‹ Manuel du laboratoire de physiologieChapitre 59 sur 120 · LE POUMON SONT EXCITÉES PAR LA DISTENSION DE CET ORGANE · texte numérisé non relu

LE POUMON SONT EXCITÉES PAR LA DISTENSION DE CET ORGANE

Les physiologistes (principalement Roseuthal ) soupçonnaient depuis longtemps que les rameaux pulmonaires du pneumogastrique renferment des fibres afférentes, qui sont excitées par la distension de cet organe et que ces fibres concourent à régler les mouvements du cœur et ceux du poumon; la preuve exacte a été donnée récemment par Hering. On insère une des branches horizontales d’un tube en T dans la trachée d'un chien anesthésié par la morphine ou l’opium, et l’on fait communiquer l’autre branche avec un manomètre à mercure. On adapte à la branche verticale un tube de caoutchouc, fermé par une pince à vis et fixé à son autre extrémité à une trompe. Une canule est ensuite introduite dans la carotide et reliée au kymographe. Ces préparatifs terminés, on recueille un tracé de la pression artérielle. Pendant que le cylindre enregistreur se meut encore, l’expérimentateur distend les poumons jusqu’à ce que le niveau du mercure, dans la branche libre du manomètre, soit élevé de 30 à 40 millimètres au-dessus du niveau du mercure dans la seconde branche, puis ferme le tube en caoutchouc au moyen de la pince avis. Deux résultats importants se produisent : premièrement les muscles inspirateurs ne sont plus en activité et restent à fêla*de relâchement tant que la distension persiste, tandis que les muscles expirateurs se contractent énergiquement et d’une façon continue; et secondement,- la fréquence des contractions du cœur a plus que doublé. Dans cette expérience, la circulation est influencée dans une large mesure par l’accroissement de pression exercée par les poumons distendus sur le cœur et les grandes veines; par conséquent, l’accélération du pouls peut être attribuée

1 Voy. Plüyer's Arc/iiv. vol. I, p. 9't.

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en tout ou en partie à cette circonstance plutôt qu’à la distension des poumons. Pour détruire celte objection, on modifie l’expérience de la manière suivante. On narcotise un chien et on pratique la respiration artificielle; l’appareil est disposé de façon que, à un mouvement donné, on puisse distendre les poumons comme dans le dernier cas. Gela fait, on met complètement a nu les organes thoraciques en enlevant la paroi antérieure de la poitrine (voy. § 51) : on voit alors que l’effet de la distension sur le cœur est exactement le même que lorsque le thorax est intact. Ges résultats suffisent pour démontrer que la distension des poumons et l’accélération des battements du cœur ont entre eux les relations de cause à effet. 11 est également évident que l’influence de la première sur la seconde s'exerce par l’intermédiaire des pneumogastriques, puisque ceux-ci sont les seuls nerfs connus qui fassent communiquer les poumons avec les centres nerveux. Par suite, on doit s’attendre à ce que l'effet soit complètement détruit, si l’on coupe ces nerfs, et l’expérience prouve qu’il en est effectivement ainsi. La démonstration ne laisse pas que d’être très difficile, car, chez le chien, les battements du cœur sont déjà si rapides après la section des deux pneumogastriques, qu’il n’y a pas de plus grande accélération possible; un résultat négatif ne signifierait donc rien. Heriug a tourné la difficulté en

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excitant avec précaution le bout périphérique de l’un des deux nerfs divisés, de façon à diminuer la fréquence des pulsations cardiaques, et en opérant la distension des poumons dans ces conditions; le résultat a toujours été négatif. Ges expériences nous apprennent ces deux faits importants, relatifs à l'innervation des poumons: que les rameaux pulmonaires du pneumogastrique renferment des fibres afférentes, dont l’excitation par la distension des poumons a pour effet d’affaiblir ou de paralyser 1 action du centre inspirateur et du centre cardiaque dans la moelle allongée ; le premier résultat se manifeste par l’arrêt complet des efforts rhythmiques des muscles inspirateurs, le second par la moindre durée des diastoles. Du reste, ce sujet demanderait à être étudié plus complètement qu’il ne l’a été jusqu’ici.

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