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CHAPITRE IV Remorciaage

Article 1.

Mode de remorquage. — Il y a deux manières de donner la remorque à un navire. La plus employée consiste à le traîner derrière soi au moyen d'une ou de deux amarres fixées d'un bout au remorqueur, de Tautre à Pavant du remorqué. Ce mode de remorquage est applicable à plusieurs navires à la file; on le nomme remorquage en arbalète. On remorque aussi un navire en étant fixé bord à bord avec lui et en le tenant légèrement écarté au moyen de défenses et d'arc-boutants. C'est le remorquage à couple usité dans des rivières sinueuses, sur des rades où il n'y a pas de mer, dans les ports, entre torpilleurs par exemple, et pour conduire au feu un navire sans machine ou en avaries.

A la mer, ce dernier mode de remorquage est praticable par temps très maniable; on y a recours pour charbonner avec un bâtiment muni d'appareils Temperley.

Filins employés dans les remorquages. — Les remorques devant pouvoir résister à l'efi^ort de traction effectué par le remorqueur, c'est toujours celui-ci qui les fournit. Elles sont proportionnelles à la force du remorqueur, toujours la même, qu'il remorque un gros ou un petit bâtiment. Pour cet usage, on emploie des aussières en chanvre ou en fils d'acier et des grelins. Les grelins . ont une élasticité plus grande que les aussières et peuvent plus facilement résister aux chocs produits par les tangages du remorqueur et du remorqué. Les aussières

métalliques ont une résistance plus grande que celles en chanvre pour le même poids. C'est ce type qui est aujourd'hui réglementaire à bord; il comporte des aussières de grandes et de petites remorques, de 200 à 300 mètres de longueur.

Les bâtiments reçoivent en outre des aussières d'amarrage de 200*° et des aussières de halage de 150 à 200"°. Ces aussières, en acier, sont entretenues au gras, c'est-à-dire au suif ou à l'huile; mais il est à remarquer que celles qui sont huilées se manœuvrent plus aisément que les autres.

Dans certains cas, par exemple pour des traversées un peu longues, on peut employer les chaînes de bossoir comme re-

Dimensions et résistances des aussières en fil d'acier.

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(1) Bien que les calibres énumérés ci-dessus figurent seuls au Règlement d'ar* mement, on a quelquefois Toccasion d'employer les calibres intermédiaires (dimension réelle) : 153 m/m, 130, 96, 54, 51, 45, 42, 26.

(2) Pour la fourniture des aussières en fil d'acier, on admet que celles à 2 câblages doivent avoir une résistance de rupture égale à 110* par millimètre de section métallique, et celles à 3 câblages une résistasee de 100*.

morqae; la manœuvre de prise de la remorque est un peu plus délicate et plus longue qu*avec une aussière.

Ainsi le Duqtiesne a remorqué le Fabert pendant 24 heures à 8»*% avec les chaînes de bossoir de ce dernier et réciproquement.

Installation des remorq[ues. — Les remorques se terminent aux extrémités par un œil d'assez grande dimension avec cosse courante et manille servant aux aiguiUetages. Elles sont disposées sur tourets munis de manettes, de freins, et placés au-dessous du pont cuirassé. Les aussières d'aman*age et de halage sont également disposées sur tourets. >

Le passage des aussières se fait par des écubîers ou par des ehaumards à rouets placés sur les ponts supérieurs et sur les lisses, et de préférence par des ehaumards, en raison de la dimension de Tœil ou des ajuts des aussières et de la facilité de manœuvre qui en résulte.

Les points fixes des remorques sont généralement constitués par des bittes solidement établies dont le diamètre est fonction de la raideur des aussières employées : on parait admettre aujourd'hui que le diamètre des bittes ne doit pas être inférieur à quinze fois le diamètre nominal de la remorque. A défaut de bittes suffisantes, sur les cuirassés et les grands croiseurs, le point fixe est pris sur les tourelles soit directement, soit par Tintermédiaire de pantoires à crocs d'échappement. On se sert aussi de bouts de chaînes et de pattes d'oies en chaînes portant dés crocs ou des manilles d'assemblage.

Quelquefois on assujettit les remorquessur les chaînes d'ancre; mais ce procédé peut empêcher le remorqué de mouiller et l'exposer à être envahi par l'eau de mer au-dessu^ du pont blindé.

Les appareils accessoires comprennent des pendeurs avec bagues pour soutenir les remorques au-dessus des hélices, des griffes permettant de frapper des caliomes sur les aussières en acier et des étrangloirs munis de freins, tels que le stoppeur Harfield, pour filer les remorques à la demande. (CSes derniers appareils sont encore en essais.) A défaut d'étrangloirs, les remorques sont lovées d'avance à grands plets et on fait usage de bosses cassantes.

A bord des navirest à roues, les écubiers de remorque sont as-^ sez souvent placés à la partie arrière des tambours des roues : de cette, façon, les remorques appellent d'en dehors et forcent moins contre Tarrière. Cette installation met entre les mains du manœuvrier un moyen puissant pour évoluer, en choquant Tune ou l'autre des amarres.

Sur. les anciens navires à hélice, les écubiers de remorques sont situés vers les port-haubans de grand*màt, à hauteur de la batterie sur les navires à batterie couverte, et sur le pont pour les autres. .

Cette disposition et la précédente conviennent au remorquage double en arbalète ; elles rendent les opérations préliminaires assez longues et nécessitent Tégalisation des remorques, ce qui est toujours difficile à réaliser et, en tous cas, aléatoire.

D'ailleurs, avec une seule remorque de résistance suffisante, la sécurité est à peu près égale à celle du remorquage double car le plus souvent la rupture d'une aussière peut entraîner celle de la seconde, en raison du coup de fouet qui se produit en pareil cas. Sur les navires actuels à hélices débordantes, il est encore préférable que la remorque soit simple; on atténue ainsi les risques de la voir s'engager dans les hélices. Ce dispositif de remorquage est maintenant réglementaire; l'aussière passe dans un fort chaumard établi dans le plan longitudinal du navire.

Les remorqueurs des ports fixent la remorque à un croc d'échappement ou bien elle passe dans une poulie de retour placée au centre du navire, et le gaillard d'arrière est surmonté d'ar- Qeaux en fer qui permettent de faire passer la remorque d'un bord à l'autre et surtout de rendre les évolutions plus faciles-

•A bord des torpilleurs, le dispositif de remorquage consiste en une ceinture en fil d'acier, installée à demeure, entourant le bâtiment et se terminant à l'avant par un croc à échappement et à l'arrière par une cosse. (Voir chapitre XII.)

En ce qui concerne les embarcations, non munies d'installations spéciales, la remorque doit être amarrée sur un banc ou tournée à une boucle du fond. Ni le tableau ni Tétrave ne

seraient assez solides pour supporter la tension du remor* quage par mer agitée ou quand l'objet remorqué offre une résistance appréciable.

Pour tourner une remorque, on prend plusieurs tours de bitte, et sur le bout restant on frappe des bosses et des griffes, puis Tœil de Fextrémité est aiguilleté à une solide boucle. Des bachots sont disposés à portée pour pouvoir couper les aiguillettes des bosses et Tamarrage de Tœil dans le cas où il faudrait filer précipitamment la remorque. D'une manière générale, on met des paillets à tous les portages. Enfin l'installation des remorques comporte quelquefois celle d'un va-et-vient établi de mât à màt entre le remorqueur et le remorqué. (Voir chapitre XII.)

Article 2. -r- Remorquage en arbalète.

Prendre et donner la remorque à la mer. — En

principe, la remorque est toujours fournie par le remorqueur, s'il en possède de suffisantes, et dans le cas contraire, par le remorqué, mais c'est toujours celui-ci qui l'envoie prendre, ou la fait porter par ses embarcations.

Le remorqué s'applique à maintenir son cap, tout en réduisant son sillage le plus possible, et il tient ses canots prêts à porter un faux-bras de 300 mètres de longueur environ. Ce faux-bras destiné à être frappé sur l'œil de la remorque est lové en grande partie dans la chambre.

Le remorqueur ayant pris toutes ses dispositions, monté et lové la remorque, passé celle-ci dans le chaumard ou l'écubier, et tourné ou croche le bout restant, vient passer à petite distance du remorqué, du bord qu'il juge convenable, en le prolongeant de l'arrière à l'avant avec une vitesse très peu supérieure à la sienne. Il appelle à lui les canots quand il juge le moment favorable. La remorque est filée à la demande, halée à bord du remorqué et tournée. Le remorqué hisse le pavillon

98 MANUEL DU MANŒUVEIER.

jaune, aussitôt paré; le remorqueur prend alors la direction du groupe et fait route en augmentant progressivement de vitesse.

Dans beaucoup de circonstances, par mauvais temps^ par exemple, un bâtiment bien manœuvrant aura avantage à élonger le remorqué d*assez près pour qu*on puisse envoyer à la main des lignes lestées sur lesquelles on amarre le faux-bras de la remorque.

i le remorqueur ne peut se rapprocher suffisamment et qu'on ne veuille pas se servir des embarcations pour élonger un faux-bras, on fera usage du canon porte-amarres en tirant de manière à capeler sur le remorqué la petite ligne qui est frappée sur un faux-bras de remorque en pitre ou sur un faux-bras ordinair egarni de flotteurs.

Les bâtiments ont encore la ressource d'appliquer la méthode des enlacements qui consiste à donner la remorque en filant à la mer une aussière en manille, supportée de distance en distance par des flotteurs en bois, et sur laquelle le remorqué se laisse dériver (1).

Donner la remorque à un navire au mouillage.

— Quand un navire au mouillage doit être remorqué, il vire à long pic et fait connaître par signaux combien il lui reste de chaîne dehors. Puis il dispose un canot pour manœuvrer le fauxbras de la remorque.

Le remorqueur élonge le navire au mouillage à petite distance et vient se placer devant lui. S'il fait calme et qu'il n'y ait pas de courant, il peut essayer de rester sous vapeur devant le remorqué; il appellera alors à lui le canot en passant, au moment qu'il jugera favorable, selon sa vitesse. Mais s'il n'est pas assuré de rester un temps suffisant à la même place, ou si la proximité de la terre ou d'autres bâtiments l'empêchent de se placer en bonne position, il doit mouiller sur une petite

(1) Dans un exercice d'escadre, environ 45 minutes apiièa avoir stoppé ponr dériver sur une aussière en manille filée par le Latouche-Tréoille, le Lalande avait pris une remorque de 125 mètres en fil d'acier et le Latôuche-Tréville mettait en Towie à 8 nœuds.

touée, juste sur l'avant du remorqué. Dès qu*il est mouillé, il appelle Tembarcation chargée des fomx-l^riMf puis U file ou haie la remorque.

Lorsqu'il vente, le remorqueur veille à ne pas être drossé sur le remorqué en passant près de lui. S'il y a du courant et que le remorqué ne soit pas évité vent debout, on passera toujours au vent de ^ui, avec une certaine vitesse; on sait en effet que le courant, pour un navire qui n'est pas évité vent debout, vient du côté de soujs le vent. Encore ne faut-il pas passer au vent trop près du remorqué car il se produit .autour des bâtiments évités en travers, des remous de courant qu'il est difficile de prévoir pt qui, prenant le navire sans erre, peuvent en jeter l'avait ou f arrière sur le remorqué. Pani ce cas, ayec de la brise et surtout avec du coqrant, le remorqueur devra toujours mouiller sur l'avant du remorqué; ce sera le plus sOr moyen d'éviter des avaries.

iiC remorqueur à roues ne gouvernant pas «a|is vitesse, cerr tain de tomber en travers avec une brise i;tn peu forte, a presque toujours avantage à mouiller.

La longueur à donner aux remorques doit être d'autant pb;i8 grande crue les b&timents ont un déplacement plus considérable et que les diamètres des cercles de giration sont plus grands. En général; Fintervalle entre les deux bâtiments est d'environ 150 mètres.

Lorsque le remorqué a tourné et égalisé les remorquas et hissé son embarcation, il prévient le rep]/)rqueur qui lui signale de déraper. Bientôt les remorques commencent â raidir; celui-ci dérape à son tour en ayant soin de faire machine en avant trè^ doucement pour ne pas tomber en travers. 1^9 ancres sont mises â poste et le remorqueur ^ugmeijite prçgressivement la vitesse de façon ^ ne produire aucun choc ^ur la reiyiOirque. Cet|.e dernière partie de la manœuvre est très délicfUe; elle demande beaucoup d'attention car la moindre bir^squerie dans la mano&uvre des n;iachipes peut produire une tensiop exagérée de la remorque et amener sa rupture.

Donner ifi, remorcjue ^ un navire sous voiles, -r-

Dans ces conditions, le navire à voiles diminue de voilure et de vitesse et au besoin prend la panne, mais une panne molle, afin de rester gouvernant. S'il tenait une panne ardente, ses embardées pourraient gêner considérablement le remorqueur au moment où celui-ci s'approchera. Le remorqueur passe au vent du navire à voiles pour que ce dernier ne dérive pas sur lui; il appelle le canot au moment favorable et lui donne le bout de la remorque.

L'opération de haler et d'amarrer la remorque devant exiger un certain temps, on comprend pourquoi le remorqué doit rester gouvernant : le remorqueur pouvant gouverner lui-même se tiendra tout le temps devant lui assez facilement.

Quand l'état de la mer ne permet pas de mettre d'embarcations à la mer, le remorqueur doit envoyer sur le pont du navire à voiles une ligne de sonde lestée d'un petit sac de sable; sur cette ligne de sonde, le remorqué file son faux-bras sur lequel on frappe l'œil de la remorque.

Le reste de la manœuvre se fait comme précédemment, c'està-dire que le navire à voiles prévient par signaux quand la remorque est tournée et que le remorqueur, après avoir égalisé les aussières, s'il y a lieu, augmente progressivement de vitesse.

Navigation des remorq[ués en arbalète. — Les conventions de remorque et la manière de communiquer entre les deux bâtiments se trouvent dans le Livre des Signaux, Le remorqué fait connaître au remorqueur où il veut être conduit. Le capitaine du remorqueur est chargé de la direction du groupe sous sa propre responsabilité. Il fait gouverner le remorqué au moyen du pavillon national qu'on incline sur le bord où il doit venir. La hampe verticale signifie : gouverner comme ça. La nuit, le pavillon est remplacé par un fanal qu'on hisse du bord où doit venir le remorqué. Le jour, une boule peut être montrée dans les mêmes conditions. Enfin le remorqué est toujours libre de larguer la remorque.

Pour eflectuer une évolution, le remorqueur doit venir le premier et faire gouverner le remorqué de façon que l'avant de celui-ci reste à peu près dans son sillage. Si le mouvement se

faisait simultanément du même bord, la remorque tendrait à contrarier révolution des bâtiments.

Si le remorqueur est plus petit que le remorqué, ou dans tout autre cas, il veille à ne pas tourner plus court que celui-ci ne peut le faire. Autrement, le remorqué, tournant moins vite, entraînerait l'arrière du remorqueur du c6té opposé à Tabatée et les deux navires risqueraient de venir s'accoster à contre-bord; on pourrait être obligé de larguer la remorque et de la redonner à nouveau.

Le remorqué peut faire usage de sa machine ou de ses voiles, mais il veille attentivement à ne pas courir sur la remorque ; s'il s'aperçoit qu'elle ne travaille pas, il diminue de toile ou de vitesse; en un mot il doit toujours se laisser traîner.

Si un homme tombe à la mer, c'est le dernier navire du groupe qui doit s'efforcer de le sauver en n'hésitant pas à larguer la remorque pourvu que cette manœuvre n'offre pas de dangereux inconvénients.

Si pour une raison quelconque, le remorqueur est obligé de stopper sur le champ, il le fait connaître au remorqué et lance vivement dans le vent pour éviter un abordage; le remorqué continue sa route ou laisse porter, ce qui lui permettra, le cas échéant, d'établir la voilure et de manœuvrer à l'aise. S'il fait calme ou si Ton court vent arrière, le remorqueur obligé de stopper vient sur la droite et le remorqué, au contraire, sur la gauche.

Quand on s'aperçoit que la remorque s'use aux portages des écubiers ou de l'étrave, le remorqueur en est prévenu et il diminue de vitesse. A bord du remorqué, on frappe une forte caliorne sur la remorque et dès que celle-ci prend du mou on l'embraque ; puis les bosses, les aiguilletages et les griffes sont remis en place.

Lorsque le remorquage doit être de longue durée, il est bon d'avoir un va-et-vient entre les deux navires de manière à pouvoir remplacer facilement une aussière avariée en n'ayant qu'à ralentir la vitesse, ou à communiquer, par exemple pour approvisionner le remorqué de vivres, de charbon.

102 MANUEL DU MANŒUVRIEB.

Pour larguer la remorque, diminuer de vitesse; dès qu'elle a pris du mou on la largue en prévenant le remorqueur; celoi-^ci la haie à son bord.

Dans le cas où plusieurs navires sont attelés pour remorquer un bâtiment, il est préférable que le plus puissant remorqueur soit le plus rapproché du bâtiment et le plus faible en téte« La direction du groupe appartient à ce dernier navire. Quand le second remorqueur viendra donner la remorque au premier^ déjà attelé, celui-ci devra diminuer de vitesse autant que possible, mais non stopper, car le remorqué pourrait venir Taborder. Par suite, on ne pourra pas se servir d'embarcations pour prendre la remorque; le second remorqueur passera donc assez près du premier pour envoyer une ligne de sonde sur laquelle le faux-bras sera frappé.

Articlb 3. — Remorquage a couplb.

Dans le remorquage à couple, les deux navires sont amarrés bord à bord. On interpose de grosses défenses et on se sert d'espars-pour maintenir Fécartement à Tavant et à l'arrière. Les embarcations sont rentrées en dedans et les pièces mises dans Taxe. On évite de placer les mâts par le travers les uns des autres s'ils portent de grandes vergues, comme dans le cas des bâtiments à voiles et on apique ou on brasse les vergues.

Les remorques se croisent et vont de l'écubier de l'un des navires à Técubier d'embossage de l'autre; les deux navires sont maintenus accostés au moyen de fortes attrapes passées de l'un à Tautre et disposée^ de manière à pouvoir être choquées» on embraquées. Ces amarres et ces défenses sont fournies par le plus grand des deux bâtiments. La direction du groupe appartient au commandant du plus grand navire. Le règlement prescrit d'amarrer droit le gouvernail du plus faible des bâtiments; étendue à tous les cas, cette prescription paraît trop absolue.

Pour prendre la remorque, le remorqueur tâche d'élonger le

remorqué, qui a stoppé et reste gouvernant, avec une vitesse très peu supérieure à la sienne. Le plus grand des deux lanoe des lignes lestées au moyen desquelles les remorques et les amarres sont données. Quand toutes les dispositions sont prises, le remorqueur met progressivement en marche.

Remorquera couple un petit bâtiment muni d'appareils Temperley. — Le remorquage à couple est employé par un bâtiment ayant à charbonner à la mer avec un vapeur muni d'appareils Temperley. Le charbonnier manœuvre comme le remorqueur dans le cas précédent. Il doit être pourvu de fortes défenses, faites par exemple, avec un espars de la dimension d'un mât d'hune garni de distance en distance d'épais bour** relets en aussières et en paillets. Avec un dispositif de ce genre on pourra maintenir entre les deux navires, une fois en remorques, un écartement minimum d'un mètre environ.

Il est toujours facile au bâtiment qui attend le charbonnier de gouverner dans une direction qui permette d'offrir à ce dernier un abri relatif. Le charbonnier se présentera, d'assez près pour que les lignes lestées puissent être envoyées d'un navire à l'autre et du bord dont on aura convenu par signal.

Quand les remorques sont passées en croix et tournées, ainsi que les amarres traversières, le groupe se met en marche en prenant, autant,que possible, la mer debout ou même de l'arrière, et on procède pendant la marche à l'embarquement du charbon.

Les deux navires auront à se servir de leurs gouvernails et de leurs machines pour maintenir entre eux un écartement qui dépend de la longueur des poutrelles des Temperleys et des remous occasionnés par les proues. Pour fixer les idées, un groupe semblable, formé par exemple d'un cuirassé et d'un vapeur de charge, peut marcher à 6 nœuds.

Une pareille manœuvre sera toujours une opération délicate. Elle exige que le vapeur soit disposé d'avance, que sa muraille soit suffisamment résistante (on pourrait le munir d'une forte préceînte comme les remorqueurs) et que les flancs des deux bâtiments soient bien dégagés. Elle ne pourra généralement être tentée que par un temps très maniable.

t04 MANUEL DU MANŒUVRIER.

Remorquer à couple un petit bâtiment coulant bas d'eau. — On peut avoir à prendre à couple un bâtiment coulant bas d'eau. Cette opération, semblable aux deux précédentes, sera faisable par très beau temps et mer calme, autant que le permettra le rapport des masses du navire avarié et du remorqueur, par exemple un cuirassé ou grand croiseur ayant à sauver un torpilleur. Le remorqueur opère le sauvetage du personnel qui évacue le bâtiment comme il est dit au chapitre Y. En plus des remorques et des amarres, on tâche de cititrer le petit bâtiment au moyen de solides aussières ou de chaînes tournées aux mâts et aux tourelles du remorqueur. Pour alléger les compartiments qui remplissent, le remorqueur élonge des manches aspirantes et, d'une manière générale, avec les palans d'embarcation, avec les mâts de charge, il débarque les gros poids mobiles, tels que les canons, les torpilles, les tubes, les projecteurs. Pour contrebalancer dans une certaine mesure l'inclinaison résultant d'une immersion plus accusée de sa conserve, le remorqueur remplit ses ballasts du bord opposé et déplace des poids, par exemple du charbon et des projectiles; le cas échéant, il oriente ses tourelles à contre-bord. Enfin dès que cela est possible, on cherche àétancher la voie d'eau (voir chapitre' V), on dispose des barriques vides, des flotteurs sur les flancs du petit bâtiment et on ferme hermétiquement ses panneaux afin de ne pas l'exposer à couler si les amarres viennent à se rompre, ou si elles sont larguées volontairement. Dans cette éventualité, les amarres doivent pouvoir être larguées aisément; en tous cas, on dispose, à proximité des retours, des haches et des scies à fer pour couper au plus vite les aiguilletages et même les aussières, en cas de nécessité.

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