de disques concentriques en cuivre, dont on enlève un ou plusieurs, suivant la grandeur des capsules. Le régulateur, tel que l’a modifié Geissler (fig. 165), consiste en un large tube de verre a, divisé en deux portions par une cloison horizontale. Au milieu de la cloison est une ouverture par laquelle passe un tube, dont l’extrémité est peu éloignée du fond. Le tube est fermé par un bouchon en caoutchouc perforé, pour donner passage à un tube b, qui porie une branche horizontale e. Dans l’intérieur de 6, est un tube c plus étroit et plus court qui présente une très petite ouverture en d. b et c sont reliés ensemble en f. Pour se servir de ce régulateur, ou verse
Fig. 165. — Régulateur à gaz de Bunsen, modifié par Geissler.
SUR LES MANIPULATIONS CHIMIQUES 38
en a du mercure, qui pénètre dans la région inférieure du tube, la remplit en partie et comprime l’air qu’elle contient.
L’oriflce a est alors fermé avec le bouchon en caoutchouc, le tube c est mis en communication au moyen d’un tube de caoutchouc avec une prise de gaz, et le tube e avec un petit bec à gaz. Le gaz traverse le tube c, s’échappe par son extrémité inférieure, remonte entre le tube c et la paroi interne du tube 6, passe en e et de là arrive au bec à gaz. On immerge alors le régulateur et le thermomètre dans le bain-marie, on allume le gaz et on chauffe le bain jusqu’à ce que le thermomètre marque 40°, ou toute autre température désirée. On enfonce alors b et c, jusqu’à ce que le mercure touche et ferme l’extrémité inférieure de c. Le gaz ne peut plus alors se rendre au bec, et la flamme s’éteindrait complètement, si le petit orifice cl ne laissait passer une quantité de gaz strictement nécessaire pour l’empêcher de s’éteindre toutàfait. Dès que la flamme a ainsi diminué, le bainmarie ainsi que le régulateur commençent à se refroidir, et par conséquent le mercure et plus encore l’air du régulateur diminuent de volume. Il en résulte que le niveau du mercure baisse, et ne ferme plus l’orifice inférieur du tube c, de sorte que le gaz s’échappe librement, la flamme s’accroît et la température du bain augmente. Le mercure et l’air se dilatent de nouveau, et aussitôt que la température est revenue au degré pour lequel on a réglé le régulateur, le mercure ferme de nouveau l’orifice de c et empêche le passage du gaz jusqu’à ce que la température s’abaisse. De cette façon, on peut maintenir la température de 40° constante pendant des mois, sans que les variations dépassent un demi degré. Cependant, si le mercure n’est pas parfaitement propre , il adhérera légèrement à l’extrémité inférieure de c, et les variations deviendront un peu plus grandes. Il faut aussi que le niveau de l’eau dans le bain soit constant, autrement la portion chauffée du régulateur est tantôt plus grande, tantôt plus petite; le mercure ne se dilaterait point alors dans la même proportion que s’élève la température de l’eau dans laquelle il est partiellement immergé, et il se produirait des variations de plusieurs degrés.
NOTES PRATIQUES
213. Précipitation. — Lorsqu’on précipite une substance en versant une autre substance dans sa solution, il faut d’habitude ajouter le réactif par petites portions et remuer le mélange avec une baguette de verre, jusqu’à ce qu’une nouvelle addition du réactif n’augmente pas d’une manière appréciable la quantité du précipité. Pour s’assurer que la précipitation est complète, on essaie une petite quantité de la liqueur filtrée, en y versant le réactif. S’il ne s’y produit plus de précipité, c’est que la précipation est complète ; s'il s’en produit, on mêle cette liqueur filtrée avec le reste de la solution et on recommence l’opération.
214. Lavage des précipités sur les filtres. — On recueille ordinairement les précipités sur un filtre et on les lave en dirigeant dessus un filet d’eau ou d’alcool, à l’aide d’une pisselte. Il ne faut jamais que le filtre soit rempli jusqu’au bord, parce que la partie supérieure du précipité ne peut pas être lavée convenablement. 11 est toujours bon de laisser le précipité se déposer dans le vase qui le contient et de verser sur le filtre la liqueur qui surnage avant d’y jetter le précipité lui-même; il faut aussi attendre que tout le liquide , dans lequelle le précipité s’est déposé, ait filtré avant de commencer le lavage. On dirige alors un jet d’eau sur la portion précipitée placée contre les bords du filtre, puis on se rapproche graduellement du centre. Le filet d’eau ne doit pas être trop fort, ni frapper le filtre ou le précipité perpendiculairement pour ne pas risquer d’éparpiller le précipité ou de déchirer le filtre. Quand le filtre est presque plein d’eau , il faut s’arrêter et attendre que l’eau se soit écoulée.
Lavage des précipités par décantation. — Quand un précipité se dépose rapidement, il est plus facile de le laver par décantatation que par l’addition sur le filtre. Les précipités granuleux et gélatineux se laissent difficilement laver complètement sur le filtre, et il est préférable de les laver aussi bien que possible par décantation et de finir alors par le lavage sur le filtre. Dans le lavage par décantation, le précipité est placé dans un grand vase à saturation, et remué avec une certaine quantité d’eau,
SUN LES MANIPULATIONS CHIMIQUES 591
d’alcool, ou de tout autre liquide, avec lequel on désire le laver. On laisse déposer le précipité et on décante soigneusement la liqueur qui surnage, ou bien on l’enlève au moyen d’un siphon (fl g. 166); on répète l’opération jusqu’à ce que
le lavage soit complet. Pour Fi9; j66- — Manière de disposer le ° 1 siphon pour laver les précipites
éviter qu’aucune partie du pré- par décantation.
cipité ne soit enlevée avec les
liquides de lavage et ne soit ainsi perdue, on recueille ces liquides et on les filtre. La petite quantité de précipité restée sur le filtre est lavée et ajoutée au reste.
215. Filtration. — La filtration a pour but de séparer des liquides les substances insolubles, en faisant passer les premiers à travers une matière poreuse, qui relient les secondes. Quand la substance est en gros morceaux, ou quand le liquide est épais et visqueux, et ne passe que difficilement à travers le papier à filtre, on remplace le papier par un linge ou par de la gaze. Le linge est tendu sur l’ouverture du vase ; pour extraire les dernières parties du liquide on exprime le résidu enfermé dans le linge, soit à la main, soit à l’aide d’une presse (fig. 167). On sépare ordinairement les précipités pulvérulents à l’aide de filtres de papier poreux, spécialement fabriqué dans ce but. Pour faire un filtre, on prend un morceau de papier rond ou carré de la dimention voulue, et on le plie deux fois à angles droits. Si l’on a choisi un papier carré, on arrondit ses bords. On l’ouvre, on le dispose en forme de cône et on le place dans un entonnoir. Si celui-ci à la forme convenable, c’est-à-dire si ces parois sont inclinées de 30 degrés sur son axe, le filtre s’y adaptera exactement; dans le cas contraire, il faut modifier l’angle du cône de papier. Le filtre doit être plus petit que l’entonnoir et ne jamais dépasser ses bords. Avant de verser le liquide à filtrer, il faut humecter le papier avec de l’eau distillée, de l’alcool ou de l’éther, suivant que le liquide est
NOTES PRATIQUES
aqueux, alcoolique ou éthéré. Si l’on néglige cette précaution, les premières portions du liquide filtré peuvent être troubles, ce à quoi on remédie en les versant sur le filtre et en les forçant à le traverser une seconde fois. Pour empêcher que le filtre ne se déchire àson sommet, il faut, en versant le liquide, diriger le jet au moyen d’une baguette de verre sur les côtés qui sont supportés par les parois de l’entonnoir. On recueille la liqueur filtrée dans un vase à précipiter; il est bon que l’extrémité de l’entonnoir touche la paroi du vase, de manière que le liquide puisse s’écouler sans faire d’éclaboussures. Si l’on n’a besoin que de la liqueur filtrée, on peut, activer la filtration en
se servant d’un filtre à plis. Pour faire un filtre de cette sorte, on procède de la façon suivante : On prend un morceau de papier parfaitement rond ; on le plie en quatre parties, puis chacune de ces parties en deux, en ayant soin de faire les plis du même côté. On le replie de nouveau du côté opposé entre chacun des plis successifs et on l’introduit dans l’entonnoir en enfonçant sa pointe. Quand on filtre des liquides albumineux , les pores du papier sont rapidement bouchés, il est préférable, dans ce cas, d’employer plusieurs petits filtres au lieu d un seul de grande taille.
SUR LES MANIPULATIONS CHIMIQUES
oi)3
Filtration avec l'appareil de Bunsen. — On accélère beaucoup la filtration, quand on opère clans le vide partiel. On y parvient en fixant hermétiquement l’entonnoir dans un des deux goulots d’un flacon de Wolf, et en enlevant l’air par le second goulot, au moyen d’une pompe à faire le vide ordinaire. Il vaut mieux cependant se servir d’une trompe de Bunsen (fig. 168).
Fig. 168. — Appareil de Bunsen pour filtrer dans le vide.
Le principe de cet instrument est le même que celui de la pompe de Sprengel, avec celte différence que l’eau est substituée au mercure. Il est formé d’un large tube, à travers lequel coule un courant constant d’eau, dont la hauteur ne doit pas être moindre de 32 pieds, si l’on veut obtenir un vide complet. Dans l’axe de ce tube s’en trouve un autre d’un diamètre beaucoup plus BUHDON sandebsox, laboi'. de physiologie. 38
NOTES PRATIQUES
petit, dont l’extrémité ouverte est dirigée vers le bas, c’est-àdire dans la direction du courant. Dans ce tube, quand il est ouvert, l’air est constamment entraîné, et si on le met en communication hermétique avec un récipient fermé, le vide est rapidement produit dans ce dernier. On peut par conséquent se servir de l’appareil soit comme aspirateur, soit comme trompe. Si la colonne d’eau a moins de 32 pieds de hauteur, l’appareil se borne à diminuer la pression dans l’intérieur du récipient fermé et cette diminution est égale à la différence entre la hauteur de 32 pieds et la hauteur de la colonne d’eau. Quand on s’en sert pour activer la filtration, on fait communiquer le tube d’extraction h avec un tube de verre coudé, qui traverse à frottement un bouchon de caoutchouc placé dans un des goulots d’un flacon de Wolf, dont l’autre goulot supporte un entonnoir, qui y est adapté de la même manière. L’air contenu dans le flacon étant entraîné par la trompe, la pression atmosphérique activele passage du liquide à travers le filtre. Je trouve plus commode de remplacer le flacon de Wolf parune cloche de cristal à parois épaisses, dont le bouton terminal porte une tubulure. La tubulure est fermée par un bouchon de caoutchouc percé de deux orifices pour le passage de l’entonnoir et du tube d’extraction. Le vase, dans lequel la liqueur filtrée doit être recueillie, J est placé sur une glace dépolie, sur laquelle reposent les bords de la cloche, enduits au préalable d’un ciment résineux. La liqueur est versée sur le filtre, puis on fait le vide dans la cloche. La pression de l’air atmosphérique agissant sur le liquide entraînerait la déchirure du filtre, si l’on n’y remédiait au moyen d’un petit appareil que l’on construit de la façon suivante : On prend une feuille de platine demi-circulaire et de la dimension convenable. On donne un coup de ciseaux au milieu du bord droit de la feuille de platine et perpendiculairement à ce bord, jusqu’au centre; on la chauffe sur le chalumeau, puis on la laisse refroidir. On peut alors l’amincir et la courber sur les bords de l'incision, de façon que ceux-ci se recouvrent légèrement. Le cône creux, ainsi formé, est ensuite placé sur un moule de fer à concavité conique s et fortement pressé a 1 aide d’un tampon conique t. L’entonnoir doit être choisi de façon
SUll LES MANIPULATIONS CHIMIQUES .
que ses parois fassent un angle correspondant à celui du cône de platine, et le tube ne doit pas être trop large à sa jonction avec le cône. Le cône de platine est placé au fond de l’entonnoir et pressé avec le doigt de manière à s’adapter sur lui. Au lieu de platine, on se sert quelquefois d’une fine toile métallique ou de parchemin. Le filtre est ensuite plié et placé de façon que son sommet repose sur le platine humecté d’eau et légèrement pressé entre les parois de l’entonnoir pour qu’il s’y adapte exactement et que l’air ne puisse pas passer entre eux dans le récipient. Le lait, les substances albuminoïdes et la glycérine filtrent plus rapidement à travers la terre cuite poreuse qu’à travers le papier. Dans ce but, on ferme avec un capuchon de caoutchouc muni de deux ouvertures le sommet d’un vase poreux semblable à ceux dont on se sert pour les piles. L’une des ouvertures communique avec une trompe à air au moyen d’un court tube de verre et d’un tube de caoutchouc épais; à travers l’autre ouverture, on introduit presque jusqu’au fond du cylindre un tube de verre et on le ferme à son extrémité supérieure par un tube de caoutchouc muni d’une pince à pression continue. Ce tube remplit les fonctions d’une pipette pour enlever une petite quantité du liquide afin de l’examiner. Le cylindre poreux est placé dans un vase de verre cylindrique un peu plus large qu’il ne faut pour le recevoir et le liquide à filtrer est versé dans le cylindre jusqu’à ce qu’il recouvre la partie inférieure du capuchon de caoutchouc. Quand on fait le vide dans le vase poreux, le liquide contenu dans le cylindre de verre y pénètre par filtration. Pour maintenir, pendant la filtration, les liquides à une température supérieure à la température ambiante on se sert de l’entonnoir de Plantamour (fig. 169). On peut aussi employer, ce qui est préférable, un bain-marie percé d’une cavité en forme d’entonnoir. Cet appareil a l’avantage de pouvoir
Fig. 169. — Entonnoir de Plantamour.
596 NOTES PRATIQUES
être maintenu à une température quelconque à l’aide du régulateur de Bunsen.
216. Dialyse. — Presque tous les corps cristallisés, à l’exception de l’hémoglobine, à l’état de dissolution traversent facilement les membranes animales ou le parchemin végétal. La plupart des corps non cristallisables, tels que l’albumine, ne les traversent pas du tout ou ne les traversent qu’avec beaucoup de difficulté. Il en résulte qu’on peut séparer les substances diffusibles des substances non diffusibles ; et c’est à cette opération que l’on donne le nom de dialyse. Graham, qui a bien étudié ces phénomènes, a donné le nom de cristalloïdes aux corps diffusibles et celui de colloïdes aux corps non diffusibles, car il croyait que tous les corps cristallisés diffusaient, et que tous les corps non cristallisables étaient dépourvus de celte faculté ; mais ces dénominations ne sont pas à l’abri de toute objection, depuis que l’on sait que l’hémoglobine ne diffuse pas, bien qu’elle cristallise, tandis que les peptones diffusent, quoiqu’elles ne cristallisent pas. On effectue la dialyse en plaçant le liquide à dialyser dans un cylindre dont le fond est formé par du parchemin végétal. Ce cylindre, que l’on appelle le dialyseur, est ensuite placé dans un vase peu profond rempli d’eau distillée. Les substances diffusibles traversent le parchemin végétal et vont se mêler à l’eau, tandis que les substances non diffusibles restent dans le cylindre. Les dialyseurs dont on se sert d’habitude sont de deux formes. Pour dialyser de petites quantités de matière, on emploie des vases de verre en forme de cloche. Quand on opère sur des quantités de 200 ou 250 grammes et au-dessus, le dialyseur, dont on se sert est formé de deux cercles de gutta-percha hauts, l’un de 5 centimètres, l’autre de 2 centimètres et demi. Le cercle le plus haut est légèrement conique, de sorte qu’il peut s’emboîter dans l’autre.
Avant de se servir de cet appareil, on lave soigneusement les deux cercles avec de l’eau distillée. On trempe ensuite pendant une minute dans l’eau distillée un morceau de parchemin végétal dont le diamètre dépasse de 7 centimètres et demi le diamètre de la face inférieure du cercle le plus haut, et on 1 étend
SUR LES MANIPULATIONS CHIMIQUES
sur cette face ; puis, après avoir appliqué les bords du parchemin sur la face extérieure du cercle, on l'emboîte dans l’autre cercle de manière à- fixer solidement le parchemin. On essaie ensuite le dialyseur pour s’assurer que le parchemin ne présente pas de trous. Dans ce but, on y verse une couche d’eau distillée épaisse d’un demi centimètre, et on le pose pendant un court espace de temps sur une feuille de papier à filtre. S’il y a des trous dans le parchemin, l’eau passe à travers et laisse une tache humide sur le papier; dans ce cas, il faut remplacer la feuille de parchemin ou boucher les trous, ce que l’on fait en collant sur les trous avec du blanc d’œuf un morceau de parchemin à la face inférieure du dialyseur, et en passant dessus un fer légèrement
Fig. 170. — Dialyseur en gutta- Fig. 171. — Dialyseur suspendu
percha. dans l’eau.
chauffé. Après quoi on essaie de nouveau le dialyseur. Quand on s’est assuré qu’il fonctionne convenablement, on le remplit, c’està-dire qu’on y verse le liquide à dialyser en couche haute au plus d’un centimètre. On le fait ensuite flotter sur une masse d’eau cinq fois plus considérable que la quantité du liquide contenu dans le dialyseur, et qu’on agite de temps à autre (fig. 170).
Le mode d’emploi des dialyseurs en forme de cloche est le môme, mais le parchemin est fixé sur la large extrémité avec une ficelle et le dialyseur, au lieu de flotter sur l’eau, est sus-
NOTES P MAI 10 UES
pendu dans l’eau, de façon que le parchemin soit immédiatement au-dessous de la surface, au moyen de ficelles attachées à une baguette de verre placée en travers du vase de verre qui contient l’eau (fig. 171). La diffusion est facilitée par l’emploi d’une feuille de parchemin de large surface, ou par l'agitation fréquente de l’eau du dialyseur. On peut aussi accélérer l’opération par la chaleur et l’évaporation, et, dans ce but, on peut placer avec avantage le vase qui contient le dialyseur dans une étuve ou dans un bain-marie à la température de 37u.
217. Dessiccation. — Les vases de verre, dans lesquels on pèse les substances, doivent être desséchés par la chaleur. Quand il s’agit de flacons et de tubes, on les chauffe au-dessus de la lampe à alcool, et on y insuffle de l’air avec un soufflet. Très souvent on se sert d’une étuve sèche, formée d’un récipient de cuivre cubique ou cylindrique, muni d’une porte ou d’un couvercle mobile (fig. 156). On chauffe l’étuve avec une lampe à esprit de vin ou avec un bec de gaz; on a soin d’y introduire un thermomètre qui indique la température de l’air qu'elle contient. Toutes les fois que l’on a besoin d’une température qui ne dépasse pas 100°, l’étuve doit être formée de deux enveloppes et l’intervalle qui sépare celle-ci est rempli d’eau.
Dessiccation et refroidissement au-dessus d'une capsule à acide sulfurique. — Quand on dessèche des matières et particulièrement des poudres hygroscopiques dans une étuve et qu’on les laisse ensuite refroidir, elles absorbent de l’humidité et elles augmentent de poids. Pour parer à cet inconvénient, il faut les laisser refroidir sous une cloche, sous laquelle est placée une capsule renfermant de l’acide sulfurique (fig. 157). L’acide absorbe avidement l’humidité, et maintient parfaitement sec l’air dans la cloche. L’acide doit être contenu dans un vase plat et peu profond, elles substances à déssécher sont placées au-dessus sur une lame de zinc perforée, dont les bords reposent sur les bords du vase ou sur un petit trépied. Pour empêcher les substances hygroscopiques d’absorber de l'humidité pendant les pesées, il ne faut pas les placer dans un vase ouvert, mais les enfermer
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entre deux verres de montre maintenus l’un contre l’autre au moyen d’un ressort.
Quand on veut dessécher des matières sans employer la chaleur, on les place avec une capsule d'acide sulfurique sous le récipient d’une machine pneumatique.
On dessèche rapidement les précipités, en maintenant, audessus d’une très petite flamme , l’entonnoir sur lequel ils sont placés à l’aide d’une
capsule dépourvue de fond, d’un triangle de fil de fer et d un morceau de toile métallique disposés comme dans la fig. 172.
Fig. 172. — Appareil pour dessécher les précipités.
21>*. Incinération. — On expose des matières au rouge pour les dessécher entièrement, pour chasser les substances volatiles, ou pour brûler les éléments organiques, et permettre de déterminer les substances inorganiques fixes. Une petite quantité de la substance peut être incinérée sur une lame de platine ou dans une cuillère de platine; pour de plus grandes quantités, on se sert de creusets de porcelaine ou de platine. On ne doit pas employer de vases de platine, si les matières renferment de l’iode, du brome, du phosphore ou des métaux se réduisant facilement, tels que le cuivre, le plomb, l’argent, l’or ou l’étain. Quand les précipités recueillis sur un filtre doivent être incinérés, il faut au préalable les dessécher soigneusement. Le creuset est placé sur un morceau de papier glacé, le précipité séparé du filtre en frottant les unes contre les autres les parois de ce dernier, et en le secouant doucement dans le creuset. Puis le filtre est plié et placé dans le creuset, ou est enflammé et maintenu au-dessus de celui-ci à l’aide de pinces, de façon que les cendres tombent dedans. Si des cendres ou des fragments du précipité sont tombées sur le papier, on les recueille et on les ajoute au reste; puis le creuset est placé sur un triangle de fils de platine, posé sur un plus grand triangle en fils de fer (fig. 173) et chauffé au-dessus d’un bec de Bensen. Le creuset
NOTES PRATIQUES
doit être, au début, muni de son couvercle, pour éviter toute perte de substance et la chaleur doit augmenter très graduellement. Pendant une partie de l’opération, on enlève le couvercle
pour permettre le libre accès de l’air ; mais vers la fin on le remet, afin que la température dans l’intérieur du creuset soit plus élevée. Dans le même but on peut substituer la flamme du chalumeau à gaz à celle du bec de Bunsen. On laisse ensuite refroidir le creuset sur le triangle, mais on le place encore chaud au-dessus d’une capsule à acide sulfurique sous une cloche de verre, et on l’y laisse jusqu’à ce qu’il soit complètement refroidi. Le poids des cendres laissées par un bon filtre est très minime ; mais il faut cependant le déterminer en brûlant une douzaine de filtres et en divisant le poids des cendres par le nombre des filtres. On peut empêcher presque complètement les filtres de donner des cendres, en les traitant par l’acide chlorhydrique dilué et en les lavant avec de l’eau jusqu’à complète disparition de la réaction acide.
219. Pesée. — Les balances les plus utiles dans un laboratoire de physiologie sont : une peLite balance à analyse pouvant porter 100 grammes dans chaque plateau et sensible à un demi milligramme, et une grande balance pouvant peser 70 kilos, sensible à quelques grammes. Les balances de précision sont toujours protégées par une cage de verre pour les garantir de la poussière, des courants d’air, etc. En dedans se trouve souvent un vase renfermant du chlorure de sodium, pour maintenir la sécheresse de l’air. Les portes de la cage ne sont ouvertes que lorsqu’on place les substances à peser ou les poids dans les plateaux; elles doivent être fermées pendant que le fléau oscille, il est bon de placer les poids sur une feuille de papier reposant sur la base de la balance, et d’écrire vis-à-vis d’eux leur valeur On ne doit jamais les toucher avec les doigts, on les saisit avec des pinces. 11 est bon de toujours placer ces poids dans le même
Fig. 173. — Triangle de platine fixé sur un triangle de fer.
SUR LES MANIPULATIONS CHIMIQUES
plateau (droit), et la substance à peser dans l’autre plateau. On doit éviter de placer de gros poids dans une balance de précision, même quand ils ne dépassent pas le maximum que peut peser la balance. On ne doit rien placer sur les plateaux de la balance, ni rien en enlever quand le fléau oscille. Il n’est pas nécessaire d’attendre que l’aiguille s’arrête pour voir si les plateaux se font équilibre, on s’en assure très exactement en observant si l’aiguille oscille aune égale distance à gauche et à droite du zéro. Après la pesée , on additionne les poids qui sont absents de leur place sur le papier. On note le poids et on le vérifie en additionnant les poids à mesure qu’on les enlève du plateau pour les remettre à leur place. Il ne faut jamais laisser de poids sur la balance, après que la pesée a été faite. Les matières qu’on pèse sont généralement contenues dans des verres de montre, de petits creusets ou de petits flacons. Ces récipients doivent être pesés séparément et leur poids est déduit du poids total, ou bien on en fait la tare dans l’autre plateau. Pour s’éviter la peine de la faire chaque fois, on la pèse très soigneusement une fois pour toutes, on inscrit sur leur paroi leur poids à l’aide d’un diamant, ou d’une plume trempée dans l’encre, s'ils sont en porcelaine. Quand on se sert d’un creuset avec son couvercle, d’habitude on trace sur l’un et l’autre des marques correspondantes, de façon à les employer toujours ensemble. Pour faire la tare de ces récipients, on prend un morceau de laiton qui a à peu près la taille du poids en laiton du récipient, et on le lime avec précaution jusqu’à ce qu’il fasse exactement contre-poids. On peut aussi employer une petite boîte remplie en partie de petit plomb.
220. Poids spécifique. — Le poids spécifique d’un solide ou d’un liquide est son poids comparé à celui d’une masse égale d’eau distillée. L’eau et les autres liquides diminuent de volume par le refroidissement et se dilatent sous l’influence de la chaleur, de sorte que le poids d’une masse donnée varie avec la température. Si, par exemple, on vient à refroidir un vase d’une capacité d’un pouce cube, rempli d’un liquide à une température moyenne, le liquide diminue de volume, et on peul
NOTES PRATIQUES
en verser une nouvelle quantité pour remplir l’espace vide. Si, au contraire, on le chauffe, une partie du liquide passera par dessus les bords. Le poids d’un pouce cube de liquide froid sera donc plus grand que celui de ce même liquide à la température où on l’a versé dans le récipient, tandis que son poids, lorsqu’il est chauffé, sera diminué de la quantité qui s’est échappée pardessus les bords. Il est par conséquent absolument nécessaire de comparer les poids du corps à la même température. Ordinairement, les poids spécifiques sont indiqués à la température de 15 degrés centigrades ou 60 degrés Fahrenheit.
Poids spécifique des liquides. — Le poids spécifique d’un liquide s’obtient par la méthode du flacon ou par la méthode des aréomètres.
Méthode du flacon. — On se sert d’un petit flacon d une c ipacité connue. Tantôt la capacité du flacon est jaugée jusqu à son orifice (fig. 174), tantôt elle est jaugée (fig. 175) jusqu a un Irait placé sur le col qui est long et mince. Le flacon ayant été
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rempli du liquide dont il s’agit de déterminer le poids spécifique, on cherche, à l’aide de la balance, le poids du liquide qu’il renferme, après avoir au préalable fait la tare du flacon. Le quotient obtenu en divisant le poids du liquide par le poids d’une même masse d’eau à la même température est le poids spécifique. Il est difficile de remplir complètement un flacon ordinaire et de mettre le bouchon sans y faire entrer des bulles d’air, ce qui change le poids du contenu et par conséquent conduit à de faux résultats. Pour remédier à cet inconvénient, le bouchon d’un flacon est creusé de sorte que, lorsque le flacon est rempli et qu’on a replacé le bouchon, s’il y a de l’air ou du liquide dans le goulot, il passe dans la cavité du bouchon, et delà sorte cavité et flacon sont complètement remplis de liquide. Avant de peser le flacon vide ou d’en faire la tare, il faut le dessécher complètement. Les flacons de ce genre peuvent d’habitude contenir 50 à 100 gr. d’eau distillée à 15°. D’habitude aussi, on vend avec ces flacons les tares. Avant de s’en servir, il faut s’assurer de l’exactitude de la tare et de la contenance du flacon. Dans ce dernier but, on remplit le flacon et on le plonge dans une capsule pleine d’eau distillée, à une température un peu plus élevée que 15°, et on l’y laisse, jusqu’à ce que la température soit revenue à 15°. On enlève ensuite le flacon et on le place dans un des plateaux, et la tare dans l’autre plateau , après l’avoir soigneusement essuyé à l’extérieur. Le poids que l'on obtient est celui du volume d'eau distillée, contenue dans le flacon à 15°. Quand on pèse le flacon pour obtenir le poids d’un liquide qu’il contient, et dont il s’agit de déterminer le poids spécifique, on emploie la même méthode, sauf qu’on n’immerge pas complètement le flacon dans le liquide contenu dans la capsule. Soit io, le poids de l’eau, et io' celui du même volume de l’autre liquide à la même température, son poids spécifique =
Fig. 176. — Flacon pour déterminer le poids spécifique de petites quantités de liquide.
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NOTES PRATIQUES
Parfois il est difficile de se procurer une quantité de liquide suffisante pour remplir le flacon que nous venons de décrire. Dans ce cas, on fabrique soi-même un flacon avec un tube à essais qu’on élire au chalumeau, de façon à lui donner la forme de la figure 176, et dont on aplatit le fond, en le chauffant et en le pressant sur une plaque de fer. On trace une raie sur la partie étroite du col, point jusqu’où le flacon doit être rempli d'eau à 15°. Sous tous les autres rapports, la méthode à suivre est la même que celle qui a déjà été décrite.
Aréomètre. — L’aréomètre est formé d’un réservoir de verre allongé et lesté à une de ses extrémités de manière à pouvoir flotter verticalement, et prolongé à l’autre extrémité par une tige graduée de façon que le chiffre correspondant à la division jusqu’où s’enfonce l’instrument exprime le poids spécifique du liquide dans lequel il est placé. Gomme chaque instrument ne donne des résultats exacts qu’à la température pour laquelle il a été construit, il faut toujours avoir soin, avant de s’en servir, que le liquide soit à cette température. Le liquide est placé dans un vase de verre cylindrique, assez profond et assez large pour permettre à l’instrument de flotter librement sans frotter contre les parois latérales, ni contre le fonds. Si le liquide présente de l’écume à sa surface, on l'enlève avec un morceau de papier à filtre, puis on enfonce doucement l’aréomètre. La division de l’échelle qui coïncide avec la surface du liquide indique le poids spécifique. Pour la lire correctement, il faut que l’œil soit placé au même niveau que la surface du liquide. On voit alors que la surface a la forme d’un ménisque, qui prend la forme d’une ellipse quand on abaisse ou qu’on élève l’œil. Pour plus d’exactitude on lit la division de l'échelle à deux ou trois reprises différentes, en ayant soin d’abaisser l’aréomètre avant chaque observation.
Poids spécifique des solides. — On obtient le poids spécifique d'un corps solide, insoluble dans l’eau, en le pesant d’abord dans l’air, puis dans l’eau. La différence entre ces deux poids est égale au poids de la masse d’eau qu’il déplace. On a par conséquent le poids spécifique en divisant le poids du solide dans l’air par la différence entre son poids dans l’air et dans l’eau. On peut
SUR LES MANIPULATIONS CHIMIQUES 603
aussi déterminer le poids des corps solides en les plongeant dans des liquides de densité connue. Ainsi, le meilleur moyen de déterminer le poids spécifique du cerveau ou de tout autre organe consiste à préparer une série graduée de solutions de sel commun de densités différentes, et de plonger le corps d’abord dans une solution, puis dans une autre, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on rencontre une solution dans laquelle il flotte indifféremment à quelque profondeur que ce soit.
Fig. 177. — Ballon jaugé. Fig. 178. — Éprouvette graduée.
221. Méthodes volumétriques. — L'emploi des méthodes volumétriques exige des ballons jaugés, des pipettes, des burettes, et quelques autres instruments accessoires.
NOTES PRATIQUES
(50 lî
Ballons jaugés. — Ces ballons, qui ont la l'orme représentée dans la figure 177, servent pour dissoudre les substances dans la préparation des solutions titrées. 11 faut que leur orifice soit
assez large, et muni d'uri bouchon fermant très exactement, de façon qu'on puisse les agiter sans qu’on risque de perdre de leur contenu. Le trait de graduation doit être placé juste au-dessous du milieu du goulot. Un emploie