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Caractères distinctifs de la mucine, de la chondrine

DE LA GÉLATINE ET DE I.’aLBUMINE :

Mucine. — Précipitée par l’acide acétique; le précipité est insoluble dans le sulfate de sodium.

Chondrine. — Précipitée par l’acide acétique ; le précipité est soluble dans le sulfate de sodium.

Gélatine. — Non précipitée par l’acide acétique seul ou additionnée de ferrocyanure de potassium.

Albumine. — Dissoute par l'acide acétique; la solution est précipitée par le ferrocyanure de potassium ou par les sels alcalins et la chaleur.

Généralement on reconnaît la gélatine et la chondrine à ce que leurs solutions chaudes se prennent en gelée en se refroidissant; mais comme elles perdent toutes les deux cette propriété pai ébullition dans les acides ou par ébullition prolongée dans 1 eau seule, cette réaction n’est pas toujours sûre.

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52. Os. Lorsque les os sont soumis à l’action des acides, ils

perdent leurs sels terreux. Le résidu, auquel on a donné le nom d’osséine, est formé principalement de substance collagène. Les sels terreux qu’ils contiennent, sont les phosphates tribasiques de calcium et de magnésium, le carbonate de calcium et de petites quantités de fluorure de calcium.

Pour enlever les sels terreux et isoler l’osséine, il faut faire macérer quelque temps l'os dans de l’acide chlorhydrique très étendu, à une basse température. Traité à chaud par l’acide chlorhydrique dilué, l’os laisse dégager de l’acide carbonique, et a une tendance à se séparer en lamelles. L’osséine est molle, flexible et élastique tant qu’elle est humide; elle devient dure après dessiccation. Elle conserve la forme de l’os. Par ses caractères chimiques, elle ressemble à la substance collagène du tissu connectif.

On obtient les sels terreux en incinérant l’os. Quand la matière organique est toute brûlée, le résidu est formé de ces sels terreux mêlés à d’autres sels formés pendant la combustion ; ici, en effet, comme dans d’autres cas, les sels, dans les cendres, diffèrent considérablement des sels qui existent dans le tissu.

53. Tissu adipeux. — Graisses. — Les graisses diffèrent les unes des autres parleur aspect et leur consistance. Pour étudier leurs propriétés générales, on peut se servir d’huile d’olive, à laquelle on peut substituer l’huile de foie de morue ou l’huile, de baleine, si l’on désire employer une huile d’origine animale.

Solubilité. — Les graisses sont insolubles : 1° dans l’eau et 2° dansl’alcoolàfroid. 3° Elles sont solubles dans l’alcool à chaud. F ailes chauffer un tube à essais renfermant de l’huile et de l’alcool au-dessus d'une lampe à esprit de vin ou d’un brûleur de Bunsen. Dès que l’alcool devient chaud, une portion de l’huile se dissout. Versez une partie de la solution alcoolique dans un autre tube et laissez refroidir. Elle prend l’aspect laiteux par suite du dépôt des gouttelettes d'huile. 4° Ether à froid. Agitez une petite quantité d’huile avec de l’éther, elle se dissout rapidement. Il faut avoir soin dans celte expérience de ne pas approcher le tube à essai,, trop près de la flamme, parce que la vapeur d’éther est très

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facilement inflammable. 5° Le chloroforme. G0 L’essence de thérébentine et les autres huiles essentielles dissolvent rapidement aussi la graisse.

Émulsion des graisses. — Agitez une petite quantité d'huile avec une solution d’albumine dans un tube à essai. L’huile est divisée en petites gouttelettes et donne à la solution un aspect laiteux. Une goutte de ce liquide, observée au microscope, paraît formée de très petits globules de graisse. Ces globules se réunissent les uns aux autres dans l’émulsion pour former de gros globules, mais très lentement. Une petite quantité d’acide acétique ajoutée à l’émulsion et agitée avec elle active encore le phénomène. On peut répéter ces expériences avec une solution de gélatine ou avec de la bile, qui jouissent également de la propriété d’émulsionner les graisses.

Réaction. — Lavez un morceau de lard dans l’eau et appliquez dessus un papier de tournesol, ou faites-le fondre dans un tube à essai et laissez tomber une goutte sur du papier de tournesol. Dans les deux cas, la réaction est neutre.

Composition des g7'aisses. — La graisse est composée d’un radical triatomique, le propéryle ouglycéryle combiné avec trois alômes d’un acide gras monoatomique. Le glycéryle peut être déplacé par des bases inorganiques, tels que le potassium, le plomb, etc., et il se produit un hydrate de glycéryle, ou alcool glycérjdique (glycérine). Le déplacement de la glycérine par d’autres bases porte le nom de saponification.

Faites bouillir pendant quelques heures deux grammes et demi d’huile d’olive, avec un gramme d’oxyde de plomb finement pulvérisé et environ cinquante centimètres cubes d’eau, en ayant soin de remuer le mélange afin d’empêcher le dépôt de l’oxyde, et de remplacer l’eau au fur et à mesure qu’elle s’évapore. Le plomb se combine avec l’acide gras de l’huile, en formant une masse jaunâtre et la glycérine devient libre.

Pour séparer la glycérine, filtrez le liquide, faites passer un courant d’hydrogène sulfuré, ajoutez une petite quantité de charbon animal pour décolorer, laissez reposer dans un endroit chaud, filtrez de nouveau et évaporez.

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45. Glycérine. — La glycérine esl un liquide sirupeux d’une saveur sucrée, à réaction neutre.

Solubilité. — Elle se dissout rapidement : 1° dans l’eau, et 2° dans l’alcool; 3° dans l’éther elle est insoluble.

Pouvoir dissolvant. — Elle dissout un grand nombre d’oxydes métalliques. Versez une petite quantité de potasse dans une solution de sulfate de cuivre, ou d’acétate de plomb, il se forme un précipité. Ajoutez un peu de glycérine, le précité se redissout.

Elle agit aussi dans une certaine mesure comme un dissolvant des acides gras.

Décomposition. — Placez dans un tube à essais une petite quantité de glycérine avec de l’acide phosphorique anhydre ou avec du sulfate acide de potassium. La glycérineest décomposée et il se produit de l’eau et de l’acroléine, corps qui a une odeur extrêmement désagréable et qui exerce une action très irritante sur les muqueuses du nez et des yeux.

Réaction caractéristique de la glycérine. — Aucun autre corps, en se décomposant, ne donne naissance à de l’acroléine; aussi, sa formation est-elle la réaction caractéristique de la glycérine, et, comme son odeur est extrêmement pénétrante, elle permet de reconnaître facilement de très petites quantités de glycérine.

55. Muscles. — Réaction. — Les muscles à l’état de repos ont une réaction amphichromatique, c’est-à-dire qu’ils font virer au bleu la teinture rouge du tournesol, et au rouge la teinture bleue. Mais le changement de la teinture bleue est moins prononcée que celui de la teinture rouge, ce qui prouve que leur réaction est alcaline.

Changement de la réaction dû à la contraction. — La réaction devient acide après la contraction du muscle ou après la mort. (Voy. 2e part., chap. ii, Observ. VI).

56. Composition des muscles. — Le sarcolemme est considéré habituellement comme se rapprochant du tissu élastique par ses caractères et comme ne produisant pas de gélatine ; mais on a montré qu’il est soluble, légèrement il est vrai, dans les alcalis

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et les acides aussi bien que dans le suc gastrique, et par conséquent, il offre bien plus de ressemblances avec le tissu connectif.

57. Sahcous éléments. — On ne sait que peu de chose sur la composition chimique des sarcous éléments', ils se gonflent légèrement et perdent la propriété de la double réfraction quand on les fait bouillir ou simplement quand on les chauffe avec des alcalis ou avec des acides très étendus. L’alcool ne les altère pas.

58. Plasma musculaire. — Quand on soumet à la pression des muscles à la température de 0°, on obtient un liquide, que l’on appelle plasma musculaire. Le plasma des muscles, de même que le plasma du sang, jouit de la propriété de se coaguler spontanément et de se dédoubler en caillot et en sérum. On a donné à ce caillot, qui correspond à la fibrine du sang, le nom de myosine. La coagulation du plasma fait perdre aux muscles leur élasticité, les rend durs et raides et produit ainsi la rigidité cadavérique. Au bout de quelque temps la décomposition survient et les muscles redeviennent mous et flexibles. Le plasma musculaire est quelque peu difficile à obtenir, parce qu’il se coagule trop rapidement dans les muscles des animaux à sang chaud pour qu’on puisse l’en retirer, et parce qu’on ne peut pas toujours se procurer en suffisante quantité des muscles de grenouilles où sa coagulation est plus lente.

Préparation. — Préparez un mélange réfrigérant en mettant ensemble dans un vase parties égales de sel et de neige, ou de glace pilée, et plongez-y un creuset de platine ou une petite boite en étain. Remplissez un autre vase d’une solution à un demi pour cent de sel et placez-le dans un récipient contenant de la neige ou de la glace. Préparez d’un autre côté plusieurs grenouilles de la façon suivante. Ouvrez le thorax, incisez la pointe du cœur, introduisez l’extrémité d’une- canule dans le bulbe aortique et injectez une solution de sel a un demi pour cent jusqu à ce que le liquide qui revient par les veines soit complètement incolore. Coupez les muscles près de leurs insertions et lavez-les dans une solution de sel à un demi pour cent, maintenue à la

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température de 0°. Après les avoir lavés, pressez-les dans un morceau de toile eL mettez le lout dans le creuset. Ajoutez successivement dans le creuset les muscles de chaque grenouille et laissez-les dans le mélange réfrigérant jusqu a ce qu’ils soient congelés et complètement durs . Prenez un couteau bien tranchant et refroidissez-le dans le même mélange; coupez la masse congelée des muscles en tranches très minces, mettez-les dans un mortier préalablement abaissé à la même température et broyezles. Enfermez le tout dans un morceau de forte toile et placez-le sous une presse à vis puissante. A mesure que la température des muscles remonte par la chaleur de l’air ambiant à 0° le plasma congelé se fond et s’échappe de la presse. On le recueille dans un vase refroidi dans la glace ; on le filtre sur un papier humecté d’une solution de sel à un demi pour cent et on le conserve dans un cristallisoir également refroidi. L’entonnoir est maintenu pendant toute l’opération à une basse température au moyen de l’appareil de Plantamour (voy. § 215), rempli de neige ou de glace pilée au lieu d’eau chaude. Les pores des filtres se bouchent très rapidement, aussi faut-il avoir soin de changer souvent ces derniers. Le plasma filtré est un liquide jaunâtre et opalescent, sirupeux, mais non filant.

Réaction. — La réaction du plasma est alcaline comme celle des muscles.

Coagulation du plasma 'musculaire. — Versez une petite quantité de plasma dans des tubes à essais préalablement refroidis et observez les phénomènes suivants :

La coagulation a lieu spontanément quand le plasma est exposé à l’action de la température extérieure et il se forme un caillot gélatineux qui commence sur les parois du tube et s’étend graduellement vers le centre.

En agitant le liquide, on obtient un coagulum floconneux et non fibreux comme le caillot du sang.

La chaleur accélère la coagulation; à 40° le plasma se coagule presque instantanément.

L’eau froide le coagule immédiatement, de sorte que, si on l’y laisse couler goutte à goutte, il se forme de petites sphères blanches élastiques. La solution froide de chlorure de sodium à

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15 p. 100 le coagule aussi, mais la solution à 5 pour cent ne le coagule pas. L’acide chlorhydrique étendu à 10 p. 100 le coagule instantanément, mais dissout le caillot, et forme presque immédiatement de la syntonine.

59. Examen de l’extrait aqueux des muscles. — Pour obtenir l’extrait aqueux des muscles, on décapite un chien et on chasse le sang des membres postérieurs au moyen de la circulation artificielle. Dans cebut, on ouvre rapidement l’abdomen, on introduit une canule dans l’aorte et on injecte une solution de chlorure de sodium à 10 p. lOOjusqu’àce que le sangquirevient par la veine cave soit incolore. Cela fait, coupez rapidement les muscles de la cuisse et hachez-les menu. Ajoutez à la masse de l’eau distillée, remuez et laissez reposer pendant un quart d’heure. Filtrez à travers un linge en pressant la masse pour accélérer l’opération.

60. Matières albuminoïdes des muscles. — Albuminate alcalin. — L’extrait aqueux ainsi obtenu renferme un albuminate alcalin. Il est d’abord alcalin ou neutre, puis devient plus tard acide et l’albuminale alcalin forme au fond du vase un précipité floconneux. La source de l’acide est inconnue ; il doit-être produit par l’action d’un ferment spécial. Si l’extrait est obtenu avec des muscles à réaction acide, le précipité ne se forme pas.

Ajoutez, très graduellement, à l’extrait aqueux de l’acide lactique, de l’acide acétique ou de l’acide chlorhydrique très dilué, il se dépose un précipité floconneux.

Répétez cette expérience en employant exactement les mêmes quantités d’extrait et d'acide; mais ajoutez une petite quantité de phosphate de sodium à l’extrait avant d’y verser l’acide, il ne se forme pas de précipité. Voyez § 15.

Albumines. — Outre l’albuminate alcalin, l’extrait contient deux autres matières albuminoïdes, 1 une, qui est insoluble dans les solutions salines, se coagule à 45°, l’autre à 75°. Filtrez 1 extrait aqueux après que l’albuminate alcalin s est déposé, versezle dans un tube à essais et chauffez-le dans un bain-marie maintenu à la température de 45°, il se formera un précipité. On peut rendre au préalable la liqueur alcaline ou neutre, sans influer en rien sur la coagulation. Laissez reposer la liqueur jus-

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qu’à ce que le précipité se soit déposé, séparez-le par filtration et chaufïez-le à 70°, il se produit une seconde coagulation.

61. Myosine. — Débarrassez le reste des muscles des tendons, des aponévroses, de la graisse, des nerfs et des vaisseaux, et coupez-le en petits morceaux. Mêlez la masse ainsi divisée avec cinq ou six fois son poids d’eau, et agitez avec soin. Laissez reposer pendant plusieurs heures, puis enfermez la masse dans un linge et exprimez le liquide à l’aide d’une presse avis. Traitez une seconde fois les muscles par l’eau, et faites leur subir le même traitement. Réunissez tous les liquides ainsi obtenus et conservez-les pour les étudier. Laissez la masse, qui est restée sur le filtre avec de l’eau, jusqu’à ce qu’elle prenne une teinte grisâtre et que l’eau devienne incolore. Broyez-la ensuite dans un mortier avec une solution de sel marin à 10 p. 100 en quantité suffisante pour que la masse ne soit pas trop épaisse et qu’elle puisse couler facilement. Laissez reposer pendant quelques heures, filtrez d’abord à travers un linge, puis à travers un papier à filtre, et ajoutez à la liqueur filtrée quelques fragments de sel gemme. A mesure que ceux-ci se dissolvent, la myosine, qui est insoluble dans une solution de myosine concentrée de chlorure de sodium, se précipite en tlocons. Après que la myosine semble entièrement précipitée, s’il reste encore quelques cristaux de sels, enlevez-les et filtrez la solution. La myosine, qui contient une grande quantité de chlorure de sodium, reste sur le filtre. Pour l’en débarrasser, on la dessèche aussi bien que possible en la pressant entre deux feuilles de papier à filtre ; on la dissout dans une petite quantité d’eau, et on jette la solution dans un grand vase rempli d'eau, où elle se précipite de nouveau. Laissez reposer pendant un jour, décantez le liquide avec précaution et recueillez le précipité sur un filtre. Après que la plus grande partie de l’eau a traversé le filtre, mais pendant que le précipité est encore humide, placez ce dernier dans une capsule, parce qu’il est impossible de le séparer du filtre quand il est desséché.

Solubilité. — Étudiez la solubilitédelamyosine humideavec les réactifs suivants: 1° solution de chlorure de sodium à 10 p. 100. La myosine se dissout. L’addition de sel solide dans la soluburdon s andeuson, laboc. de physiologie.

tion la précipite; 2" la solution de sulfate de sodium, ou de tout autre sel neutre; 3° la potasse très diluée, et 4° l’acide chlorhydrique très étendu dissolvent la myosine.

Action des acides et des alcalis. — • Les alcalis et les acides très dilués dissolvent la myosine, comme nous venons de le voir, d’abord sans altération, puis en la transformant au bout de quelque temps en acidalbumine ou en albuminate alcalin. Faites deux parts d’une solution de myosine dans de la potasse très diluée et d’une solution dans de l’acide chlorhydrique étendu préparé depuis peu; à l’une d’elles, ajoutez une solution de sel marin, versez une goutte de teinture de tournesol et neutralisez. Il ne se forme aucun précipité, parce que la myosine non modifiée est soluble dans la solution saline. Laissez l’autre portion reposer pendant dix minutes et faites-lui subir le même traitement. Il se déposera un précipité, quand on neutralisera la liqueur, parce que la myosine s’est transformée en albuminate alcalin et en syntonine, et n’est plus soluble dans la solution de chlorure de sodium.

Coagulation de la myosine. — 1° Chauffez une solution de myosine dans du chlorure de sodium ; à 55°, la myosine se transforme en albumine coagulée et à 60°, il se dépose un précipité floconneux ; 2° ajoutez de l’alcool à une solution de myosine, il se forme un semblable coagulum.

Effet delà dessiccation. — Desséchée la myosine est flexible, difficile à pulvériser et presque insoluble dans la solution de chlorure de sodium.

Ferments. — On peut retirer des muscles les ferments suivants: 1° un ferment qui est analogue ou peut-être identique à la pepsine. Ce ferment peut être isolé à l’aide des méthodes que Ion emploie pour retirer la pepsine de la muqueuse de l’estomac; 2° un ferment qui détermine la coagulation de la myosine, et qui est analogue à celui auquel est due la coagulation du sang. Il n'a pu encore être isolé; 3° un ferment amylobytique, que l’on peut isoler par le procédé décrit § 85 ; 4° un ferment diastasique, qui semble avoir la faculté de transformer le glycogène en sucre de raisin ; 5° un ferment produisant de 1 acide lactique.

62. Matières extractives des muscles. — L’extrait aqueux froid des muscles contient, outre les matières albuminoïdes, les éléments suivants : créatine, créatinine, hypoxanthine (sarkine), xanthine, acide urique, acide inosique (ce dernier probablement pas toujours), glucose, inosite, lactates et sels d’acides gras volatils et phosphates alcalins acides. On en a aussi isolé certains ferments. Si l’on ne peut pas opérer sur de grandes quantités de muscles, il vaut mieux employer pour la préparation de ces substances de l’extrait de Liebig. Placez l’extrait aqueux des muscles dans une chaudière d’étain, chauffez rapidement jusqu’au point d’ébullition, de façon à coaguler l’albumine. Filtrez à travers un linge. Laissez refroidir la liqueur filtrée, et ajoutez de l’acétate de plomb jusqu’à ce qu’il se forme un précipité, en évitant autant que possible de verser un excès d’acétate. Recueillez le précipité sur un filtre A.

63- Créatine. — Précipitez par l’hydrogène sulfuré le plomb existant dans la liqueur filtrée ; filtrez et évaporez au bainmarie jusqu’à consistance sirupeuse. Laissez reposer pendant

Fig. 132. — Créatine.

quelques jours ‘dans un endruit frais, la créatine se déposera sous la forme de petits cristaux incolores (fig. 132). Quand il ne se forme plus de cristaux, décantez la liqueur mère et ajoutez-y deux ou trois fois son volume d’alcool à 88°, de façon à précipiter la créatine encore en suspension. Filtrez et lavez les cristaux avec un peu d'alcool. Lavez les cristaux, qui sont restés sur le cristallisoir avec l’alcool qui découle du filtre, placez-le.s sur ce dernier el lavez-les lous réunis avec de l’alcool. Recueillez les liqueurs qui ont filtré, mêlez-lcs et conservez-les à part. . .B.

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Faites dissoudre les cristaux dans une petite quantité d’eau bouillante et laissez refroidir la solution, la créatine se cristallisera sous la forme de prismes obliques rhomboïdaux, incolores, transparents et brillants qui perdent leur eau de cristallisation quand on les chauffe légèrement sur une lame de platine et deviennent ternes et blanchâtres.

Solubilité. — La créatine est à peine soluble dans l’eau froide; elle est très soluble dans l’eau bouillante, presque insoluble dans l’alcool concentré et tout à fait insoluble dans lether.

Réaction. — La solution de créatine dans l’eau chaude offre une réaction neutre et une saveur amère.

Réactions caractéristiques. — La créatine n’offre pas de réactions véritablement caractéristiques, et le meilleur moyen d’en reconnaître la présence est de la transformer en créatinine. Si elle est pure l’addition de chlorure de zinc ne produit aucun précipité dans ses solutions, si elle est mêlée à de la créatinine, il se dépose un précipité.

Décomposition. — Bouillie pendant longtemps, avec de la baryte caustique, la créatine se décompose en urée et en sarcosine. Si l’ébullition est prolongée, l’urée se dédouble en acide carbonique et en ammoniaque. Cette réaction est très intéressante, car elle montre une des sources d’où provient l’urée dans l’économie. Bouillie pendant longtemps avec de l’eau ou avec des acides, elle perd de l’eau et se transforme en créatinine.

64. Créatinine. — Faites bouillir pendant une demi-heure de la créatine avec de l’acide chlorhydrique étendu, neutralisez avec de l’hydrate d’oxyde de plomb, filtrez et évaporez jusqu’à siccité au bain-marie. Traitez le résidu par l’alcool et évaporez l’extrait alcoolique. La créatinine cristallise sous la forme de prismes brillants, incolores, qui, chauffés sur une lame de platine, ne se déssèchent pas comme la créatine (fig. 133). (Pour la préparation de la créatinine aux dépens de l’urine, voyez § 192 :).

Solubilité. — La créatinine est soluble dans l’eau, surtout à chaud. Contrairement à la créatine, elle est soluble dans l’alcool chaud.

Réaction. — La solution aqueuse de créatinine bleuit le papier

de tournesol, brunit le curcuma, et offre une saveur caustique comme l’ammoniaque étendu.

Caractèi'es. — La créatinine se comporte comme une base énergique, et forme avec les métaux des sels doubles. Le plus important est celui qu’elle forme avec le chlorure de zinc. Versez, dans une solution aqueuse ou alcoolique de créatinine, du chlo-

Fiq. 133. — Créatinine.

rure de zinc en solution sirupeuse et dépourvue de toute trace d’acide chlorhydrique, il se produit instantanément un précipité de granules ovoïdes, si la liqueur est concentrée, ou lentement des groupes d’aiguilles très fines si la liqueur est étendue. Au microscope, on constate que ces granules se composent d’aiguilles très fines, disposées concentriquement. Ils sont très peu solubles dans l’eau froide, plus solubles dans l’eau chaude, inso“ lubies dans l’alcool, mais très solubles dans les acides minéraux.

Cette réaction est suffisante pour caractériser la créatinine. Ce corps est en outre précipité par l’azotate d’argent, le chlorure de mercure et par l’azotate de bioxyde de mercure, dans ce dernier cas, lorsqu'on ajoute goutte à goutte du carbonate de sodium .

65. Sarkine (Hypoxanthine). — Évaporez au bain-marie l’alcool de la liqueur B, étendez-la d’eau, rendez-la alcaline au moyen de l’ammoniaque et ajoutez-y une solution ammoniacale d’azotate d’argent. La sarkine se précipite. Laissez reposer le précipité floconneux, lavez-le plusieurs fois par décantation avec

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de 1 eau renfermant de l’ammoniaque, portez sur un filtre, lavez complètement, failes-le chauffer dans un petit ballon avec de l'acide azotique d’un poids spécifique de 1,100 et ajoutez de l’acide jusqu’à ce que tout soit dissous. La liqueur doit être maintenue un peu au-dessous du point d’ébullition. Quelquefois il peut rester quelques flocons de chlorure d’argent. On les sépare

par décantation et on laisse reposer.

Au bout de six heures, il se dépose des cristaux d’azotate double d’argent et d’hypoxanthine.

Séparez le liquide G des cristaux par décantation et mettez-le de côté pour la préparation de la xanthine.

Traitez les cristaux par une solution ammoniacale de nitrate d’argent pour éliminer l’acide azotique libre. Suspendez-Ies dans l’eau et faites passer un courant d’hydrogène sulfuré. Filtrez pour séparer le sulfure d’argent, et évaporez le liquide filtré. La sarkine se dépose sous forme d’aiguilles (fig. 134).

Par ses réactions, la sarkine ressemble à la xanthine, mais elle en diffère en ce qu’elle est précipitée par le nitrate d’argent. Elle est légèrement soluble dans l’alcool ; elle est soluble dans 300 parties d’eau à froid et 78 parties d’eau à chaud, dans les alcalis, dans l’acide chlorhydrique étendu et dans les acides sulfurique et nitrique concentrés.

Fig. 134. — Azotate d’hypoxanthine.

66. Xanthine. — Versez de l’ammoniaque en excès dans la liqueur mère d’hypoxanthine C. Il se formera un précipité floconneux de nitrate d’argent et de xanthine. Lavez-le par décantation, mettez-le en suspension dans l’eau bouillante, et décomposez-le par l’hydrogène Fig. ino.— Chlor- sulfuré. La xanthine se sépare sous forme d’une thine! * * ' * pellicule écailleuse consistant en granules blancs amorphes (fig. 135).

Caractères. — Dans l’ammoniaque, la xanthine se dissout. La xanthine dissoute dans l’acide nitrique et évaporée à siccité laisse

un résidu jaune, qu’une goutte de soude caustique colore en rouge, mais qui, chauffée, prend une couleur rouge pourpre.

67. Acide urique. — Suspendez le précipité plombique A dans l’eau, décomposez-le complètement par le sulfure d’hydrogène, filtrez et concentrez le liquide filtré au bain-marie ; les cristaux d’acide urique se séparent peu à peu.

Filtrez et mettez à part le liquide filtré (D). Lavez les cristaux sur le filtre, d’abord avec de l’eau, puis avec de l’alcool. Pour les purifier, on les dissout dans de la soude, on précipite par le sulfure d’ammonium, on filtre et on traite par de l’acide chlorhydrique dilué.

Ces cristaux (fig. 136) ont la forme de tables rhombiques. Ils sont insipides et inodores, insolubles dans l’alcool et l’éther. Ils sont solubles dans la glycérine bouillante, très peu solubles dans l’eau froide ou bouillante.

Réaction de la murexide. —

Placez de l’acide urique dans un verre de montre avec une ou deux gouttes d’acide azotique et évaporez jusqu’à siccité à une température peu élevée, il reste un résidu jaune, qui devient rouge, quand il est complètement sec. Versez une goutte d’ammoniaque sur le bord du verre, l’acide urique prend une coloration pourpre magnifique. Si on traite le résidu par une goutte de potasse ou de soude, au lieu d’ammoniaque on obtient une coloration bleu-violet.

68. Inosite. — Évaporez le liquide filtré (D) jusqu’à ce qu’il se trouble d’une manière persistante au contact de l’alcool. Ajoutez un égal volume d’alcool et chauffez, le trouble disparaît. Laissez reposer pendant plusieurs jours, l’inosite cristallise. Ses cristaux appartiennent au système clino-rhombique et sont groupés en forme de choux-fleurs. Si les cristaux ne se forment pas, ajoutez de l’éther et, si cela est nécessaire, évaporez presque à siccité ;

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ajoutez un peu d’acide azotique, évaporez de nouveau, humectez le résidu avec du chlorure de calcium et enfin évaporez une troisième fois. Si l'inosite est présente dans la liqueur, il restera une tache rosée.

S’il s’est formé des cristaux, dissolvez-en quelques-uns dans l’eau et essayez la même réaction.

69. Cerveau. — Le cerveau renferme de la cholestérine et du protagon, qui se décompose facilement en lécithine et cérébrine, outre des matières albuminoïdes, qui forment principalement le cylindcr axis et qui sont insolubles dans l’eau. Le protagon se trouve probablement dans la substance blanche des nerfs.

Le poids spécifique du cerveau se détermine parle procédé indiqué dans l’appendice § 220, et la quantité d’eau qu’il renferme est donnée par la perte de poids qu’il subit, après qu’on l’a desséché dans une étuve ou au-dessus d’une capsule renfermant de l'acide sulfurique. Pour séparer les matières contenues dans le cerveau, on le débarrasse autant que possible des vaisseaux et des membranes qui l’entourent, on le lave avec de l’eau, et on le réduit en bouillie dans un mortier. On le mélange avec un grand excès d’alcool qu’on laisse agir pendant plusieurs jours, en ayant soin de remuer souvent la masse. On sépare par filtration l’alcool, et on le met de côté pour préparer la lécithine A.

On broie de nouveau le cerveau et on l’épuise par de grandes quantités d’éther, jusqu’à ce que le liquide ne se charge plu de lécithine, ni de cholestérine, ce que l’on reconnaît en faisant évaporer une petite quantité d’éther chaque fois qu’on le sépare du cerveau. On conserve l’éther et on traite à plusieurs reprises le cerveau par de l’alcool bouillant, et on filtre à chaud. Par le refroidissement, la cérébrine cristallise mêlée a de la lécithine.

70. Protagon. — En 1865, le Dr Oscar Liebreich découvrit dans le cerveau un principe immédiat défini, contenant du phosphore, auquel il donna le nom de protagon. L existence de ce corps, d’abord admise par Hermann et Hoppe-Seyler, fut ensuite remise en question par les expériences de Diaconow, qui tendaient à prouver que c’était simplement un mélange de

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lécithine avec un corps dépourvu de phosphore : la cérébrine. Le professeur Arthur Gamgee et le Dr Ernest Blankenhorn se sont récemment occupés de ce sujet et sont arrivés à la conclusion, que le protagon est un composé chimique défini, dont la formule est G 160 H 308 N 5 Ph35. Ce corps peut-être isolé de la manière suivante : des cerveaux de bœufs parfaitement frais sont débarrassés autant que possible du sang et des membranes qui y adhérent. Ils sont ensuite mis à digérer pendantlS à 24 heures avec de l'alcool à 85° dans une étuve maintenue cà une température de 45°. La liqueur est filtrée pendant qu'elle est encore chaude, et la substance cérébrale insoluble est traitée avec de nouvelles quantités d'alcool, tant que le refroidissement à 0° détermine un précipité floconneux blanc jaunâtre. Le précipité est recueilli sur un filtre et porté de là dans un flacon bouché où on l'agite avec de l’éther, de façon à dissoudre la cholestérine. L'éther est ensuite séparé par filtration et décantation, et la matière insoluble qui reste est désséchée d’abord à l’air entre des feuilles de papier à fdtre suédois et ensuite sous la cloche pneumatique en présence de l'acide sulfurique. La masse ainsi obtenue, qui doit être d’un blanc de neige, est réduite en poudre, humectée avec un peu d'eau et mise à digérer pendant plusieurs heures dans de l’alcool chauffé à 45°. On laisse ensuite refroidir très graduellement la liqueur, et le protagon se sépare sous la forme de cristaux microscopiques ordinairement disposés en rosettes. Ces cristaux sont recueillis sur un filtre, lavés avec de l'éther, desséchés d'abord à l’air, puis à l’aide de l’acide phosphorique, et enfin on les fait recristalliser aussi souvent qu'il est nécessaire. Avant de faire recristalliser les cristaux, il faut les pulvériser et terminer l’opération en agitant avec de l’éther.

Le protagon ainsi obtenu est une substance qui n'est point hygroscopique, qui se dissout difficilement dans l’alcool et l'éther à froid, plus facilement à chaud. Elle est soluble dans l’acide acétique cristallisable, mais précipite par refroidissement.

Quand on chauffe du protagon avec une solution d’hydrate de baryum, il se décompose et donne naissance à de l’acide phosphoglvcérique, à des acides gras et à une base, à laquelle Liebreich a donné le nom de neurine, et qui paraît être identique à lacholine.

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71. Cérébrine. — Pur if cation. — Après avoir séparé par filtration les cristaux de cérébrine de l’alcool qui a servi à les extraire (§ 69), lavez-les dans de l’éther froid et faites-les bouillir pendant une heure avec de l’eau de baryte. Faites passer un courant d’acide carbonique à travers le liquide pour précipiter l’excès de baryte ; filtrez et lavez le précipité avec de l’eau froide et puis avec de l’alcool froid. Faites chauffer ensuite le précipité avec de l'alcool dans une capsule pour extraire la cérébrine et filtrez à chaud. Par refroidissement les cristaux de cérébrine se déposent. On les redissout de nouveau dans de l’alcool chaud, on laisse recristalliser, on lave avec de l’éther et on dessèche à une température modérée.

La cérébrine se présente sous la forme d’une poudre blanche hygroscopique. Chauffée sur une lame de platine, elle brunit, fond et puis brûle.

Sa préparation montre qu’elle est insoluble dans l’alcool froid, mais soluble dans l'alcool chaud, et qu’elle n’est point décomposée par l’ébullition en présence de l’eau de baryte.

Placée dans l’eau elle se gonfle lentement, à peu près comme l’amidon.

72, Lécithine. — Ajoutez à l’extrait alcoolique (A) une solution de chlorure de platine acidifiée avec de l’acide chlorhydrique ; il se forme un précipité floconneux jaunâtre de chlorure de platine et de lécithine. Filtrez; dissolvez le précipité dans l’éther, et faites passer dans la liqueur un courant d’hydrogène sulfuré pour précipiter le platine. Filtrez de nouveau et évaporez. Le résidu est du chlorure de lécithine qui a 1 apparence d une masse analogue à la cire.

Décomposition. — Cette masse, traitée par les acides ou par de l’eau de baryte bouillante, se décompose en acide phosphoglycérique, en neurine et en acides gras.

La solution de chlorure de lécithine dans 1 alcool versée dans de l’eau de baryte bouillante se décompose, et il se dépose un précipité visqueux.

73. Neurine. — Filtrez; faites passer un courant d’acide car-

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hil

bonique à travers la liqueur pour enlever la baryte, ûltrez de nouveau ; évaporez à siccité, et épuisez par l’alcool. Ajoutez à l’extrait alcoolique du chlorure de platine, il se forme une composition de chlorure de platine et de neurine. Le platine peut être enlevé par l’hydrogène sulfuré de façon à obtenir du chlorure de neurine ; mais ce corps cristallise difficilement.

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