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Faire les enfléchures. — Pour effectuer l'opération

d'enflécher, on installe, de chaque bord du mât et en dehors des haubans, un espars horizontal soutenu par un cartahu venant du ton du mât et frappé sur l'espars, en patte d'oie, au moj^en d'un grand nœud de chaise : on a eu soin en faisant ce nœud de garder Fig. 14t. — EnUcciiures. une longueur de bout . suffi-

sante pour la frapper sur le milieu de l'espars, ce qui le soutient ainsi en trois endroits et

ilO MANUEL DU MANŒUVRIER.

l'empêche de se courber. C'est sur lui, en effet, que se placent les hommes désignés pour faire les enfléchures; celles-ci sont faite3 en commençant par le bas et on hisse Tespars à mesure que le travail avance.

On peut aussi employer, au lieu de cet espars mobile, plusieurs petits espars fixes, tels qu'avirons, mâts d'embarcation, etc., que Ton bride sur les haubans, parallèlement aux bastingages, de distance en distance.

On se sert, pour faire les enfléchures, de quarantenierde 30 à 40 millimètres, préalablement bien élongéàcoups de palans, pour qu'il adonne moins par la suite. On prend donc le quarantenier, on fait deux demi-clefs renversées sur Favant-dernier hauban, puis successivement sur chacun des autres, jusqu'au deuxième, en ayant soin chaque fois de bien raidir le quarantenier entre deux haubans consécutifs. On coupe ensuite les deux bouts du quarantenier de façon à conserver une longueur suffisante pour faire aux deux extrémités un œil qui, le quarantenier bien tendu, doit presque atteindre le hauban extrême, en laissant toutefois un petit intervalle, nécessaire au ridage de l'enfléchure. Les amarrages des œils sur les haubans extrêmes se font au moj^en de fils de caret.

Pour garder entre les enfléchures un intervalle constant, les gabiers sont munis de petits morceaux de bois, nommées buguettes^ de 30 centimètres de longueur, distance fixée entre deux enfléchures consécutives.

Les haubans extrêmes ne sont enfléchés que de cinq en cinq enfléchures.

238. Gambes de revers, les raidir. — De chaque côté de la hune, à toucher son rebord, à partir du travers du trou de la cheminée et en allant vers l'arrière, sont percés trois ou quatre trous, destinés au passage des lattes des caps de mouton des haubans de hune. Les gambes de revers, en nombre égal à ces trous, sont des bouts de cordage en fil de fer de la force des haubans de hune; l'extrémité supérieure de chaque gambe est munie d'un croc qui se croche de dehors en dedans dans l'œil de la latte correspondante, tandis que l'autre extrémité va passer

ETUDE DU GREEMENT.

lit

de dessous en dessus dans une des cosses fixées sur la manille du cercle de trelingage.

La gambe ainsi disposée, pour la raidir, on frappe sur le bout ^, qui remonte après avoir passé dans la cosse c (fîg. 145), la poulie inférieure p d'un palan dont la poulie supérieure 'p a été

Fig. 145. — Raidir une gambe de revers.

crochée dans une erse e baguée sur le collet de la latte, et dont le garant descend sur le pont au pied du mât après avoir passé dans une poulie de retour r crochée dans une erse fixée sur le mât un peu en dessous du cercle de trelingage. En agissant sur ce palan, on donne à la gambe la tension suffisante; quand on Ta obtenue, on réunit le double et le bout à toucher la cosse et on les ^wç, Tun sur l'autre par un amarrage en portugaise et deux amarrages à plat.

Supposons qu'il y ait quatre garabes : il est logique qu'on de-

vrait, après avoir raidi celle de Tavant, passer à celle tout a fait de Farrière afin d'asseoir la hune bien horizontalement, les intermédiaires ne devant être raidies qu'en dernier lieu et de façon à travailler comme les extrêmes. Mais si Ton agissait ainsi, le fait de raidir en premier lieu les deux extrêmes rapprocherait tellement l'une de l'autre leurs cosses sur la manille, qu'on ne pourrait plus dans leur intervalle loger les cosses intermédiaires. On commence donc par raidir la gambe de l'avant, puis la seconde, puis la troisième et la quatrième, en allant ainsi successivement de l'avant à l'arrière.

S239. Embarquer un chouque de bas mât et le hisser dans la hune. — Le chouque reposant à plat sur ses pitons est le long du bord dans une embarcation. Pour l'embarquer et le hisser dans la hune, on se servira d'une guinderesse de mât de hune que l'on passera de la manière suivante : partant d'une poulie de retour au pied du mât, on la fait monter le long du mât et par le trou du chat dans une poulie de guinderesse aiguilletée au ton du bas mât, puis redescendre, par l'avant de la hune, jusque dans l'embarcation où on amarre son bout sur le chouque, en le faisant passer du trou rond dans le trou carré et en lai faisant faire entre les deux un tour mort et deux demi-clefs. L'autre bout de la guinderesse est garni au cabestan.

Un cartahu venant de l'avant est en même temps frappé en patte d'oie sur deux pitons du même bord du chouque (un de l'avant, l'autre de l'arrière).

Ces dispositions prises, on vire la guinderesse au cabestan, en débordant le chouque des porte-haubans, et en frappant dessus une retenue passant par un sabord, un peu avant qu'il ne pare les bastingages. En choquant peu après cette retenue, on amène le chouque à l'aplomb de sa guinderesse; puis virant toujours, tout en le débordant avec le cartahu en patte d'oie, on le hisse un peu plus haut que la hune sur laquelle on l'amène, et on le place de telle sorte que le trou rond se trouvant juste au-dessus de la cheminée, le chouque soit disposé dans un sens transversal par rapport à la quille.

Pour capeler le chouque sur le tenon carré du bas mât, on emploie soit le mât de hune, soit un mâtereau quelconque : ces deux procédés sont l'objet des § § suivants.

240. Mettre en place un chouque de bas mât au moyen du mât de hune. — Cette opération comprend deux parties :

1° Embarquer et présenter le wâl de hune. — Le mât de hune flotte élongé contre le bord, la tête sur Tavant. La guinderesse dont on s'est servi pour le chouque est passée par la cheminée, sans pour cela passer dans le trou rond du chouque, et on l'affale jusqu'à la mer où on l'introduit dans le clan inférieur du mat de hune. On fait avec le bout ainsi passé dans ce clan un tour mort et deux demi-clefs, embrassant à la fois le mât à toucher le haut de la caisse et la guinderesse, que l'on élonge ensuite jusqu'au bout avant du mât, au moyen de deux bridures, une au-dessous de la noix, l'autre près du tenon.

On vire alors la guinderesse au cabestan et on déborde de la muraille le mât, qui se mate parallèlement aux haubans et dont on dirige la tête entre les élongis; dès qu'elle y est engagée, on largue la première bridure et en choquant une retenue d'en abord frappée sur la caisse, on laisse venir le mât de hune sur l'avant et le long du bas mât; là on dévire de façon à faire reposer la caisse sur le pont, et si, dans cette position, le mât est trop court pour que sa tête reste entre les élongis, on la bride sur le bas mât.

L'opération ne peut toujours s'exécuter aussi aisément; le mât peut avoir une longueur telle que sa tête vienne buter sous la hune avant que la caisse n'ait paré le bastingage ; vu son obliquité, on ne peut engager le ton dans la cheminée, et par suite on ne peut continuer à guinder. Dans ce cas on largue la première bridure et, au moyen d'un cartahu venant de l'avant qu'on frappe sur le tenon du mât de hune, on déborde le ton de ce mât sur l'avant de la hune. On peut alors virer et faire passer la caisse par-dessus le bastingage, après quoi, en mollissant la guinderesse, on amène la caisse dans un panneau pratiqué à l'aplomb du mât; lorsqu'on a suffisamment déviré pour que le

tenon puisse s'engager entre les élongis, on vire de nouveau pour hisser la caisse à hauteur du pont et ïy faire reposer.

^ Capeler le chouque, — Le mât de hune ainsi tenu contre le bas mât, on largue le dormant de la guinderesse que l'on laisse passée dans le clan inférieur, mais dont on fait monter le bout par le trou de la cheminée pour Tamarrer autour du ton du bas mât, par-dessus le capelage.

Avec cette guinderesse passée en double, on guindé le mât de hune ; si la tête de ce dernier, dans le cas où il est trop court, n'est point engagée entre les élongis, on la dirige et on la soutient, pendant qu'on guindé, soit au moyen d'un cartahu descendant par le trou rond du chouque et frappé sur la noix du mât de hune, soit au moyen d'une cravate embrassant à la fois le bas mât et le mât de hune et que deux hommes font courir à mesure que le mât s'élève.

De toutesles façons, on cesse de guinder quand le tenon du mât de hune dépasse le chouque de quatre-vingts centimètres à un mètre. La guinderesse étant alors solidement bossée, on fait la fronde, ce qui signifie qu'on élingue le chouque ainsi qu'il suit: on prend un bout de filin de quelques mètres de longueur et on lecapelle par son milieu sur le tenon du mât de hune, au moyen de deux demi-clefà renversées, de telle sorte qu'on ait un bout de chaque bord. Supposons que le trou carré du chouque soit à tribord; on prend le bout de tribord, on le passe dans Tun des pitons arrière du chouque, on le renvoie se capeler au tenon au moyen de deux demi-clefs renversées, de là dans l'autre piton de l'arrière pour le fixer et l'arrêter sur le tenon toujours par deux demi-clefs. On en fait autant sur les pitons avant du chouque, au moyen du bout de bâbord.

La fronde ainsi faite, on fixe sur chaque piton intermédiaire du chouque un petit bout de filin destiné à manœuvrer le chouque et à lui servir de balancine. On frappe en même temps en patte d'oie sur les deux pitons arrière du chouque un cartahu venant du mât de l'arrière, dans le but de pouvoir, au moment voulu, traverser le chouque dans le plan longitudinal. Ces dispositions prises, on guindé le mât de hune jusqu'à ce que le chouque

soit un peu au-dessus du tenon carré du bas mât; dans cette position, on présente le trou carré juste au-dessus de ce tenon, au moyen du cartahu venant de l'arrière et, s'il le faut, d'une trévire agissant sur le mât de hune.

On dérive ensuite au cabestan, en pesant sur les bouts de filin en balancines, de telle sorte que le chouque se présente bien normalement à l'axe du bas mât : on engage enfin le tenon de ce dernier dans le trou carré du chouque et on l'y fait entrer généralement à coups de masse (fîg. 146). Avant de faire descendre le chouque à son poste il faut avoir soin de présenter son épontille.

Le chouque capelé, la fronde est larguée et on amène le mât de hune dans la position qu'il occupait avant l'opération.

241. Mettre en placé le chouque du bas mât au moyen d'un mâtereau. — Le mât de hune n'ayant pas été présenté, voici comment au moyen d'un espars plus léger, tel qu'un mât de perroquet ou un bout-dehors de bonnette basse, on peut capeler le chouque sur le tenon du bas mât.

L' espars ayant été présenté et provisoirement saisi contre le bas mât, on passe en gumderesse de chaque bord un cartahu

Fig. 140. — Capelcr le chouque de bas mât au moyen du niAt de liuiic.

qui, partant du pied du mât, monte par le trou du chat, va dans une poulie aiguilletée au ton du bas mât, et redescend en passant par la cheminée (toujours sans passer par le trou rond du chouque).

Chaque bout ainsi affalé sur le pont est frappé à la caisse du mâtereiau, dont la tête est en outre bridée avec les deux carlahus, de façon à ce qu'ils la soutiennent et la dirigent dans la cheminée.

Le mâtereau est ensuite guindé jusqu'à ce que sa tête, qu'on fait passer dans le trou rond du chouque, soit élevée d'un mètre environ au-dessus de ce dernier. On frappe alors sur l'extrémité supérieure de Tespars les poulies supérieures de quatre ou de deux palans destinés à lui servir de haubans, et dont les poulies inférieures vont l'une à tribord, l'autre à bâbord, se frapper sur le bord de la hune, dans des erses baguées aux trous des lattes des haubans de hune. On le garnit également en étais au moyen

ÉTUDE DU GRËEMBNT. 117

de deux cartahus venant Tun du mât de l'avant, l'autre du mât de l'arrière se frapper sur sa tête, et, par-dessus ce capelage, on aiguillette sur le mâtereau la poulie supérieure d'une caliorne de braguet, dont on garde la poulie inférieure dans la hune et dont le garant descend sur le pont en passant par le trou rond du chouque.

On se remet à guinder l'espars ainsi garni jusqu'à ce que sa tête dépasse de deux mètres environ le tenon carré du bas mât; dans cette position, on assure sa rigidité complète en bridant sa caisse contre le bas mât et en raidissant bien ses haubans et ses étais. On croche en même temps la poulie inférieure de la caliorne de braguet dans Télingue qu'on a frappée sur les quatre pilons du chouque ; dès que la tenue du mâtereau a été assurée, on vire au cabestan le garant de la caliorne, jusqu'à ce que le chouque ait paré le tenon carré, et on le traverse au moyen du cartahu venant de l'arrière : on choque alors la caliorne de façon à capeler le chouque que Ton dirige au moyen de deux lilins frappés sur les pitons intermédiaires.

Le chouque capelé, on amène l'espars de façon à pouvoir le dégarnir, puis on le dépasse complètement et on l'envoie sur le pont.

Nola. — Quand les bâtiments sont pourvus de mâts en tôle, le chouque se compose de cornières rivées avec le mât, ce qui supprime les opérations que nous venons de décrire.

S242. Passer les guinderesses des mâts de hune en quatre. — Soit qu'on ait employé les mâts de hune pour mettre en place les chouques de bas mâts, soit qu'on ait embarqué les mâts de hune seulement après cette opération, chaque mât de lïune se trouve présenté le long du bas mât, la caisse reposant sur le pont, la guinderesse passée simplement dans un clan : il reste à disposer cette guinderesse définitivement pour permettre de guinder le mât.

Supposons qu'il s'agisse du grand mât de hune : ainsi que nous l'avons vu au § 13, le clan inférieur d'un grand mât de hune est dirigé de tribord derrière à bâbord devant, et son clan supérieur de bâbord derrière à tribord devant.

On commence donc par larguer le dormant de la guinderesse : puis on la dépasse du clan du màt de hune ainsi que de la poulie aiguilletée au ton : on garde simplement son bout dans la hune. On croche en même temps au chouque deux poulies de guinderesse, une au piton intermédiaire tribord y l'autre au piton avant bâbord : on prend alors le bout de la guinderesse, on le passe de l'arrière à l'avant dans la poulie de tribord, on le fait descendre dans la cheminée, puis passer de tribord derrière à bâbord devant dans le clan inférieur du mât de hune ; on le fait ensuite remonter par la cheminée jusqu'au chouque, où il passe dans la poulie de bâbord de l'avant à l'arrière pour redescendre, toujours par la cheminée, dans le clan supérieur de bâbord derrière à tribord devant et remonter enfin faire dormant au piton avant du chouque à tribord.

On passe d'une manière analogue les guinderesses des deux autres mâts de hune, en tenant compte, pour le petit mât de hune, que son clan inférieur est dirigé de bâbord derrière à tribord devant et son clan supérieur de tribord derrière à bâbord devant.

Les retours des guinderesses sur le pont sont à tribord pour le grand mât de hune et le mât de perroquet de fougue, à bâbord pour le petit mât de hune.

243. Capeler les barres de perroquet sur les épaulettes des mâts de hune. — Les guinderesses des mâts de hune ayant été passées en quatre, il s'agit de capeler sur les épaulettes des mâts de hune les barres de perroquet : supposons qu'on ait à capeler les barres de grand perroquet

Ces barres sont placées sur l'arrière du grand mât d'après' les mêmes indications et dans la même position que celles don-

Fig. 1/*8. — Passage de la guinderesse en quatre (grand mât de hune).

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nées pour la grande hune quand on se dispose à la capeler.

La guinderesse du grand mât de hune étant garnie au cabestan, on le guindé jusqu'à ce que sa tète dépasse le chouque du bas mât d^une longueur un peu plus grande que celle des élongis des barres de perroquet.

On bosse alors la guinderesse et on aiguillette sur le tenon du mât de hune une poulie dans laquelle on fait passer un cartahu montant du pied du mât et allant ensuite sur l'arrière de la hune s'affaler jusqu'au pont : là, on frappe son bout sur le croissant des barres au moyen d'un tour mort et de deux demi-clefs.

On fixe ensuite en patte d'oie sur le traversin arrière des barres un cartahu venant du mât d'arlimon. Ces dispositions prises, on hisse les barres au moj^en du cartahu du grand mât en les débordant de la hune et du chouque au moyen du cartahu en patte d'oie.

Les gabiers qui sont dans la hune saisissent, dès qu'ils le peuvent, le traversin arrière et frappent à chacune de ses extrémités un petit lilin destiné à servir de balancine.

Kn continuant à hisser, on élève les barres un peu au-dessus du chouque, sur lequel, en choquant alors le cartahu de tète, on les amène à reposer en travers, par leur traversin arrière, le croissant venant s'appuyer contre le mât de hune.

Les balancines ayant été aussitôt raidies et amarrées solidement dans les trous de lattes de caps de mouton par le travers, on bride le traversin arrière des barres avec les pitons avant du chouque.

Ces précautions prisés, on amène doucement le mât de hune en mollissant le cartahu de tète à mesure : les barres arrivent bientôt à reposer sur le chouque; on dépasse alors ce cartahu, on désaiguillette sa poulie et on continue à choquer la guinderesse jusqu'à ce que la tète du mât de hune soit au-dessous du chouque.

Les barres ayant été maniées de façon à mettre leur trou de cheminée bien au-dessus du trou rond du chouque, on guindé de nouveau le mât de hune, qui pénètre peu après dans sa che-

minée et dont la noix, venant se placer sous les barres, commence bientôt à les soulager ; on cesse alors de guinder, la noix légèrement élevée au-dessus duchouque, et on bosse solidement la guinderesse.

Fig. i49. — Capeler les barres.

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