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Définition et but des doubles huniers. ^ On

appelle double hunier Tensemble des deux voiles obtenues par la section d'un hunier ordinaire, à la hauteur de la quatrième bande de ris.

Chacune d'elles est ralinguée comme un hunier ordinaire et a sa vergue propre, la voile supérieure venant se border sur la vergue de la voile inférieure, laquelle à son tour se borde sur la basse vergue.

La surface de la toile est donc, à très peu de chose près, la même dans un double hunier que dans un hunier ordinaire ; mais par sa section en deux voiles, cette toile est rendue plus maniable , particulièrement lorsqu'il faut se débaràssser rapidement d'un hunier avec un équipage réduit. C'est ce qui a fait adopter les doubles huniers à bord des transports de la marine militaire, bâtiments sur lesquels l'équipage est bien plus restreint que sur les bâtiments de combat.

On trouvera plus loin, à l'article 2 du chapitre V, un exposé détaillé des avantages et des inconvénients des doubles huniers.

297. Noms et garnitures des doubles vergues. — 1" Vergue inférieure ou vergue fixe. — La vergue inférieure, qui est fixe comme une basse vergue , conserve l'appellation de vergue de hune proprement dite; on la nomme donc, suivant le mât auquel elle appartient : vergue de petit hunier, vergue de grand hunier et vergue de perroquet de fougue.

La garniture d'une vergue inférieure se compose de:

Cercle à anse pour suspente ou pendeur, au milieu de la vergue, portant à la partie antérieure un pilon pour haie-avant ,

Drosse.

Estrope à cosse de poulie de cargue-point.

Estrope à cosse de poulie de cargue-fond.

Estrope à cosse pour palan de roulis.

Estrope à cosse pour balancine, en dedans de la fusée, à l'aplomb de la pantoire du bras du volant.

Au capelage : filière d'envergure.

Estrope à cosse pour empointure d envergure du hunier inférieur.

Marchepied.

Pantoire de bras.

Estrope à cosse pour faux bras.

Estropeà cosse pour empointure de bordure du volant.

La vergue de hunier inférieur n'a pas de blin de bouts-dehors, de chaumard d'écoute pour la voile supérieure) ni de clan de palanquin.

T Vergue supérieure ou vergue de volant, — La vergue supérieure, qui est mobile, est désignée sous le nom de vergue de t;o/an/ et s'appelle : vergue de petit volant, vergue de grand volant, et vergue de volant d'artimon.

Sa garniture est formée de :

Cercle à anse pour poulie d'itague (une ou deux itagues, suivant le règlement).

Drosse, formant palan de roulis.

Cercle à piton pour poulie d'écoute de perroquet (le piton est sur l'arrière de la vergue).

Estropeà cosse pour palan de roulis.

Au capelage : filières d'envergure et de ris.

Estrope à cosse pour envergure.

Marchepied.

Pantoire de bras.

Estrope à cosse pour balancine.

Faux marchepied.

La vergue du volant, qui est de même force que la vergue do

ETUDE DU GREEMENT.

Fig. 49T. — Diverses espèces de matagots.

fixe^ ressemble à une vergue de hune ordinaire, porte deux adents de ris et un blin en fer pour bout-dehors de bonnette de perroquet, mais n'a point de clan pour palanquin.

Elle a en son milieu, sur la face arrière, un watarjot, sorte de massif en bois garni en cuir fort, lui servant de racage, et destiné à la déborder du mât de hune, ainsi qu'à faciliter son jeu autour de ce mât. Le pendeur de la vergue inférieure, qui sert de mât de corde à la vergue de volant, passe dans un trou ovale de ce matagot.

SS98. Tenue des doubles huniers. — 4° Vergue fixe. — La vergue fixe qui ne repose pas sur le chouque du bas mât est supportée par un pendeur et par des balancines : elle est tenue contre le mât au moyen de drosses et de palans de roulis; enfin elle est gréée en bras, faux bras et haieavant. Voici comment sont disposées ces diverses manœuvres :

Le pendeur f en fil de fer, part du milieu du ton du mât de hune, où il se fixe au moyen d'une sorte de nœud de bouline et d'amarrages (un taquet cloué sur l'arrière du ton le supporte et l'empêche de glisser), passe dans une engoujure ménagée dans la face arrière du trou de cheminée des barres, traverse le matagot du volant et fait dormant au milieu delà vergue inférieure, soit au moyen d'un nœud de bois, soit au moyen d'une manille boulonnée sur le cercle à anse de celte vergue (fig. 198).

Fig. i98. — Pendeur pour double hunier.

Il faut que ce pendeur soit de longueur telle que l'on puisse parfaitement établir le hunier inférieur.

Pour cela, avant de le confectionner, on envergue la voile sur la vergue (celle-ci étant soutenue par les cartahus doubles qui ont servi à la mettre en croix), puis on fait le dormant inférieur du pendeur ; on borde ensuite la voile, on Tétarque à bloc, et alors seulement, en raidissant d'en haut le pendeur, on fait son dormant supérieur.

Les drosses sont installées d'une façon analogue aux drosses de basse vergue; il y en a une de chaque bord, formée d'un fort bout de filin blanc, congréé, limande, fourré, garni de cuir, terminé à un bout par une moque à rouet, et à l'autre, par un œil à la flamande (Vi^, 198).

La drosse de tribord, après avoir entouré la vergue, est amarrée en étrive à toucher la moque, va sur l'arrière du mât, passe de dessus en dessousdansla moque de ladrosse de bâbord^ etva, de là, dans une deuxième moque fixée sur l'arrière duchouque debas mât. Le bout remonte alors en élongeantle mât de hune. Dans l'œil à la flamande qui termine la drosse, se croche la poulie inférieure d'un palan dont la poulie supérieure est fixée au moyen d'une pantoire, au capelage du mât de hune; la pantoire est bridée sur le traversin arrière des barres. Le garant de ce palan descend sur le pont par le trou du chat.

Passage inverse pour la drosse de bâbord.

Ce système de drosses permet d'orienter facilement la vergue pour toutes les allures.

Quant au palan de roulis , son garant part du pied du mât, monte par le trou du chat, passer dans une poulie de conduite crochée à une estrope entourant le mât de hune au-dessous de la vergue, et devient alors le garant d'un fort palan de roulis ordinaire à deux poulies doubles^ dont la poulie inférieure est aussi crochée à un piton du chouque (fîg. 199).

Les balancines sont simples. Leur dormant se fait au moyen de crocs à ciseaux à l'estrope à cosse de la vergue; elles vont de là passer dans le clan inférieur des baraquettes, descendent le long du premier hauban de hune de l'avant, et se rident dans la hune.

ETUDE DU GRÊEMENT.

Les bras sont doubles et généralement à pantoires. Leur passage se fait comme à Tordinaire, sauf pour le bras de grand hunier, qu'il est préférable de passer en grand bras sur la vergue de brasseyage, quand Tinstallalion d'un suspensoic est possible.

Les faux bras se fixent au moyen de crocs à ciseaux à leur

Fig. 199 — Drosses, palans de roulis , calcbas.

estrope à cosse de la vergue ; ils passent comme des boulines ordinaires de huniers, dont ils tiennent lieu.

Enfin pour le grand hunier et le perroquet de fougue on emploie généralement une manœuvre particulière qui se nomme haie-avant. Elle se compose d'une itague et d'un garant.

Vitague est fixée, par un croc à ciseaux , à son piton du

MANQEUYRIEn. — T. I, 14

cercle â anse de la vergue ; elle se termine, à l'autre bout, par une poulie.

Le garant part de la hune appartenant au mât qui se trouve sur l'avant du hunier considéré, passe dans une poulie au capelage de ce mât, de là dans la poulie à l'extrémité de Titague et revient faire son dormant à côté de sa première poulie.

2** Vergue de volant, — La vergue de volant ne porte point de racage ; elle est guidée le long du mât par le moyen du pendeur, qui, comme il a été dit plus haut, passe par un trou du matagot fixé au centre de la vergue de volant.

Cette vergue est supportée par une itague à drisse et des balancines. Elle est tenue contre le mât par des drosses qui forment en même temps palans de roulis; enfin elle est manœuvrée au moyen d'un bras et d'un filin nommé calebas.

Les itagues et drisses sont installées et passées comme les itagues et drisses des huniers ordinaires.

Les drosses formant palans de roulis sont confectionnées et mises en place de la façon suivante : il y en a une de chaque bord, faite d'un fort bout de filin blanc congréé, limande, fourré, garni de cuir, terminé à un bout par une moque, et à l'autre par un œil à la flamande,

La drosse de tribord, après avoir entouré la vergue est amarrée en étrive à toucher la moque, va sur Tarrière du mât, passer de dedans en dehors dans la moque de la drosse de bâbord. Le bout élonge alors la vergue, et, dans l'œil à la flamande qui le termine, se croche une poulie simple qui forme palan de roulis avec une poulie double crochée à la cosse de l'estrope pour palan de roulis (fig. 199).

Le garant de drosse part du pont; monte, par le trou du chat, passer dans une poulie de conduite fixée à une estrope entourant le mât de hune au-dessus du matagot; va de là dans le clan arrière de la poulie double crochée à Testrope de palan de roulis, puis dans la poulie simple crochée dans l'œil de la drosse, revient dans le deuxième clan de la poulie double et fait dormant au cul de la poulie simple de drosse.

Les balancines sont simples, font dormant au moyen de crocs

ÉTUDE DU GUÉEMENT. ÎU

à ciseaux au bout de la vergue de volant, passent dans le clan supérieur des baraquettes, descendent par le trou du chat et se rident par un palan au pied du bas mât.

Les bras sont généralement à pantoires; leur passage ne diffère pas de celui des huniers ordinaires.

Enfin, pour pouvoir amener plus facilement la vergue, on emploie ce qu*on appelle des calehas. Il y en a un de chaque bord s'il y a deux poulies d'itague sur la vergue, un seul pour toute la vergue, s'il n'y a qu'une seule poulie d'itague. Le passage en est généralement le suivant. Il part du pont, monte par le trou du chat, élonge le mât de hune, passe dans une première poulie aiguilletée sous la vergue du volant près du centre, de là dans une seconde poulie également sous la vergue, à mi-distance environ du centre et du bout, descend passer dans une poulie fixée sur la vergue fixe, à l'aplomb de cette seconde poulie à côté de laquelle il revient faire dormant sur la vergue de volant (fîg. 199.)

299. Mettre les doubles vergues en croix au-dessus du chouque. — Les doubles vergues ayant été garnies sur le pont, les bras, les balancines, drisses, etc., étant passés, on commence d'abord par croiser le volant d'une manière analogue à celle que nous avons indiquée pour la vergue d'un hunier ordinaire. Le volant tenu en itagues et balancines, on passe par le trou du matagot le pendeur, et on croise le fixe, au moyen des cartahus doubles qui ont servi pour le volant- On prend alors pour les dormants du pendeur les précautions qui ont été indiquées plus haut.

300. Noms et manœuvres courantes des doubles voiles. — 1" Hunier inférieur, — La voile inférieure porte, selon les mâts, les noms de 'petit hunier^ de grand hunier y àQ perroquet de fougue /on appelle également ces voiles, petit fixe, grand fixe, fixe d'artimon.

Comme la voile inférieure se borde et se cargue, elle a de chaque bord : une écoute double, une cargue-point et une carguefond, qui se passent comme les manœuvres similaires des huniers

ordinaires; mais elle n'a ni bouline, ni cargue-bouline, ni palanquin, ni chapeau.

2° Volant, — La voile supérieure porte les noms de petit volant, grand volant, volant d'artimon. Cette voile ne se borde pas ni ne se cargue; ses points découle sont aiguilletés à demeure sur les cosses, dont les estropes sont capelées aux bouts des vergues inférieures. Il n'y a sur un volant ni bouline, ni cargue d'aucune espèce, ni palanquins, bien que celle voile porte deux bandes de ris; on verra pourquoi au § 337.

Fig. aOO. — Double hunier établi.

Nota. — Comme on le voit par la figure précédente et conformément à l'ordre du capelage donné au § 297, la balancine de la vergue fixe vient se frapper sur cette vergue en dedans de tout le capelage : c'est pour qu'elle ne supporte pas le ragage du bras de la vergue supérieure, quand on amène cette dernière.

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