Démonstration des changements chimiques qui se
MANIFESTENT DANS LE SANG PENDANT LA DYSPNEE ET l’aSPHYXIE.
— Puisque dans la suffocation deux modifications surviennent dans la constitution chimique du sang, consistant dans la diminution de l’oxygène et dans l’accroissement de l’acide carbonique, il est logique d’attribuer le phénomène à l’une ou à 1 autre de ces modifications ou à toutes les deux. Dans les pages précédentes on a supposé qu’il était dû à la diminution de l’oxygène. Pour démontrer d’une manière frappante et par une seule expérience que le phénomène de la dyspnée est produit par la diminution de l’oxygène dans l’air respiré et non par l’excès d’acide carbonique, on peut employer la méthode suivante, imaginée par Rosenthal : Le gazomètre à mercure (fig. 74) est rempli d oxygène, et on fait respirer ce gaz à l’animal par le procédé déjà décrit (§ 100), jusqu’à ce que l’on suppose qu’il a remplacé l’air contenu dans les voies aériennes, ce qui arrive chez le lapin au bout de dix respirations. On laisse alors communiquer lasoupape 13 avec le récipient et on ferme le tube de sortie, de sorte que l’animal
KESPIHATION
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inspire Je gaz du gazomètre et lui renvoie le gaz respiré. Il est évident qu’à mesure que l’expérience avance la proportion d acide carbonique augmente et doit continuer à s’accroître jusqu a ce que ce gaz ait atteint dans le gazomètre une tension telle, qu il ne puisse plus s en dégager de nouvelle quantité du sang. Au début, le volume du gaz dans le gazomètre ne subit, p$s de diminution sensible, car l’animal expire à peu près .autant d’acide carbonique, qu'il inspire d'oxygène ; plus tard, quand la quantité d’acide carbonique dégagée devient de moins- en moins considérable, le cylindre s'abaisse de plus en plus à chaque inspiration. A ce moment il est absolument certain que l’animal respire dans une atmosphère renfermant un grand excès d’acide carbonique, et néanmoins il n’offre aucun symptôme d’asphyxie, par la raison que la proportion d’oxygène du mélange gazeux surpasse celle de l’oxygène de l’air atmosphérique ou tout au moins ne lui est pas inférieure. Dansune période plus avancée, quand la respiration devient excessive, on peut empêcher au début la dyspnée en augmentant la pression du mélange gazeux du gazomètre, ce qui favorise en même temps l’absorption de l'oxygène et aussi bien celle de l’acide carbonique. L’expérience ne prouve pas d’ailleurs que l’excès d’acide carbonique ne produise pas d’effet ; mais simplement que cet effet est bien moins considérable qu’on ne le pense généralement.
La preuve directe que la dyspnée dépend d’un défaut, d’oxygène est fournie par l’analyse des gaz du sang chez un animal asphyxié par l'inhalation d’azote pur. Pflüger a trouvé qu’un animal (chien) respirant de l’azote devient hyperpnéfque en 15 secondes. Au bout de 20 secondes, le phénomène est à son maximum, et le sang est déjà très foncé.
Dans les expériences de Pflüger, le sang d’une artère était recueilli dans un récipient pour en analyser les gaz, de 30 a 60 secondes après le commencement de l'inhalation de l'azote, l’animal étant déjà dans la seconde période de l’asphyxie. On trouva, par exemple, que le sang d un animal qui, avant de respirer de l’azote, contenait en volume 18,8 pour 100 d’oxygène (à la température de 0° et sous la pression de 700), après avoir respiré ce gaz pendant une minute n'en renfermait plus qu une trace *
APNÉE, DYSPNÉE, ASPHYXIE '^9
^0,3 pour 100) ; pendant la même période, la proportion d'acide carbonique était tombée de 47,2 pour 100 a 39, 4. — Nous mentionnons ici ces expériences à cause de leur importance fondamentale. Elles sont trop difficiles à exécuter pour que nous les décrivions en détail ‘.