CHAPITRE VIII Manœuvres de mauTais temps
Article I". — Navires au mouillage.
Mouillage en rade foraine. Précautions que doit prendre un navire à vapeur à toute apparence de mauvais temps. — En principe^ tout bâtiment mouillé en rade foraine devra toujours être prêt à appareiller et avoir par conséquent ses feux allumés.
Le bâtiment à vapeur résolu à subir un coup de vent au mouillage, a le précieux avantage de pouvoir, en s'aidant de sa machine, aller mouiller une deuxième ancre à la hauteur de la première, autrement dit affourcher. Ce mode d'amarrage, incontestablement le meilleur, tire son avantage de ce que, les touées des chaînes étant suffisantes, le bâtiment ne fait plus d'embardées; Teffort est toujours réparti sur les deux ancres qui, travaillant dans une direction fixe, risquent moins de chasser.
On doit, même si la machine est en avarie, allumer les feux pour pouvoir actionner les machines auxiliaires (cabestan, treuils, pompes, etc.).
Bâtiments sur une seule ancre. Ancre mouillée en plomb de sonde. — Dès que la brise fraîchit ou que le mauvais temps devient probable, il faut diminuer l'effort que le bâtiment exerce sur son ancre, assurer une meilleure tenue
174 UANUEL DU MANŒUVRIER.
de celle-ci sur le food, et augmenter la touée de façon à empêcher la chaîne de se raidir trop brusquement sous Teffet des rafales et des lames.
On diminue donc le fardage en serrant les tentes ou les tauds, amenant le linge etc., et on file de la chaîne en quantité suffisante pour éviter les chocs produits par le tangage, les embardées et les efi'orts d'acculée du bâtiment. Malgré la sécurité qu'ofire une longue touée, il faut toigours prévoir une circonstance quelconque amenant une rupture brusque de la chaîne ; aussi, dès que le temps force, est-il prudent de mouiller la seconde ancre de bossoir en plomb de sonde. Pour celte opération, on choisit de préférence le moment où le bâtiment embarde du bord opposé à la première ancre dont la chaîne est en même temps légèrement filée. La chaîne de la seconde ancre est peu filée mais Tétrangloir reste ouvert et on tient du monde prêt à le fermer si cela devient nécessaire.
En réalité, le plus souvent, on mouille en plomb de sonde, sans filer la chaîne de la première ancre. Dans ces conditions, la seconde ancre a très peu de chances décrocher et elle n'ofiPre, par conséquent, qu'une sécurité trompeuse. Elle ne pourrait même pas suppléer à une veille défectueuse dans le cas où Ton penserait pouvoir être prévenu de la rupture de la première chaîne par le bruit que ferait la seconde en filant.
Pour s'assurer que le navire ne chasse pas, on a grand soin de vérifier les alignements et les relèvements du mouillage et on met une ligne de sonde à la mer.
Si ces précautions ayant été prises, le navire chasse, filer la chaîne des deux bords, en faisant riper fortement pour qu'il ne puisse prendre de la vitesse en arrière; dans ces conditions, Tancre qui chasse a des chances de mordre à nouveau le fond. Fermer les étrangloirs, en faisant travailler également les chaînes si possible.
Quand les indications du baromètre et les apparences du temps donnent la certitude de l'approche du coup de vent, mettre en mouillage toutes les ancres disponibles. MouiUer une troisième ancre au besoin, mais autant que possible en conserver une
qu*onseraheureux de trouver disponible dans une saute de vent.
En effet, lorsque cette saute se produit» le navire vient rondement à rappel de ses ancres; les chaînes en balayant le fond, peuvent les surpatter et, dans ce cas, la tenue du navire est absolument compromise. Après le changement de brise, si les premières ancres chassent, on mouillera donc l'ancre de réserve en filant une bonne touée de chaîne. Si, pendant le coup de vent, on a élé amené à mouiller les ancres de veille, il faut mettre au bossoir l'ancre du grand panneau comme ancre de précaution contre une saute de vent.
Bâtiments affourchés. — A l'annonce du mauvais temps, s'assurer que Ton n'a pas de tours de chaînes.
Enlever Témérillon d'affourche s'il est en place, de crainte qu'une rupture de cet émérillon ne fasse perdre les deux ancres à la fois et aussi pour pouvoir filer les chaînes à volonté. Mettre les autres ancres en mouillage.
Un bâtiment qui n'a pas d'ancre de veille doit mettre son ancre de grand panneau au bossoir aussitôt qu'il est affourché.
Ancres en barbe. — Dans cet amarrage, les ancres sont mouillées les unes derrière les autres, dans des relèvements très voisins de la direction du vent. Le bâtiment fait des embardées, et les chaînes des ancres les plus éloignées risquent de passer et repasser sur les ancres les plus voisines. De plus il est impossible de bien faire travailler ensemble les chaînes des ancres mouillées car, dans les embardées, elles prennent alternativement du mou.
Dans ce cas si la chaîne qui force le plus à un moment donné vient à se rompre, le bâtiment fait tête sur la seconde et le choc peut en occasionner la rupture. Aussi est-il admis qu'on tient mieux avec une seule ancre et une touée double qu'avec plusieurs ancres en barbe n'ayant chacune qu'une touée moins grande.
Il résulte de ces considérations qu'on ne doit, en principe, demander la sécurité à plusieurs ancres mouillées en barbe qu'à défaut de place pour filer une touée considérable.
S'il en est ainsi, le bâtiment laissera tomber ses ancres suc*
cessivement en profitant des embardées de façon que les chaînes ne fassent pas de croix. ' * > » '
Dès que le temps mollira,' il lés relèvera Tune après Tautre.
Filer de la chaîne par mauvais temps. — Avec de la mer on s'exposerait, en ne filant-la chaîne que sur Fétrangloir, à des secousses qui pourraient la casser; on dispose donc à l'avance deux fortes caliornes dont lès pofulies - inférieures sont fixées à des points très solides, en arrière de l'étrangloir. La poulie supérieure de Tune d'elles est ensuite antarrée sur la chaîne, près de l'étrangloir; cette caliome est raidie et son garant pris à retour. Gela fait, on enlève les bosses, on ouvre le moins possible l'étrangloir et on choque très doucement le garant de la caliorne de manière à ne pas laisser le bâtiment prendre de la vitesse en arriére. Quand la poulie supérieure est à toucher la bitte, on tourne le garant, on ferme Téti'angloir et on remet les bosses en place. On fixe alors la poulie supérieure de la deuxième caliorne sur la chaîne près de l'étrangloir, on enlève la première caliorne, on file la chaîne sur la deuxième comme précédemment et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'on ait la touée voulue.
Manœuvrer la machine pour soulager les chaînes. — On doit être très prudent quand on se décide à employer la machine pour soulager les chaînes pendant un coup de vent. ' •
Cette manœuvre, mauvaise en rade foraine, ne peut être utilisée que pour combattre, sur rade abritée, une force constante, le courant par exemple.
On peut dire que, pour bien commander la machine et la barre, l'officier de quart doit voir lui-même la chaîne. Il doitpar conséquent se tenir sur Tavant du bâtiment. De toute manière, il prend par avance les dispositions nécessaires pour assurer la transmission rapide de ses ordres.
L'idéal serait de trouver pour la machine une vitesse telle que les chaînes restassent toujours tendues. On n'aurait plus alors, suivant les rafales ou les accalmies^ qu'A prescrire à la machine de très légères modifications d'allure. <
Mais ce qui est bon pour un navire gouvernant bien et dont la machine, pouvant descendre à une allure extrêmement lente, obéit, pour ainsi dire, à la voix, ne saurait être recommandé à ceux qui ne réunissent pas ces' conditions. On a tout à <;raindre des chocs qui peuvent se produire quand, après une accalmie relative, une nouvelle risée tend brusquement les chaînes.
L'état du temps et de la mer, l'espèce du navire, le genre de machine, les conditions du mouillage constituent les données d'après lesquelles le capitaine jugera s'il est avantageux ou non d'employer son moteur pour soulager les chaînes.
Article 2. — Appareillage.
Appareillage forcé. Foyers qui doivent être allumés. Filer la chaine par le bout. — Sur une rade foraine, exposée à des coups de vent subits^ le navire devant être toujours prêt à prendre le large, aura, chaque soir, ses canots hissés et embarqués, ses tangons rentrés. Il n'affour-« chera qu'en cas d'absolue nécessité. Il gardera ses feux allumés de façon à avoir de la pression dans un court espace de temps. S'il possède des chaudières dont la mise en pression exige peu de temps, il pourra ne conserver allumés qu'une partie des foyers suffisants pour appareiller avant que le temps n'ait forcé.
Au premier indice de mauvais temps, toutes les dispositions d'appareillage sont complétées. On ne reste par conséquent que sur une seule ancre et tous les feux sont poussés ou allumés, car on ne doit jamais hésiter à subir un coup de vent à la mer plutôt qu'à un pareil mouillage.
Un appareillage trop longtemps différé deviendrait impossible par un vent d une grande violence et avec une mer démontée. Bien des bâtiments se sont perdus au mouillage alors que le salut était au large.
On appareillera donc avant que la brise soit trop fraîche et
HANOEOTRIER. — T. III. 12
que la mer ait grossi afin de pouvoir déraper aisément, puis caponner et traverser Fancre sans exposer le personnel à aucun danger.
Si on retardait trop l'appareillage, on serait obligé de démailler la chaîne et de la filer par le bout après l'avoir garnie d'un orin et d'une bouée pour la relever ultérieurement. Maison n'hésiterait pas à prendre cette mesure si on craignait de perdre un temps précieux à déraper.
Aussitôt appareillé, le bâtiment s'éloignera le plus rapidement possible et il prendra la cape, si le mauvais temps l'y oblige, quand il n'aura plus à craindre d'être drossé sur la côte, ce qui est une raison de plus pour appareiller <fe bonne heure.
Article 3. — Mouillaçç,
Mouillage forcé sur rade foraine. — Un navire à vapeur obligé par suite d'une avarie majeure (machine, gouvernail, voie d'eau, etc.) à venir chercher refuge dans une rade foraine par mauvais temps, se présentera comme un bâtiment à voiles pour mouiller ses ancres.
Prendre les dispositions de mouillage en ayant égard à l'étal du temps et de la mer; conserver jusqu'au dernier moment les ancres saisies ; gouverner au vent du point où on veut laisser tomber l'ancre; au moment voulu lancer dans lèvent. Quand le navire aura presque perdu son erre, on mouillera. Faire riper la chaîne; la stopper de temps en temps s'il est nécessaire, pour empêcher le navire de prendre trop de vitesse en arrière et de faire tête violemment; au besoin, faire quelques tours en avant.
Dans le cas où la tenue de l'ancre ne paraîtrait pas assurée et où la violence du vent ferait redouter la rupture de la chaîne, au lieu de venir dans le vent, après avoir mouillé on prolongerait la route perpendiculairement à^ 1^ direction du vent poui^ laisser tomber la seconde anore^
Si, de plus, on ne disposait que d'un espace restreint, on se contenterait de mouiller en barbe, d'abord les ancres du vent et ensuite celle de dessous en gardant assez d'erre pour élonger le peu de chaîne qu'il serait possible d'avoir dehors. Les ancres devant toutes concourir à la tenue du bâtiment^ on les mouille à une certaine distance Tune de l'autre et on tâche de faire travailler leurs chaînes aussi également que possible.
Faire côte (1). — Lorsqu'on aura pris la résolution de faire côte, on fera route avec la plus petite vitesse possible vers l'endroit où le sauvetage paraîtra le moins périlleux à exécuter, pour échouer le bâtiment bien perpendiculairement au rivage. Pendant qu'il sera dirigé sur ce point, on l'allégera de tous les poids, les plus lourds et on fera en sorte de débarquer les canots de drômes.
Dans la plupart des circonstances, il vaudra mieux rester à bord et y attendre des secours ou la fin du mauvais temps que tenter le sauvetage avec les embarcations du bâtiment. Tenir compte de ce qu'en s'échouant à marée haute le sauvetage sera en général plus facile au moment de la basse mer. Si cependant le navire ne peut plus offrir aucun abri, on se verra forcé de l'abandonner; alors on prolongera la côte avec les embarcations, jusqu'à ce qu'on puisse être aperçu par ses habitants qui feront signe d'accoster ou de regagner le large, selon l'état et la nature de la plage et se porteront au secours des naufragés dans des canots de sauvetage ou des bateaux de pêche plus solides et plus marins que les embarcations du navire.
Si l'on se voit forcé d'évacuer le bâtiment et que l'état du temps ne permette pas de communiquer avec la terre au moyen des embarcfitions , on cherchera à installer un va-et-vient. Lorsque le bâtiment s'échoue à proximité d'une station de secours, ou s'il possède lui-même le matériel spécial, il pourra recevoir ou envoyer une ligne au moyen du canon porte-amarre et il procédera, concurremment avec les riverains, à rétablissement d'un va-et-vient. Le bâtiment pourra aussi envoyer le bout
(i) Extrait du Manuel du manceuvrier de Bréart.
de la ligne à terre, à Taide de flotteurs ou d'un cerf-volant lorsque le vent et la mer battent en côte.
Si le naufrage a lieu sur une côte inhabitée ou éloignée d'un centre de population, on fera appel au dévouement de quelques hommes qui s'aventureront à la nage Ou sur un petit radeau pour porter et fixer au rivage le boutdu va-et-^nent. Ces hommes seront munis de ceintures de sauvetage et devront éviter de se trouver à l'eau dans le voisinage d'objets flottants qui pourraient les écraser le long du bord ou au rivage.
Il faudra aussi s'occuper de sauver les provisions nécessaires pour faire vivre le personnel pendant quelques jours, ainsi que des vêtements, quelques armes et munitions, des voiles ou tentes, etc. On campera sur la plage en s'entourant des mesures de défense que Ton jugera nécessaires. Le capitaine enverra de petits détachements commandés par des officiers et, sur leurs renseignements, décidera du meilleur parti à prendre pour atteindre un endroit présentant des ressources.
Tout ce qui vient d'être dit concerne également le bâtiment mouillé sur ses ancres qui se voit porté à la côte parce qu'elles chassent ou cassent.
Lorsqu'il a jugé sa perte certaine, il ne doit pas se laisser jeter par la tempête en un point quelconque du rivage, mais démailler ses chaînes ou les filer par le bout et venir s'échouer perpendiculairement à la côte dans Tendroit qui lui paraît le plus accessible. On doit tenir compte aussi de la possibilité de renflouer plus tard le bâtiment.
Installer un va-et-vient. — Les mêmes dispositions ont été adoptées dans les postes de secours de toutes les nations maritimes pour l'établissement d'un va-et-vient.
Lorsqu'une première communication a été établie au moyen d'une ligne envoyée soit de terre à bord, soit du bord à terre, les naufragés attendent qu'on leur fasse un signal à terre au moyen d'un pavillon le jour, d'un fanal la nuit; à ce signal ils hâlent cette ligne sur laquelle on a frappé une poulie simple à fouet et un cartahu.
Le fouet de cette poulie est amarré solidement soit dans la
mâturie, soit dans les haubans, soit sur une partie résistante du navire et la ligne est dénouée (fig. 56).
Fig. 56.
Fig. 57.
Au signal des naufragés, les sauveteurs amarrent sur le cartahu une aussière qu'ils font parvenir à bord (fig. 57).
Les naufragés prennent Taussière et la fixent à un mètre environ au-dessus de la poulie ; le cartahu est défrappé de l'aussière. Ils font ensuite un signal aux sauveteurs qui envoient à bord une bouée à culotte dans lequelle les naufragés se placent un à un (fig.
58 et 59). Chaque fois qu'un naufragé est installé dans la bouée, les autres font un signal au rivage pour qu'on le hâle à terre.
Deux hommes peuvent prendre passage sur la bouée en mettant une jambe à Tintérieur et en se tenant à cheval sur le bord.
Dans certains cas lorsque la côte est basse, Faussiôre devient inutile et dès que la poulie du cartahu est amarrée à bord, les sauveteurs envoient la bouée h culotte.
MANUEL DU If ANŒUYRIEA.
La poulie et le bout de Taussière portent^ en général, des planchettes avec des instructions écrites.
Fig. 59.
Envoi de la ligne. — 1* Canon porte-amarre. —
Les portées du caAon porte-amarre (1) atteignent par calme au maximum 250 à 300 mètres avec la flèche en fer, elles sont moindres d'environ 50 mètres avec la flèche en bois. Elles augmentent rapidement quand le vent fraîchit et vient de Tarrière. Si Ton a intérêt majeur à obtenir la plus grande portée possible, on pourra, au lieu de la ligne de 6 ™/m 5, employer de la ligne de 4 ™/m 5, à condition qu'elle soit en très bon état.
2** Fusées. — Il existe aussi des fusées porte-amarres spéciales appelées Cunningham-Rockets.
Chaque fusée est placée dans une boîte lui servant d'affût. La boite porte un dispositif destiné à la maintenir dans une position inclinée pour le lancement
La partie supérieure de la fusée renferme la matière fusante qui la fait s'élever à une hauteur considérable; la partie inférieure ou tube à ligne, reliée à la précédente par un raccord
(1) Pour la description et remploi, voit le Manuel du eanonnier.
conique, contient une glène soigneusement lovée de 700 mètres environ de petite ligne de 3 "/m .
Lorsque la fusée (1) s'élève, au moment du tir, cette ligne dont Textrémité est frappée sur Tamarré à envoyer, se déroule régulièrement. Sa portée atteint le plus souvent 400 à 500 mètres.
3° Cerf-volant. — Il peut se confectionner à bord au moyen de toile légère, ou à défaut, de pavillons mis en double ; on forme ainsi un carré d'un mètre de côté que Ton fixe par
Fig. 60.
les angles à deux bâtons mis en croix, des baguettes de fusées de signaux par exemple.
A l'extrémité inférieure du bâton vertical, on amarre une queue faite de morceaux d'étamine attachés de 15 en 15 7m le long d'une ligne de 5 à 6 mètres.
La ligne de communication est amarrée à une patte d'oie fixée elle-même au bâton vertical.
Bien égaliser la surface de l'étofle et laisser un peu de mou pour qu^elle fasse le sac. Employer une ligne bien détordue et la fixer à la patte d'oie par un émérillon. Ce cerf-volant peut enlever, par jolie brise, une ligne de 5 "/«; par bonne brise, une ligne de pèche; par coup de vent, il peut enlever un poids delSkil.
(1) Le poids de la fusée et du tube à la ligne est de 18 •'o*, 140.
Après avoir filé 100 mètres de ligne, on amarre dessus un flotteur (bout d'espars) qui est saisi par les riverains. Si la c6te est bordée de falaises, lorsque le cerf-volant est arrivé au-dessus de la terre, on file en grand et le cerf-volant s'abat de lui-même ou s'abaisse assez pour que les riverains saisissent la ligne.
A ce sujet, il peut être intéressant de signaler un autre type de cerf-volant employé couramment dans les observatoires et susceptible de rendre à l'occasion quelques services (1).
Ce cerf-volant (fig. 60) se compose d'une carcasse très légère en bois quia la forme d'unparallélipipède droit à base rectangulaire. Dans sa hauteur, ce parallélipipède est divisé en trois parties égales; les deux parties extrêmes sont enveloppées d'une bande d'étoffe, la partie centrale et les bases de l'appareil ne sont pas recouvertes. Une patte d'oie est fixée comme l'indique la figure 60 à l'une des grandes faces.
Sous l'action du vent, ce cerf volant prend de lui-même l'inclinaison convenable. Il peut s^éleverà de grandes hauteurs (2). On l'utilise actuellement pour porter des instruments de physique à titre de ballon sonde.
(1) Dimensions approchées d'un cerf-volaut de cette nature : liauteur, l",90; base, 0,60 sur 0,30.
(2) 9000 mètres par exemple.