PERSONNEL
Manœuvre à faire quand un abordage est imminent. — Le règlement international a soin de spécifier que, dans cette éventualité, le navire qui d'après les règles devrait s'efforcer de laisser à Tautre la route libre, ne peut être seul à manœuvrer, mais que l'autre navire doit faire, de son côté, telle manœuvre qu'il jugera la meilleure pour éviter l'abordage (art. 21, Nota).
Les efforts communs n'ont de chance d'aboutir que s'ils sont concordants^ aussi voit-on l'intérêt qui s'attache à ce que le premier des deux navires qui aperçoit l'autre fasse connaître immédiatement, au moyen de signaux phoniques, la décision qu'il a prise et surtout le bord sur lequel il vient.
MANŒUVRES DU NAVIRE A VAPEUR. t31
Il ne saurait exister aucune règle pour indiquer le parti à prendre dans toutes les circonstances, le coup d*œil et le sangfroid seront les meilleurs guides en de telles occasions. Cependant, on peut remarquer qu'en dehors du cas où les deux navires qui s'aperçoivent font des routes directement opposées, cas exceptionnel d'ailleurs, la collision sera d'autant plus grave qu'au moment du choc les routes des deux navires feront entre elles un angle plus voisin de 90®. Il faut donc que les bâtiments, tout en manœuvrant pour casser leur erre, cherchent à évoluer le plus rapidement possible de manière à substituer à l'abordage un frôlement toujours moins dangereux.
Sur les bâtiments à deux hélices, il conviendra même de décider, suivant les qualités du navire, s'il est préférable de battre en arrière à toute vitesse avec les deux machines, en renonçant à utiliser toute l'action du gouvernail, ou, au contraire, de se contenter de stopper un bord et de faire en arrière de l'autre pour hâter l'évolution du bâtiment.
Certains navires, impuissants à casser rapidement leur erre, mais qui, en revanche, tournent avec facilité dans un espace restreint doivent, en pareille occurrence, s'attacher surtout à abattre rondement, tandis que d'autres bâtiments doués de puissantes machines et de médiocres qualités évolutives,, ne peuvent guère compter, pour amortir le choc et peut-être l'éviter, que sur l'effet de leurs hélices lancées à toute vitesse en arrière.
Si les bâtiments se trouvent dans des parages où la hauteur du fond permet de mouiller, ils ne doivent pas hésiter à sacrifier au besoin leurs ancres en les laissant tomber l'une après l'autre, en commençant par celle du bord sur lequel ils veulent abattre.
En tous cas, dès que l'on juge une rencontre imminente, il faut avoir soin de faire fermer les portes étanches. On ne saurait trop se hâter, car cette opération demande toujours un certain temps.
Mise à l'eau des embarcations. -— Sauvetage du personnel. — Dès qu'un abordage s^est produit et qu'une voie d'eau s'est déclarée à bord d'un bâtiment, son équipage est rappelé aux postes de combat s'il s'agit d'un navire de guerre, aux postes prévus pour cette éventualité s'il s'agit d'un navire de
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commerce. Le Commandant fait prendre, parmi les mesures indiquées au chapitre X du présent manuel, toutes celles que comporte la situation.
Quand tous les moyens dont dispose le bâtiment sont reconnus impuissants à franchir la voie d'eau et à sauver le navire^ le commandant ordonne d'amener les embarcations et de se préparer à évacuer Téquipage.
En môme temps des secours sont demandés par signal à tous les bâtiments en vue.
Toutes les embarcations immédiatement utilisables sont amenées par leur armement régulier. Les patrons et les brigadiers embarquent seuls.
Gela fait^ on tente de mettre en dehors la chaloupe et les embarcations qui se trouvent sur leurs chantiers. Si le temps manque, on se contente de les désaisir et de les décoincer, on rabat les parties mobiles des chantiers, s'il en existe ; les drômes sont fortement saisies sur les bancs au centre de Tembarcation.
Si le bâtiment s'incline, les embarcations hissées sur les portemanteaux du bord opposé à la bande et que les formes de la coque ne permettent pas d'amener à la iner, sont rentrées en dedans et déposées sur le pont, autant que possible dans un endroit bien dégagé. Leurs bossoirs sont aussitôt repoussés en dehors et maintenus dans cette position par leurs bras qui doivent être solidement tournés. Toutes les manœuvres passant à Taplomb des embarcations sont coupées de manière à permettre à celles-ci de rester à la surface ou d'y revenir quand le bâtiment coulera. Les drômes sont saisies sur les bancs.
Tous les objets mobiles susceptibles de flotter sont désaisis. Il est bon, du reste, que cette éventualité ait été prévue à l'avance et que ces objets soient marqués d'un signe très apparent. Les saisines des bouées de sauvetage sont coupées. Si le bâtiment ne possède pas un nombre de ceintures suffisant pour que chaque personne embarquée soit munie de la sienne (i), la distribution des ceintures disponibles doit être faite par les
(i) Sur certains paquebots, on trouve une ceinture auprès de chaque couchette.
MANŒUVRES DU NAVIRE A VAPEUR. t33
hommes désignés à cet effet, en commençant par les femmes et les enfants quand il s'en trouve à bord, et, à défaut par les mala^ des, les blessés, par ceux, enfin, dont l'inaptitude à la natation est reconnue.
Avant de laisser monter sur le pont le personnel mécanicien, Toflicier chargé des machines fait fermer soigneusement les soupapes d*arrêt du collecteur de vapeur des machines principales et soulager les soupapes de sûreté. Si on en a le temps, les prises de vapeur des appareils d'alimentation indépendants sont ouvertes en grand, les registres des machines motrices sont fermés et, par surcroît de précaution, on s'assure que les mises en train sont à mi-course (1).
Cela fait, le personnel mécanicien va se ranger sur le pont à la place qui lui est assignée.
L'officier chargé des machines s'assure par lui-même qu'il ne reste personne dans les fonds et, en montant, il fait fermer derrière lui toutes les ouvertures, hublots, panneaux, portes étanches qui seraient restées ouvertes.
Une fois ces dispositions prises, les hommes de l'équipage et les passagers sont rangés sur le pont, les officiers les répartissent par petits groupes dont ils surveillent personnellement l'embarquement, au fur et à mesure que les embarcations se présentent devant les échelles ou les coupées désignées.
L'évacuation doit toujours commencer par les malades et les
Dispositions concernant les embarcations amenées. - Les embarcations amenées se tiennent le long du bord sur les faux-bras. Ceux-ci ne d(»ivent en aucun cas être tournés aux bancs ou à l'étrave mais sont simplement tenus à la main. Les patrons et les brigadiers veillent attentivement les mouvements du bâtiment et se tiennent prêts à déborder.
D'une manière générale, les embarcations doivent se porter vers l'extrémité du navire qui est actuellement la plus élevée.
(1) Il faut éviter à tout prix que les .machines soient en marche au moment où le bâtiment coulera. Lors du naufrage du Victoria, un grand nombre d'hommes qui nageaient le long du bord ont été tués par les hélices tournant encore.
Si celte extrémité est l'arrière, il y a liea de ne pas se tenir à l'aplomb des hélices qui peavent émerger tout d'un coup. A l'avant il faut se garder de se laisser prendre sous les pattes d'ancre.
Si les circonstances le comportent, les embarcations reçoivent des vivres.
Envoi de secours. — La circulaire ministérielle du 11 octobre 4898 fixe la composition de la drôme d'embarcations à rames à délivrer aux différents types de navires de la flotte.
Gomme l'indique le tableau ci-joint, les embarcations d'un bâtiment de guerre ne peuvent porter qu'une fraction de son équipage variant, suivant le type du navire, des 53 % aux 75 % de l'effectif total.
Un bàtin>ent moderne de la marine française, complètement armé, ne pourra donc jamais opérer le sauvetage de tout son équipage au moyen de ses seules embarcations. Si l'abordeur, ou tout autre navire, ne peut venir à son secours, il ne lui restera d'autre ressource que de construire un radeau. (Voir Chapitre X.)
Généralement, quand deux navires se sont abordés, leurs avaries sont d'inégale importance et l'un des deux peut contribuer au sauvetage de l'autre.
Si la mer est mauvaise, le bâtiment de secours tentera de se placer au vent et à petite distance du navire dont la disparition est imminente. Il filera de l'huile en quantité suffisante pour permettre d'effectuer sans trop de danger l'évacuation de l'équipage. Si l'état du temps le permet, il armera ses embarcations.
* Celles-ci devront éviter, autant que possible, de gêner la mise à l'eau des embarcations du bâtiment secouru ; elles se tiendront sur les avirons jusqu'à ce qu'on leur ait fait signe d'approcher.
Elles accosteront alors en prenant toutes les précautions indiquées plus haut au sujet des hélices et des ancres; on évitera avec la plus grand soin de tourner ou de laisser engager les faux-bras qui pourraient avoir été lancés pour faciliter l'accostage, ainsi que les échelles, cordes & nœuds, garants d'embarcations par lesquels descendront les naufragés. Cette précaution ''est essentielle.
Chaloupe
Grand canot. .....
Canot-major. ......
Canots de service, . . , Canot du Commandant.
Baleinières. ......
Youyous
Canonnières cuirassées.
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Néant Néant Néant
1 de 6"»
Néant
2 de 7»
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Totaux.
De 96 à 110.
Néant
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Avisos.
Néant Néant Néant Néant Néant 3 de 6"
1 de 3">50 Totaux. .
De 51 à 75.
Néant
Néant
Néant
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Néant
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De 76 à 100.
Néant
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Néant :
Néant
3 de 6"
1 de 3'"50
rVOTA. — Les cuirassés de croisière dont le type ne serob
POjur la détermination du nombre d'hommes qui devront pouvoir être poi de 53 <*/o de reffectif total offlciers c;ompris. Cette fraction a Iméme été perlée ;à <
Une fois Tévacuation terminée ou le bâtiment disparu, le bâtiment de secours se portera sur le lieu du sinistre en s'efforçant d y arriver sans erre, pour recueillir les embarcations et les hommes qui se seront jetés à la nage. Des bouts de filin de
toute sorte, des échelles etc., seront suspendus le long du
bord; on veillera cependant à ce que les hélices ne puissent être engagées.
Dispositions communes à toutes les embarcations. — Autant que possible, le commandement de chaque embarcation, tant de Tabordeur que de Tabordé, doit être confié à un officier ou, à défaut, à un sous-officier expérimenté.
Le chef d'une embarcation employée à un sauvetage doit mettre toute son attention à ne pas la laisser surcharger. Les chiff'res inscrits dans le tableau ci-joint constituent, à cet égard, une précieuse indication.
Si la mer n*est pas très belle, il ne devra pas les laisser dépasser, car Tembarcation ne tarderait pas à remplir ou à chavirer.
C'est donc pour lui un impérieux devoir de s'éloigner du bâtiment en danger dès qu'il a reçu le nombre de naufragés qu'il s'est fixé..
Il devra s'attacher à faire asseoir tout le monde soit sur les bancs soit dans le fond du canot et exigera ensuite l'immobilité de la part des passagers^ de manière à ce que l'embarcation n'éprouve aucun balancement anormal et que la manœuvre des avirons ou des gaff*es soit toujours possible.
S'il y a lieu de recueillir un homme à la mer, le patron veillera à ce que le naufragé soit soutenu jusque par le travers de la chambre et embarqué ainsi à l'arrière par les deux ou trois personnes qui se trouveront le plus à portée. De celte façon, les avirons ne seront pas engagés et l'embacartion pourra être maintenue debout à la lame.