‹ Manuel du laboratoire de physiologieChapitre 7 sur 120 · SECTION I. — PLASMA · texte numérisé non relu

SECTION I. — PLASMA

Le sang n’est pas un liquide dans le sens strict du mot ; il est constitué en effet par le plasma, qui tient en suspension desglobules rouges et des globules blancs. Pour examiner le plasma, il est nécessaire d’en séparer les globules par des méthodes mécaniques, c’est-à-dire par décantation après repos préalable ou par filtration. Mais comme il n’est pas possible, dans les circonstances ordinaires, de conserver du sang en dehors de l’organisme, sans qu’il subisse le phénomène remarquable que l’on désigne sous le nom de coagulation, aucune de ces deux méthodes ne peut lui être appliquée, à moins que l’on ne puisse, par un moyen quelconque, le maintenir à l’état liquide pendant la filtration. Le premier procédé, indiqué pour arriver à ce but, est celui de Jean Muller. Il consiste à recueillir le sang d’une grenouille dans une solution de sucre (à un 1/2 p. 100) et à filtrer rapidement le mélange. Les globules volumineux du sang de grenouille restent sur le filtre et il passe un liquide transparent. Au bout de quelque temps se forme un caillot gélatineux, qui plus tard se contracte et devient filamenteux. Cette expérience a été pendant longtemps la seule rurdon sANDEiisox, labor. de physiologie. 1

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preuve de l’existence, clunsle sang, d’un liquide possédant les propriétés du plasma, c’est-à-dire se solidifiant, quand il est abandonné à lui-même et tout à fait indépendamment des globules. Mais elle ne nous permet pas d’étudier complètement les propriétés de ce liquide, car après la filtration il est mêlé avec la solution de sucre.

Fig. i.

1. Filtration du sang de grenouille. — On prend trois éprouvettes capables de contenir chacune environ quatre grammes de liquide (fig. 1). Dans le n° 1, on verse une solution de sulfate de sodium obtenue en mêlant un volume de solution saturée avec un volume d’eau distillée, de façon à remplir seulement le cinquième de sa capacité; le n° 2 contient un gramme d'une solution de sucre à un 1/2 p. 100 ; le n° 3 un gramme d’une solution de chlorure de sodium à un 1/2 p. 100. On choisit alors plusieurs grenouilles, cl après avoir mis à nu et divisé le péricarde, on incise le ventricule avec des ciseaux fins. Il faut avoir soin, avant

Éprouvette à pied. de faire la première incision, d’essuyer les téguments avec du papier à libre. On laisse couler dans l’éprouvette n° 1 une quantité de sang égale à quatre fois la quantité de liquide qui y est déjà contenue. Au liquide des deux autres éprouvettes on ajoute un égal volume de sang. On agile ensuite le contenu de chaque éprouvette et on filtre. Dans les trois cas, il passe un liquide clair et incolore ; toute la partie colorée du sang, c’est-à-dire les globules, reste sur le filtre; mais ce liquide présente des caractères différents. C’est ainsi que la solution n° 1 reste toujours fluide ; la solution n° 2 se coagule immédiatement; quant à la troisième, elle se coagule plus ou moins tard, suivant la température à laquelle elle est soumise.

Dans le mélange filtré de sang et de sulfate de sodium, on n’aperçoit jamais de caillot apparent. Il n’en est pas moins certain cependant que ce mélange contient réellement les principes immédiats de la fibrine, qui constitue la masse gélatineuse que l’on voit dans les autres éprouvettes. C'est ce que l’on peut dé-

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montrer en diluant le mélangeavec de l'eau distillée. Si la solution de sulfate de sodium employée avait été saturée, il aurait fallu ajouter de l’eau pendant longtemps avant de produire aucun changement apparent; mais dans le cas actuel la solution contient volumes égaux de solution saturée et d’eau, et il suffirait d’ajouter au mélange un cinquième de son volume d’eau pour le rendre coagulable, tandis qu’il aurait fallu six ou sept volumes si la solution avait été concentrée. Comme la solution saturée de sulfate de sodium renferme 50 p. 100 de sel cristallisé, il en résulte que pour empêcher la coagulation il faut en mêler au sang une quantité qui ne doit pas être inférieure à 5 p. 100.

Ces expériences montrent: 1° que les globules rouges du sang de grenouille sont Irop gros pour passer à travers du papier à filtre à grain serré ; 2° que dans le liquide filtré, même lorsqu’il est dilué avec son volume d’une solution de sucre, le caillot se forme instantanément à la température ordinaire, et 3° que le phénomène de la coagulation est empêché par certains sels neutres et particulièrement par le sulfate de sodium. Une action semblable est exercée par le sulfate de magnésium, le nitrate de sodium, le borax et quelques autres sels neutres.

Filtration du sang de mammifère . — Le sang des mammifères, qui est directement recueilli des vaisseaux de l’animal vivant, dans un vase rempli jusqu’au tiers de sa hauteur avec une solution saturée de sulfate de sodium ou de magnésium, ne se coagule pas. Si l’on introduit le mélange dans l’appareil représenté dans la figure (fig. 2) et si, à l’aide delà pompe à mercure, on fait le vide dans le vase poreux, on obtient un liquide incolore, qui se coagule spontanément, lorsqu’on le dilue avec de l’eau.

2. SÉPARATION DU PLASMA ET DES GLOBULES DU SANG DES MAM- MIFÈRES par dépôt èt décantation. — Le meilleur moyen de se procurer le plasma du sang des mammifères, consiste à laisser reposer ce dernier à une température à peine supérieure à 0°, jusqu’à ce que les globules se soient déposés au fond du récipient qui le contient. Dans ce but, il est préférable d’em* ployer le sang de cheval, parce que chez cet animal la différence entre le poids spécifique des globules et celui du plasma

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sanguin est plus considérable que dans toute autre espèce, et qu’en outre le sang paraît se coaguler plus lentement.

Fig. 2. — Appareil à filtrer le sang. — Vv, vase de verre renfermant un mélange de sang et de solution de sulfate de sodium (S) ; Vp, vase poreux, dans lequel se rassemble le sang quand on a fait le vide (S’) ; B, bouchon en caoutchouc; A, tube de caoutchouc.

Si l’on recueille séparément dans deux vases semblables, du sang de bœuf et du sang de cheval, au bout d’une ou de deux heures, la coagulation sera complète. Dans le vase renfermant le sang de bœuf, le caillot est uniformément de la même couleur; dans l’autre vase il est divisé par une ligne horizontale assez nettement tranchée en deux couches; la couche supérieure, incolore, a une épaisseur égale à un peu plus de la moitié de l'épaisseur de la couche inférieure colorée en rouge foncé. Dans le dernier cas

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les globules ont eu le temps de traverser la couche supérieure avant qu’elle ne se solidifie, tandis que dans l’autre cas la coagulation est survenue avant qu’ils n’aient pu effectuer leur mouvement de descente. Chez le cheval, ce phénomène a toujours lieu, lorsqu’on laisse reposer le sang dès qu’il sort du vaisseau. Chez d’autres animaux, chez l’homme en particulier, on ne l’observe que dans des circonstances anormales (phlegmasies). Le caillot porte alors le nom de couenne inflammatoire.

Dans l’expérience, qui vient d’être décrite, nous n’avons pas atteint le but que nous nous proposions. Les globules se sont déposés plus ou moins complètement, mais le plasma n’existe plus ; il s'est dédoublé en caillot et en sérum. Pour prévenir ce dédoublement, il ne faut pas seulement retarder la coagulation, mais encore l’empêcher; le seul moyen convenable pour arriver à ce résultat, c’est d’employer le froid. A la température de la glace fondante le phénomène de la coagulation est indéfiniment suspendu. Le sang doit donc être, dès sa sortie de la veine, soumis à cette température et conservé sous son influence protectrice. On se sert dans ce but d’un vase cylindrique de fer-blanc ayant la forme représentée fig. 3. Ce vase est non seulement entouré à l’extérieur de glace, mais contient encore un autre cylindre fermé à son extrémité inférieure et renfermant également de la glace. Entre la face externe du petit cylindre et la face interne du grand se trouve un espace annulaire, dont la largeur ne doit pas dépasser un demi-pouce (12mm et demi), de façon que tout le liquide qui l’occupe p. 3 Vase e)i puisse être maintenu à la température de la fer-blanc pour re- glace. Au bout de deux heures au plus, le cueillir le sang et sang s’est séparé en deux couches, dont Unie conserver a o». férieure contient tous les globules. La couche supérieure est entièrement formée par du plasma; ce liquide, par

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son aspect général, ressemble d’ordinaire au sérum, sauf qu’il est un peu moins transparent. Sa propriété la plus apparente, en même temps que la plus importante, c’est de se coaguler. Aussi longtemps qu'on le maintient à0° il reste fluide, maissi l’on élève la température de quelques degrés, la masse tout entière se transforme en un caillot gélatineux.

Fig. 4. — Appareil pour recueillir le sang el le maintenir à l’état liquide. — T, condensateur de Liebig ; V, vase l’enfermant de la glace; P, planchette perforée de trous; t, t, tubes à essai.

Lorsque, pour une cause ou pour une autre, l’on ne veut pas employer le sang de cheval, on peut retirer du sang du chat une quantité suffisante de plasma par la méthode suivante : on remplit de glace pilée le tube externe d’un condensateur ordinaire de Liebig, dont le tube interne est surmonté d’un entonnoir ; en même temps on plonge dans un long récipient en verre également rempli de glace pilée, huit ou dix tubes à essai, en les disposant de telle sorte que chacun d’eux puisse être rapidement porté sous l’extrémité du tube interne du condensateur, comme l’indique la figure 4. Enfin une canule munie d’un tube en caoutchouc fermé par une pince à pression continue est introduite dans la carotide de l’animal. Lorsque tout est prêt la pince est enlevée et le sang artériel coule dans l’entonnoir; il se refroidit rapidement en traversant le condensateur et il est recueilli dans

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les tubes à essai disposés pour le recevoir. Dès que les globules se sontdéposés, on recueille le plasma à l’aide d’une pipette, dont la température a été au préalable abaissée à 0°.

3. Expériences, démontrant les propriétés du plasma et de la fibrine. — 1. Portez à l’aide de la pipette refroidie une petite quantité de plasma dans un petit tube à essai étroit, placé dans un vase et entouré d’un mélange de glace et d’eau. A mesure que la glace fond, le liquide devient gélatineux. Dans ces circonstances, la séparation du plasma en caillot et en sérum est souvent retardée, par l’adhérence de la masse au verre, qui empêche pendant longtemps la contraction de celle-ci.

2. Laissez coaguler une autre quantité de plasma dans un large vase. D'abord le phénomène semble se produire de la même manière, et pendant quelque temps la masse adhère aux parois du vase. Mais plus tard, lorsqu’elle se contracte, des gouttes de sérum se rassemblent d’abord à la surface, puis entre le caillot et les parois du verre. Bientôt le caillot se détache complètement du vase, en même temps qu’il diminue de volume ; finalement il constitue une masse blanche opaque, quiapris la forme du vase et qui flotte dans un liquide clair (sérum). Par suite de l’adhérence du coagulum aux parois, la contraction a été moins facile dans le sens horizontal que dans le sens vertical, aussi la face supérieure est-elle toujours plus ou moins concave.

3. Préparation de la fibrine.-— a. Le caillot, obtenu dans l’expérience précédente est séparé du sérum, divisé en petits fragments et lavé à l’eau jusqu’à ce qu’il soif complètement incolore. Dans cet état il diffère d’une manière frappante de la masse gélatineuse semi-transparente, qui s’est formée dans la première expérience. Il est dense, fibreux, opaque et extrêmement élastique. — b. Une petite quantité de plasma frais est vivement battue avec une baguette de baleine. Dans ce cas la fibrine est obtenue sous forme de filaments qui, après lavage, sont blancs. En a la fibrine a passé par un premier étal, pendant lequel elle était gélatineuse; en b eôle prend directement la forme fibrillaire.

U Un volume de plasma est dilué avec cenl volumes d’eau à

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La température de 0° ou d’une solution de sel à trois pour quatre cents, et est laissée reposer. Au bout de vingt-quatre heures, on aperçoit des filaments de fibrine longs et grêles traversant toute la masse du liquide dans toutes les directions et s’étendant de l’une des faces à la face opposée du vase qui le contient. Ces filaments, dont les extrémités adhérent aux parois de verre, sont extrêmement élastiques. Si on les sépare de leurs points d’attache, ils se contractent en petites masses. Si on étire ces petites masses, dès qu’on les laisse, elles reprennent leur première forme aussi complètement que le ferait un petit morceau de gomme élastique.

5. La fibrine, préparée dans l’expérience n° 3, est mêlée avec de l’eau contenant un millième d’acide chlorhydrique; elle se gonfle d’abord en unegrosse masse transparente. Placée dans une étuve et maintenue à une température de 40° à 60°, elle disparaît avec une rapidité qui varie avec la température. En se dissolvant la fibrine s’est transformée en un autre corps albuminoïde, la syntonine ou albumine acide. Si l’on neutralise avec soin la liqueur, la syntonine précipite, mais le précipité se redissout dans un léger excès d’alcali ou de carbonate alcalin.

6. Une autre proportion de la même fibrine est plongée dans de l’eau oxygénée, puis elle est portée sur une feuille de papier à filtre, qui a été trempée au préalable dans la teinture de gaïac. Elle s’entoure bientôt d’une bordure bleue résultant de l'oxydation du gaïac. Une seconde méthode consiste à tremper un fragment de fibrine dans l’alcool, puis dans la teinture de gaïac et enfin dans l’eau oxygénée; la fibrine prend également une teinte bleue. Le même phénomène a lieu, si l’on emploie un [mélange de teinture de gaïac et d’eau oxygénée. Cette réaction montre simplement que la fibrine décompose l’eau oxygénée; elle n'indique nullement la présence de l’ozone.

4. Globulines du sang et des autres humeurs. — Les globulines sont caractérisées par leur insolubilité dans les solutions concentrées de sels neutres, particulièrement, le NaCL et de MgSO4, et dans l’eau distillée et par leur solubilité dans les

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solutions faibles, pourvu qu'elles ne soient pas acides. Elles se coagulent par la chaleur, mais passent à l’état solide à des températures différentes.

1. Globulines du sang. — Le sang, pris sur l’animal vivant, est reçu directement dans un vase rempli jusqu’au tiers d’une solution saturée de sulfate de sodium. Après avoir remué avec précaution le mélange, on le laisse reposer à une basse température pendant vingt-quatre heures; pendant ce laps de temps il ne se produit pas de coagulation. On enlève alors, à l’aide d’une pipette capillaire, le liquide clair, qui s’est séparé des globules accumulés au fond du vase, puis on le traite jusqu’à saturation avec du chlorure de sodium en poudre, qui précipite une grande partie de la globuline. Le précipité est recueilli sur un filtre, soigneusement lavé dans une solution saturée de NaCl et dissous dans de l’eau distillée. Cette dissolution se coagule spontanément.

2. Globulines du sérum. — Lorsqu’on ajoute graduellement à du sérum, placé dans une atmosphère dont la température est à 15 à 20 degrés, du sulfate de magnésium jusqu’à saturation, toute la globuline qu’il contient se sépare, l’albumine restant en dissolution. Pour avoir la globuline pure, il faut laver le précipité dans une solution saturée de MgSo4, et soumettre ensuite à la dialyse. Le corps ainsi obtenu est appelé paxaglobuline. Il est soluble dans une solution de NaCl à un pour cent, d’où on peut le précipiter en faisant passer un courant d’acide carbonique, ou en ajoutant avec précaution de l’acide acétique dilué. La paraglobuline existe dans tous les liquides albumineux du corps. Ses solutions ne se coagulent pas spontanément, mais sont coagulées par la chaleur. On peut également la préparer en faisant passer un courant d’acide carbonique dans du sérum, auquel on a ajouté cinq ou six fois son volume d’eau, ou bien encore en ajoutant de l’acide acétique dans la proportion d’environ une goutte (diluée au préalable) pour dix centimètres cubes de sérum. La quantité de paraglobuline obtenue par cette dernière méthode est relativement plus petite.

3. Globulines du liquide de l hydrocèle. — Le liquide de l’hydrocèle ne se coagule pas spontanément, mais se coagule ordinaire-

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ment après addition d’une très petite quantité desangou de sérum. Il paraît devoir cette propriété à la présence d’une globuline (fibrinogène) qui se coagule à 55° ; mais outre ce corps il contient en bien plus grande proportion de la paraglobuline qui précipite par MgSO4 et se coagule à 73°. La substance fibrinogène peut être isolée du liquide de l’hydrocèle en saturant ce dernier avec NaCl , comme il a été dit dans l’expérience n° 1.

4. Globulines du liquide du péricarde du cheval ou du bœuf. — Le liquide du péricarde se coagule d’ordinaire si on le recueille immédiatement après la mort. Si on ne le recueille qu’un jour après, il secoagule rarement de lui-même, mais se coagule promptement si l’on ajoute une des trois substances suivantes : — A. Un fragment de caillot de sang lavé et dilué dans huit ou dix fois son volume d'eau, c’est-à-dire le produit que l’on obtient en laissant coaguler un semblable mélange, en le pressant à travers un morceau de calicot et eu lavant à plusieurs reprises le résidu qui reste sur le filtre1 ;

B. Une petite quantité de la solution fermentescible de Al. Schmidt obtenue de la façon suivante: un volume de sérum ou de sang est versé dans vingt volumes d’alcool fort, puis laissé en repos pendant deux à trois semaines ; le précipité abondant qui s’est formé, est séparé de l’alcool, séché à 35°, puis traité par l’eau distillée. Cette solution contient à peine quelques traces de corps albumineux ;

C. Du sérum ou une solution de paraglobuline provenant du sérum.

5. On peut obtenir un liquide, qui ressemble au liquide du péricarde, en versant dans un mélange d’une solution de Na-So4 et de sang six à huit fois son volume d’eau. Ce mélange ne se coagule pas spontanément, s’il n’est pas étendu d’eau, mais se coagule, si l’on ajoute l’un des trois liquides A, /?, C.

1 Celte expérience a été faite pour la première fois par le professeur Buchanan, de Glascow, en 1845. En 1831, il démontra que l’addition du sérum au liquide de l’hydrocèle produit la coagulation. M. Buchanan concluait de ses observations que la faculté que possède le sang de se coaguler, réside principalement dans les globules incolores. (Proc of the Glasgow Phil. Soc. 19 fév. 1845.)

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Tous les liquides séreux, coagulables ou non, contiennent de la paraglobuline en grande quantité.

5. Rôle des globules du sang dans le phénomène de la coagulation. — Les propriétés du plasma sanguin, que nous ont fait connaître les expériences précédentes, nous amènent à admettre que ce liquide est la source exclusive de la fibrine formée dans la coagulation du sang. Cependant il y a des raisons de croire qu’une quantité très considérable de la substance qui produit la fibrine est contenue, quand le sang circule dans les vaisseaux, dans les globules rouges ou les globules blancs; on peut en effet démontrer que si, dans une quantité donnée de sang, l’on sépare ces éléments anatomiques aussi complètement que possible, en laissant reposer le liquide et en décantant, si on en vient à les ajouter à une égale quantité de sérum, ce sérum acquiert la propriété de se coaguler. La quantité de fibrine, produite dans ce cas, représente une proportion très considérable de la masse totale que le sang aurait fournie.

L’expérience suivante, dont les résultats concordent avec ceux du professeur Heynsius, a été faite en 1871 dans mon laboratoire par M. Gerstl. Cinquante centimètres cubes de sang de cheval ou d’âne sont directement recueillis dans un tube gradué, entouré de glace. Immédiatement après, le sang est versé dans un cylindre de verre long et étroit, contenant déjà un demi-litre d’une solution de sel commun à deux pour cent, au préalable refroidie dans de la glace. Un laisse le mélange dans ce récipient jusqu’à ce que les globules se soient déposés, après quoi on enlève le liquide avec une pipette capillaire ou un siphon. Le restant est mêlé avec une quantité égale de solution saline, entouré de glace et abandonné à lui-même, puis on recommence la même opération. On ajoute ensuite cinquante centimètres cubes de sérum de sang de bœuf aux globules, qui restent au fond du récipient, et on place le mélange dans de l’eau maintenue à la température de 40°. Au bout de deux ou trois minutes, la coagulation a lieu. Le caillot est recueilli, lavé, séché et pesé. On détermine en même temps la quantité de fibrine produile par une égale quantité de sang. La comparaison du poids montre, comme cela a

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été établi plus haut, que le coagulum obtenu par le mélange du sérum et des globules est presque égal à celui qui est obtenu par le sang tout entier (globules et plasma). Heynsius a démontré en outre que, si l’on recueille du sang dans une solution de sel commun à 0°, la quantité de fibrine fournie par le plasma est, pour ainsi dire, moindre qu’elle ne devrait être, c’est-à-dire, moindre que celle obtenue par une égale quantité de sang abandonné à lui-même. Ce fait, rapproché de notre expérience, nous conduit à penser que le plasma est moins riche en substances productrices de la fibrine dans le sang qui circule dans les vaisseaux, que dans le sang immédiatement après sa sortie de l’organisme. Si cette conclusion est exacte, il n’est guère douteux que le sang, quittant les vaisseaux de l’animal vivant, n’acquière de façon ou d’autre une nouvelle propriété de se coaguler due à des éléments figurés. Heynsius pense que les globules rouges sont seuls la cause de cette nouvelle propriété, et l’attribue à ce qu’ils abandonnent au plasma certaines de leurs parties constituantes. Mais les résultats, auxquels il est arrivé, s’expliquent tout aussi bien, si l’on admet que se sont les globules blancs qui jouent le principal rôle; hypothèse qui a plusieurs faits en sa faveur. C’est ainsi que le vaccin et le liquide des vésicatoires sont tous les deux coagulables, et cependant ils renferment toujours de nombreux globules blancs et jamais de globules rouges. En observant sous le microscope le phénomène de la coagulation dans l'un de ces deux liquides, on voit non seulement qu’il procède de ces éléments anatomiques, mais encore qu’il n’apparaît jamais en dehors de leur présence. De même, si l’on fait passer une ligature à travers une veine chez un animal vivant, par exemple à travers la jugulaire externe d’un lapin ou d’un cochon d’Inde, et qu’on l’enlève au bout d’un certain temps, l’examen microscopique montre que les fils sont recouverts de globules blancs et que leur surface en est comme incrustée. Ces éléments anatomiques sont retenus ensemble par la fibrine qui semble se développer de leur surface vers le courant sanguin

1 Depuis queces lignes ont été écrites, l'idée que les leucocytes sontune dos principales causes de la propriété que possède le sang de se coaguler est devenue encore plus certaine. Voici les expériences les plus démonstratives

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