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QUANTITÉ D'ACIDE CARBONIQUE ÉLIMINÉ

L’objection, qu’on peut élever contre un appareil de ce genre est fondée, comme nous l’avons déjà dit, sur la résistance qu’opposent les soupapes, et qui est suffisante pour retarder sensiblement les mouvements respiratoires. Mais, comme le but qu’on a surtout en vue est de déterminer l’influence de conditions variables sur la quantité d’air respiré, ce fait importe, en somme, assez peu ; car, on peut rémédier à l’erreur qui en résulte, en substituant, comme terme de comparaison, la respiration déjà modifiée par la résistance à la respiration normale. Pour obtenir ce terme de comparaison, on laisse l’animal respirer pendant quelque temps de l’air ordinaire à travers l’appareil, avant de commencer les observations.

SECTION IV. — DÉTERMINATION DE LA QUANTITÉ D’ACIDE CARBONIQUE ÉLIMINÉ PAR LES POUMONS ET LA PEAU DANS UN TEMPS DONNÉ.

102. — Deux méthodes principales conduisent à ce but. L’une d’elles, celle de Régnault et Reiset, a été adoptée avec d’importantes modifications par Ludwig et ses élèves. L’animal est placé dans une chambre hermétiquement fermée, qui communique avec une seconde chambre contenant de l’oxygène, et avec un appareil d’absorption. L’air passant en courant continu, à travers l’appareil, l’acide carbonique expiré est absorbé au fur et à mesure de sa production, et remplacé par un volume égal d’oxygène, de sorte que la composition de l’air reste constante. On calcule la quantité d’acide carbonique absorbé d’après l’augmentation de poids de l’appareil d’absorption, pendant la durée de l’observation. L’appareil est décrit par Ludwig dans ses « Arbeiten » pour 1869.

La seconde méthode, beaucoup plus simple et suffisamment exacte pour l’étude comparée de l’influence de conditions physiologiques et pathologiques diverses sur l’exhalation de l’acide carbonique, est celle de Peltenkofer. Elle est applicable indifféremment aux grands et aux petits animaux. Nous donnerons ici une description succincte de l’appareil complet de Pettenkofer,

RESPIRATION

pour bien faire comprendre l’application de celte méthode aux petits animaux, dont on se sert habituellement dans les recherches physiologiques ou pathologiques. Il se compose de trois parties : une chambre assez spacieuse pour qu’un homme puisse s y tenir confortablement assis ou debout ; un grand compteur a gaz communiquant avec la chambre par un tube ; une pompe à double action qui aspire continuellement l’air de la chambre à travers le compteur ; enfin un mouvement d’horlogerie qui fait fonctionner la pompe. La chambre est en métal et en verre, elle communique avec l’air extérieur pendant l’observation par les rainures de la porte d’entrée qui servent à l’arrivée de l’air et avec le tube qui aboutit au compteur. La quantité d’air, qui est entraînée par ce tube, est d’environ 20,000 litres par heure, quantité très suffisante, non seulement pour la ventilation, mais encore pour prévenir toute déperdition à travers les fentes de la porte. Il serait inutile de décrire l’appareil aspirateur ; nous nous bornerons à dire que le mécanisme d’horlogerie est mû par un poids, que remonte sans cesse une machine à vapeur.

Pour obtenir un résultat satisfaisant, il faut pouvoir déterminer avec exactitude : 1° la durée de l’observation, et 2° la quantité d’acide carbonique contenue dans l’air qui sort de la chambre pendant le même temps. On peut arriver à ce dernier but, soit en évaluant le poids total de l’acide carbonique exhalé, soit en mesurant le volume de l’air aspiré et en même temps la proportion en volume d’acide carbonique qu’il renferme. Dans l’appareil décrit ci-dessus la quantité d’air qui sort de la chambre est si grande, qu’il ne serait pas possible de l’analyser toute entière, de sorte qu’on est obligé d’adopter la seconde de ces deux alternatives. Pour cela, il ne s'agit point de prendre quelques spécimens de l'air exhalé et d’en faire l’analyse, car, à moins de faire un très grand nombre d’analyses, ce procédé ne donnerait que des résultats erronés, par suite des irrégularités qui se produisent constamment dans la vitesse de l’écoulement de 1 air ; mais on fait passer une quantité délerminée d’air a travers un appareil d’absorption et on mesure l’acide carbonique qui y est contenu à l’aide d'une méthode volumétrique, qui sera décrite au paragraphe suivant. Cette division de l’air aspiré en deux

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