INFLUENCE SUR LA CIRCULATION
terme pour désigner les variations rhythmiques de la pression artérielle, qui ont lieu chez les animaux curarisés, après la cessation complète des mouvements respiratoires et la section des deux pneumogastriques. On peut les observer chez le lapin, le chat.ouie chiesrï, mais surtout chez, ce dernier. Traube les a décrite? telles qu’e]les se manifestent en l’absence de la respiration artificielle* ç’est:-à-dire lorsque les insufflations d’air sont interrompues momentanément. C’est pendant l’augmentation graduelle de la pression artérielle, qui se manifeste, comme nou l’avons déjà vu, dans ces circonstances, que la courbe de la pression artérielle présente les ondulations en question. Il a été cependant récemment prouvé par Héringque l’état physiologique v d’asphyxie est loin d’être essentiel, et que le moyen le plus sûr de produire le phénomène est de déterminer dans le sang de l’animal un étal (pii corresponde à la dyspnée, non pas en arrêtant tout à coup la respiration artificielle, mais en diminuant graduellement la quantité d’air injectée à chaque fois. Les tracés artériels ainsi obtenus montrent que les intervalles cardiaques ont une durée uniforme ; en d’autres termes, qu’il n’y a point de variations dans la fréquence du pouls, puisque les pneumogastriques ont été coupés. Lorsqu’on laisse les nerfs intacts, on recueille des courbes (lig. 86 ) 1 dans lesquelles les variations des intervalles entre les pulsations présentent les mêmes rapports avec celles de la tension artérielle que dans les conditions normales ; la fréquence du pouls étant plus grande dans la branche ascendante de chaque ondulation respiratoire que dans la branche descendante. Ceci nous montre que les variations de fréquence dépendent de l’intégrité des pneumogastriques. La preuve que
1 Les tracés figure 8G sont pris sur un chien curarisé auquel on avait laissé les pneumogastriques intacts; l’air étailjinjecté clans les poumons à intervalles réguliers, mais en quantité insuffisante. La courbe artérielle diffère de celle de Traube un ceci seulement que, dans la branche ascendante de chaque ondulation, les petites ondulations qui expriment les pulsations arteiielles sont plus fréquentes que dans la branche descendante. Dans le tracé inférieur, les ascensions indiquent les insufflations de l’appareil a respiration artificielle qui se succédaient à des intervalles de cinq secondes. Les variations de la pression artérielle représentées dans le tracé supérieur suivent le rhyÿnne des mouvements respiratoires naturels, et par conséquent ne correspondent pas aux insufflations.
RESPIRATION
les variations de pression ont une origine vasculaire et dépendent de changements correspondants dans le tonus artériel est démontré par les résultats expérimentaux suivants : — (a) d’abord, bien qu après la section de la moelle épinière la pression artérielle soit encore sujette à des variations qui dépendent sans aucun doute des modifications du tonus artériel, celles-ci sont très irrégulières ; (b) et enfin les variations rhythmiques de pres-
Fig. 86. — Tracés de la respiration artificielle et de la pression artérielle montrant les courbes de Traub.e, quand les pneumogastriques sont intacts.
sion persistent après que l'influence du cœur a été éliminée. Ce dernier fait a été constaté par Hering ; il a démontré que, si l'on entretient artificiellement la circulation indépendamment du cœur chez un animal placé d’ailleurs dans des conditions favorables à la production des courbes de Traube, celles-ci se produisent aussi distinctement que si le cœur fonctionnait.
On peut tirer des expériences précédentes les conclusions suivantes : les variations rhythmiques de la pression artérielle, qui sont liées aux mouvements respiratoires, dépendent de variations correspondantes du tonus artériel ; mais les variations de fréquence des pulsations du cœur sont régies par le système nerveux inhibiteur de cet organe. En admettant cette théorie, il ne faut pas oublier que, dans les conditions normales, les mouvements du thorax concourent pour une très grande partie à ce résultat; car, à chaque inspiration, tant que les cavités pleurales demeurent fermées, le remplissement du cœur en diastole est favorisé par le remplissement des veines caves, ce qui augmente la vigueur des contractions cardiaques. C’est ce qui arrive en par-
APNÉE, DYSPNÉE, ASPHYXIE 229
tien lier chez les animaux tels que le chien, dont la respiration est pectorale.