‹ Manuel du laboratoire de physiologieChapitre 45 sur 120 · QUANTITÉ D’AIR RESPIRÉ · texte numérisé non relu

QUANTITÉ D’AIR RESPIRÉ

soufflet que manœuvre un eide à défaut de tout autre moteur. La quantité d'air qui passe, à travers le compteur, dans le récipient est réglée au moyen du robinet, de telle sorte que le dégré de plénitude du récipient soit toujours le même.

La principale cause d’inexactitude de cet appareil doit être attribuée à ce que les soupapes ne ferment pas très bien et que le masque ne s’adapte pas parfaitement sur la bouche. On peut remédier à ces défauts en substituant au masque deux tubes d’ivoire hermétiquement adaptés à l’orifice antérieur des narines. Le large tube, auquel ces pièces d’ivoire se relient, est divisé en deux branches ; l’une d’elles est fermée par une soupape à mercure s’ouvrant de dedans en dehors, l’autre par une soupape du même genre s’ouvrant de dehors en dedans. La disposition de ces soupapes est semblable à celle qui est réprésentée dans la figure 74.

101. — Lorsqu’on fait ces observations sur des animaux inférieurs, il est bon d’employer un appareil, qui non seulement mesure exactement la quantité d’air respiré, mais encore permette de modifier sa composition par l’introduction de proportions déterminées de vapeurs ou de gaz divers. Et, comme dans de telles recherches, il est plus important de connaître exactement les conditions dans lesquelles se manifeste le phénomène, plutôt que de reproduire identiquement les conditions normales, il est inutile de chercher à éviter le plus complètement possible toute résistance, ce qu’on avait dû faire dans la construction de l’appareil décrit dans le paragraphe précédent ; il est, en effet, mécaniquement impossible de construire des soupapes, qui puissent à la fois fermer hermétiquement et fonctionner sans résistance. Dans 1 appareil, dont nous allons parler, tout mélange gazeux se conserve sans que sa composition puisse être altérée par diffusion et les soupapes fonctionnent avec une telle perfection, que l’expérimentateur est absolument certain que la totalité de l’air, venant du récipient, seule, est consommée dans la respiration.

Le récipient est formé de deux cylindres de verre d’environ vingt centimètres de long, ouverts aux deux bouts, dont l’un exté ieura un diamètre d'environ 7 centimètres et demi, l’autre interne (fig. 74, E) a un diamètre d’environ 6 centimètres. Tous

RESPIRATION

les deux sont solidement mastiqués sur un plateau circulaire horizontal; leurs axes se confondent de telle sorte qu’ils sont séparés l’un de l’autre par un étroit intervalle, qui a partout la même épaisseur. Cet espace est rempli de mercure. Au centre du plateau s'élèvent trois tubes verticaux de verre mesurant environ 6 millimètres de diamètre interne. Au-dessous du plateau, supporté d’ailleurs par un trépied, ces tubes se recourbent bientôt horizontalement à angle droit. Un troisième cylindre de fer (D) fermé à son extrémité supérieure, constitue la cloche du gazomètre. Son diamètre est égal à la moyenne des diamètres des deux cylindres de verre, de telle sorte qu’il peut s’abaisser sans les toucher dans l'espace circulaire rempli de mercure ; il est suspendu à une poulie par un fil de soie muni d’un contre-poids. Le contre-poids consiste en un godet contenant du petit plomb ; au sommet du cylindre il y a un autre godet semblable. Des trois tubes qui pénètrent dans le récipient par dessous, l’un (A) communique avec l’atmosphère, le second (B) avec la cavité respiratoire de l’animal et le troisième (G) est ordinairement fermé. Les tubes de caoutchouc qui établissent ces communications sont fermés par une disposition spéciale, à laquelle on a appliqué le nom de soupape de Millier. Celte soupape consiste en un flacon assez large, hermétiquement fermé par un bouchon de caoutchouc et renfermant une couche peu épaisse de mercure. A travers le bouchon passent deux tubes, dont l’un est assez long pour que son extrémité trempe dans le mercure tout près de sa surface, l’autre est beaucoup plus court. La soupape A est/lisposée de telle sorte que son tube court communique directement avec le récipient, et son tube long avec l’atmosphère ; pour la soupape G cette disposition est inverse. Il ne manque plus maintenant, pour compléter l’appareil, qu’un tube en T et une troisième soupape. La branche verticale du T communique avec la cavité respiratoire par une canule adaptée hermétiquement à la trachée ; un de ses bras est en rapport avec le récipient et l’autre avec la soupape B, à travers laquelle l’air expiré est rejeté dans l’atmosphère. La quantité d’air consommée pendant un temps donné se mesure de la même manière que précédemment.

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