Hisser les basses vergues et les tenir. — S'il
Fïg. 160. — Suspente et drosses de basse vergue.
s'agit de la vergue de misaine, on frappe sur son milieu un palan venant de l'avant et on le raidit bien. Son but est d'empêcher que, pendant qu'on hisse, la vergue ne vienne se coller et frotter contre le mât.
On ne se sert pas généralement de palan de ce genre pour la
grand'vergue ni pour la vergue barrée, que Ton peut suffîsammenl sans cela déborder de leurs mâts, la première à l'aide de ses faux grands bras, la seconde à Taide de ses bras.
On hisse également sur les deux drisses en ayant soin, pour que la vergue monte bien carrément, de peser en même temps les balancines ; quand la vergue est suffisamment haute, on y maille la suspente. On choque ensuite les drisses, on met la vergue bien droite en bras et balancines et on dispose, pour compléter sa tenue, ses drosses et ses palans de roulis.
Il reste donc à décrire les suspentes, drosses et palans de roulis, ainsi qu'il suit.
i® Description des suspentes. — Une suspente (fig. 159 et 160) est unechaîne faisant par son milieu tour mort sur le ton du bas mât et soutenue ainsi, à une certaine hauteur au-dessus du capelage, par une collerette; ses deux bouts se présentent sur l'avant du mât, traversent la hune par le trou de suspente et sont chacun terminés soit par un système d'échappement à croc analogue à celui du braguet du bout-dehors de grand foc, soit par un système d'échappement dit à cloche. Ce dernier consiste (fig. 161) en un émerillon M, dont la chape en deux pièces E, E' est maillée à la partie supérieure avec une maille N de la chaîne de suspente et réunie à la base par un anneau aa' assujetti par une clavette ce. On voit qu'en retirant la clavette, les deux moitiés de la chape s'écartent et le boulon devient libre.
Les échappements, quels qu'ils soient, serventà former la jonction ou la séparation des chaînes de la suspente avec les chaînes
Fig. 161. — Échappement à cloche de la suspente.
cc^. Clayette. — aa', Anneau.
E, £* Parties de la cloche séparées par
la conpure x/j.
Jr Maille à émeriUon.
Mi MANUEL DU MANŒUVRIER.
fixées sur la manille d'assemblage que porte le cercle de suspente de la vergue.
Quelquefois ces échappements n'existent pas et les chaînes de suspente viennent tout simplement se fixer sur la manille boulonnée sur l'anse du cercle de suspente : quand on veut séparer la vergue de sa suspente, il faut donc enlever le boulon qui réunit cette manille avec l'anse du cercle de la vergue.
2® Installation des drosses, — La grand' vergue et la vergue de misaine portent chacune deux drosses, placées de chaque côté et à égale distance du cercle de suspente; la vergue barrée n'en reçoit qu'une seule.
Chaque drosse consiste en un cordage fourré et garni sur toute sa longueur; l'un des bouts se termine par un œil à la flamande, l'autre par une cosse.
Le bout qui porte la cosse entoure la vergue (fig. 160) et y est maintenu par une étrive faite à toucher la cosse; l'autre bout passe sur l'arrière du mât, va traverser la cosse de la drosse de l'autre bord, et monte passer dans un placard à l'arrière des élongis. Le bout porte un œil à la flamande dans lequel passe une élingue faite en quarantenier; c'est dans cette élingue que l'on croche la poulie inférieure du palan de drosse, dont la poulie supérieure est crochée à un piton sur l'arrière du chouque et dont le garant a son retour au pied du mât.
Pour que les deux drosses ne se croisent pas derrière le mât, on les dispose de telle sorte que la drosse d'un bord entoure la vergue en sens inverse de celle de l'autre bord, de façon que l'une des cosses soit au-dessus de sa drosse, tandis que l'autre cosse est au-dessous de la sienne.
Nota. — Un certain nombre de navires sont pourvus en guise de drosses d'un appareil en fer nommé drosses en fer, dont on trouvera la description à l'article 1 du chapitre IV.
3** Installation des palans de roulis. — Le palan de roulis d'une basse vergue esta pantoire et à deux poulies doubles; la panloire p, estropée sur la poulie d'en dehors rf, se croche dans une cosse c dont l'eslrope fait partie du capelage de la vergue; la poulie d'en dedans d' est crochée dans une cosse dont l'es-
trope e fait partie du capelage du bas mât (une pour chaque bord, un peu au-dessus du cercle de Irelingage) ; le garant fait dormant à la poulie d'en dehors, passe successivement dans les deux clans de chaque poulie, sort de la poulie d'en dehors et vient faire son retour au pied du mât après avoir passé dans une poulie de conduite s estropée à la deuxième cosse de l'es- Irope du mât (fig. 162).
Sur quelques petits bâtiments , la drosse ne remonte pas dans la hune après avoir passé dans la cosse de celle de l'autre bqrd,
Fig. iG3. — Palan de roulis de basse vergue.
elle élonge la basse vergue et se fixe par son œil à la flamande sur la poulie d'en dedans du palan de roulis.
Nota, — Sur quelques navires, la pantoire qui porte la poulie d'en dehors du palan de roulis est en fil de fer et se capelle ellemême directement au capelage de la basse vergue.
257. Les vergues de hune étant le long du bord, les embarquer et les garnir. — On se sert pour cela de deux cartahus doubles qui passent dans les poulies mobiles faisant partie des capelages des mâts de hune. Si ces poulies n'exis-
UANOECVRIER. — T. I. ' 10
lent pas, on se sert des guinderesses de perroquet qu'on passe en cartahus doubles dans les chapes des poulies d'itague faisant partie du capelage des mâts de hune.
Supposons que nous ayons à embarquer la vergue du grand hunier qui se trouve le long du bord à tribord, son bout de bâbord sur Tavant. Les deux cartahus doubles ayant été affalés jusqu'à la mer, par tribord des grands étais, on crochera celui de tribord au centre de la vergue, et celui de bâbord dans une erse baguée près de l'extrémité de bâbord, en dedans et à côté du clan d'écoute de perroquet; un cartahu venant de l'avant sera également frappé sur l'extrémité de tribord.
On commence par peser le cartahu de bâbord, en embraquant seulement le mou de l'autre. La vergue se rapprochera de la verticale et lorsqu'elle sera à moitié hors de l'eau, on continuera à la soulager dans cette position à l'aide des deux cartahus, jusqu'à ce que le bout inférieur soit sur le point de parer le bastingage; une retenue passant par un sabord et venant de l'intérieur ayant été frappée sur ce bout, on se remettra à hisser la vergue et, en choquant la retenue, on la laissera venir en dedans : là, après avoir garni d'un paillet le bout inférieur de la vergue pour préserver le pont de son ragage, on y frappe un filin venant de l'arrière et, en mollissant les deux cartahus, celui de bâbord plus rondement, on haie de l'arrière le bout inférieur de façon à mettre la vergue parallèlement à la quille, par le travers de son mât. On la fait alors reposer, les anses des cercles des poulies d'itague en dessus, sur des chantiers préalablement installés et suffisamment élevés au-dessus du pont pour ne point gêner la mise en place de la garniture.
Les cartahus ayant été décrochés, on procède ensuite à l'opération de garnir les vergues, dans l'ordre suivant :
Vergues du grand et du petit huniers :
A partir du centre :
Cercle à anse, ou estrope pour poulie d'itague.
Racage.
Cercle en fer à deux pitons, ou eslropes, pour les poulies d'écoute de perroquet et de cargue-point de hunier.
ÉTUDE DU GRÉEMËNT. 147
Estrope de la poulie de cargue-bouline.
Estrope du palan de roulis ; elle porte généralement deux cosses, Tune, sur Tarrièrepour le palan de roulis; Tautre, au-dessus de la vergue, pour crocher le cartahu double, lorsqu*on change la vergue.
Au capelage : Filières d'envergure et de ris, disposées comme sur la basse vergue.
Estrope à cosse pour empointure d'envergure.
Marchepied.
Estrope à cosse pour poulie de bras.
Estrope à cosse pour balancine.
Poulie pour faux palanquin.
Poulie de drisse de bonnette de hune {souvent mobile).
Faux marchepied.
Le racage porte les poulies de cargue-fonds.
L'estrope au mât des palans de roulis entoure le mât de hune et se genope sur le racage.
Vergue de perroquet de fougue. — Même garniture, sauf que cette vergue ne reçoit pas de poulie de drisse de bonnette.
258. Filières, marchepieds et racages des vergues de hune. — Les filières d'envergure et de ris sont installées sur les vergues de hune de la même manière que sur les basses vergues.
Les marchepieds sont également identiques à ceux des basses vergues; mais ils sont ordinairement complétés par des /a warwarchepieds : ceux-ci sont capelés par un bout sur le collet de la ferrure qui supporte le blin; l'autre bout terminé par un œil s'aiguillette soit sur la filière, soit autour de la vergue à toucher la naissance du placard d'écoute de perroquet, en dedans. Quelquefois ce faux marchepied est supprimé ; dans ce cas le marchepied est capelé sur le collet du blin, cei^i nécessite un étrier supplémentaire dont l'œil se capelle au capelage de la vergue, à la place que le marchepied aurait occupée.
Le racage d'une vergue de hune est une sorte de collier qui tient la vergue contre le mât de hune, en lui permettant de monter et de descendre le long de ce mât. Il se compose de
MANUEL DU UANŒGVEIER.
bigots (fig. 37), de pommes de racage [fig< 36) et de deux filins de même grosseur, mais d'inégales longueurs, appelés bâtards de racage.
Pour confectionner le bâtard supérieur, prendre un filin de la grosseur voulue et d'une longueur telle que mis en double il puisse entourer le màt de hune et venir à chacune de ses extrémités jusque sur le milieu de la vergue. On fourre ce fîUn, puis on le passe dans les pommes et dans les trous supérieurs des bigots, en alternant, avec une pomme à chaque extrémilé- On é pisse ensuite le filin sur lui-mi^me et on le fait courir également des deux bords, de manière que Tépissure corresponde en M au milieu des bigots. On applique te doubïe du bâtard contre
les eiigou jures des bigots et l'on lait un œil aux extrémités par un amarrage plat p, p\
Le bâtard inférieur CD est travaillé de la même manière; mais on lui donne une longueur telle qu en passant sous la vergue il puisse venir rejoindre le bâtard supérieur, sauf un petit intervalle laissé pour le ridage*
Lesdeuxbâlardsen place, on bride les quatredoubles ensemble, enP, P', par un bon amarrage à plat de chaque bord, et l'on fait un amarrage croisé sur chaque bigot (ces derniers amarrage.^ na sont point indiqués sur la lig, 163, afin de ne pas la surchargerl
Le racage ainsi confectionné, on Tcnvoie en haut et on le fait reposer sur le chouque de telle sorte qu'il embrasse le mat de hune et que les deux sortes de fourches qui le terminent se présentent tournées vers Tavant, parées à recevoir la vergue de hune^ quand celle-ci aura été mise en croix sur le chouque.
ÉTUDE DU GRÉEMËNT. n9
259. Passage des balancines et bras des vergues de hune. — Les vergues de hune étant garnies, les racages disposés, il faut, avant de. les mettre en croix sur les chouques, passer ainsi qu'il suit leurs balancines et leurs bras.
i° Balancines, — Les balancines des vergues de hune sont simples; chacune d'elles se croche au moyen de crocs à ciseaux dans la cosse de son estrope, au bout de la vergue, monte de là passer dans le clan inférieur de la baraquette fixée entre les galhaubans de hune de l'arrière, passe par le trou du chat et vient faire retour dans une moque à rouet, soit au pied du mât, soit dans les porte-haubans.
2® Bras, — Le bras du petit hunier passe dans la bitte du râtelier du grand mât (la même que pour le bras de misaine), monte dans une poulie fixée aux jottereaux ou sur le premier bas hauban, un peu au-dessus de la basse vergue, va dans une poulie aiguilletée à la fourche du grand étai ; de là dans sa poulie au bout de la vergue, de dessous en dessus, et monte faire dormant au capelage du grand mât de hune par un aiguilletage avec le bras de l'autre bord, après que les deux bras ont été bridés à la fourche de l'étai de hune.
On peut se demander pourquoi ce bras ne va pas directement de sa poulie aux jottereaux ou sur le premier bas hauban à sa poulie au bout de vergue : s'il en était ainsi, il gênerait quand on veut border le grand hunier : c'est pour le diriger au-dessous de la ralingue de bordure du grand hunier qu'on l'oblige à passer dans une poulie fixée à la fourche de l'élai du bas mât.
Le bras du grand hunier passe dans un bitton au pied du mât d'artimon ; dans une poulie à battant dont l'estrope fait tour mort sur ce mât, un peu au-dessous de la, vergue barrée, va passer ^de dessous en dessus dans sa poulie à crocs à ciseaux au bout de la vergue, et revient faire dormant au capelage du mât de perroquet de fougue, par un aiguilletage avec le bras de l'autre bord, après que ces deux bras ont été bridés à la fourche de Tétai du mât de perroquet de fougue.
Le bras du perroquet de fougue part du râtelier en abord du
grand mât, d'une poulie à toucher celle du bras barré, monte passer dans une poulie estropée à un piton placé à l'arrière et sur la face supérieure du chouque du grand mât, va dans sa poulie au bout de la vergue et revient faire son dormant sur le même piton du chouque.
260. Mettre les vergues de hune en croix sur les chouques et les tenir. — Cette manœuvre s'effectue au moyen des cartahus doubles qui ont servi à embarquer les vergues.
Supposons qu'il s'agisse de la vergue du grand hunier que l'on a disposée sur le pont, parallèlement à la quille, son bout de bâbord sur l'avant. On fait descendre les cartahus doubles par tribord des grands étais ; on croche celui de tribord sur la cosse d'en dessus del'eslrope pour palan de roulis qui fait partie de la garniture de la vergue à tribord, et celui de bâbord dans la cosse de l'estrope symétrique à bâbord. En même temps on affale jusqu'au pont les bras et balancine de tribord, ceux de bâbord étant affalés dans la hune; une retenue est également frappée sur le bout de tribord de la vergue, bout qu'on a eu soin de garnir de paillets pour préserver le pont de son ragage.
On pèse le cartahu de bâbord, en se contentant d'embraquer le mou de celui de tribord afin que la vergue se mate verticalement, et en conduisant son extrémité inférieure de telle sorte que le bout de bâbord ne s'engage pas sous les grands étais. Quand la vergue est ainsi élongée sur l'avant du mât, son extrémité tribord un peu soulagée au-dessus du pont, on y croche les bras et balancine de tribord. On en fait autant sur l'extrémité de bâbord qui se trouve au même moment à la hauteur de la hune.
On se remet ensuite à hisser en conservant toujours la vergue verticale, jusqu'à ce que le bout de bâbord arrive au-dessous de la fourche des étais du grand mât de hune. Là on tient bon le cartahu de bâbord, et on pèse le cartahu et la balancine de tribord : de la sorte le bout bâbord de la vergue passe en dessous des étais du grand mât de hune. Dès que le centre de la vergue
est suffisamment élevé au-dessus du chouque, on tient bon le cartahu de tribord : on met alors la vergue bien normale au mât en pesant la balancine de tribord et en mollissant le cartahu double et la balancine de bâbord.
En choquant ensuite cartahus doubles et balancines tous à la fois, on amène la vergue à reposer sur le chouque où on s'empresse de faire son racage; on la met bien carrée à Taide des bras et balancines; on maille les poulies d'itague sur les anses des cercles qui font partie de la garniture de la vergue, on raidit ces itagues et on décroche les cartahus doubles; on dispose enfin et on croche à leurs estropes sur la vergue les palans de roulis.
Itagues et palans de roulis sont décrits ainsi qu'il suit :
261. Description des itagues, drisses et palans de roulis. — Les itagues sont diversement disposées, suivant qu'il y a une ou deux poulies sur la vergue :
1" Avec une 'poulie d'itague sur la vergue. Dans ce cas il n'y a qu'une seule ilague ; mais elle peut être installée de deux manières suivant qu'il y a une ou deux estropes au capeîage du mât de hune.
La première manière consiste à offccluer le dormant de l'itague au capeîage du mât de hune, à la faire descendre sur l'avant du mât passer dans la poulie d'itague sur la vergue, et à la faire monter passer dans sa chape au capeîage, de l'avant à l'arrière, après quoi elle redescend sur l'arrière du mât, va passer dans l'œil de l'estrope de la poulie supérieure de drisse et s'épisse sur elle-même. Il n'y a donc alors qu'une seule drisse.
La deuxième manière consiste à la faire passer dans une chape au capeîage, puis dans la poulie sur la vergue, et de là dans la chape de l'autre bord. Chacun de ses bouts s'épisse alors sur lui-même, après avoir passé dans l'œil de l'estrope de la poulie supérieure de drisse, ce qui suppose deux drisses.
2** Avec deux poulies d'itague sur la vergue, — Dans ce cas il y a deux itagues. Chacune d'elles fait dormant à la tête du mât de hune, au-dessous du capeîage, va passer dans la poulie sur la vergue, de là dans la chape au capeîage et revient sur l'arrière
du mât jusqu'à la hauteur du chouque; son bout passe alors dans l'œil de Testrope de la poulie supérieure de drisse et s'épisse sur lui-même.
Le palan qui constitue la drisse d'un hunier comprend généralement une poulie double (c'est celle qui est fixée sur le bout de ritague) et une poulie simple à émerillon crochée à un piton dans les porte-haubans, près du galhaubande l'arrière.
Le garant fait dormant sur un ringot fixé sur Testrope de la poulie inférieure, de là va passer dans un des clans de la poulie supérieure, revient dans le clan delà poulie inférieure puis dans le deuxième clan de la supérieure, pour redescendre sur le pont, où il passe dans une poulie de retour placée par le travers de la poulie inférieure de drisse.
Généralement il n'y a qu'une poulie d'itague et deux drisses, mais on ne hisse la vergue que sur une seule ; l'autre est préalablement embraquée et tournée de telle sorte que l'on puisse avec la première hisser le hunier à bloc, sans que la poulie supérieure descende trop près des bastingages.
Sous l'effort assez considérable que nécessite l'action de hisser et d'étarquer un hunier, l'itague tend à se décommettre ; ce mouvement de détorsion tend lui-même à faire faire dans la drisse des tours auxquels l'émerillon inférieur ne s'opposerait qu'imparfaitement.
Pour empêcher le décommettage de la drisse, pour aider à l'action de l'émerillon inférieur, et en même temps pour guider et maintenir la poulie supérieure de drisse, on emploie l'appareil (fig. 164) appelé gouvernail de drisse,
CD est le galhauban de hune de l'arrière et traverse l'extrémité de la branche horizontale du gouvernail, terminé à cet effet par un collier 0, généralement à charnière : AB, branche verticale, est creusée de manière à s'adapter sur l'itague où on la maintient par plusieurs roustures, à toucher la poulie de drisse P.
Les palans de roulis des vergues de hune sont à deux poulies simples : celle d'en dehors est crochée dans la cosse del'estrope du palan de roulis qui fait partie du capelage de la vergue;
celle d'en dedans est crochée dans la cosse d'une estrope qui embrasse le mât en entourant le racage et qui est bridée avec celui-ci. Il y a ainsi deux estropes sur Je racage ; une pour chaque bord. Le garant fait dormant sur la poulie d'en dedans, va de là passer dans la poulie d'en dehors, revient dans la poulie d'en dedans et descend au pied du mât par le trou du chat.
262. Mettre en place un bout-dehors de basse vergue, — Pour mettre en place cet espars on se sert de deux cartahus frappés l'un à la caisse, l'autre à l'extrémité opposée du bout-dehors.
Le cartahu de la caisse n'est autre que la manœuvre nommée cartahu de bout-dehors, qui sert à le soulager ou à l'amener, lorsqu'il est à son poste dans les blins de la vergue. Parti du râtelier d'en abord, il monte passer dans une poulie sous la hune, un peu sur l'avant de la barre traversière avant, descend dans une seconde poulie estropée sur la caisse du bout-dehors et revient faire dormant autour de l'estrope de la poulie de soushune. Celle-ci n'est point là à poste fixe : son estrope assez allongée traverse un trou pratiqué dans la hune et y est maintenue par un burin placé en travers de la hune.
Le second cartahu frappé sur le bout-dehors, à deux mètres environ de sog bout extérieur, monte de là, par l'avant de la vergue, passer dans une poulie fouettée sur la balancine, à l'aplomb d'un point intermédiaire entre les deux blins, va dans
Fig. 464. — Gouvernail de drisse.
une seconde poulie crochée à un piton du chouque et descend au pied du mât.
On commence par peser le cartaliu de la caisse de façon que l'extrémité inférieure du bout-dehors pare le bastingage : on pèse alors rapidement le deuxième cartahu de façon à mettre Tespars horizontalement. On le hisse ensuite carrément jusqu'à ce qu'arrivé à la hauteur de la vergue, les gabiers postés sur celle-ci puissent le saisir, l'amener à reposer dans le blin à charnière, le guider et le pousser dans le blin extérieur.
Sur la caisse du bout-dehors se trouve fixée une aiguillette. Quand on prend la mer ou quand au mouillage on a du roulis, on saisit le bout-dehors sur la vergue en faisant avec cette aiguillette tours et autres entre la caisse et un cabillot fixé sur la filière.
263. Mettre en place le bout-dehors de hune. — On met en place le bout-dehors de hune au moyen de son cartahu ordinaire : ce dernier, fixé sur la caisse du bout-dehors, monte dans une poulie aiguilletée sur le traversin avant des barres , descend par le trou du chat et vient faire retour au râtelier d'en abord, à toucher le retour du cartahu de boutdehors de basse vergue.
En pesant ce cartahu, on fait monter verticalement l'espars jusqu'à élever à hauteur delà hune son extrémité inférieure, sur laquelle on frappe alors un bout de filin qu'on avait d'avance passé dans le blin de la vergue de hune, de dehors en dedans. Ce bout permet de hisser l'extrémité du bout-dehors à portée d'un homme qui se trouve au bout de la vergue et qui la guide alors dans son blin: on a mène ensuite le bout-dehorssur la vergue en mollissant le cartahu de la caisse.
Les bouts-dehors de hune peuvent être saisis sur la vergue d'une manière analogue aux bouts-dehors de basse vergue.
De chaque bord, sur le premier hauban de hune, à même hauteur au-dessus de la vergue, se trouve fixée une cosse dans laquelle vient passer le cartahu de bout-dehors,^ dans son trajet de la caisse aux barres : ces cosses servent d'arrêt pour les bouts-dehors lorsqu'on les pèse pour la manœuvre des voiles.
264. Gui. — 1"* Mise en place et garniture. — Le gui est \m fort espars de bois arrondi sur lequel vient se border la brigantine. Il est placé horizontalenaenl; la mâchoire, qui le termine à un bout, embrasse le bas mât d'artimon et repose sur un taquet cloué sur ce mât : l'autre extrémité, qui contient un clan vertical pour Técoute de brigantine, repose au mouillage sur un chandelier près du couronnement.
Pour le mettre à poste, on le porte à bras au-dessous de la place qu'il doit occuper, on le soulage ensuite à l'aide d'un fort palan fixé sur la mâchoire et venant du capelage du mât d'artimon, en même temps que Ton soutient l'extrémité qui doit reposer sur le chandelier par un cartahu double venant du capelage du mât de perroquet de fougue.
La garniture se place, à partir de l'arrière, dans l'ordre suivant :
Dormant de l'écoute de gui (sur la fusée).
Estrope à cosse pour écoute d'artimon.
Dormant des balancines de gui.
Estropes à cosse pour poulies doubles de palans d'écoutes de gui.
Estrope à cosses pour palans de retenue.
Estrope à cosses faisant tour mort pour poulies des palans de balancines de gui (cette estrope est supprimée quand le palan de balancine vient en abord ou au pied du mât).
Racage formé d'un bout de filin entourant le mât d'artimon, et passant par des trous percés de chaque bord dans la mâchoire; des culs de porc ou des nœuds de rides l'empêchent de se dépasser.
2® Tenue et manœuvre. — Le gui est tenu et manœuvré au moyen de ses écoutes (une de chaque bord) et de ses balancines.
L'écoute de gui (fîg. i65) passe dans une poulie de retour en abord près du couronnement, va passer successivement dans les clans de deux poulies doubles estropées l'une sur le gui l'autre au bout de la vergue de brasseyage, sort en dernier lieu de cette seconde poulie et va faire dormant à l'extrémité arrière du gui.
Ce passage est celui qui convient aux guis qui débordent
Fig. 163. — Écoute de gui.
beaucoup le couronnement. Quand il s'agit de guis plus courts,
le dormant se fait à un ringot fixé sur Testrope de la poulie sur le gui.
Les deux balancines de ^w«(fîg. 166)sonlformées par le même bout de filin qui fait tour mort par son milieu autour du gui; chacune des deux branches, après avoir passé de Tarrière à Tavant danslapoulie qui fait partie du capelage du mât d'artimon (revoir ce capelage § 227), reçoit à son extrémité, au moyen de deux cosses baguées, la poulie double du palan de balancine. La poulie inférieure
de ce palan est simple et se croche sur le gui pour les grands bâtiments ; à toucher cette poulie est fixée sur le gui une poulie de retour dans laquelle passe le garant avant devenir se tourner à un taquet fixé par une rousture sur le gui.
Sur les bâtiments de rang inférieur la poulie inférieure du palan de balancines est crochée sur le pont, au pied du mât, ou en abord. Les balancines de gui sont dites alors simples.
Nota, — Lorsque le gui a été portéle plus possible d'un bord, dans les allures du largue, par exemple, Técoute de sous le vent, n'appelant plus d'une di-
Fig. 166. la corne.
Drisses et gardes de - Balancines de gui.
rection suffisamment normale au gui, n'est pas en état de le
tenir contre les coups de roulis. On croche alors sur une estrope qui fait partie du capelage du gui la pantoire d'un palan dit palan de retenue^ dont la poulie inférieure se croche à l'arrière des grands porte-haubans.
265. Corne de brigantine. — l"" Description et garniture. — Une corne de brigantine est un espars analogue au gui, comme forme, et se terminant comme lui à une de ses extrémités par une mâchoire destinée à embrasser le màt d'artimon.
La garniture des cornes de brigantine diffère suivant le sys-
Fig. 167. — Corne de brigantine.
tème des brigantines employées. Quand la brigantine est destinée à être enverguée sur la corne, la garniture de celle-ci est la suivante :
Racage (analogue à celui du gui).
Piton pour poulie de drisse de mât.
Poulies simples pour étrangloirs (à toucher la mâchoire) : ces poulies sont parfois triples et servent alors de poulies de conduite aux cargues hautes.
Poulies de cargues hautes d'en dedans ( à 1/3 de longueur de la corne à partir de la mâchoire).
Poulies de cargues hautes d'en dehors (au 2/3 de la même longueur).
Cercles à pitons ou estropes pour poulies de drisse de pic.
Pantoires des palans de garde.
Estrope à cosse pour empointure d'envergure.
Si la brigantine employée est à rideau, la corne de brigantine est munie le long de sa génératrice inférieure d'une cornière
en fer en forme de T, dite chemin de fer (fig. 168), qui sert de guide et de soutien aux griffes fixées sur la ralingue supérieure de la brigantine.
Voici la garniture d'une corne pour brigantine à rideau : Racage.
Piton pour poulie de drisse de mât.
I I ( Poulie de cargue-point ou lève-nez d'un bord. ^ * I / Poulie de calebas de Tautre.
Cercles à pitons pour poulies de drisses de pic.
Cercle à pitons pour pantoires des
r :— ~" j palans de garde.
V 2* Mise en place et tenue, — Pour
\ ' meltre en place la corne qu'on a gar-
( . nie à l'aplomb du poste qu'elle doit
occuper, on commence par passer
la driase de mâty la drisse de pic et les
j palans de garde (voir (îg. 166).
Fig. les. -se^n dans une ^a drisse de mât est un palan à
corne de brigantine à ri- deux poulies doubles, dont la poulie
**^*"' supérieure est frappée sur les élon-
C, Corne. - T. Tringle dite / * ^ x j c i
chcmindofer. -G. Griffe. gis OU autour Qu bas mât, et dont la
poulie inférieure est estropée sur la cosse d'une cheville à piton qui traverse la mâchoire. La drisse de pic monte le .long du mât d'artimon, passe dans une poulie crochée dans le piton d'un cercle placé au-dessous du chouque, à une distance de ce dernier égale aux 3/5 du diamètre du mât; dans une poulie sur la corne; dans une troisième poulie crochée à un piton sur l'arrière du chouque; dans une quatrième poulie sur la corne, près de la fusée, et va faire son dormant au capelage du mât de perroquet de fougue, quelquefois au chouque du bas mât.
Les deux poulies simples sur la corne sont placées Tune aux 3/5, l'autre aux 4/5 de la longueur de la corne à partir de la mâchoire. Les deux poulies sur le mât sont souvent remplacées par une poulie double, ce qui ne change rien au dormant de la drisse; et quelquefois par une poulie triple, ce
ÉTUDE DU GHÉEMENT. 159
qui fait faire le dormant de la drisse au bout de la corne.
Les palans de garde sont à pantoire et à deux poulies simples. Les deux pantoires sont formées par le même bout de filin qui entoure la corne en dehors de la poulie extérieure de drisse de pic; pour les voiles à rideau, la corne porte quelquefois un piton à cosse de chaque bord* sur le côté, et les pantoires, alors distinctes, des palans de garde, viennent s'y fixer par un œil embrassant la cosse. Le garant, qui, de chaque bord, forme le palan, passe dans un chaumard de la muraille, dans une poulie fixée à l'extrémité de la vergue de brasseyage, dans la poulie au bout de la pantoire, et vient faire dormant sur la vergue de brasseyage en dehors de la poulie.
La corne ainsi munie de son gréement complet, on frappe sur la mâchoire un bout de filin que Ton raidit et que Ton prend à retour sur Tarrière.
On pèse les deux drisses de façon à ce que la corne monte horizontalement, en filant à la demande les palans de garde; on choque également la retenue de telle sorte que la mâchoire ne vienne pas frotter contre le mât.
La drisse de mât est tournée quand la mâchoire est arrivée à son poste; il ne reste plus qu'à donner à la corne l'inclinaison voulue, au moyen de la drisse de pic.
Cette inclinaison prise par rapport au mât d'artimon était autrefois de 42^ sur les vaisseaux, de 38° à \(f sur les frégates et corvettes, de 35** sur les petits bâtiments dont les mâts étaient déjà très inclinés sur Farrière. Aujourd'hui Tapiquage reste dans ces moyennes, d'après la force et l'inclinaison de la mâture.
266. Mât de senau. — Il existe encore sur quelques rares navires l'installation du mât de senau : c'est un espars cylindrique qui se dresse verticalement et presque à toucher la génératrice arrière du bas mât d'artimon. Son pied repose sur le pont ou bien, par le moyen d'une ferrure, dans le piton d'un cercle embrassant le bas mât, un peu au-dessus du cercle de tournage. Sa tête vient s'engager entre les élongis.
C'est contre ce mât que vient s'appliquer la mâchoire de la
IGO
corne; c'est sur lui que s'envergue la brigantine par le moyen de cercles mobiles qui, pouvant librement monter ou descendre le long du mât de senau, permettent ainsi de hisser ou d'amener facilement la corne, quand on prend des ris dans la voile.
267. Cornes de goélettes. —Le grand mât et le mât de misaine portent des cornes qui servent à rétablissement des voiles goélettes dites grand' voile et misaine goélettes. Ce sont
Fig. 169. — Martinet d'une corne de goélette.
des espars arrondis terminés soit par une mâchoire comme la corne de brigantine, soit par une ferrure embrassant le bout de la corne. Cette ferrure se termine par deux oreilles comprenant entre elles l'œil d'une forte cheville verticale, laquelle vient s'introduire dans le piton d'un cercle placé sur le mât et y repose au moyen d'un renflement de métal (fig. 169).
Les goélettes étant généralement à rideau et à martinet^ leur garniture est la suivante :
"5 s ( Poulie simple pour lève-nez d'un bord. 1%) Poulie simple pour calebas de l'autre.
ÉTUDE DU GRIlEMENT. 161
Dormants du martinet.
Cercle à pitons pour palans de garde.
Le martinet est un bout de filin en fer dont le dormant au mât se fait par un aiguill étage au ton du bas mât et qui se termine à lautre bout par une cosse. Cette cosse elle-même (fig, 169) embrasse une patte d'oie le long de laquelle elle peut courir et dont les deux bouts sont fixés sur la corne, près de son extrémité.
Les palans de garde sont installés d'une façon analogue à ceux de la corne de brigantine.
Pour mettre en place une corne, on la hisse sur deux palans croches à des erses près des extrémités; on les défrappe lorsque Ja corne repose sur sa ferrure et son martinet.
l^ota, — On pourra encore voir sur quelques navires des goélettes s'enverguant sur la corne; dans ce cas celte corne, qui n'en est pas moins à martinet , porte des poulies d'étrangloirs, de cargues hautes et de cargues basses placées comme nous l'avons indiqué pour les cornes de brigantines à enverguer.
268. Capelages des mâts de perroquet. — Le capelage d'un mât de perroquet comprend deux capelages distincts : celui de perroquet proprement dit et celui de flèche; chacun d'eux est disposé sur un manchon en cuivre ou en tôle, dans l'ordre donné comme il suit :
1** Ordre des capelages. — Petit mât de perroquet, — Étai. Draille de clin- foc.
Deux galhaubans de chaque bord , la paire de bâbord en dessous. Le galhauban de l'avant est étranglé.
8 I ( Poulie de drisse du clin-foc.
a * I ( Poulie de drisse de bonnette de perroquet.
Enlre les deux doubles des galhaubans d'un même bord, on fixe une petite baraquette pour le passage de la balancine de perroquet.
Sous l'étai est aiguilletée la poulie de cargue-fond de perroquet.
Flèche, — Étai de flèche.
Deux galhaubans de chaque bord ; celui de l'avant est étranglé.
Entre les deux doubles, on saisit un margouillet pour le passage de la balancine de cacatois.
Grand mât de perroquet et mât de perruche. — Leurs capelages sont disposés comme pour le petit mât de perroquet, à Texception de la draille et de la poulie de drisse du clin-foc, qui n'existent pas. On capelle en commençant par tribord.
Le mât de perruche ne porte point de poulies de drisse de bonnette.
Sur le galhauban de travers du grand perroquet : poulie de bras du petit cacatois.
Sur le galhauban de travers de perruche : poulie de bras du grand cacatois.
2^ Confection^ — Les galhaubans de perroquet et ceux de flèche sont par paires ; chaque paire, formée d'un même cordage en fil de fer portant un œil en son milieu, comprend pour chaque bord un galhauban étranglé et un galhauban de Tarrière.
Les étais et la draille de clin-foc sont des cordages en ûl de fer terminés par des œils qui servent à les capeler sur le mât. Pour confectionner un capelage de perroquet on prend un manchon (fig. 170), on capelle sur lui d'abord Tétai, après y avoir fixé quatre bouts de lusin ou de merlin, puis on capelle le deuxième œil que Ton marie à l'étai au moyen d'un des lusins. On place et on fixe ainsi successivement les œils qui composent le capelage.
On relie ensuite le tout au manchon au moyen d'un fil de fer passant par les trous de la collerette du manchon.
On assemble de même le capelage de flèche sur un manchon spécial, en cuivre, décrit déjà au § 101 et qui porte le nom de manchon pour chape de paratonnerre, (Voir fig. 39.)
3® Mise en place sur les chouques des mâts de hune, — Pour envoyer le manchon ainsi garni du capelage de perroquet sur le chouque du mât de hune, on emploie un des cartahus passés
Fig. 470. — Manchon pour capelage de mât de perroquet.
ETUDE DU GREEMEP«T. 163
pour envoyer en haut le capelage du mât de hune et on le frappe sur le capelage de perroquet comme on Fa fait pour hisser les galhaubans étranglés de hune.
Le capelage de perroquet ainsi disposé sur le trou rond du chouque, on hisse de même et on met par-dessus le capelage de perroquet le manchon pour chape de paratonnerre qui porte le capelage de flèche.
On capelle ensuite la pomme sur le tenon de ce dernier manchon, dans la douille duquel on enfonce la verge du paratonnerre, dont la chaîne est élongée et genopée de distance en distance le long du galhauban de flèche.
4^ Passage des étais et galhaubans,
Uétaidu petit mâù de perroquet (voir fîg. 135) passe dans Tengoujure pratiquée à l'extrémité du bout-dehors de grand foc, dans le placard de bâbord de l'arc-boutant de martingale et se raidit sur les apôtres, à bâbord, au moyen d'un palan.
L'étal de flèche du petit mât de perroqtiet (voir fig. 135) passe dans Tengoujure pratiquée à l'extrémité du bout-dehors de clin-foc, dans le trou inférieur de Tarc-boutant de martingale, et se raidit sur lui-même aux apôtres à tribord.
Vétai du grand mât de perroquet et celui du grand mât de cacatois passent dans des margouillets dont les estropes font partie du capelage du mât de misaine (voir § 227) traversent des cosses aiguilletées sur les œils des étais de misaine et se terminent par des palans qu'on peut raidir ou larguer dans les hunes.
Vétai du mât de perruche et celui du mât de cacatois de perruche ont un passage analogue par rapport au capelage du grand mât ; si on se reporte au § 227, on verra seulement que les deux margouillets ont une estrope commune.
Les galhaubans de l'arrière de perroquet descendent directement dans les porte-haubans où ils sont raidis au moyen de caps de mouton (voir fîg. 152).
11 en est de même des galhaubans de flèche de l'arrière.
Les galhaubans étranglés de flèche et dé perroquet vont passer dans des engoujures à l'extrémité du traversin arrière des barres, passent dans des margouillets dont les estropes font partie du
i64 MANUEL DU MANŒUVRIER.
capelage da mât de hune, au-dessous de la noix (voir § 244) et viennent se raidir au pied du mât au moyen d'un palan (voir fig. 152).
Les palans et les caps de mouton sont remplacés par des cosses pour les galhauhans de cacatois de perruche étranglés ou de r arrière,
269. Gtiinder les mâts de parrocpiet. — Les capelages étant ainsi disposés, on envoie sur les barres les bouts des drisses de perroquet et de cacatois ; on peut alors guinderles mâts de perroquet. Au mouillage on guindé par bâbord des étais le grand mât de perroquet et le mât de perruche, par tribord le petit mât de perroquet. Les guinderesses ont par suite leur retour à tribord pour le grand mât de perroquet et la perruche, à bâbord pour le petit mât de perroquet.
Supposons qu'il s'agisse de guinder le grand mât de perroquet : la guinderesse part d'une poulie de retour crochée dans le passavant de tribord, sur l'arrière du mât, près de la muraille, monte sur l'arrière de la hune et des barres, passe dans une poulie crochée au chouque du mât jde hune à tribord, descend par le trou de la cheminée des barres, puis sur Tavant des vergues, par bâbord des étais; quand elle arrive à toucher la tète du mât de perroquet, elle passe dans une cosse, dite cosse conductrice, fixée par un petit fouet dans le clan de la drisse de cacatois, puis élonge le mât, traverse le clan de la caisse de tribord à bâbord, monte sur l'avant des vergues, toujours par bâbord des étais, et, passant par le trou de la cheminée , va faire dormant au chouque du mât de hune, du bord opposé à son courant.
En se reportant au § 20, on verra que la face avant du trou de la cheminée des barres est formée par un coussin mobile, qui, relevé, augmente sensiblement les dimensions de la cheminée dans le sens longitudinal : cette installation a pour but de permettre au mât de s'introduire facilement dans sa cheminée, au moment où sa tète arrivant à hauteur des élongis, il se présente forcément avec une certaine obliquité, sa caisse n'ayant point encore paré la vergue de hune. Il faut donc., dès qu'on
ËTUDE DU GRËEMËNT. lt)3
commence ropération de guinder, veiller à ce que le coussin des barres soit relevé.
Au moment de guinder, on dispose des gabiers dans la hune, sur la vergue de hune, dans les haubans de hune à toucher le dessous des barres, enfln sur les barres.
On pèse la guinderesse, les gabiers font parer le mât de la hune et des vergues et, conduisant la flèche dans la cheminée des barres, veillent à ce que le mât soit clair, c'est-à-dire que la guinderesse n'ait pas de tours et q\je son clan soit placé dans un plan transversal. Dès que la tête du mât arrive entre les barres et le chouque, on largue le fouet de la cosse conductrice puis on continue à guinder; aussitôt que la noix de flèche apparaît en dessus du chouque, les gabiers mettent en place le capelage de flèche, la pomme et le paratonnerre, après s'être assurés que le clan de cacatois est bien déviré, de façon à ce qu'il se trouve juste au-dessous de Tétai; la drisse de cacatois est passée et Ton continue à guinder. On laisse tomber le coussin des barres dès que la caisse du mât a paré la vergue de hune. Lorsque la noix dep^roquet est arrivée au-dessus du chouque, amener bien carrément le capelage de perroquet sur les épaulettes de la noix, de façon à ce que Tétai soit juste au-dessus du clan de la drisse de perroquet; passer peu après la drisse de perroquet. A partir de ce moment et à mesure qu'on guindé, les gabiers s'occupent d'alléger le gréement, surtout les gabiers qui sont sous les barres et qui là peuvent mieux que personne donner du mou dans les galhaubans étranglés de flèche et de perroquet. Dès que les trous des clefs se présentent, on y engage les extrémités d'en dedans des leviers, en faisant eff'ort sur les extrémités d'en dehors jusqu'à ce que Ton puisse capeler les manilles.
Aussitôt leur mise en clef, on assure la tenue des mâts en étais et galhaubans; on raidit en dernier lieu le galhauban de travers qui remplit les fonctions de hauban.
270. Bout-dehors de clin-foc— C'est un espars arrondi destiné à prolonger le bout-dehors de grand foc et muni de deux clans^un dans la caisse, l'autre dans la noix, les plans de ces deux clans étant perpendiculaires entre eux.
Pour le présenter, on le porte à bras sur le gaillard d'avant, en le plaçant parallèlement au beaupré à tribord; on passe un cartahu en guinderesse de la façon suivante : le dormant se fait à Textrémité d'en dehors du bout-dehors de grand foc, ce cartahu élonge ensuite par tribord le bout-dehors de grand foc et le beaupré, vient passer dans le clan de la caisse du boutdehors de clin-foc, va de là, en remontant le long du bout-dehors, passer dans une poulie fouettée à l'extrémité du bout-dehors de grand foc et revient sur le pont. On pèse sur ce cartahu; des hommes disposés sur le bout-dehors de grand foc soutiennent et guident la tète du bout-dehors de clin 'foc, de façon à le faire s'engager dans son blin à Textrémité du bout-dehors de grand foc. Sitôt que la noix déborde un peu de ce blin, on met en place le capelage dans Tordre suivant :
Marchepied.
Haubans.
Martingale.
Le marchepied, filin garni de pommes de distance en distance, est capelé par son milieu à Textrémité du bout-dehors de clinfoc ; ses deux branches vont s'aiguilleter sur Tœil du capelage des haubans du bout-dehors de grand foc.
Les haubans sont simples ; ils sont formés d'un même bout de (îlin capelé par son milieu sur le bout-dehors de clin-foc ; chaque branche va de son bord se raidir sur un piton à cosse contre le bossoir ou contre Ja joue du bâtiment, après avoir passé dans un trou pratiqué à l'extrémité de l'arc-boutant de beaupré.
La martingale est simple : elle passe dans le trou supérieur de Tarc-boutanl de martingale et se raidit à un piton sur les apôtres, après avoir traversé la cosse d'une estrope faisant le tour du beaupré à toucher la figure.
On prend ensuite la draille de clin-foc, dont le dormant, comme on l'a indique au § 268, fait partie du capelage du petit mât de perroquet, et on la fait passer dans le clan à l'extrémité du bout-dehors de clin-foc; la draille va de là faire retour dans le placard de tribord de l'arc-boutant de martingale et se^aidit sur elle-même aux apôtres. (Voir ^i^. 135.)
ÉTUDE DU GRÉËMENT. 167
On capelle enOn dans Fengoujure pratiquée à Texlrémilé dn bont-dehors de clin-foc Tétai de flèche du petit mât de perroquet dont le passage a été donné au § 268.
Le bout-dehors ainsi garni, on continue à le guinder en soutenant sa tête au moyen d'un cartahu (la drisse de clin-foc par exemple) venant du capelage du mât de perroquet, et on le met à poste. Dans cette position sa caisse vient s'appliquer contre la face avant du chouque du beaupré où on la cale entre des taquets; une ou deux veltures le réunissent au bout-dehors de grand foc et complètent sa tenue.
Nota, — Sur quelques navires la caisse du bout-dehors, au lieu de s'appliquer simplement sur le chouque de beaupré, se termine par une ferrure en pointe qui vient s'enfoncer dans le chouque.
271. Vergues de perroquet : 1* Garnitures, — Une vergue de perroquet est garnie dans l'ordre suivant :
Au centre :
Eslrope en quatre, avec cosse, pour drisse.
Racage, d'un bord, et son eslrope, de l'autre.
Eslrope de poulie de cargue-point de perroquet.
Estrope de poulie d'écoute de cacatois.
A l'extrémité : filière.
Estrope à cosse pour empoinlure d'envergure.
Marchepied.
Bras (ou sa poulie) et balancine, mariés ensemble.
Estrope de la poulie de drisse de bonnette de perroquet.
Cette dernière eslrope n'existe pas sur la vergue de perruche.
2® Confection des (jarnitures. — V estrope en qvatre est une erse en filin que Ton bague sur le milieu de la vergue, de façon à lui faire faire un tour mort : ainsi baguée, on saisit au moyen d'un amarrage une cosse entre les deux doubles del'élingue, au-dessus de la vergue (fîg. 171). C'est sur celte cosse que vient se frapper la drisse.
La filière d'un bord se capelle par un œil à la fusée et vient vers le milieu de la vergue s'aiguilleter avec la filière de l'autre bord.
Fig. 171. — Ëstrope en quatre pour vergue de perroquet.
Fig. 174. — Racage de perroquet.
Pour confectionner le racage^ faire, avec un filin de la force d'une guinderesse de perroquet, une erse congréée et fourrée de
bout en bout. A Tune des extrémités former, au moyen d'un amarrage plat, un œil assez grand pour entourer la vergue à 15 ou 20 centimètres de son milieu.
A l'autre extrémité, introduire une cosse qui sera maintenue dans le double de l'erse par un second amarrage plat.
Un quarantenier allongé entre les deux doubles du racage, du côté qui portera sur le mât, sert à adoucir les frottements, en arrondissant la surface. D'un amarrage à l'autre, l'erse est transfilée en bitord, puis recouverte en basane.
Le racage, ainsi capelé sur la vergue, à une petite distance de son'milieu par son œil, on capelle de l'autre côté et à la même distance du centre une estrope à cosse dite estrope de racage et qui complète ce dernier. Une aiguillette fixée sur la cosse du racage fait tours et autres entre cette cosse et celle de l'estrope, et tient ainsi la vergue appliquée contre le mât.
Pour faire un capelage de bras et de halancine, on place l'un sur Tautre les deux œils de bras et de balancine, celui du bras devant être sur la vergue en dedans de celui de balancine, et l'épissure ou l'amarrage de l'estrope de la poulie de bras étant à angle droit sur Tarrière ou sur l'avant de la balancine; sur l'avant pour la perruche, sur l'arrière pour les autres vergues; On marie alors les œils dans cette position. Pour empêcher ces capelages de décapeler de la fusée, on fixe, entre le capelage du marchepied et l'estrope à cosse pour envergure, un bout de ligne nommé ganse; pour s'en servir on passe les deux bouts en dehors du bras sans engager la balancine et on les ferme sur
ÉTUDE DU GKÉEMENT. 169
eux-mêmes par un nœud plat; quelquefois Tun des bouts de la ganse porte un œil, l'autre un nœud de ride ou un petit cabillot, ce qui permet de nouer la ganse en passant le nœud de ride ou le cabillot dans Tœil de l'autre bout.
3® Passage des balancines, bras et drisses, — Les balancines des perroquets partent d'en abord par le travers du mât, passent par le trou du chat , entre les barres de perroquet , dans la baraquette placée entre les deux galhaubans de perroquet et vont se fixer au bout de la vergue.
Le bras du petit perroquet part du râtelier du grand mât en abord, suit les haubans, monte par le trou du chat; passe dans une poulie aiguilletée sur le premier hauban de hune , un peu au-dessous des barres, traverse une poulie à la fourche des étais du grand mât de hune, va de là dans sa poulie au bout de la vergue et revient faire dormant au capelage du grand mât de hune, après avoir été bridé à la fourche de ses étais.
Le bras du grand 'perroquet part du râtelier d'en abord du mât d'artimon, suit les haubans, traverse le trou du chat, passe dans une poulie aiguilletée sur le premier hauban de hune, un peu au-dessous des barres, traverse une poulie à la fourche de Tétai du mât de perroquet de fougue, va de là dans sa poulie au bout de la vergue et revient faire dormant au capelage du mât de perroquet de fougue, après avoir été bridé à la fourche de son étai.
On remarquera que ces bras ont passé par des poulies fixées à la jonction des branches des étais des mâts de hune; c'est, par analogie avec ce que nous avons dit au sujet des bras des vergues de hune, pour ne pas gêner l'établissement du grand perroquet et de la perruche.
Le bras de perruche part d'en abord au grand mât, à côté de la poulie de retour du bras de perroquet de fougue , suit les haubans, traverse le trou du chat; va passer dans une poulie aiguilletée sur le dernier galhauban de hune, en-dessous des barres et va se capeler au bout de sa vergue.
Les drisses de perroquet passent dans des poulies de retour en abord, crochées par le travers des galhaubans de perroquet.
t70 MANUEL DU MANŒUVRIER.
du bord opposé au retour des guinderesses, par suite à bâbord pour le grand perroquet et la perruche, à tribord pour le petit perroquet. La drisse monte sur l'arrière de la hune et des barres, va passer de l'arrière à Tavant dans le clan de la noix du mât de perroquet, descend sur l'avant des vergues, à bâbord des étais pour le petit perroquet, à tribord pour les deux autres, et vient se frapper par un nœud d'écoute double sur la cosse de la vergue.
Nota. — En attendant qu'on envergue les voiles, on place les vergues ainsi garnies le long des premiers bas haubans de chaque mât : à tribord pour le grand perroquet et la perruche, à bâbord pour le petit perroquet. Les fusées inférieures des vergues reposent ainsi dans des erseaux placés sur les haubans en dessus des caps de mouton, les fusées supérieures étant saisies contre les haubans.
272. Vergues de cacatois. — i** Garnitures,— \5n^ vergue de cacatois est garnie dans l'ordre suivant i
Au centre :
Estrope en quatre, avec cosse, pour drisse.
Racage.
Estrope de poulie de cargue-point.
A l'extrémité : filière.
Estrope à cosse pour empointure d'envergure.
Marchepied.
Bras et balancine, mariés ensemble.
La confection de ces garnitures est identique à celle des garnitures de perroquet.
2* Passage des balancines^ bras et drisses. — Les balancines de cacatois partent d'en abord ou de la hune, passent par le trou du chat , entre les barres de perroquet , dans une baraquette ou un margouillet fixé entre les galhaubans de flèche, et vont se capeler au bout de la vergue.
Le bras du petit cacatois part d'en abord au grand mât, monte par le trou du chat, élonge le mât de hune et le mât de perroquet; va passer dans une poulie aiguilletée sur le galhauban étranglé de perroquet à toucher le capelage, et va de là se capeler au bout de sa vergue.
Le bras du grand cacatois part d*ea abord au mât d'artimon, monte par le trou du chat, élonge le mât de hune et le mât de perruche, passe dans une poulie aiguilletée sur le galhauban étranglé de perruche à toucher le capelage, et va de là se caper 1er au bout de sa vergue.
Le bras de cacatois de perruche part d'en abord au grand mât, d'une poulie voisine de celle du bras de perroquet de fougue, monte par l'arrière de la hune, passe dans une poulie estropée à un piton, sur l'arrière des élongis des barres et de là va se capeler au bout de sa vergue.
Les drisses de cacatois partent d'en abord, du même bord que les guinderesses des mâts de perroquet, passent dans des poulies crochées à des pitons vis-à-vis des galhaubans de flèche, montent sur l'arrière de tout, passent de l'arrière à l'avant dans les clans des mâts de flèche et vont se fixer en descendant sur l'avant des vergues et en passant à tribord des étais pour le petit cacatois, à bâbord pour les autres, sur les cosses des estropes en quatre de leurs vergues.
Nota. — En attendant qu'on envergue leurs voiles, les cacalois sont, comme les perroquets, mais du bord opposé, élongés et fixés contre les premiers bas haubans.