‹ Manuel du manœuvrierChapitre 14 sur 56 · Phares. — On · texte numérisé non relu

Phares. — On

Fiç. 46. - Bonnette de hune. ^^""^ ^^ "^"^ ^^ phares à

l'ensemble de la mâture, des vergues et des voiles, y compris leur gréement; on dit \e phare de lavant, en parlant de la voilure du mât de misaine, et le phare de l'arrière, en parlant de la totalité des voiles établies

NOMEiNCLATURE GENERALE ET MATELOTAGE. 39

sur le grand mât et le mât d'artimon. On dit aussi quelquefois séparément phare du grand mât et phare d^artimon.

Quand un navire a chacun de ses phares divisé en trois mâts séparés : bas mât, mât de hune, mât de perroquet, et porte, comme nous les avons énumérés plus haut, des basses voiles, des huniers, des perroquets et des cacatois, ce navire est dit à phares carrés ou à traits carrés.

Il y a actuellement une catégorie de bâtiments pour lesquels les mâts de hune sont prolongés par une flèche tenant lieu de mât de perroquet, et qui n'ont plus ni mâts ni vergues de cacatois : ces navires sont dits à phares abaissés (voir plus loin l'article 1 du chapitre IV).

Enfin quelques bâtiments d'un nouveau type, notamment des cuirassés d'escadre et un certain nombre de croiseurs, n'ont plus un seul phare carré ; leur voilure se compose uniquement de focs: et goélettes ; ils sont dits à phares goélettes (voir plus loin l'article 1 du chapitre IV).

105. Laizes. — Les voiles se composent de bandes de toile verticales cousues l'une à l'autre : ces bandes portent le nom de laizes. Leur largeur est de 0°',57 et comme elles se recouvrent environ de 0™,03, la largeur d'une laize cousue est donc de 0'^,54.

Depuis quelques années on se sert également de laizes d'une largeur de 0"*,61.

106. Ralingues. — On nomme ralingue le cordage en trois, cousu autour des bords d'une voile pour la consoHder.

La ralingue de têtière, ou d'envergure, est celle par laquelle la voile est maintenue à sa vergue ou à sa draille.

Les ralingues de chute se trouvent sur les côtés de la voile.

La ralingue de bordure est comprise entre le point d'amure et le point d'écoute : on la nomme aussi ralingue de fond.

107. Ris. — Pour diminuer la surface de toile d'une voile, on procède à l'opération de prendre un ou plusieurs ris,

A cet effet, parallèlement à la ralingue de têtière sont fixés sur l'avant des voiles des filins qui vont d'une ralingue de chute à

Tautre : il y a autant de ces filins qu'il y a de ris et on les nomme filières de ns. Voici différents systèmes de filières.

1° Ris Bélégvic. — Le ris Béléguic se compose de deux filières, Tune sur Tavant, l'autre sur Tarrière de la voile. La filière de

ti II Il — r

Fig. 47. — Ris Béléguic.

Tavant entre en double dans les œils de pie de la bande de ris, formant ainsi sur l'arrière une série de boucles dans lesquelles on passe successivement l'autre filière; Les deux filins font dormant sur les ralingues de chute.

Des garcettes fixées sur la vergue passent sous la filière de Tavant et s'amarrent sur elles-mêmes au moyen d'un cabillot et d'une boutonnière faite dans leur double. Ces garcettes portent le nom de béléguics (voir fig. 205).

2° Ris Consolin, — Il diffère du ris Béléguic en ce qu'il n'a qu'une seule filière, et que les œils de pie, au lieu de se trouver

Fig. 47 ùis. — Ris Consolin.

à égale distance les uns des autres, se trouvent rapprochés deux à deux et placés à 3 centimètres de chaque côté des coutures des laizes.

La filière fait dormant sur la ralingue de chute, passe sur l'avant de la voile, fait un tour mort autour de chaque couture en passant deux fois dans les deux oeils de pie qui l'avoisinent, et va s'arrêter sur l'autre ralingue de chute. Chaque tour mort est maintenu sur l'arrière de la voile par un amarrage plat.

Le ris Consolin est le plus employé sur les bâtiments de la marine militaire.

3° Bis bonne-grâce. — Ce ris a les œils de pie disposés comme

NOMENCLATURE GÉNÉRALE ET MATELOTAGE. H

dans le système Gonsolin, avec une seule filière sur Tavant de la voile.

La filière, au lieu de faire tour mort dans les œils de pie voisins, est passée en double dans le premier œil de pie, de Tavant à l'arrière , de manière à former une petite boucle sur l'arrière de la voile; le bout passe ensuite dans le deuxième œil de la même couture, dans la boucle formée par la filière, et traverse de nouveau la bande de ris, de l'arrière à l'avant, par le deuxième

Fig. 47 1er. — Ris boiiiic-grâcc.

œil de pie. Une bridure est faite à chaque croisement de la ttlière, sur l'arrière de la voile.

On installe encore ce ris en laissant entièrement la filière sur l'avant de la voile; une double patte de voilier ou un erseau, venant de l'arrière de la voile, traverse les œils de pie et se greffe à la filière, sur l'avant , on l'appelle alors ris Merlin.

108. Pattes. — On nomme pattes , de petites boucles ou anses en filin frappées sur les ralingues des voiles et destinées à recevoir les cargues , palanquins , etc. Les pattes à cosse des bandes de ris, des palanquins, passent dans des œils de pie garnis de bagues à queue. Les autres pattes sont épissées sur la ralingue elle-même.

109. Doublages ou renforts. — Les parties des voiles qui sont les plus exposées à s'user par le frottement ou à se déchirer sous l'effort des manœuvres , sont consolidées par des bandes de toile qu'on appelle doublages ou renforts.

On distingue : le doublage des ralingues et des bandes de ris; les renforts des palanquins, des cargues-fonds, des cargues-boulines, du chapeau.

Le tablier des huniers et des perroquets est le doublage placé à l'arrière de la voile, à partir du bas, pour la garantir dans la partie qui frotte contre la hune ou les barres.

Page 1