‹ Manuel du laboratoire de physiologieChapitre 17 sur 120 · ABC · texte numérisé non relu

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et que A soit l'extrémité centrale et B l’extrémité périphérique. Au moment où le sang est brusquement poussé par la contraction du cœur en A, les parois du tube cèdent à la pression exercée sur leur face interne et se dilatent. Dans cette dilatation une partie du mouvement sensible du sang disparaît momentanément, et par conséquent, tant que dure le phénomène, l’effet produit sur les parois de B est peu considérable. Mais dès que A est complètement dilaté, le mouvement perdu, ou, pour parler plus exactement, transformé, redevient sensible et s’ajoute au mouvement que la contraction du cœur communique encore. Et comme B se comporte avec l’impulsion qu’il reçoit de A, de la même façon que A s'est, comporté avec l’impulsion qu’il reçoit du cœur, G atteint son maximum de dilatation après B, de même que B l’a atteint après A. Dès lors il est aisé de voir que le temps qui s’écoule entre la manifestation du pouls en A et en G, ou entre le pouls Portique et le pouls de la radiale, dépend de l’extensibilité du tube qui réunit ces deux points. Si le tube est absolument rigide, il n'y a aucun retard ; si, lout, en étant élastique, il est distendu au moment du passage de l'ondée sanguine, le retard est à peine appréciable; par contre, plus le tube ou une traction quelconque du tube met de temps à atteindre son maximum de dilatation, plus le retard est considérable.

CHANGEMENTS DE LA PRESSION ARTÉRIELLE o;$

Ces faits peuvent se déinonlrar facilement avec le schéma.

Mais il vaut mieux les observer directement sur les artères d’un homme vivant. On se sert dans ce but d’un appareil spécial qui permet de transmettre à distance à un appareil enregistreur les mouvements de la surface du corps, dus aux pulsations d’une artère ou du cœur, et qui est disposé de telle sorte que deux mouvements puissent être enregistrés simultanément sur la même surface , ce qui donne par conséquent le moyen de déterminer s’ils se produisent en même temps ou successivement.

Chaque appareil de transmission se compose de deux capsules métalliques, sur l’ouverture de chacune desquelles se trouve tendue une membrane de caoutchouc qui la ferme complètement. L’une d'elles, le tambour récepteur, a la forme que représente la ligure du cardiographe. Elle porte au centre de la membrane un bouton d’ivoire semblable à ceux dont on se sert dans les appareils télégraphiques. L’intérieur du tambour communique avec Je tambour enregistreur au moyen d’un tube flexible. Ce second tambour est représenté figure 35. Il a été inventé, il y a plusieurs années, par le professeur Marey et a été employé depuis dans une foule de rechei’ches physiologiques.

44. Cause nu second battement. — Les faits que nous venons d’étudier concernant le retard de la dilatation artérielle, nous permettent de comprendre le dicrotisme.

En cherchant à leur aide à expliquer la production du second mouvement de dila-

Fig. 35. — Tambour à levier de Marey.

CIRCULATION DU SANG

tation des artères, telles que la radiale, qui sont rapprochées de la périphérie, il faut se rappeler deux faits : premièrement que ces artères sont plus extensibles à mesure qu’elles deviennent plus petites, et secondement que dans les capillaires mêmes la résistance à la progression du sang est bien plus considérable que celle qui se manifeste dans les artères. De même que la dilatation de l’aorte détermine celle de la radiale, de même la dilatation de cette dernière est suivie par celle des artérioles périphériques. Par conséquent, à un certain moment la radiale s’affaisse, tandis que les artérioles continuent à se gonfler, de sorte que, lorsque celles-ci ont obtenu leur maximum de dilatation, la pression est plus considérable à la périphérie que dans la radiale. De la résistance opposée à la progression du sang dans les capillaires, il résulte que, en arrière du point où s’exerce cette résistance, la pression s’accroît jusqu’à ce que le sang soit poussé dans les artérioles plus rapidement qu’il n’en sort. L’état de la circulation artérielle pendant la diastole cardiaque est donc le suivant : Le système artériel est fermé en arrière par la valvule aortique, il est virtuellement fermé en avant par la résistance Opposée par les capillaires. Dans les plus grandes artères les parois commencent à revenir sur elles-mêmes, dans les plus petites la distension est arrivée au maximum, de sorte que, pendant un moment, la tension est plus grande dans celles-ci que. dans les premières. Cet état de choses ne peut avoir qu’un effet possible. Le rétablissement de l’équilibre doit s’effectuer par accroissement de pression du côté du cœur, et diminution de pression vers la périphérie. C’est ce phénomène qui constitue le second battement. Il est plus ou moins sensible, suivant que les artères sont elles-mêmes plus ou moins extensibles. Lorsque, chez un individu bien portant, les artères sont distendues, il se manifeste seulement par un léger arrêt dans le mouvement de retrait des parois artérielles, par une interruption dans la ligne de descente du graphique. Dans la fièvre, quand les artères sont devenues plus extensibles, la seconde dilatation est précédée d’un retrait si sensible des parois artérielles, que l’on sent distinctement sous les doigts la pulsation artérielle se dédoubler. Pour achever de

faire comprendre l'explication du phénomène, nous indiquons dans le tableau suivant les conditions correspondantes dans lesquelles se trouvent les artères centrales, périphériques et intermédiaires au même moment.

Artère carotide. Artère radiale. Artérioles périphériques.

Entièrement dilatée . . Se dilatant Rétractées

Se rétractant .... Dilatée Se dilatant. . . , . .

Se dilatant de nouveau. Se rétractant Se dilatant. . , . . .

Stationnaire Se dilatant de nouveau. Se rétractant légèrement.

Se rétractant Se rétractant .... Se rétractant

Par conséquent, comme le montrent les tracés obtenus avec le sphygmographe, le second mouvement de dilatation dure plus longtemps dans les grosses artères que dans les petites ; car, bien qu’il débute plus tôt dans les artères les plus rapprochées du cœur, le retrait des parois est simultané dans tout le système artériel.

45. Règles a suivre dans les observations avec le sphygmographe. — 1. L’avant-bras doit être placé sur une table ou tout autre surface semblable, le dos du carpe reposant sur un coussin bien rembourré, de façon que la face dorsale de la main fasse un angle de -20° à 30° avec celle de l’avant-bras.

2. Le sphygmographe se place sur le carpe dans une direction parallèle à celle du radius, de manière que la plaque recouverte de caoutchouc repose sur le trapèze et le scaphoïde et que l’extrémité du ressort soit vis-à-vis l’apophyse styloïde du radius.

3. Avant de commencer l’observation, il faut disposer l’instrument de façon que la pression exercée par le ressort soit suffisante pour comprimer l’artère contre le radius ; puis on écarte au moyen de la vis le ressort jusqu’à ce que les effets de 1 excès de compression aient disparu, c’est-à-dire jusqu’à ce que 1 on remarque que le levier continue à descendre pendant Louto la durée de la diastole. On note la pression nécessaire pour obtenir ce résultat, ainsi que la pression nécessaire pour com-

CIRCULATION DU SANG

primer l’arlère et d’on enregistre les mouvements de l’artère sous ces deux pressions.

SECTION lit. — PHÉNOMÈNES DE LA CIRCULATION DANS LES

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