ABC
Fig. 2 2. — A et B. Aiguilles servant à faire passer des ligatures au-dessous des vaisseaux ou des nerfs. — C. Crochet à pointe mousse de Brücke.
et on ferme avec une pince à pression continue l'extrémité proximale. Un morceau de bois ou un fragment de carte à jouer est glissé sous l'artère près de la ligature d’attente placée en ce point. Enfin, à l’aide de ciseaux à pointes bien tranchantes, on fait une incision en forme de V, on introduit la canule et on serre la ligature d’attente autour de l’étranglement annulaire
Fig. 23. — Appareil de Czernmk pour le lapin.
qu’elle présente. L'opération tout entière peut être terminée en trois minutes; il est bon d’être assisté d’un aide. Les ins-
truments nécessaires sont représentés dans la figure 22 , a, b, c. Ils doivent être étalés sur la table du kymographe, afin qu'on les ait facilement sous la main.
L’appareil de Gzermak (fig. 23) se compose d'une forte planche rectangulaire A, mesurant environ 20 centimètres de large sur 60 de long. A une extrémité de cette planche s’élève verticalement un support en fer d. Le long du support peut se mouvoir un bloc de laiton e, dans lequel glisse une tige de fer horizontale f. Près de sa base le support se recourbe deux fois à angle * droit, de telle sorte que la partie supérieure, qui porte le bloc de laiton, n’est pas dans le prolongement de la partie inférieure. Il résulte de cette disposition que la tige, tout en restant horizontale, peut se mouvoir de quatre façons différentes : elle peut être raccourcie ou allongée, élevée ou abaissée ; elle peut tourner autour de son axe ou autour du support, ou se porter d'un côté à l'autre. Elle se termine par une sorte de pince dont les mâchoires g, g, serrées par une vis de pression k, saisissent la tête du chat ou du lapin, de façon à la maintenir sans lui faire subir la moindre lésion. On assure l’immobilité en introduisant le mors h derrière les incisives de l'animal. Son cou repose sur un coussin cylindrique recouvert d'une enveloppe imperméable et le reste du corps sur un matelas. Les bords de la planche portent de petits appareils spéciaux destinés à fixer les membres.
La préparation de l'artère crurale chez le lapin est encore plus simple que celle de la carotide. La peau est divisée suivant une ligne droite s’étendant du milieu du ligament de Poupart à la face interne du genou, par le procédé indiqué plus haut ; on sent alors avec le doigt les pulsations de l’artère dans le creux placé entre les muscles adducteurs et ceux qui recouvrent le fémur. On met à nu la gaine des vaisseaux à partir du ligament de Poupart et on aperçoit l’artère placée un peu en arrière entre la veine et le nerf. On la saisit facilement, après avoir écarté la veine en dedans, et on la prépare depuis l’origine de l'artère profonde près du ligament de Poupart. L’inférieure des deux circonflexes qui naissent à peu de distance de l’artère profonde est divisée entre deux ligatures, car il est avantageux de placer lapince dépréssion le plus haut possible. L opération est tout, aussi simple sur le
CIRCULATION DU SANG
chien ou le chat, mais demande beaucoup plus de temps à cause de la grande abondance de tissu adipeux que présente cette région dans ces animaux.
Après avoir introduit la canule, il faut mettre l’artère en communication avec le manomètre. On laisse la pince sur l’artère et on desserre pendant quelques secondes celle qui est placée sur la branche verticale de la canule. Immédiatement la solution de soude remplit la canule et passe par sa branche ouverte. Il faut avoir grand soin dans cette opération de ne pas laisser couler la solution dans la plaie. Les bulles d'air, s’il en existe, sont enlevées en introduisant une mince tige de baleine dans la canule que l’on ferme alors en plaçant une pince sur sa branche libre. Tout étant alors prêt on enlève la pince placée sur la branche de la canule réunie au manomètre (branche verticale du T), ainsi que celle qui est placée sur l'artère. La colonne de mercure commence par osciller, mais il faut attendre une ou deux minutes avant d’enregistrer ces oscillations, car il arrive souvent qu’une petite quantité de solution de soude pénètre dans l’artère et produit un léger trouble dans la circulation. Aucun effet de ce genre ne serait à craindre, si la pression dans le tube artériel, avant qu’il ne soit mis en communication avec l’artère, était un peu moindre que celle du sang ; mais, comme nous n’avons aucun moyen de connaître d’avance la pression artérielle d’un individu quelconque, d’ordinaire il est impossible de l’éviter.
Les observations au kymographe peuvent durer quelques minutes ou plusieurs heures, suivant le but qu’on se propose. Dans ce dernier cas on n’enregistre les mouvements de la colonne mercurielle que de temps en temps. Il faut toujours être deux, l’un fait l’expérience, l’autre dirige l’appareil enregistreur et note sur la bande de papier à l’aide d'un crayon mou les phénomènes au fur et àmesurequ’ilsse présentent, ainsi que le début de chaque tracé. De la sorte le rouleau de papier est lui-même un procès-verbal plus exact que tous ceux que l’on pourrait raire de n’importe quelle autre manière.
30. Mesure de la pression artérielle absolue a un moment quelconque de l’observation. — Pour mesurer la pression
artérielle absolue à un moment quelconque pendant la durée de l’observation, il est nécessaire de tracer l’abcisse de la courbe de pression; c’est-à-dire la ligne horizontale que le style du manomètre aurait marquée sur le papier, si la pression artérielle avait été égale à celle de l’atmosphère. C’est ce que l’on fait dès que l’expérience est achevée en fermant avec une pince la branche de là canule communiquant avec le manomètre, séparant ensuite celle-ci de l’artère et la plongeant dans une capsule contenant une solution de soude placée au même niveau que l’artère. On retire alors la pince et on met en mouvement le cylindre enregistreur; la ligne droite horizontale tracée par le style est l’abcisse demandée. On enfonce un poinçon sur un point quelconque de cette ligne, de manière à traverser bien horizontalement les différentes portions du papier enroulées autour du cylindre. Cela fait, si on enlève le rouleau de papier de dessus le cylindre et si l’on réunit les différents trous percés par le poinçon, on obtient une ligne droite horizontale qui s’étend sur toute la longueur du graphique. Si maintenant on élève sur un point de cette abscisse une ordonnée, si l’on mesure sa longueur en millimètres et si l’on double le résultat, on obtient la pression artérielle absolue correspondante exprimée en millimètres de mercure.
La pression artérielle moyenne s’obtient en traçant des ordonnées à des intervalles égaux et en mesurant chacune d'elles. La moyenne de toutes les longueurs des ordonnées correspondant à une longueur donnée d’abscisse, c’est-à-dire à un espace de temps donné multiplié par deux est la pression moyenne demandée1. Dans tous les graphiques normaux on reconnaît que les pulsations artérielles dues à la contraction du ventricule gauche diffèrent beaucoup de forme, et que ces différences dépendent de la fréquence des pulsations (voy. fig. 24). Lorsqu’elles sont très fréquentes, les courbes sont de simples ondulations; lorsqu’au contraire elles sont plus lentes, les courbes offrent des formes, qui ont, comme nous le verrons plus tard, une relation déterminée
' Je ne me sers jamais de papier quadrillé ; outre qu’il est coûteux, j’ai trouvé par expérience qu’il ne fournissait pas des résultats très exacts.
CIRCULATION DU SANG
avec les changements de tension qui se passent dans le sang pendant chaque période cardiaque. On remarque, en outre, qu’il y a de grandes ondes correspondant, non pas aux battements du cœur, mais aux mouvements respiratoires; la concavité jet la
Fig. 24. — Tracé normal de la pression artérielle, obtenu avec le kymographe
à mercure (lapin).
branche ascendante de chacune de ces grandes ondes correspondent à une inspiration, le sommet et la branche descendante à l’expiration et au temps de repos. Nous reviendrons du reste sur ces détails dans les sections suivantes.
SECTION II. — OBSERVATION DES CHANGEMENTS SUCCESSIFS DE LA PRESSION ARTÉRIELLE PENDANT UNE RÉVOLUTION DU