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Guinder le mât de hune. — Les mâts de hune

ETUDE DU GUÉEMENT.

étant alors complètement capelés, il s'agit de les guinder et de les mettre en clef. Pour cela on garnit au cabestan la guinderesse et on passe le hraguet.

Ce hraguet est une longue et forte pantoire terminée à lun de ses bouts par une queue de rat et portant une cosse à l'autre extrémité. Voici comment on le met en place :

Après l'avoir hissé dans la hune on le fait passer de l'arrière à l'avant dans une poulie de guinderesse crochée à un piton intermédiaire du chouque, du bord opposé à la guinderesse; on le fait descendre dans le trou de la cheminée, puis remonter de Tau- Ire bord, en passant de nouveau dans le trou de la cheminée et on fait son dormant autour du ton, au-dessus du capelage du bas mât.

On croche ensuite dans la cosse qui le termine et qui vient tomber sur l'arrière de la hune la poulie supérieure d'une caliorne dont l'autre poulie est crochée à une boucle au pied du mât. Pour éviter que le poids de cette caliorne ne fasse remonter le double du hraguet engagé dans le trou de la cheminée, on bride ensemble les deux branches de ce double à la hauteur de la hune.

La guinderesse ayant été garnie au cabestan, on vire, en allégeant tout le gréement : le mât monte et, lorsque sa caisse arrive à la hauteur des jottereaux, on largue la bridure faite sur le double du hraguet, on capelle ce dernier dans son engoujure sous la caisse et on raidit bien la caliorne. Puis on continue à guinder en tenant toujours cette caliorne bien raide ii

Flî^. 451. — Passage du braguet.

mesure que le mât s'élève. On voit ainsi que le braguet est un cordage de sûreté destiné à soutenir le mât de hune, au cas où la guinderesse viendrait à casser dans les derniers efforts que nécessite la mise en clef.

Dès que le trou de la clef commence a parer le rebord des élongis, les gabiers y font passer au moyen d'une pince le bout d'une aiguillette ûxée sur l'extrémité de la clef, de telle sorte que, quand le mât de hune est tout à fait guindé, ils n'ont plus qu'à haler sur cette aiguillette pour faire pénétrer la clef tout entière et la mettre en place.

Après quoi on fait reposer le mât sur sa clef en dévirant au cabestan et en mollissant la caliorne.

251. Indications relatives à la tenue du mât de hune. — Les mâts de hune étant guindés et en clef, il s'agit de les tenir, c'est-à-dire de raidir les étais, les galhaubans et les haubans.

Les étais, à l'exception de celui de perroquet de fougue, se raidissent au moyen de ridoirs; pour les galhaubans étranglés, on se sert de palans, et, pour les galhaubans de l'arrière, soit de ridoirs, soit de caps de mouton; enfin on raidit les haubans au moyen d'un système de caps de mouton dans lequel les caps de mouton inférieurs se terminent par des lattes qui traversent la hune et viennent prendre leur fixation sur le cercle de trelingage du bas mât, par l'intermédiaire des gambes de revers.

Les moyens employés pour mettre en place ces différents systèmes de ridages sont les mêmes que ceux déjà décrits pour les ridages des bas mâts.

Les haubans forment la partie inférieure du capelage; il faut donc, avant de se livrer aux opérations du ridage, faire descendre les haubans à leur poste, pour que le capelage soit bien assis : à cette fin, on commence par palanquer les haubans de façon à ce que leurs œils viennent exactement s'appliquer à toucher les élongis des barres.

Ceci fait, on s'occupe de raidir les étais et, pendant cette opération, le maître qui en est chargé se place par le travers du mât, le plus en dehors possible, généralement dans les porte-

ETUDE DU GREEMENT. 129

haubans, d'où il peut voir à la fois le bas mât et le mât de hune. Le but qu'il doit se proposer est qu'en dernier lieu, quand le mât de hune sera complètement tenu, son axe soit parallèle à celui du bas mât; mais il a soin, en agissant sur les étais, de haler le mât de hune sur l'avant de cette position, sachant que le fait de raidir les galhaubans le rappellera de l'arrière.

Les étais ainsi raidis, le maître se met dans le plan longitudinal et fait raidir les galhaubans étranglés , puis les galhaubans de l'arrière, en veillant à ce que le mât ne tombe ni d'un bord ni de l'autre; après quoi il s'assure en se remettant de nouveau par le travers du mât, que le mât de hune est bien en définitive parallèle au bas mât.

On termine la tenue des mâts par le ridage des haubans. Il s'effectue au moyen des candelettes de hune : ce sont des palans dont les poulies supérieures sont crochées dans les cosses qui terminent les pantoires de candelettes, pantoires qui sont mobiles aux capelages des mâts de hune. Il y a ainsi deux de ces palans, un de chaque bord par mât de hune : on croche les poulies inférieures dans les rides des caps de mouton de deux haubans correspojidants , rides qui viennent du cap de mou ton inférieur, et on ride à la fois ces deux haubans.

Pendant celte opération, on veille à ce que les lattes conservent un certain jeu dans leurs trous, et pour cela on ne cesse de laper sur lé bord de la hune des deux côtés de chaque cap de mouton ; l'effort de la candelette agit ainsi directement sur la gambe, qui supporte par suite la même tension que le hauban.

On fait ensuite les enfléchures comme il a été dit pour les bas haubans.

252. Bout-dehors de grand foc : le mettre à son poste at le tenir. — Les mâts de hune étant guindés et tenus, il s'agit d'exécuter les mêmes opérations pour le mât qui est par rapport au beaupré ce que les mâts de hune sont par rapport aux autres bas mâts , c'est-à-dire de guinder et de tenir le bout-dehors de grand foc. C'est un fort espars arrondi, percé de deux clans perpendiculaires l'un à l'autre, l'un dans la caisse, l'autre dans la noix; il porte également à ses deux extrémités

HANOEUVRIEB. — T. L 9

deux engoujures pratiquées chacune suivant le sens du clan correspondant. Les opérations qui le concernent se subdivisent ainsi qu'il suit :

1° Présenter et capeler le bout-dehors, — On commence d'abord par le présenter de façon que sa noix déborde du chouque du beaupré suffisamment pour qu'on puisse mettre son capelage en place.

On porte pour cela à bras le bout-dehors sur l'avant, de façon que sa caisse s'appuie sur le pont et que sa noix vienne reposer sur le platbord ou sur le gaillard. La guinderesse est alors passée comme il suit : elle élonge le beaupré, va dans une poulie crochée au chouque du beaupré à tribord, redescend, en dedans des étais, passer de tribord à bâbord dans le clan de la caisse, et remonte, par le même chemin, à bâbord, faire dormant à un piton du chouque.

On croche en même temps, dans une erse baguée sur le boutdehors à toucher la noix, les poulies inférieures de deux palans dont les poulies supérieures avaient été préalablement frappées sur les étais de misaine, à deux mètres environ au-dessus du beaupré.

Ces dispositions prises , on pèse la guinderesse, en soulageant avec les palans la tête du bout-dehors, que Ton guide ainsi entre les étais. On fait alors courir Terse plus de l'arrière, de façon à reporter dans ce sens le point d'action des palans sur le boutdehors, et on continue à peser la guinderesse. Eh guiîidant et en faisant peu à peu chevaucher vers l'arrière les palans de conduite, on guide ainsi, dans le trou du chouque, la noix, que Ton pousse suffisamment en dehors pour qu'on puisse mettre en place le capelage, dans Tordre suivant:

Marchepied, à deux branches formant un œil au capelage et venant s*aiguilleter aux pitons supérieurs du chouque de beaupré.

Paire de haubans bâbord.

Paire de haubans tribord.

Martingale, ou sous-barbe de bout-dehors.

Si le bout-dehors était destiné à porter un rocambeau pour ladraille de grand foc, ce rocambeau serait capelé avant le niar-

chepied. Mais le plus généralement, ce rocambeau n'existe pa§ et on n'aura qu'à passer la draille de grand foc dans le clan pratiqué dans la noix du bout-dehors.

Nota, — Une fois le capelage en place, on fixe à Textrémité du bout-dehors et en dehors du capelage le blin qui doit servir à soutenir le bout-dehors de clin-foc.

^ Mettre en place les arcs-boutants de beaupré et de martingale, — Le bout-dehors de foc ainsi capelé ne peut être encore guindé; sa tenue doit être en effet assurée, quand il est à poste, par un système d'espars, dits arcs-boutants de beaupré et de martingale. Ce sont des espars terminés à une de leurs extrémités par un croc : les figures suivantes se passent de description.

▲rc>1)oatant de martingale.

Aro-"boutant j (—^ " [j|p >^

de beaupré.

Fig. 13j. — Arcs-boutants de martingale et de beaupré.

Alors que les arcs-boutants de beaupré n'ont qu'un trou à leur extrémité extérieure , celui de martingale en a deux ; il possède, en outre, en A, deux placards.

Les arcs-boutants de beaupré se crochent de l'avant à l'arrière dans les pilons d'un cercle qui fait partie du capelage du beaupré, un peu sur l'arrière de l'estrope de la troisième sous-barbe.

Pour les mettre en place, on frappe sur chacun d'eux, à un tiers de sa longueur, à partir du croc et par le moyen d'une erse, un petit palan dont la poulie supérieure est fouettée sur l'étai du petit mât de hune , à l'aplomb du piton où on doit crocher Tarc-boutant. Sur l'extrémité inférieure de ce dernier on frappe en même temps deux cartahus, dont l'un, qui va passer dans une poulie au bout du bout-dehors, servira à traverser l'arc-boutant normalement au beaupré, tandis que l'autre venant du gaillard sert de retenue.

A la partie inférieure et sur la face avant du chouque du beaupré se trouve un piton, où, de Tavant à Tarrière, vient se crocher Tarc-boutant de martingale. Pour mettre en place ce dernier, on frappe, à Taplomb de ce piton, sur le bout-dehors de grand foc, un palan ou un cartahu dont la poulie inférieure vient se fixer sur l'arc-boutant de martingale, comme il a été dit pour les arcs-boutants de beaupré.

On laisse les palans croches sur leurs arcs-boutants respectifs jusqu à ce que le bout- dehors de grand foc soit guindé et tenu.

Nota. — Sur quelques petits navires, les arcs-boutants de beau- , pré, au lieu de se terminer par un piton, forment à la partie supérieure une mâchoire qui embrasse le beaupré, et sont maintenus contre ce dernier au moyen d'un bâtard de racage. Leur mise en place s'effectue du reste comme pour les arcs-boutants à croc. '

3** Guinder le bovt-dehor^. Les arcs-boutants mis en place, on capelle les haubans de bout-dehors à l'extrémité des arcs-boutants de beaupré et la martingale à l'extrémité de l'arc-boutant de martingale : haubans et martingale sont décrits un peu plus bas.

Ceci fait, on croche à l'extrémité du bout-dehors de grand foc un cartahu (généralement la drisse de foc) venant des barres de petit perroquet. On pèse alors la guinderesse, en soulevant la tète du bout-dehors, à mesure qu'on guindé, à Taide du cartahu dont il vient d'être parlé; on maintient en même temps le le bout-dehors sur le beaupré à l'aide d'une velture mobile comprenant le bout-dehors et le beaupré, velture que Ton déplace à mesure qu'on guindé. Pendant toute cette opération on accompagne les arcs-boutants à l'aide des palans qu'on avait frappés sur eux pour les mettre en place.

4" Tenir le bout-dehors. — Lorsque le bout-dehors est suffisamment poussé, on met en place le braguet.

Ce braguet est une chaîne A B G D qui fait son dormant d'un côté du bout-dehors sur un piton fixé à un cercle du beaupré (fîg. 156). Cette chaîne passe dans Tengoujure pratiquée au-des-

SOUS de la caisse du bout-dehors et remonte faire son second dormant, au moyen d'un croc à échappement (fig. 157), sur un pilon symétrique du premier.

Par suite de cette disposition, il suffît de retirer la clavette

qui maintient le croc G dans la bride H, pour larguer un des dormants du braguet, et permettre ainsi, dans un cas urgent, de rentrer promptement le bouldehors.

La longueur de la partie du bout-dehors qui reste en dedans du chouque est égale à la moitié de la saillie du beaupré; ainsi que le montre la figure 158, il est solidement établi parallèlement au beaupré au moyen d'un croissant, d'une velture faite

Fig. 156. — Braguet du bout-dehors de grand foc.

Fig. 157. — Échappement du braguet.

sur l'arrière du croissant et quelquefois d'une seconde velture sur l'avant.

Pour compléter cette tenue, il reste à décrire la martingale qui tient le bout-dehors de bas en haut et les haubans qui le tiennent latéralement.

La martingale est généralement double ; c'est un cordage en fil de fer capelé par son milieu au capelage du bout-dehors de grand foc ; les deux branches descendent vers l'extrémité de l*arc-boutant qu'elles embrassent et sur laquelle elles sont main-

tenues sur l'avant par un amarrage à plat, sur Tarrière par un amarrage en étrive. Les deux bouts, qui prennent le nom de moustaches, vont alors en se séparant se raidir sur chaque bossoir au moyen d'un système de moques et de rides. Quelquefois la martingale est simple depuis le capelage du bout-dehors jusqu'à l'extrémité de l'arc-boutant. Dans ce cas on forme les moustaches en capelant par son milieu à l'extrémité de l'arcboutant, et avant la martingale, un bout de filin maintenu par

Fig. 158. — Tenue du bout-dehors de grand foc sur le beaupré.

C, Chouqae du beaupré. — F, V, Velture*. — A, CroiâMuxt. — bt, PMsaff» du briquet.

un amarrage en étrive et dont les deux branches se raidissent comme précédemment au bossoir.

L'arc-boutant de martingale suit une direction intermédiaire entre la verticale et la normale au beaupré.

Les haubans sont doubles ; comme la martingale, chaque paire est composée d'un cordage en fil de fer, formant par son milieu capelage au bout du bout-dehors de grand foc, et venant par deux amarrages embrasser l'extrémité de l'arc-boutant de beaupré, d'où chaque branche va se raidir séparément sur le même bossoir au moyen d'un système de moques et de rides.

On capelle aussi à l'extrémité de l'arc-boutant un troisième

Qlin, nommé calchas, qui descend se raidir à un piton sur la guibre. Ce filin est souvent supprimé et c'est une des branches des haubans qui, au lieu d'aller se raidir au bossoir, remplit les fonctions de calebas en allant se fixer sur la guibre.

Les arcs-boutants de beaupré sont placés perpendiculciirement au beaupré et suivant une inclinaison de 15*" avec Thorizontale. Cette inclinaison, que le calebas est destiné à maintenir, a pour but de mettre le bout-dehors de grand foc mieux en état de résister à Teffort de soulèvement causé par le grand foc. Elle a été calculée pour que, même quand le bâtiment donne de la bande, l'arc-boutant du vent soit toujours incliné en dessous de l'horizontale.

Après avoir assuré la tenue du bout-dehors, on s'occupe de raidir la draille de grand foc, qui, ainsi que nous l'avons dit au § 248, passe dans un clan pratiqué dans la noix du bout-dehors de grand foc.

253. Les basses vergues étant le long du bord sur des pontons, les garnir et les embarquer. — Lorsque les basses vergues sont conduites le long du bord dans des pontons, avant de les embarquer, on commence par les garnir. Voici l'ordre des garnitures :

Vergue (Je misaine, — A partir dy centre :

Cercle à anse pour suspente.

Drosse.

Cercle à piton ou eslrope des poulies de bas-cul.

Estropes des poulies inférieures de drisses de basse vergue.

Estrope de la poulie de cargue-point.

Estrope de la poulie de cargue-bouline d'en dedans.

Estrope de la poulie de cargue-bouline d'en dehors.

Filières d'envergure et de ris.

Estrope à cosse pour empointure d'envergure.

Estrope à cosse pour palan de roulis.

Estrope à cosse pour palan de bout de vergue.

Marchepied.

Estrope à cosses baguées pour poulie de bras.

Pantoire de fausse balancine.

Poulie ou dormant de la balancine.

Grand'vergue, — Elle est, en tout, semblable à la garniture de la vergue de misaine, et comporte seulement en plus une estrope pour poulie de faux grand bras, qui se capelle après l'estrope de la poulie de bras.

Vergue barrée, — Filière (destinée à servir de fixation aux étriers des marchepieds).

Cercle à anse pour recevoir la suspente.

Drosse, faisant dormant d'un bord, avec estrope pour relourde l'autre bord.

Cercle à pitons ou estrope pour poulie de bas-cul.

Estrope à cosse pour palan de roulis.

Marchepied.

Estrope de la poulie de bras.

Balancine.

Ces garnitures présentent, comme travaux particuliers, les filières d'envergure et de ris et les marchepieds.

La grand'vergue et la vergue de misaine portent deux filières, celle d'envergure et celle de ris.

Ces deux filières sont, pour chaque côté de la vergue, formées d'un même bout de filin capelé par son milieu au capelage de la vergue où il est maintenu par un amarrage. Les deux branches élongent le dessus de la vergue et viennent s'épisser l'une sur l'autre un peu avant d'arriver au centre de la vergue; une cosse est fixée entre les deux doubles à toucher l'épissurei Un bout de ride passé entre cette cosse et celle des filières de l'autre bord sert à donner aux filières une tension convenable.

Pour s'opposer à ren*ort de la voile qui tendrait à faire descendre les filières sur l'avant de la vergue, on les maintient sur la face supérieure de cette dernière au moyen de taquets, de crampes et aussi de pitons fixés sur les cercles de la vergue.

Quant aux marchepieds, ce sont des bouts de filin capelés au bout de la vergue au moyen d'un œil, et venant se fixer un peu en dehors du milieu de la vergue par un aiguilletage perpendiculaire à son axe. Ils sont soutenus de distaince en distance par des étriers au nombre de 2, 3 ou 4 au maximum de chaque

bord ; ces étriers sont ordinairement fixés sur la filière au moyen de nœuds de bois; ils portent à leurs extrémités inférieures des cosses traversées par les marchepieds et maintenues de chaque côté par des pommes faites sur les marchepieds.

Les vergues étant complètement garnies, dans une position parallèle à Ja quille, pour les embarquer on croche dans une erse baguée au centre de la vergue la poulie inférieure d une caliorne dont la poulie supérieure est fixée à la tête du mât du ponton. On hisse ainsi la vergue à la hauteur du bastingage, i-à, au moyen de palans frappés sur son milieu et sur ses extrémités, on traverse la vergue perpendiculairement à la quille. On croche alors dans leurs estropes sur la vergue les poulies inférieures des caliomes de drisses, décrites plus bas au § 255 ; en les pesant et en mollissant à retour la caliorne du ponton, on amène la vergue au-dessus du pont du navire, de telle sorte qu'elle soit normale à la quille, et que son milieu touche la génératrice avant du mât. On mollit les drisses et on fait reposer la vergue sur des morceaux de bois placés dans les bastingages, ou sur les platbords.

Nota. — Sur quelques navires, au lieu de faire appuyer les extrémités de la vergue sur les bastingages ou les platbords , on les fait reposer dans des fourches mobiles que l'on fixe pour la circonstance contre les bastingages : ces fourches, d'un usage plus général autrefois, s'appellent porle-lofs, d'où l'expression amener la basse vergue sur ses porte-lofs, pour désigner la manœuvre qui consiste à la mettre ainsi, à peu de distance du pont, en travers de la quille, son centre touchant la génératrice avant du mât.

S254. Les basses vergues étant le long du bord à la mer, les embarquer et les garnir. — Dans ce cas on commence par embarquer les vergues et on les garnit quand elles sont à bord. Supposons qu'il s'agisse d'embarquer la vergue de misaine qui est disposée à bâbord, par le travers du mât de misaine, le bout de tribord sur Tavant : on peut employer les deux procédés suivants :

1° Avec les caliomes de bas mât. — Après avoir hissé et

amarré au capelage les pantoires qui sont aiguilietées sur les poulies supérieures de ces ealiomes, on affale jusqu'au niveau de Teau la caliome de bâbord et on la croche dans une forte erse baguée sur la partie tribord de la basse vergue, près du portage du blin intérieur. Un cartahu double venant du bossoir ayant été frappé sur Je bout bâbord de la vergue, on pèse la caliome, en ayant soin de déborder du bord, à Taide de barres de cabestan, la vergue dont Textrémité de tribord arrive bientôt au-dessus du bastingage : on tient bon la caliorne, et on croche sur eette fusée de tribord la poulie supérieure d'un palan de retenue dont la poulie inférieure est fixée par le travers du mât, en abord à bâbord. Ce palan raidi et pris à retour sert de point fixe, et c'est autour de son extrémité tribord que pivote la vergue pendant qu'on haie sur le cartahu double venant de l'avant, pour mettre la vergue normale à la quille. Dès qu'elle est ainsi traversée, on se remet à peser sur la caliorne de bâbord et, en choquant & la demande le palan de retenue, on fait peu à peu rentrer la vergue à bord. Quand la caliorne de bâbord se rapproche de la verticale, on croche à tribord, et près du centre de la vergue, la poulie inférieure de la caliorne de tribord, que l'on raidit ensuite, de façon à pouvoir décrocher la caliorne de bâbord pour la recrocher aussitôt à bâbord et près du centre de la vergue,, en un point symétrique de celui où est crochée la caliorne de tribord. Il ne reste plus qu'à peser les deux caliornes, en conservant raide le cartahu double et en choquant le palan de retenue. On hisse ainsi la vergue de façon que son centre vienne à toucher la génératrice avant du bas mât : on l'amène alors' et on la fait reposer soit sur les plalbords, soit sur les porte-lofs, où on procède à la mise en place de sa garniture.

2® Avec la guinderesse du mât de hune, — Cette guinderesseest disposée comme il suit : frappée par son bout sur le centre de la vergue, on Télonge vers l'extrémité tribord, en faisant trois bridures ; elle monte ensuite, par le trou du chat, passer dans une poulie au chouque, redescend par le trou du chat passer dans une poulie de retour au pied du mât et va se garnir au cabestan. On a, comme pour la manœuvre précédente, croche sur le

bout bâbord de la vergue un cartahu double venant du bossoir. On vire, et quand la première bridure arrive à hauteur des bastingages, on la largue ; on croche en môme temps sur le bout tribord de la vergue un palan de retenue installé cohime dans le cas précédent, on le prend à retour et on traverse la vergue au moyen du cartahu double. En continuant à virer, on fait rentrer la vergue, chaque bridure étant larguée à mesure qu'elle arrive à hauteur des bastingages. On amène ainsi la vergue à occuper la position déjà indiquée au procédé des caliomes.

L'inconvénient de la guinderesse de hune est d'occasionner des chocs, chaque fois qu'on largue une bridure ; on essaie d'atténuer chaque secousse, en mollissant peu à peu le filin qui sert à faire chaque bridure : mais il vaut mieux user du procédé des caliornes, si la vergue est de grande taille.

255. Se disposer pour hisser les basses vergues. — Les basses vergues, ainsi placées sur l'avant des mâts et garnies, l'opération de les hisser nécessite les préparatifs suivants :

1** Passage des halancines des basses vergues.

Les halancines sont tantôt simples, idiiiiài doubles^ suivant l'importance de la mâture.

Une balancine simple fait son dormant au bout de la vergue, monte de là passer dans une poulie ou moque estropée à un piton à cosse fixé sur la face latérale du chouque et descend au pied du mât. Là elle se termine par un palan dont la poulie d'en haut est à émerillon; le garant sort de la poulie d'en bas.

Une balancine double part du pied du mât (où elle fait retour au moyen d'un palan, comme la balancine simple), élonge le mât, passe dans une poulie ou moque estropée à un piton à cosse fixé sur la face latérale du chouque, descend de là passer dans sa poulie au capelage de la vergue et remonte faire dormant, en passant par-dessus le chouque, au piton de la poulie de balancine de l'autre bord.

2° Passage des bras des basses vergues. — Le bras de misaine passe dans la bitte du râtelier du grand mât, élonge le bas mât, passe dans une poulie simple estropée à un piton sur les jotte-

reaux, dans sa poulie au bout de la vergue de misaine, et revient faire dormant au capelage du grand mât en s'aiguilletant avec le bras de l'autre bord, après que les deux bras ont été bridés à la fourche des grands étais.

Le bras de grand'vergue ou grand bras passe dans un chaumard près du couronnement, dans une poulie sur la vergue de brasseyage, monte passer dans sa poulie à cosses baguées au bout de la grand'vergue, et redescend faire dormant sur la vergue de brasseyage, en dehors de sa poulie.

Dans leur parcours de la vergue de brasseyage à la basse vergue et de la basse vergue à la vergue de brasseyage, ces bras risqueraient, quand on les mollit, de s'engager sous les portemanteaux d'embarcation; pour l'éviter, on les fait passer dans des bagues fixées à l'extrémité de suspensoirs en filin venant du capelage du mât d'artimon.

Le faux grand bras part du pied du mât de misaine, élonge ce mât, va passer dans une poulie aiguilletée sur l'arrière des élongis, de là dans sa poulie à cosses baguées au capelage de la grand'vergue et revient faire dormant sur les élongis, à côté de sa poulie.

Ces bras sont le plus souvent croisés, de telle sorte que le bras de tribord passe dans la poulie aiguilletée sur l'élongis de bâbord et a son retour à bâbord au pied du mât de misaine; de même le faux grand bras de bâbord se trouve avoir son retour à tribord : cette disposition est précieuse pour éviter toute ambiguïté dans l'exécution des commandements concernant la manœuvre des bras du grand mât.

Le bras barré part du râtelier d'en abord du grand mât, par le travers du dernier hauban, passe dans une poulie aiguilletée sur ce hauban à la hauteur de la vergue barrée, dans sa poulie au bout de la vergue, et revient faire dormant sur le hauban, à côté de la première poulie.

Pour un motif du même genre que pour les faux grands bras, on devrait également croiser les bras barrés, et même les autres bras d'artimon ; mais cela est souvent impossible, à cause de la grand' voile goélette, et on est alors obligé de faire un com-

ÉTUDE DU GRÉEMEMT.

mandement spécial pour les bras d'artimon, au lieu de les comprendre dans le commandement général qui a trait aux bras de derrière.

3* Disposition des drisses de basse vergue» — Les drisses sont toujours à deux poulies doubles, ou à deux poulies triples : la

Fig. 159. — Drisses de basse vergue.

poulie supérieure porte d'ordinaire une longue eslrope AC, qui traverse la hune et, par le moyen d'une chaîne AB, va se fixer sur le dormant de la suspente. Quelquefois cette estrope s'aiguillette à une autre estrope spéciale qui fait partie du capelage. De toutes façons, la poulie inférieure se croche au moyen de crocs à ciseaux dans la cosse estropée sur la vergue. Le ga-

rant passe comme un garant de caliorne ordinaire, le dormant se faisant sur Testrope de la poulie supérieure, par un nœud de bouline, le courant sortant par l'arrière.

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