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Fig. oo. — Appareil du Dr Goats. — A, Réservoir; B, robinet; G, tube allant du réservoir à la veine cave inférieure D; D’, aorte portant une canule, qui communique avec le manomètre; F, tube muni d’une pince à pression continue, qui ferme la branche aortique ou proximale du
CIRCULATION DU SANG
manomètre; G, style qui inscrit sur le cylindre les mouvements du mercure
dans la branche libre, ou distale, du manomètre; 11, cœur; K, ligature qui
fixe le tube sur l’œsophage ; L, support qui soutient le bâton de verre J.
manomètre. La figure 55 achèvera de faire comprendre la disposition générale de l’appareil.
Le cœur plein de sérum est mis en action lorsqu’on remplit le réservoir. De ce dernier le liquide passe dans l’oreille droite, puis dans le ventricule el est chassé dans le manomètre. L’appareil est prêt à fonctionner, quand il n’arrive plus de bulles d’air dans la branche aortique du manomètre, dont l’extrémité supérieure est réunie au moyen d’un tube flexible avec un réservoir destiné à recueillir le liquide pompé par le cœur. On peut faire varier l’expérience, suivant qu’on se propose simplement de mesurer les variations de la pression endocardiaque pendant une révolution du cœur, ou d’observer les modifications, que cette pression subit dans certaines conditions données.
66. Variations de la pression endocardiaque pendant chaque révolution du cœur. — Pour observer ces variations le cœur ne doit communiquer qu’avec le manomètre. La branche proximale du manomètre avec le tube qui la réunit au ventricule et le ventricule lui-même constituent une cavité remplie de sérum fermée d’un côté par la valvule auriculo-ventriculaire et de l’autre par la colonne mercurielle et la pince à pression continue placée sur la branche distale. Il faut que le manomètre soit placé à une hauteur telle, qu’au moment du maximum de pression le sommet de la colonne mercurielle dans la branche proximale soit au même niveau que le cœur; il faut aussi régler la quantité de mercure que renferme le manomètre, c’est-à-dire en ajouter ou en retrancher à l’aide d’une pipette capillaire, de façon que pendantla diastole la colonne mercurielle dans la branche distale soit toujours plus haute d’environ un millimètre, que dans la branche proximale. Leréservoirà sérumdoit, en outre, être placé au-dessus du cœur à une hauteur telle, que la pression dans l’oreillette soit égale à la pression exercée sur les parois du ventricule pendant la diastole. Gomme la densité du mercure est en viron douze fois celle du sérum, il en résulte que la colonne
PRESSION ENDOCARDIAQUE
veineuse de sérum doit avoir une hauteur de 12 millimètres. Dans la branche libre du manomètre se meut un piston de verre, dont l’extrémité supérieure porte un style disposé comme dans le kvmographe ordinaire. Le tracé est recueilli, comme dans le sphygmographe , sur un papier verni, noirci par la flamme d'une lampe. La figure 56 représente un tracé ainsi obtenu. Par suite de la lenteur relative des mouvements et du calibre très petit du manomètre, dont le diamètre intérieur ne doit pas dépasser deux millimètres, la courbe est très peu modifiée par l’oscillation de la colonne de mercure et elle est par conséquent une représentation exacte de la succession des changements de pression, qui se manifestent dans le ventricule. Elle nous montre que, chez la grenouille, la pression exercée par le ventricule sur le sang qu’il renferme, arrive graduellement à son maximum, et qu’elle y persiste pendant un temps appréciable ; et secondement que, pendant le relâchement du cœur, la diminution de pression est d’abord très rapide, puis plus graduelle. La vitesse du mouvement du papier étant de quarante centimètres par seconde, il est facile de mesurer la durée de chaque systole.
67. Modifications de la courbe de la dression endocarihaque dans diverses conditions. — Pour étudier l’influence que des conditions mécaniques différentes exercent sur l’action du cœur et particulièrement sur les changements de pression relative dans les veines et les artères, il faut modifier l’appareil, de façon que le ventricule, au lieu de communiquer seulement avec le manomètre, chasse le liquide, qui lui est constamment fourni par le réservoir veineux, dans un système de tubes représentant le système artériel. Pour remplir ces conditions il faut : 1° introburdon sandeiison, lab. de physiogio.
Fig. 56. — Tracé de la pression endocardiaque chez la grenouille, obtenu par la méthode du Dr Coats.
CIRCULATION DU SANG
duire la canule artérielle, non pas dans le ventricule, mais dans } aorte gauche (la droite étant liée), afin de ne pas empêcher le . eu de la valvule aortique , et 2° fixer sur la branche aortique du manomètre un tube en caoutchouc présentant, près du point de jonction, une dilatation qui constitue un bulbe élastique, et terminé par un bec de verre presque capillaire; cette dernière disposition apour but d’établir la résistance nécessaire, et la première de rendre l’ondée liquide aussi uniforme que possible, c’est-à-dire, en d’autres termes, de remplacer l’élasticité artérielle.
L’avantage de l’appareil, ainsi disposé, est de permettre à l'expérimentateur de modifier la pression artérielle (en faisant varier la résistance), sans changer la pression veineuse et vice versa , et de reproduire ainsi des conditions qui existent pendant la vie et qui exercent une influence des plus importantes dans le corps de l’animal vivant.
Il est évident que si la pression dans la partie veineuse du cœur est nulle, il ne se produira aucun mouvement de progression, quelle que soit la résistance des artères; et d’un autre côté il n’y aura pas non plus de mouvement, si les pressions sont égales dans la portion veineuse et dans la portion artérielle, car la valvule ventriculo-auriculaire restant ouverte, le cœur agirait comme dans l’expérience précédente, recevant pendant la diastole tout le liquide qu'il aurait expulsé pendant la systole. Mais entre ces deux extrêmes, égalité de la pression veineuse et absence totale de pression dans les oreillettes, il y a un rapport moyen correspondant au maximum d'efficacité de la fonction cardiaque et dont on ne peut s’écarter, dans un sens ou dans l’autre, sans constater une diminution dans l’effet produit. La preuve de ce fait a été donnée expérimentalement par Blasius; il amontré en premier lieu, que pour chaque valeur de la résistance artérielle, il est possible par des tâtonnements successifs de déterminer une valeur de la pression veineuse correspondant au maximum d’effet produitpar la Contraction du cœur, et secondement, qu’il y a pour chaque cœur un cerlain degré de résistance artérielle plus avantageux que tout autre. Le résultat de nombreuses observations est que le travail mécanique effectué par le cœur de la grenouille ( rana esculenta ) atteint son maximum, lorsque la pression artérielle, qui lui est
PRESSION ENDOCARDIAQUE
opposée, équivaut à une colonne de mercure d’environ 35 millimètres. Sila résistance est plus considérable, le cœur est distendu outre mesure, et il y a insuffisance dans le jeu des valvules.
Depuis la publication de l’édition anglaise de ce livre, on Rapporté à cette méthode de recherches deux perfectionnements, qui consistent dans la substitution du ventricule au cœur tout entier et dans l’évaluation des changements du volume du cœur, indépendamment des changements de la pression intra-cardiaque.
Pour faire passer à travers le ventricule un courant continu de liquide nutritif et pour lui permettre en même temps de se contracter et de se relâcher normalement, on se sert de la canule de Kronecker. L’extrémité de cette canule est bifurquée. Son calibre intérieur est divisé en deux portions par une cloison longitudinale, chacune d’elles communiquant avec l'une des deux branches de bifurcation. Elle est munie, à son autre extrémité, d’une rainure circulaire destinée à fixer une ligature. Pour l’introduire dans le ventricule, on la fait pénétrer à travers une fente pratiquée dans la veine cave inférieure, dans l’oreillette droite et de là dans le ventricule. On la fixe dans cette position au moyen d’une ligature passée tout près des oreillettes et du bulbe, parallèlement et immédiatement en avant du sillon auriculo- ventriculaire. Puis on met en communication au moyen d'un tube de caoutchouc l’une des branches de la canule avec un récipient gradué renfermant le liquide nutritif et l’autre branche avec un manomètre semblable à celui qui est représenté dans la figure 55.
Un cœur ainsi préparé se contracte rhythmiquement, pourvu que la ligature soit placée tout contre le sillon auriculo-ventriculaire. Si l’on veut employer un ventricule, dont on a enlevé le sillon auriculo-ventriculaire ainsi que le centre moteur ventriculaire qui y est situé, il faut placer la ligature sur le ventricule, en arrière du sillon. Dans ce cas, le cœur ne se contracte pas de lui-même ; les mouvements rhythmiques sont excités par des courants d’induction qu’on y applique à des intervalles réguliers. Dans ce but, un fil de cuivre est soudé à la canule, qui sert ainsi d’électrode, le second fil de cuivre est fixé au vase qui
CIRCULATION OU SANG
contient la solution salineou le sérum, dans lequel le cœur est plongé.
Pour mesurer les changements de volume que le cœur subit quand il est en action, la meilleure méthode est celle du Dr Roy. La partie principale de l'appareil est un cylindre de, verre d’une capacité d'environ 50 centimètres cubes, fermé à son extrémité supérieure par un bouchon de verre perforé et portant à son extrémité inférieure un piston, semblable à celui quiaété décrit à propos du tonomètre. Le tube inférieur d’une canule de Kronecker traverse le bouchon de verre et se lie sur le ventricule d’une grenouille, située dans l’intérieur du cylindre. Le ventricule reçoit le liquide nutritif par l’une des branches de bifurcation de la canule et le chasse par l’autre branche dans un récipient placé à. la même hauteur que lui. La cavité du cylindre, dans laquelle est contenu le ventricule, est entièrement remplie d’huile d’olive. Il en résulte que lorsque la contraction a lieu, le piston est attiré en haut, pour redescendre de nouveau pendant la période de relâchement. La tige verticale du piston communique ses mouvements à un levier qui les inscrit sur un cylindre enregistreur.
Cette méthode a, sur les autres, les avantages suivants : la pression dans l’intérieur du cœur, pendant la période d’inaction, peut être modifiée à volonté et graduée très exactement ; la rapidité de l’écoulement du liquide qui nourrit le cœur dépend aussi entièrement de l’expérimentateur; et enfin, on recueille un tracé qui exprime très fidèlement les changements de volume du ventricule.
Le liquide nutritif le plus convenable à employer dans ces expériences, est du sang défibriné de lapin ou de tout autre rongeur, dilué dans une solution de sel de cuisine à 3/4 pour cent.