‹ Manuel du manœuvrierChapitre 47 sur 56 · Renseignements préliminaires. — Le but de ce · texte numérisé non relu

Renseignements préliminaires. — Le but de ce

chapitre est de décrire les manœuvres de voiles, vergues et mâts qu'on peut avoir à effectuer sur un navire en rade, c'est-à-dire au repos, ou en mer dans le cours d'une navigation. Cette description est pour chaque manœuvre complétée par les commandements réglementaires qui se rapportent à ladite manœuvre, et qui en rendent plus claire l'explication en la scindant en plusieurs opérations distinctes. Le maniement des voiles ou dés espars est confié, dans la mâture, à un certain nombre de gabiers que Ton désigne et répartit généralement comme il suit, à bord d'un grand bâtiment.

Grand mât et mât de misaine.

2 gabiers de combat de cacatois ;

2 gabiers de combat de perroquet;

2 gabiers supplémentaires de perroquet;

2 gabiers de combat de hunier;

2 gabiers supplémentaires de hunier;

2 gabiers de combat de basse voile ;

2 gabiers supplémentaires de basse voile.

Mât d'artimon,

2 gabiers de cacatois;

2 gabiers de perroquet;

2 gabiers de combat de hunier ;

2 gabiers supplémeataires de hunier.

En outre, sur les bâtiments à forte mâture il y a, dans la grande hune et dans la hune de misaine, un quartier-maîlre de manœuvre, dit chef de hune^ ou même un aspirant qui est chargé de guider et commander les gabiers de son mât pour Texécution des travaux ou opérations nécessités par la manœuvre en cours.

302. Prendre les voiles en soutes et les monter sur le pont. — Le gréement étant mis en place et les manœuvres courantes passées, ainsi que nous Tavons précédemment indiqué, la première opération est celle d'enverguer les voiles.

Ces dernières, logées dans les soutes, y sont généralement serrées en bonnette, c'est-à-dire de la manière suivante : la ralingue de fond ayant été élongée le long de la ralingue de têtière, les points d'écoute se trouvant un peu en dehors des points d'envergure, on a raidi vers la patte du chapeau les milieux des ralingues de chute, puis on a roulé toute la voile en égalisant autant que possible la toile sur toute la longueur de la ralingue de têtière. Les voiles ainsi serrées sont plus facilement logeables dans un petit espace. Cette façon d'opérer présente un inconvénient : on est obligé, avant de pouvoir les enverguer, de serrer à nouveau les voiles comme elles le seront sur les vergues, c'est-à-dire en perroquet. Si donc la contenance des soutes le permet, les voiles y seront toujours logées enperroquety comme il suit : la voile étant déployée, on élonge à partir des points d'envergure les ralingues de chute le long de la ralingue de têtière, en les raidissant bien vers le milieu de cette dernière ; là on love en S ce qui reste des ralingues de chute et la ralingue de fond ; puis toute la toile est ramassée et roulée de façon que le plus gros soit au centre de la ralingue d'enver^

gure et que le reste s'efllle en fuseaux vers les deux points d^envergure.

De toutes façons, les voiles serrées en bonnette ou en perroquet sont garnies de leurs jarretières cousues sur la ralingue de têtière; les œillets extérieurs pour cargues-fonds portent des cabillots, et des margouillets sont fouettés sur ceux intérieurs; les branches de boulines sont épissées le long des ralingues de chute sur des pattes, dont la supérieure porte un cabillot pour la cargue-bouline; les points d'écoutes sont garnis de leurs moques d'écoutes et de leurs poulies de cargues-points; une élingue assez forte pour supporter la voile est genopée sur la ralingue de têtière de chaque côté de la patte qui marque le milieu de cette dernière et que Ton nomme pour cela patte du milieu.

Les voiles sont montées à bras d'homme ou bien , ayant été disposées à l'aplomb des panneaux, on les hisse sur le pont au moyen de palans.

303. Enverguer les huniers. — i"" En rade. — Les huniers sont portés sur Tavant de leurs mâts respectifs; là, s'ils ne le sont déjà, on les serre en perroqiiet comme il a été dit plus haut, en ayant soin de laisser bien apparents les cabillots pour les cargues, les margouillets des cargues-fonds et les branches de bouline.

Ceci fait :

A enverguer les huniers/ En haut les gabiers/ Les gabiers montent et se répandent dans la mâture.

Sur le pont, on amarre par leur milieu, sur les œils de pie de la ralingue de têtière, des commandes destinées à faire les envergures et on garnit les cosses d'empointures et de ris dp leurs rabans; en même temps on amarre ensemble les deux points d'écoute et on les embrasse ainsi que le fond de la voile dans les deux doubles de l'élingue que l'on vient ensuite brider sur elle-même sans la baguer, afin d'éviter qu'elle ne souque le hunier quand on le hisse, ce qui rendrait plus difTicile les opérations d'enverguer.

Les gabiers affalent sur l'avant des vergues du bord où le hunier doit se hisser (à tribord pour le grand hunier et le per-

roquet de fougue, à bâbord pour le petit hunier) le cartahu double venant du capelagc du mât de hune; ils disposent aussi dans la hune les poulies inférieures des palanquins.

La poulie de cartahu double ainî?i aft'alée sur le pont est crochée dans la partie arrière de Télingue, dont on a soin de capeler la partie avant sur le même croc, en vue d'un glissement po:ssible des bridures le croc est moucheté avec soin; on frappe également sur ce croc la bouline du hunier (celle du môme bord que le cartahu) pour servir à déborder la voile de la basse vergue et de la hune; on pèse alors sur le cartahu double de façon à soulager un peu le hunier et à pouvoir réunir ses points d'envergure au moyen d'un halebreu amarré sur les deux et destiné à les diriger convenablement.

Attention aux bouts-dehors! Montez! Les hommes des huniers montent en même temps que l'on pèse les bouts-dehors, et se répandent sur les vergues de hune.

Hissez! A ce commandement fait de suite après celui de Montez! on hisse le hunier avec le cartahu double, en manœuvrant la bouline et le halebreu.

Les gabiers de basse voile placés sur la basse vergue et dans la hune veillent à ce que le hunier ne s'engage pas dans les fourches d'étai et le font parer de tout. Lorsque le fond du hunier est arrivé à 1 mètre environ au-dessus de la vergue de hune, on amarre le cartahu ; en ce moment les points d'envergure sont dans les hunes, les gabiers de basse voile défrappent le halebreu qui les réunissait et crochent les ciseaux des poulies inférieures de palanquins sur les pattes de la ralingue de têtière, placées à 1 mètre environ de la cosse d'envergure.

Les palanquins! Us sont pesés, en mollissant le cartahu double, de manière à bien élonger la voile sur la vergue, et à ce que la patte du milieu de la ralingue d'envergure corresponde bien au centre de la vergue.

Enverguez! Les gabiers de combat de hunier crochent le chapeau, que l'on pèse d'en bas ; il font alors choquer le cartahu double pour faire la patte du milieu puis décrocher le cartahu double. Pendant ce temps les hommes qui sont sur la vergue s'emparent

de la ralingue d'envergure aussitôt qu'elle est à leur portée, soulagent là toile à la hauteur de la filière, et les gabiers de perroquet, à cheval aux bouts des vergues, prennent les empointures de la façon suivante : Je raban que porte la cosse d'empointure de la voile est passé dans la cosse d'empointure de la vergue, puis dans' celle de la voile; le gabier agit alors pour amener bien à plat la cosse sur la vergue, et fait la contre-em pointure en passant plusieurs tours de raban alternativement dans la cosse et autour de la vergue; ces tours doivent être bien souques et à se toucher; ils sont ensuite bridés entre la vergue et la cosse au moyen du bout du raban. Quand ies empointures sont prises, les gabiers de bout de vergue font mollir les palanquins et les affalent; les hommes qui sont sur la vergue prennent les envergures en faisant tours et autres avec les commandes entre la filière et les œils de pie de la ralingue ; ils passent ensuite les queues de jarretières sous les filières et les amarrent de nouveau. Les gabiers de combat et supplémentaires de hunier frappent les cargues-fonds, les cargues-boulines, les boulines et les gros palanquins; le faux palanquin est frappé par l'homme qui se trouve devant sa cosse. Les gabiers de basse voile frappent les cargues-points et font signe pour qu'on les mette à bloc ; ils passent ensuite les écoutes et vont faire leurs dormants aux bouts de la basse vergue au moyen de nœuds de bois.

Attention aux bouts-dehors/ Les hommes relèvent bien la toile, font la chemise, vérifient les jarretières, puis ils rentrent au plus tôt paré.

En bas! Les bouts-dehors sont amenés sur la vergue.

2* A la mer. — Si Ton est orienté, le hunier à enverguer est porté du bord du vent, sur l'arrière des basses vergues. On croche dans Télingue, disposée comme pour la manœuvre en rade, le cartahu double du vent que les gabiers ont affalé sur Tarrière des basses vergues. On frappe ensuite sur l'estrope de sa poulie le gros palanquin ou la drisse de bonnette de hune du vent, que les gabiers ont eu soin d'affaler sur lé pont. Les gabiers de basse voile brident la balancinedu vent de la basse vergue contre le ton du bas mât, afin de laisser le passage libre pour le hunier quand il mon-

tera. On hisse alors le hunier muni d'un halebreu frappé sur les points, en le tenant du bord du vent et bien débordé de la hune au moyen de la drisse de bonnette de hune ou du gros palanquin, frappé, ainsi qu'il a été dit, sur l'estrope de la poulie du cartahu double. Le reste de l'opération s'exécute comme en rade, avec celte différence qu'on ne raidit point en haut les deux palanquins en même temps; on raidit d'abord celui du vent avec l'aide des hommes placés sur la vergue et qui portent la ralingue d'envergure vers le côté du vent; puis on achève en raidissant le palanquin sous le vent.

Si on a de grands roulis, on emploie avec avantage tm mal de corde pour conduire le hunier. On se sert pour cela, d'un bon faux bras que l'on passe dans deux poulies à fouet; on fait le dormant de ce faux bras au capelage du mât de hune et on le raidit fortement sur le pont, à l'avant du mât et en abord, du bord du vent. Les fouets des deux poulies, frappés, Tun sur le fond du hunier, l'autre sur les empoinlures, servent de guides et de retenue : ces deux poulies prennent le nom de condvcteurs.

Quand le hunier doit être établi avec des ris, on le serre sur le pont, en rapportant les bandes de ris sur la ralingue de têtière, et en genopant les cosses d'empoinlure des ris avec les cosses d'envergure; cette disposition permet de prendre les ris en enverguant la voile, sans la déferler.

Les commandements pour enverguer les huniers à la mer ne diffèrent pas de ceux indiqués pour la même manœuvre en rade.

304. Enverguer une basse voile. — 1** En rade. — Les basses voiles une fois serrées en perroquet sont transportées sur l'avant de leurs mâts respectifs ; on les y place en travers du bâtiment et on croche sur l'élingue du fond un cartahu double dont la poulie supérieure est fixée sous la hune entre les élongis ; les gabiers ont affalé sur le pont les poulies de deux cartahus doubles passés en palanquins dans des poulies au chouque de bas mât et dans des clans au bout de la basse vergue. Les poulies de ces palanquins sont crochées sur les pattes situées sur la ralingue d'envergure, près des empointures

MANŒUVRES DE RADE ET DE MER. 22t

On hisse le fond et. on embraque à mesure les palanquins de façon que la voile monte horizontale.

Au lieu d'employer un cartahu double, on peut hisser la ' basse voile sur les deux cargues-fonds qu'on a frappées sur la voile en l'entourant avec de chaque côté du fond.

Par très beau temps, peu de brise, on peut enverguer la voile déferlée. Pour cela, on frappe à l'avance les cargues-fonds et les cargues-boulines sur leurs pattes respectives, en ayant soin de les genoper sur la ralingue d'envergure.

La voile est alors hissée sur ses cargues et sur les deux carlahus de bout de vei^ue faisant l'office de palanquins.

Dans tous les cas, le reste de l'opération s'effectue comme pour un hunier.

T Ala mer. — On envergue les basses voiles ferlées ainsi que nous l'avons indiqué pour la rade, en prenant la précaution de frapper sur le fond les boulines pour les tenir contre les mouvements du bâtiment.

305. Enverguer les voiles majeures. — On peut en rade enverguer les huniers et les basses voiles en même temps. Les voiles ayant été disposées comme nous l'avons dit plus haut, les commandements à effectuer sont les suivants :

A enverguer les voiles majeures/ Les aspirants et les chefs de hune montent.

Attention aux bouts-dehors! Les gabiers montent.

Montez! Les hommes montent et se répandent sur les vergues.

Hissez! Les voiles sont hissées, les fonds un peu au-dessus des vergues.

Les palanquins! Les palanquins sont pesés autant que possible.

Enverguez! Les voiles sont enverguées et restent serrées; les hommes descendent aussitôt paré.

Attention aux bouts-dehors!

En bas! Les bouts-dehors sont amenés.

Si on ne dispose pas d'assez de monde pour, à la fois, envoyer dans la mâture et faire hisser les voiles, on ne fait peser

222 MAINUEL DU MANŒUVRIER.

les bouts-dehors et monter les hommes qu'après avoir hissé les voiles au-dessus des vergues. Dans ce cas, un commandement supplémentaire à' En haut les gabiers! fait aussitôt après le commandement indicatif, envoie dans la mâture les gabiers de combat. Les palanquins sont pesés lorsque les hommes arrivent sur les vergues.

Nota généraL -r-Si après avoir envergué les voilés, on veut les larguer sur les cargues ou en bannière, on fait les commandements ordinaires (voir § 319) aussitôt après le commandement : Enverguez!

306. Déverguer les huniers. — 1"* En rade, — Comme pour envoyer en bas un hunier il faut qu'il soit serré avec le plus grand soin et en prenant certaines précautions spéciales, on suppose donc pour cette manœuvre que les huniers sonl largués, et le premier commandement est le suivant :

A serrer et déverguer les huniers I Les aspirants et chefs de hune montent dans les hunes.

Attention aux bouts-dehors! Tous les gabiers montent et les gabiers de perroquet vont aux empointures.

Montes! Les hommes montent et se répandent sur les vergues de hune.

Serrez! Devergues! La voile est serrée avec soin, en laissant en dehors les poulies de palanquins, les cabillots de carguesfonds, cargues-boulines et boulines, et en dépassant les queues de jarretières de dessous la filière d'envergure, après quoi on les amarre.

Les gabiers de hunier défrappent les cargues- fonds, les cargues-boulines et les boulines; les cargues-points et les écoutes sont dépassées par les gabiers de basse voile.

Les gabiers de hunier baguent l'élinguè sur le fond et brident dessus les points d'écoute; ils crochent dans l'élinguè le cartahu double du bord voulu , le font embraquer et défrappent le chapeau ; ils coupent les envergures au centre et frappent la bouline sur l'estrope de la poulie du cartahu double. Pendant ce temps, les hommes qui sont sur la vergue coupent les envergures et décrochent les palanquins qu'ils brident sur la

vergue ; les gabiers d'empointure larguent le renfort de Fempointure et se tiennent prêts à larguer celle-ci au commandement.

Aux cartahus doubles î Les hommes du pont se rangent sur les cartahus doubles.

Hissez/ Les empoinlures sont larguées et les cartahus doubles pesés de telle façon que les empoinlures viennent dans la hune où on frappe dessus le lialebreu ; on tient bon alors, et on prend les cartahus doubles à retour.

Amenez! On amène à retour en débordant de la hune et de la basse vergue au moyen du halebreu, de la bouline, et avec Taide des gabiers de basse voile.

Attention aux bouts-dehors/ Les hommes descendent.

En bas! On amène les bouts-dehors sur leurs vergues.

^ A la mer. — La manœuvre de déverguer un hunier à la mer ne diffère pas sensiblement de la précédente. Gomme il faut faire passer le hunier du bord du vent et sur l'arrière de la basse vergue , on remplace la bouline par le gros palanquin ou la drisse de bonnette de hune du vent, que l'on frappe sur la poulie du cartahu double ; on a soin également, pour laisser le passage libre, de brider la balancine du vent de la basse vergue contre le ton du bas mât.

Ënlin, s'il y a du roulis, on se sert d'un mât de corde installé comme il a été dit pour enverguer un hunier en mer : ce sont les gabiers du hunier qui, sur la vergue, amarrent sur la poulie du cartahu double, la poulie du mât de corde qui sert de conducteur supérieur, et ce sont les gabiers de basse voile qui, dans la hune, amarrent sur les empoinlures, dès qu'elles ont été larguées, la poulie du mât de corde qui sert de conducteur inférieur.

307. Déverguer une basse voile. — 1** En rade. — On commence par serrer la voile en prenant les mêmes précautions que pour le hunier. On coupe les envergures, on défrappe les cargues , on bague l'élingue et on y croche le cartahu double qui a servi à la hisser pour l'enverguer ; quand les empoinlures sont dédoublées, on croche dans les pattes de la ralingue

224 MANUEL DU MANŒUVIUER.

d*envergure les palanquins ou les cartahus passés en palanquins. On hisse ensuite un peu la voile pour s'assurer que rien ne la retient plus sur la vergue; puis on Tamène horizontale sur son cartahu double et sur ses palanquins.

On peut remplacer le cartahu double par les cargues-fonds de la basse voile. De toutes façons les commandements sont les mêmes que pour un hunier.

2® A la mer, — L'opération s'effectue comme en rade, avec la précaution de frapper les boulines sur le fond de la voile pour la tenir contre les mouvements du bâtiment.

Nota, — On peut, sur rade, déverguer en même temps les huniers et les basses voiles.

Cette manœuvre comprend l'ensemble des manœuvres qui viennent d'être décrites, et les commandements ne diffèrent de ceux donnés pour déverguer les huniers qu'en ce qu'il faut remplacer le mot huniers par les mots voiles majeures,

308. Caianger les huniers. — l'' En rade, —' L'opération de changer un hunier en rade comprend celle de déverguer le hunier qui est sur la vergue et d'enverguer le hunier de rechange qui est sur le pont. On peut faire ces deux opérations successivement ; mais, si on a suffisamment de monde, pendant qu'on amène sur un cartahu double le hunier dé vergue, on peut hisser sur l'autre cartahu double le hunier à enverguer. Les commandements ne diffèrent pas de ceux qui vont être indiqués plus bas pour le cas de changer un hunier à la mer.

2° A la mer, — Si l'on suppose que la voilure est établie et qu'on veuille changer les huniers, il faut commencer par les amener et les carguer. Voici les commandements à faire :

A changer les huniers! Les aspirants et les chefs de hune montent dans les hunes.

En haut les gabiers! Les gabiers montent; sur le pont on dispose du monde sur les cargues des huniers sur les bras du vent, et des hommes se portent au retour des drisses, parés à les amener.

Montez! Les hommes des huniers montent et se tiennent dans les haubans de hune.

Carguezl Les cargues sont pesées.

Amenez! Brassez carré! A ce commandement qui est fait quand les points des huniers sont un peu au-dessus des hunes', les boulines sont larguées, les bras du vent pesés, et les drisses choquées. Les huniers sont ainsi amenés sur les chouques brassés carré. Là, s'il y a du roulis, les gabiers décrochent de leurs estropes au racage les poulies intérieures des palans de roulis, les crochent sur les pitons du chouque et les font bien raidir d'en bas; les bouts-dehors sont dessaisis et pesés, les hommes se rangent sur les vergues. Après quoi l'opération de déverguer les huniers se fait ainsi qu'il a élé dit au § 306 et conformément aux commandements suivants :

Serrez! Dèverguez!

Aux cartahus doubles!

Hissez!

Amenez! Dès que les huniers dévergués touchent le pont, leurs cartahus sont croches sur les huniers de rechange que l'on envoie en haut et qu'on envergue ainsi qu'il a élé dit précédemment (§ 303) et en suivant les commandements :

Hissez !

Les palanquins !

Eriverguezl Larguez! Les huniers sont largués aussitôt qu'étant envergués, leurs cargues ont été frappées et embraquées.

Après quoi on les rétablit comme il sera indiqué au § 322.

Nota, — Ainsi qu'on l'a dit plus haut, s'il y a du roulis, on se servira d'un mât de corde pour amener le hunier à changer et pour hisser le hunier de rechange.

309. Changer les basses voiles. — Cette manœuvre en rade et à la mer comprend les deux opérations successives déjà décrites de déverguer et d'enverguer une basse voile et s'exécute d'après les commandements suivants :

A changer les basses voiles! Les aspirants montent.

Attention avx bouts-dehors! Les gabiers montent.

Montez! Les hommes des basses voiles montent et se répandent sur les basses vergues.

Serrez! Dèverguez!

Aujc cartahui doub les !

Amenez! Les empointures sont amenées à retour sur les palanquins. Sitôt que les basses voiles déverguées sont sur le pont, on frappe leurs cartahus doubles et leurs palanquins sur les basses voiles de rechange disposées à l'avance et on achève Topéralion conformément aux commandements suivants :

A hisser (es basses voiles !

Hissez!

Enverguez!

Attention aux bouts-dehors l

En bas!

310. Enverguer les petites voiles. — Les perroquets et cacatois, que l'on comprend sous le nom de petites voiles, sont envergués sur le pont. On a ainsi plus de facilité pour raidir leur ralingue d'envergure.

Les vergues étant placées sur des chantiers, on envergue les voiles en prenant la patte du milieu, les empointures des extrémités et en faisant les envergures intermédiaires. Les voiles étant serrées, on place les vergues dans les haubans ainsi que nous l'avons indiqué aux § 271 et 272.

311. Enverguer les focs et les voiles d'étai. — Les focs s'enverguent sur des bagues en fer dans lesquelles sont passées les drailles; le foc à enverguer ayant été porté sur le gaillard d'avant, on le serre de façon que la ralingue d'envergure soit lovée par plis superposés sur le point d'amure.

La ralingue de bordure étant élongée vers Tarrière et toute la toile du foc amarrée dessus par des fils de caret ou des commandes, on entoure le foc d'une élingue près des plis de la ralingue d'envergure et on y croche sa drisse; on frappe au même point le halebas et on amarre sur le point d'écoute un bout de filin pour servir de retenue. Ceci fait , on soulage le foc au moyen de sa drisse et, pesant le halebas, on l'amène à reposer sur le beaupré ou sur le bout-dehors, à toucher sa draille. On le rabante alors provisoirement et on fait l'envergure, en amarrant les bagues enfilées sur la draille avec les œils de pie de la ralingue d'envergure. On fait en même temps l'amure au moyeu d'un aiguilletage entre le point d'amure du foc et le bout-dehors, ou

nn piton du chouque du beaupré, quand il s'agit du petit foc. Le halebas est ensuite passé dans toutes les bagues et frappé au point de drisse où on croche la drisse elle-même; la cargue est passée, s'il y a lieu, et la cosse des écoutes est aiguilletée au point d'écoute (voir fig. 177).

On a eu soin de ne pas fixer sur la draille, au moyen de bagues, les œils de pie les plus rapprochés du point d'amure : l'envergure de ces œils est formée au moyen d'une passeresse faisant transfilage, ainsi qu'on l'a décrit au § 211.

L'opération d'enverguer les voiles d'étai est identique à celle qui vient d'être décrite pour les focs.

312. Enverguer la brigantine et les voiles goélettes. — Les brigantines, comme il a été dit plus haut, se divisent en deux catégories : les brigantines à enverguer sur la corne, et les brigantines à rideau,

i^ Brigantines à enverguer sur la corne, — Les brigantines sont généralement enverguées sur le mât par l'mtermédiaire d'un mât de corde fixé le plus ordinairement au pied et à toucher le mât d'artimon, dans le plan longitudinal, montant parallèlement à la génératrice arrière de ce mât après avoir traversé la mâchoire du gui, puis allant de là soit se rider à un piton sur la mâchoire, soit après avoir traversé cette dernière à un piton sous la hune. Dans ce cas l'envergure se fait au moyen de fils de caret formant les amarrages, entre le mât de corde et les œils de pie de la ralingue de chute avant de la brigantine.

Quand le mât, ce qui est très rare, est muni d'un mât de senauy ce dernier porte des cercles qui peuvent monter ou descendre librement et sur lesquels se fait l'envergure de la brigantine.

Enfin sur quelques navires cette envergure se fait aussi entre les œils de pie de la ralingue de la brigantine et des estropes entourant le bas mât.

L'envergure sur la corne comprend : l'empoinlure de la mâchoire, l'empointure du bout et le transfîlage; ce dernier s'effectue au moyen d'une passeresse qui passe alternativement dans les œils de pie de la voile et autour de la corne ; on maintient

chaque tour par une demi-clef faite au-dessous de la corne à toucher Tœil de pie.

Pour efiFectuer Topération d'enverguer une brigantine, on amène la corne un peu au-dessus du gui, de telle sorte que celui-ci serve de marchepied aux hpmmes chargés d'enverguer. Ceux-ci prennent l'empointure à la mâchoire, puis celle au bout de la corne, et transfilent ensuite la voile comme il a été dit plus haut.

Les cargues ayant été bridées par leur milieu sur leurs pattes respectives de la ralingue de chute arrière, on hisse la corne à son poste , puis on fait les envergures au mât et on passe en dernier lieu Fécoute de brigantine.

2° Brigantine à rideau. — L'envergure au mât d'une brigantine à rideau ne diffère pas de celle que nous venons d'indiquer; mais, sur la corne, après avoir pris l'empointure de la mâchoire, on fixe par des amarrages les œils de pie de la ralingue supérieure sur les grifiFes qui courent le long du chemin de fer placé sous la corne (fig. 168).

Ce système permet de hisser et d'amener la voile le long de la corne.

On croche ensuite la poulie de drisse dans le point de drisse, on y frappe également le halebas, et on achève l'opération comme pour le cas précédent.

Nota. — Les goélettes, qui sont le plus souvent à rideau et à mât de corde, s'enverguent comme la brigantine dont il vient d'être parlé.

313. Enverguer les bonnettes. — Les bonnettes s'enverguent au moyen de deux empointures et de fils de caret ou de commandes à chaque œil de pie. On serre les bonnettes de hune et de perroquet en portant la ralingue de bordure et la toile contre la vergue, de façon à laisser bien apparents le point d'amure et le point d'écoute. On verra plus loin, au § 327, comment sont faites les jarretières de ces bonnettes.

Pour serrer une bonnette basse, on met à se toucher les deux vergues, on roule ensuite la toile de façon à laisser bien apparents le point d'écoute et le point de la drisse d'en dedans;

la voile est ainsi maintenue serrée au moyen de fils de caret.

314. Guinder les mâts de perroquet. — i'' En rade. — Cette opération a été décrite au § 269. Elle s'effectue aux commandements suivants :

A guinder les mâts de perroquet !

En haut les gabiers ! Tous les gabiers montent à l'exception des gabiers supplémentaires des buniers et des basses voiles.

AttentionI Les mâts de perroquets sont guindés de façon à ce que leurs têtes dépassent les hunes.

Gtit/7(fe2.' Les mâts de perroquet sont guindés en marchant au pas et mis en clef au plus tôt paré. Voici le rôle des gabiers pour cette opération : les gabiers supplémentaires de perroquet sont sur les barres chargés de mettre en place la pomme, le paratonnerre, de placer les capelages bien droits, de faire parer l'échelle du chouque et de passer les drisses de cacatois et de perroquet, lorsque les clans se présentent; pour affaler plus rondement en bas les bouts des drisses, ils frappent sur ces bouts une passeresse sur laquelle on haie du pont à courir; les gabiers de combat de perroquet y également sur les barres, sont chargés de conduire la tête du mât avant son introduction dans le trou du chouque, de défrapper la cosse conductrice, d'abattre le coussin des barres lorsque la caisse a paré la vergue de hune, d'engager les leviers dès qu'ils le peuvent et de faire signe dès que le mât est en clef, pour qu'on dévire la guinderesse ; les gabiers de combat de cacatois placés sous les barres, dans les haubans, en face du trelingage du mât de hune, conduisent la tête du mât avant qu'il soit dans la cheminée, affalent les drisses de perroquet et de cacatois si on ne se sert pas de passeresses, et donnent du mou dans les galhaubans étranglés pour faciliter la mise en clef.

Les gabiers de combat de hunier placés sur la vergue de hune veillent à ce que le mât soit bien droit et la guinderesse claire, pendant qu'on le guindé; les gabiers de combat de basses voiles sont dans la hune, affalent les étais du mât de perroquet de l'arrière et les pèsent lorsque ce mât est en clef; ils allègent également les galhaubans de perroquet.

Les gabiers supplémentaires de huniers et de basses voiles, qui ïie sont pas montés dans ia mâture, se placent dans les portehaubans, où ils donnent du mou dans les rides des galhaubans de perroquet ; ils sont chargés de frapper sur les mêmes rides des palans qui permettent de les embraquer et de tenir rapidement les mâts dès qu'ils sont en clef. Leà galhaubans étranglés sont raidis au pied des mâts et les gabiers descendent au commandement de : En bas!

T A la mer, — Les huniers étant établis et orientés, les mâts montent du bord du vent sur larrière des vergues et par le trou du chat.

On commence par fouetter sur chaque galhauban de perroquet un palan dont la poulie inférieure est crochée dans les portehaubans.

On en frappe également un sur chaque étai. Tous ces palans sont embraqués raides, après quoi on largue les rides de tous les galhaubans et des étais. La guinderesse passe par le trou du chat et un halebreu est frappé sur la caisse du mât. On guindé ce dernier, on le conduit par le trou du chat et on le guide de façon à ce que sa tête vienne se présenter dans le trou de la cheminée, le coussin ayant été préalablement enlevé; dès qu il y est engagé, on largue la cosse conductrice et on continue à guinder. Dès que la noix de perroquet a passé le chou que, on choque en bas, à la demande, les palans frappés sur les galhaubans et sur les étais, de façon à empêcher la partie du mât audessus du chouque de fouetter dans les coups de roulis.

On est généralement obligé d'amener plus ou moins le hunier pour permettre au mât de s'engager dans le trou du chouque et pour pouvoir le guinder sans qu'il s'arque. Le mât en clef, on s'empresse de le tenir en étais et en galhaubans.

315. Gréer les perroquets. — 1** En rade. — La manœuvre de gréer les perroquets comprend deux opérations successives : les croiser, c'est-à-dire les mettre en croix sur les chouques; puis les garnir, c'est-à-dire frapper leurs cargues, leurs écoutes; en un mot, les mettre en état d'être établis.

En rade, les perroquets sont hissés sur Tavant des vergues : le petit perroquet monte par bâbord des étais, les deux autres par tribord, comme on le voit, du bord opposé à celui qui a été indiqué pour les mâts de perroquet.

Au moment où on veut les gréer, les perroquets peuvent être soit dans les haubans, comme il a été indiqué au § 271, soit sur le pont, soit sous la hune, croches par une de leurs extrémités, à un bout de filin muni d'un croc qui vient pendre sur Tavant de la hune et qui porte le nom dependeur. De toutes façons, la drisse de perroquet frappée par un nœud d'écoute double sur la cosse de Teslrope en quatre qui entoure la vergue en son milieu est en outre genopée au moyen de quelques fils de caret sur le carré de la vergue, près du bout qui monte le premier (tribord pour le petit perroquet, bâbord pour les deux autres). Cette genope se fait quelquefois aussi au moyen d'un erseau qui court le long de la drisse et peut se capeler sur la fusée de la vergue.

Sur le piton que porte l'extrémité inférieure de la vergue est épissée une pantoire en quarantenîermuni d'un œil, dilepantoire de halebreu. Quand on veut disposer la vergue pour la croiser, on élonge cette pantoire vers le centre de la vergue et près du milieu; on la bride au moyen d'une garcette et d'un cabillot fixés sur la filière d'envergure, on frappe ensuite sur le bout, qui vient ainsi de près du centre de la vergue et qui porte un œil, un long bout de quarantenier, dit halebreu, qui servira à diriger la vergue quand on la hissera.

A gréer ies perroquets/ Quelquefois, en rade, on se contente de les croiser, sans les garnir ensuite ; le commandement est alors A croiser les perroquets!

En haut les gabiers ! Les gahïersi montent, et pendant qu'on prépare en bas les perroquets ainsi qu'il vient d'être dit, ils disposent en haut les capelages de la façon suivante :

Les capelages du bord opposé à celui par lequel monte la vergue (les capelages de tribord pour le petit perroquet, bâbord pour les -deux autres) sont gardés sur les barres où se placent les gabiers de perroquet; les capelages de l'autre bord (capelage de bâbord pour le petit perroquet, tribord pour les deux

autres) sont affalés sur la vergue de hune où se placent les gabiers des huniers.

Les gabiers de basse voile sont sur Tavant de la hune.

Attention/ Les drisses sont pesées jusqu'à ce que les bouts supérieurs des vergues dépassent un peu les hunes; là les gabiers de basse voile décrochent le pendeur s'il y a lieu.

Hissez! Les vergues sont hissées, en même temps qu'on les déborde, jusqu'à ce que leurs bouts supérieurs dépassent un peu les barres ; leurs bouts inférieurs sont alors à la hauteur des vergues de hune.

Les gabiers placés sur les barres trévirent la vergue la filière en dessus, le fond delà voile tourné vers l'avant, dégagent Terseau (si la genope est ainsi faite) et capellent le capelage supérieur, en veillant bien à ce que le bras soit capelé en dedans de la balancine et que celle-ci vienne dans le prolongement de la filière d'envergure ; ils boutonnent alors la ganse qui doit tenir le capelage en place. Si la genope est faite au moyen de fils de caret, on n'a besoin de la couper qu'une fois ce capelage mis en place. Pendant ce temps les gabiers placés sur la vergue de hune capellent le capelage inférieur par-dessus la fusée et en même temps par-dessus la pantoire de halebreu, en prenant les mêmes précautions et veillant bien à ce que la balancine soit dans le plan vertical passant par la filière d'envergure. C'est ce que l'on veut exprimer en disant : Capelez la balancine comme la filière I La ganse du capelage inférieur est ensuite boutonnée et on est paré à croiser le perroquet.

Pour faire cette opération, qui s'exécute sans commandement et au plus tôt paré, on pèse la drisse jusqu'à ce que le milieu de la vergue soit élevé d'un mètre environ au-dessus du chouque, en embraquant la balancine inférieure et en mollissant celle du bout supérieur. La vergue est ainsi mise en croix et on choque la drisse pour la faire reposer sur le chouque; là, on la dresse en bras et balancines pendant qu'un gabier fait le racage.

Il s'agit alors de garnir la voile ; on frappe pour cela sur les points du perroquet les cargues-points et les écoutes, qui ont été préalablement passées et dont les bouts sont sur les barres; on

cabillote sur Ja ralingue de fond la patte d'oie de la cargue-fond, et les boulines sur leurs branches ; enfin on frappe sur la drisse à l'arrière du mât, un peu au-dessous des barres et par le moyen du nceud de drisse anglaise (voir fîg. 91), la poulie supérieure du palan de drisse anglaise : c'est un palan à deux poulies simples dont la poulie supérieure est soutenue par unsuspensoir sur l'arrière des barres, tant qu'elle n'est pas frappée sur la drisse, et dont la poulie inférieure est crochée sur le chouque de bas mât; le garant venant de la poulie supérieure descend par le trou du chat et vient dans une poulie du râtelier au pied du mât. On voit qu'il agit ainsi pour permettre de hisser avec peu de monde la vergue de perroquet quand on étabit ce dernier.

^ Ala mer. — A la mer, les voiles étant établies, les perroquets montent sur l'arrière des vergues et du bord du vent. Les dispositions à prendre ne diffèrent pas des précédentes; mais, s'il y a de grands roulis, on peut hisser le perroquet le long d'un mât de corde partant de la tête du mât de hune et fait avec la guinderesse de perroquet ou une drisse de bonnette de hune. Le long de ce mât de corde courent deux poulies ou deux margouillets à fouets que Ton frappe aux deux extrémités de la vergue, aux clans des écoutes de cacatois; on se sert le plus souvent comme mât de corde du galhauban de l'arrière de perroquet, que l'on, embrasse simplement avec le racage.

Le capelage supérieur, celui de sous le vent, est mis en place par les gabiers qui sont sur les barres, quand le bout supérieur de la vergue arrive à leur portée ; en même temps le capelage inférieur (celui du vent) est mis en place par des gabiers placés pour cela à bonne hauteur dans les haubans de hune. Les gabiers séparent ensuite la vergue du mât de corde, si on s'est servi de ce dernier.

On croise et on garnit alors les vergues comme plus haut. • Nota, — Gomme on verra plus loin que les perroquets 5e t/egréent à la mer également du bord du vent et sur l'arrière des vergues, il s'ensuit que si on a dégréé un perroquet étant tribord amures, par exemple, la drisse redescend en bas par tribord et sur l'arrière des vergues. Si on vire de bord et qu'on

23i MANUEL DU MANŒUVRIER.

veuille regréer les perroquets, il faut donc commencer par défrapper la drisse du perroquet, haler sur les barres le bout ainsi défrappé, l'envoyer à bâbord sur Tarrière des vergues et le refrapper sur le perroquet, qu'on aura pendant ce temps changé de bord sur le pont.

316. Dégréer les perroquets. — 1^ En rade. — Les perroquets descendent sur Tavant des vergues en rade.

A déyréer les perroquets!

En haut les gabiers l Les gabiers montent et se portent : les gabiers de basse voile dans la hune, ceux des huniers sur les vergues de hune, ceux de perroquet sur les barres.

Ces derniers dégarnissent la voile de ses écoutes, cargues et boulines; Tun d'entre eux, dans les haubans de hune au-dessous des barres, défrappe la poulie de drisse anglaise et Tamarre sur le traversin arrière des barres. Les gabiers supplémentaires sont spécialement chargés de faire la genope, c'est-à-dire de genoper la drisse sur la vergue du bord opposé à Tapiquage (tribord pour le petit perroquet, bâbord pour les deux autres) à un tiers environ à partir du centre, au moyen d'une garcette et d'un cabillot qui sont placés sur la filière d'envergure; ils larguent ensuite les ganses au bout des vergues et dédoublent le racage.

Pendant ce temps, un gabier de basse voile a porté sur les barres le bout du halebreu qui se trouve lové dans la hune, et le gabier de perroquet du bord où on apique frappe ce halebreu sur l'œil de la pantoire; cette dernière était restée cpmme on l'avait mise pour gréer le perroquet, c'est-à-dire élongée le long de la vergue et retenue vers le centre par une garcette. On largue cette garcette et on jette le halebreu sur le pont, sur l'avant des vergues du bord où on doit apiquer : de la sorte la pantoire vient d'en dedans et à toucher le capelage du bras et delà balancine de ce bord, ainsi que le montre la figure 201.

Attention! Les gabiers se placent bien sur l'arrière des barres, les gabiers supplémentaires se tiennent prêts à larguer le dernier tour de racage.

Apiquez! On pèse d'en bas la drisse, le halebreu, ainsi que la balancine et le bras du bord opposé à celui où on amène la ver-

BB'. Balancine.

rr'. Brtw.

hoh. II.ilcb:x<u.

Fig. â(M.-

ff*. Filière d'enrcrgnw.

mm'. Morche-piod.

c Cosse d'empointoro.

- Disposition du lialebreu de perroquet au moment de l'apiquage.

gue; on largue la balancine et le bras de laiitre bord. La vergue s'apique, le capelage du bord supérieur se décapelle de lui-même sous l'efTort de la balancine qu'on haie d'en bas; le capelage inférieur est décapelé par le halebreu, ainsi que le fait comprendre la figure 201. En tout cas, les gabiers des perroquets et des huniers aident les capelages à sortir, s'ils ne le font pas d'eux-mêmes. Aussitôt après on commande :

Amenez! La drisse est prise à retour et la vergue est amenée et débordée par les gabiers des huniers et des basses voiles. Ceux-ci crochent s'il y a lieu les pendeurs quand les bouts supérieurs des vergues passent à leur portée ; d'autres fois la vergue est mise dans les haubans, ou amenée sur le pont.

2^ A la mer. — Si on suppose le cas le plus complet, celui des perroquets établis, les commandements sont les suivants :

A dégréer les perroquets !

En haut les gabiers!

Carguez l On cargue les perroquets sur le pont en agissant sur les cargues-points, cargues-fonds, en brassant carré et en larguant la drisse en bande. Le perroquet est ensuite bien tenu en bras.

Serrez ! Les gabiers serrent les perroquets, et, ceci fait, les dégarnissent de leurs cargues, de leurs boulines, de leurs écoutes, et des drisses anglaises.

Ils font en même temps les genopes du bord sous le vent et envoient les halebreus au vent et sur V arrière des vergues : les ganses des capelages sont déboutonnées et le racage dédoublé.

S*il y a de grands roulis, on installe un mât de corde comme on Ta indiqué pour gréer les perroquets.

Attention! Les gabiers se placent sous le vent et sur l'arrière des barres.

Apiquezf On pèse la drisse, la balancine de sous le vent et le bras du vent. On largue en bande la balancine du vent et le bras sous le vent. La vergue apiquée et les capelages décapelés, on frappe, s'il y a lieu, dans les clans des écoutes de cacatois, les conducteurs du mât de corde, ou bien simplement on embrasse avec le racage un galbauban de hune qui servira ainsi de mât de corde.

Amenez/ La vergue est amenée le long du bas mât ou du premier hauban, ou enfin sur les drômes.

317. Dépasser les mâts de perroquet. — i"" En rade, — Comme pour l'opération de guinder en rade, les mais de perroquet descendent sur l'avant des vergues.

A dépasser les mâts de perroquet!

En haut les gabiers! Les gabiers montent et se disposent comme pour guinder; les gabiers supplémentaires dépassent les drisses de perroquet et de cacatois et les amarrent sur l'avant des barres ; les gabiers de combat de cacatois frappent le halebreu sur la caisse du mât et renvoient sur le pont, sur l'avant de tout, à tribord des étais pour le petit mât de perroquet, à bâbord pour les deux autres mâts ; les gabiers de combat de basses voiles dans les hunes mollissent les étais des mâts de l'arrière et lovent les drisses de perroquets et de cacatois ; les gabiers supplémentaires de basses voiles et de huniers se tiennent dans les porte-haubans et donnent du mou dans les rides des galhaubans.

Aux guinderesses! On range du monde sur les guinderesses.

Pesez! Les guinderesses sont pesées, les gabiers de combat de perroquet font sauter ensemble les deux clefs à levier de chaque mât dès qu'ils le peuvent et préviennent qu'on est paré. Les guinderesses sont alors prises à retour et les galhaubans bridés à hauteur de la hune par les gabiers de basse voile.

Amenez! On choque les guinderesses en halant sur les halebreus : lorsque la noix du mât de perroquet arrive au chouque,

les gabiers supplémentaires de perroquet saisissent sur ce dernier le capelage de perroquet et les gabiers de combat soulèvent le coussin mobile des barres. Le mât continuant à descendre, les gabiers de combat de hunier font passer la caisse sur l'avant du hunier; quand la noix de flèche arrive à hauteur du chouque, on saisit sur ce dernier le capelage de flèche, la pomme et on y fixe le paratonnerre ; sitôt que la tète du mât arrive endesseus du chouque, on tient bon la guinderesse et les gabiers de combat de perroquet fouettent la cosse conductrice dans le clan de cacatois. On amène ensuite en débordant de la vergue de hune et de la hune, jusqu'à ce que la caisse du mât viennç reposer sur le pont. Les gabiers de perroquet ramassent et brident le gréement sur les barres.

2** A la mer, — A la mer, les mâts de perroquet descendent comme ils sont montés, au vent, sur Tarrière des vergues et par le trou du chat.

Les- dispositions à prendre ne diffèrent de celles indiquées pour la rade qu'en ce que le halebreu doit être envoyé au vent, sur Tarrière de la vergue de hune et par le trou du chat; que les gabiers de combat de perroquet ont à retirer la clef de mer avant de faire sauter les leviers des clefs de rade ; enfin que pour empêcher les coups de fouet de la partie du mât restant au-dessus du chouque, tant que la tête n'est point dépassée de ce dernier, on a soin de fouetter sur les galhaiibans et sur les étais de perroquet des palans, assez haut pour maintenir cette tète jusqu'à ce que le capelage repose sur le chouque. On embraque donc ces palans au fur et à mesure qu'on amène.

On est de plus obligé de choquer la drisse de hunier pour que la noix du mât puisse parer la vergue; on fait ensuite descendre le mât entre les itagues et le mât de hune, puis par le trou du chat jusqu'à ce qu'on puisse d'en bas s'emparer de sa caisse, et en la portant sur.l'arrière, élonger le mât sur le pont.

I^ota général relatif aux manœuvres de mâts et de vergues de perroquet. — On vient de donner séparément les détails des manœuvres de vergues et des manœuvres de mâts de perroquet. Ces opérations sont généralement réunies, qu'il s'agisse de guindcr

les mâts de perroquet et de gréer les perroquets, ou bien de dégréer les perroquets et de dépasser les mâts.

Dans le premier cas, les commandements à faire sont les suivants, en supposant que mâts et vergues de perroquet soient aux pieds des bas mâts :

A gréer les perroquets! Quelquefois, en rade, on commande : A croiser les perroquets f si on veut simplement les mettre en croix sur les chouques.

En haut les gabiers!

Attention! Les guinderesses sont pesées jusqu'à ce que les têtes des mâts de perroquet dépassent les hunes.

Guindez! Les mâts de perroquet sont guindés et mis en clef.

A hisser les perroquets! Les vergues sont pesées jusqu'à ce que leurs bouts supérieurs dépassent les hunes.

Hissez! Les perroquets sont hissés et croisés au plus tôt paré.

Après quoi ils sont garnis s'il y a lieu.

Si on suppose au contraire les perroquets gréés et qu'on veuille dépasser les mâts, voici Tordre des commandements :

A dépasser les mâts de perroquets!

En haut les gabiers!

Attention !

Apiquez!

Amenés!

Dès que les drisses sont dépassées :

Aux guinderesses!

Pesez!

Amenez!

En bas!

318. Gréer et dégréer les cacatois. — i"" En rade. — Au mouillage, les cacatois sont gréés et dégréés sur Tavant des vergues et du bord opposé aux perroquets, à tribord pour le petit cacatois, à bâbord pour les deux autres. La manœuvre est identique à celle des perroquets : les gabiers supplémentaires de perroquet se tiennent sur les barres pour capeler le capelage inférieur, et les gabiers de combat de cacatois se portent à la noix du mât de perroquet pour capeler le capelage supérieur.

Il arrive parfois qu'on dégrée à la fois perroquets et cacatois : dans ce cas, il est avantageux d'apiquer les deux vergues du même bord pour empêcher les bouts supérieurs des perroquets de s'engager dans les bouts inférieurs des cacatois.

2® A la mei\ — A la mer et sous voiles, les cacatois se hissent et s'amènent du bord du vent et sur Farrière des vergues. La manœuvre ne diffère pas de celle décrite pour les perroquets, et ainsi que pour ces derniers s'il y a du roulis, on peut se servir d'un mât de corde ou simplement guider le cacatois en lui faisant embrasser un galhauban de flèche avec son racage.

319. Larguer les voiles. — 1° Sur les cargues, — Au mouillage, on largue les voiles sur les cargues comme exercice ou pour les faire sécher.

A larguer les voiles sur les cargues! Les aspirants et les chefs de hune montent dans les hunes. Les équipages des vergues font face en dehors : les gabiers de combat et hommes des perroquets en abord; derrière eux les hommes des huniers, et derrière ceux-ci, en dedans, les hommes des basses voiles.

Attention aux bouts-dehors! Les gabiers et hommes des perroquets montent, les hommes des huniers sont parés à monter et les hommes des basses voiles se rangent sur les cartahus de bouts-dehors.

Montez/ Ce commandement est fait lorsque les gabiers et les hommes des perroquets arrivent dans les hunes. Les bouts-dehors sont pesés, les hommes montent, se répandent sur les vergues, larguent les jarretières, en dépassent les queues, de façon que l'anneau de la jarretière tombe clair en dessous de la vergue, et tiennent la toile à la main prêts à larguer. Pendant ce temps, les gabiers placés au fond de la voile affalent le chapeau (qu'on a largué d'en bas) et ne conservent plus qu'un tour de l'aiguillette du chapeau (vulgairement appelée couillard) autour de l'itague pour un hunier, de la suspente pour une basse voile, du mât de perroquet pour un perroquet ; on sait que pour ce dernier c'est la cargue-fond frappée au fond de la voile qui sert de chapeau.

Attention!

MO MANUEL DU MANŒUVllIER.

Larguez! A ce commandement les gabiers laissent courir le dernier tour de couillard, les hommes laissent aller la toile, et les voiles tombent, les fonds restant à la hauteur des vergues et les points cargués à bloc. Les cargues-boulines et les palanquins sont affalés.

Attention aux bouts-dehors! Les hommes rentrent et descendent au plus tôt paré, les gabiers de combat mettent la main sur la caisse des bouts-dehors, parés à les conduire à leur poste quand on les amènera.

En bas! Les bouts-dehors sont amenés quand il ne reste plus personne sur les vergues.

2® En bannière. — Cette manœuvre, qui se fait uniquement au mouillage, n'a d'autre but que de présenter le plus de toile possible au vent, de façon, par exemple, à sécher plus rapidement les voiles.

A larguer les voiles en bannière! Gomme précédemment.

Attention aux bouts-detiors! id.

Montez! Les hommes exécutent les opérations décrites plus haut, mais les gabiers ont en plus, à l'avance, affalé et lové sur les vergues, de façon à pouvoir les larguer en bande au commandement, toutes les cargues, sauf les cargues-points des huniers et des perroquets ; ils ont en outre frappé les boulines sur les fonds des huniers ; enfin sur le pont, on a mis du monde aux drisses de foc ainsi qu'aux drisses et écoutes de la brigantine et des goélettes.

Attention!

Larguez! Les voiles tombent ; toutes les cargues dont on vient de parler s'affalent en bande ; les focs sont hissés, la brigantine et les goélettes bordées.

Attention aux bouts-de/iors ! Les hommes rentrent des vergues et descendent au plus tôt paré.

En bas! Les bouts-dehors sont amenés, les cargues-points des huniers sont larguées et affalées à la hauteur de la hune en même temps qu'on raidit les boulines des huniers frappées comme il a été dit sur les fonds.

3SS0. Serrer les voiles. — i® Les voiles étant larguées sur

les cargves, — En rade ou à la mer cette opération s'effectue comme il suit :

.4 serrer les voiles! Comme pour larguer les voiles.

Attention aux bouts-dehors! id.

Montez! Les bouts-dehors sont pesés, les faux palanquins sont raidis, les hommes montent, se répandent sur les vergues, et dès leur arrivée saisissent la ralingue de chute. Les gabiers de combat sont debout au centre de la vergue et les gabiets supplémentaires à leurs côtés sur les marchepieds. Us saisissent, dès leur arrivée, les différents plis de la ralingue de bordure, et les lovent au centre de la vergue.

Serrez! Au commandement de serrez, les cargues-boulines sont mises à bloc; les hommes rangés sur les vergues raidissent la ralingue de chute à partir du bout en allant vers le centre.

Le gabier supplémentaire, dit gabier de point, parce qu'il se trouve juste au-dessus de la poulie de cargue-point, fait passer le mou de la ralingue de chute au centre de la vergue où elle est lovée par le gabier de fond; il saisit la ralingue de bordure à partir du point et Tenvoie également au centre; il s'attache ensuite à tenir le point relevé en passant son bras sous les deux ralingues, et à faire courir au-dessous la toile qui vient du bout de la vergue.

Avec Taide du gabier de point, le gabier de fond attire ensuite par-dessous le point la toile qui vient du bout de la vergue; c'est ce qu'on appelle dégorger le point. Ceci fait, il paumoie toute la toile au fond et fait la chemise en même temps que les hommes roulent la toile pli par pli sur la vergue; à ce moment on pèse d'en bas le chapeau, en même temps que tous les hommes saisissant le dessous de la toile à plein bras, la relèvent sur la vergue : le chapeau tourné, les jarretières sont amarrées et le couillard fixé sur l'itague pour un hunier, la suspente pour une basse voile, le mât de perroquet pour un perroquet.

Attention aux bouts-dehors!

En bas!

242 MANUEL DU MANŒUVttlEtt.

Nota. — Pour exercer les hommes, on leur fait quelquefois serrer un hunier ou une basse voile les cargues-fonds affalés. L'opération ne diffère de la précédente qu'en ce que les gabiers de fond sont obligés de soulager eux-mêmes sur la vergue toute la ralingue de fond pour pouvoir l'y lover proprement.

2** Les voiles étant larguées en bannière. — Cette manœuvre ne s'exécute qu'au mouillage.

A serrer les voiles!

Attention aux bouts-dehors!

Montez! En même temps qu'on pèse les bouts-dehors et que les hommes montent, on largue en bas les boulines des huniers et on met leurs cargues-points à bloc. On range également du monde sur toutes les autres cargues y compris celles de la brigantine et des goélettes, ainsi que sur les halebas des focs.

Attention! Toutes les manœuvres courantes sont embraquées.

Serrez! Les voiles sont carguées, les focs halés bas, les goélettes carguées; après quoi les voiles sont serrées comme dans le cas précédent.

Attention aux bouts-dehors!

En bas!

321. Serz*eriin foc. — Pour serrer le grand foc, les hommes se répandent sur le marchepied du vent; l'un d'eux se place à cheval sur le bout-dehors, en avant de la draille du foc et à la toucher. Le point d'écoute est placé sur le chouque du beaupré, les ralingues de bordure et de chute sont élongées sur le bout-dehors ; on relève la toile pli par pli, en Télongeant, et l'on fait la chemise avec les trois ou quatre premières laizes à partir du point de drisse, qui ont été réservées par le gabier placé à l'extrémité du bâton.

La toile est maintenue sur le bout-dehors par des jarretières ou des fils de caret, ou bien avec des rabans de ferlage.

Le petit foc est serré entre les deux garde-corps, son point d'écoute en travers sur les étais de misaine.

322. Établir la voilure. — Les voiles carrées s'établissent dans l'ordre suivant : huniers, perroquets, cacatois, basses voiles.

1** Comme exercice en rades et par vent arrière à la mer^ — Celte manœuvre s'effectue ainsi qu'il suit :

A border, hisser partout! Les aspirants et les chefs de hune montent dans les hunes.

A larguer les voiles! Les gabiers et les hommes de perroquet montent, les hommes se disposent à monter comme pour larguer les voiles sans se ranger sur les cartahus de bouts-dehors, lesquels doivent être saisis sur leurs vergues.

Montes!

Attention!

Larguez! Les voiles tombent, les hommes rentrent et les gabiers affalent les cargues, à Texception des cargues-points.

En bas!

A border Us Awmer^/ Les hommes se rangent sur les écoutes de hune des deux bords et un gabier se porte à chaque extrémité des basses vergues ; là il se met à cheval sur la fusée et se tient prêt quand on bordera les huniers à affaler la cargue-point et à empêcher Técoute de s'engager.

Bordez! A ce commandement, qui ne doit être fait que quand les hommes des huniers et des basses vergues sont rentrés et que les gabiers de bout de vergue sont à leurs postes, les hommes rangés sur les écoutes doivent les haler à courir et les mettre à bloc, les cargues-points étant affalées en même temps que toutes les autres, et les gabiers qui sont dans les hunes faisant bien parer et déborder la voile sur l'avant de celles-ci.

A hisser les huniers! Ce commandement est fait quand les écoutes sont bien à bloc; les hommes se portent alors sur les drisses de hune.

Hissez! Les huniers doivent être hissés au pas, les gabiers affalent et soulagent les cargues-points, les palans de roulis et les palanquins, tandis que des hommes placés aux retours des bras des huniers les mollissent à la demande des deux bords.

Quand les huniers sont étarqués on commande :

Les perroquets! A ce commandement les écoutes de perroquet préalablement élongées sont mises à bloc, les gabiers sur les barres veillant à ce que les cargues-points soient bien affalées et h

ce que rien ne s^engage. Les écoutes à bloc, les hommes disposés sur les garants des drisses anglaises hissent et étarquent les perroquets sans autre commandement.

Les cacatois/ Ceux-ci sont établis d'une manière analogue à celle des perroquets. Aussitôt après :

A laisser tomber les basses voiles ! Les gabiers de basses voiles affalent et lovent sur la vergue les cargues-fonds, cargues-boulines et les chapeaux de façon à pouvoir les larguer en bande au commandement. Sur le pont on range du monde sur les écoutes et les amures des deux bords.

Laissez tomber! Les écoutes et les amures sont pesées; toutes les cargues, y compris les cargues-points, affalées et les basses voiles tombent carrément.

Les focs et les goélettes! On range du monde sur les drisses des focs, ainsi que sur les écoutes de briganline et des goélettes ; si ces voiles sont à rideau, on dispose aussi des hommes sur leurs drisses.

Bordez ! Hisses ! Les focs sont hissés, les goélettes et la brigantine bordées, en prenant le soin de bien affaler les halebas et les cargues.

Tout le monde descend des hunes à l'exception des chefs de hune et des gabiers de combat.

2* Pour appareiller, — Les commandements ordinaires à effectuer pour un appareillage sont donnés plus loin au § 381.

On largue les voiles, on établit les huniers et, si la brise le comporte, les perroquets et les cacatois, comme on Ta indiqué pour Texercice en rade. Mais on n'établit les basses voiles que lorsque le bâtiment étant appareillé, on a orienté les voiles hautes pour la route à faire, ce qui rentre dans le cas qui suit,

3** Étant en route et orienté. — Dans ce cas pour établir une basse voile, on commence par Famurer à bloc, en embraquant modérément Técoute ; on achève ensuite de la border.

A amurer les basses voiles! Les gabiers de basses voiles se portent sur les basses vergues parés à affaler toutes les cargues; sur le pont, on range beaucoup de monde sur les amures du vent, quelques hommes seulement sur les écoutes sous le vent.

Attention l j Amurezl Les amures sont mises à bloc, les écoutes légèrement embraquées, les cargues étant larguées et affalées en bande ; on mollit les balancines du vent des basses vergues pour permettre d'amurer le plus possible.

A border les basses voiles! Les amures tournées, les hommes se portent sur les écoules.

Bordes/ Les écoutes sont embraquées de façon à raidir la ralingue de bordure des basses voiles. Si, ayant les basses voiles orientées, on veut établir les huniers, on commence par border les huniers en rangeant plus de monde sur les écoutes du vent et mettant celles-ci à bloc avant celles de sous le vent.

On fait ensuite hisser, en ayant soin de ranger quelques hommes sur les bras du vent qu'ils choquent à la demande, en contretenant par instants pour éviter que, sous Faction du vent, la partie sous le vent des vergues ne se colle trop brusquement contre les haubans de hune.

Un perroquet et un cacatois s'établissent d'une façon analogue.

La manœuvre est toujours terminée par les commandements :

Appuyez les bras du vent!

Parez Us manœuvres!

323. Orienter les voiles carrées. — Quand, ayant les vergues brassées carré, on veut les orienter pour des allures voisines du plus près, on doit à l'avance affaler les drosses, palans de roulis et balancines des basses vergues. On haie ensuite sur les bras sous le vent, en filant à retour les bras du vent si la brise est un peu fraîche. Quand on a orienté, on appuie les bras du vent. S'il y a de la mer, on mollit les bras de dessous et on embraque le mou des drosses et palans de roulis. Les boulines ne sont halées que lorsque la route à suivre est exactement le plus près. On trouvera dans le Cours de 2® année la raison de tous les détails de manœuvre, qui viennent d'être indiqués.

3Si4. Prendre un ou plusieurs ris. — 1** Dans les huniers. — Pour cette manœuvre , on serre les perroquets ou on les laisse établis, suivant le temps; en général, pour le premier ris dit ris de chasse, on se contente de choquer leurs écoutes;

pour le 2* ris, on cargue et serre les perroquets; mais en aucun cas ils ne doivent rester cargués sans être serrés.

A prendre wn ou ris aux huniers! Les aspirants et chefs de

hune montent dans les hunes.

Fn haut les gabiers! Les gabiers inontent dans les hunes. Sur le pont, les hommes des huniers se tiennent parés à monter du bord du vent.

Montez! Les hommes montent : mais ils se tiennent dans les haubans de hune et ne se répandent sur les vergues que quand les palanquins ont été pesés. Sur le pont, on range du monde sur les bras du vent des huniers, que Ton se tient prêt à amener.

Boulines des huniers, larguez, brassez/ Les boulines des huniers sont larguées, les brjis du vent embraqués de façon à décoller des haubans de hune la partie sous le vent des vergues de hune.

Il est facile de comprendre, en effet, que si on n'agissait pas ainsi, on ne pourrait amener ces vergues.

Amenez! Brassez! On amène les huniers à retour en continuant à brasser de façon que les vergues de hune reposent sur le chouque à peu près brassées carré. Si on n*a point serré les perroquets, on file leurs écoutes à mesure qu on choque les drisses de hune.

Amarrez! On raidit alors les bras des deux bords et les palans de roulis, dont on a eu la précaution, si le roulis est fort, de crocher la poulie intérieure sur un piton du chouque. Sur le pont on range des hommes sur les palanquins (faux palanquins pour les deux premiers ris, gros palanquins pour les deux derniers), en ayant soin d'en mettre plus sur les palanquins du venL

Les palanquins! Les palanquins sont pesés le plus possible, et alors seulement les gabiers et les hommes des huniers se répandent sur les vergues. Le gabier de combat de perroquet et le gabier supplémentaire de hunier se portent de chaque bord au bout de la vergue pour y prendre l'empointure. Le gabier de combat se place à cheval sur la vergue en dehors du capelage, le supplémentaire auprès de lui sur le marchepied.

Dans le cas où le bout de la vergue porte des adents, ils baguent le raban sur la vergue contre l'adent correspondant au ris qu'on

veut prendre et de Tavant à l'arrière, de manière que le raban, bien bagué en son milieu, ne puisse pas tourner autour de la vergue. Pour le premier ris, le raban est bagué en dehors et à toucher le capelage de la vergue.

On commence par prendre l'empointure du vent : supposons que Ton soit tribord amures : le chef de hune commande aux hommes sur la vergue : Face à bâbord, portez la toile à tribord!

Fig. âOâ, — Prendre une empointure et une contre-empointure de ris dans un hunier (vergue à adents).

Les hommes, saisissant la bande de ris, portent la toile vers le bout du vent de la vergue : là, le gabier supplémentaire prend la cosse^d^empointure de la voile correspondant à la bande de ris, la met le plus à plat qu'il le peut sur la vergue et casse la ralingue de chute au-dessus de la cosse, de manière que les deux doubles de ralingue tombent sous la vergue, entre celle-ci et la voile.

Le gabier de combat de perroquet prend le bout du raban et le passe dans la cosse d'empoinlure de dessous en dessus et de l'arrière à l'avant. Les deux gabiers raidissent sur ce raban et le passent de dessus en dessous et sur l'arrière de la vergue; le

rabaQ revient en dessous passer de Tarrière à Tavant dans la cosse et les deux gabiers continuent à faire tours et autres sur la vergue, en comprenant chaque fois la cosse d'empointure.

Les cinq ou six tours qu'on fait ainsi constituent la cmtre-empointure; ces tours doivent être à plat, à se toucher, et bien droits, c'est-à-dire bien parallèles au capelage de la vergue (Ûg. 202).

On utilise le reste du raban en faisant deux ou trois tours de bridure terminés par deux demi-clefs.

On prend encore la contre-empointure avec des demi-clefs de la manière suivante : le raban, après avoir passé sur l'arrière de

Fig. 903. — Autre manière de faire la contre-empointure.

Fig. «H. — Empointure et contre-empointure sur une vergue à pitons.

la vergue et en dessous, est engagé dans la cosse en double, de manière à former une boucle sur l'avant de la voile; le bout re- ' vient en dessous et en arrière de la vergue, puis par dessus et va passer dans la boucle (fig. 203); il fait de nouveau le tour de la vergue de dessus en dessous, s'engage en double dans la cosse, et forme une nouvelle boucle sur l'avant; le bout entoure la vergue et passe dans cette boucle. On fait ainsi trois tours et l'on engage le bout. Cette manière est plus expéditive et retient mieux la cosse sur la vergue.

Si le bout de la vergve porte des pitons au lieu d'admis, le dormant du raban d'empointure ne se fait plus s»\r la vergue, mais bien sur la cosse de la bande de ris.

Dans ce cas les gabiers prennent le bout du raban, l'en-

gagent dans le piton de la vergue, de là de dessous en dessus dans la cosse du ris, raidissent bien sur le raban et prennent alors la conlre-empoinlure , comme dans le cas précédent (fîg. 204).

L*empoinlure du vent prise (celle de tribord dans le cas supposé), le chef de hune commande : Face à tribord ^ portez la toile à bâbord l Les hommes portent la bande de ris vers le bout sous le vent, où les gabiers prennent Tempointure et la contre-empointure comme il a été dit pour le bord du vent.

Les empointures prises, les hommes passent leurs garcettes entre la filière de ris et la toile, les ramènent à eux et les ca-

Fig. 905. — Garcette de ris.

pellent sur les cabillots bridés aux filières de ris de la vergue; ils rentrent ensuite sans commandement.

Avant de rentrer, les gabiers de bout de vergue afl*alent les palanquins et, en longeant les vergues, ils s'assurent que les garcettes de ris ont été toutes bien cabillotées.

A hisser les huniers!

Hissez! Les huniers sont hissés en marchant, mais seulement lorsqu*il ne reste plus personne sur la vergue; des hommes rangés sur les bras du vent les choquent à mesure et à la demande.

Amarrez!

Dans le cas où on aurait serré les perroquets, on les rétablit si la brise le comporte. On se contente d'embraquer leurs écoutes en choquant leurs drisses dans le cas où on ne les aurait pas serrés.

250 AfANUKL DU MANŒUVRIER.

On rectifie ensuite la voilure, en embraquant les boulines et appuyant les bras du vent.

Nota. — Il a été dit que les vergues étaient à peu près bipassées carré pendant qu'on prenait les ris, et, sans insister sur la façon dont on doit exactement les brasser , ce qui ne rentre pas dans le programme de 1'° année, il est bon de dire qu'en général on tient la voile avec un péxi de vent dedans, en évitant soit de la trop gonfler, soit de la mettre en ralingue ou de la masquer, ce qui rendrait l'opération plus pénible et aussi plus dangereuse pour les hommes qui sont sur les vergues.

Une fois donc les vergues assujetties sur les chouques, c'est à rofïicier de quart de faire gouverner en conséquence.

Si la brise est très forte, il est bon que les gabiers renforcent la contre-empointure au moyen d'un second raban avec lequel ils prennent un renfort d'empointure.

Il peut arriver qu'en amenant le hunier, la toile se capelle au bout de la vergue et empêche les gabiers de s'y rendre par les marchepieds ; les gabiers s'affalent alors par la balancine ou par le palanquin ; un moyen sûr, c'est de faire avec la drisse de bonnette de hune un nœud de chaise courant le long de la balancine et dans lequel le gabier se place pour arriver aisément au bout de vergue.

Enfin, quand on prend le dernier ris appelé bas ris, on est généralement obligé, pour mettre les palanquins à bloc, de choquer les écoutes des huniers : on les réembraque aussitôt le ris pris.

2® Dans une basse voile, — On n'est généralement obligé de prendre un ris dans une basse voile que par brise très fraîche; dans ce cas, on ne pourrait à l'aide des palanquins seuls élever à la hauteur de la vergue la bande de ris. Il faut commencer par carguer la voile ; on pèse ensuite les palanquins et, pour pouvoir les mettre à bloc, on mollit à la demande les carguespoints et les cargues-boulines. La vergue en même temps est bien assujettie en drosses, bras et palans de roulis.

L'opération manuelle de prendre les ris s'effectue alors comme sur un hunier; on se sert ordinairement de deux rabans, l'un pour l'empointure, l'autre pour le renfort.

325. Larguer les ris. — Les ris se larguent ordinairement en suivant les commandements analogues à ceux qui ont été indiqués pour les prendre.

Les huniers ayant été amenés sur les chouques et assujettis en bras et palans de roulis , on pèse les palanquins. Les hommes se répandent sur les vergues et larguent les garcettes ; les gabiers larguent ensuite ensemble les empointures : tous les hommes rentrés des vergues, on rétablit les huniers comme d'ordinaire.

Par beau temps, il est inutile d'amener complètement les huniers. Il suffît, après avoir tourné les palanquins, de choquer les drisses jusqu'à donner du mou dans la partie de la ralingue de chute comprise entre les palanquins et la vergue. Cette dernière étant alors assujettie en bras et palans de roulis, on envoie de •chaque bord deux gabiers qui larguent les garcettes de ris et terminent en larguant les empointures.

326. Changer les vergues de hune, les huniel^s étant établis. — A la mer, les vergues de hune s'amènent et se hissent comme les huniers : du bord du vent et sur l'arrière des basses vergues; les deux cartahus doubles sont employés à la fois, pour amener d'abord la vergue à changer et ensuite pour hisser la vergue de rechange.

Cette manœuvre se divise en deux opérations distinctes : Dégréer la vergue de hune à changer; Gréer la vergue de hune de reehange.

1** Dégréer la vergue de hune, — La première chose à faire est de déverguerle hunier; il s'agit ensuite de dégarnir et d'apiquer la vergue.

y4 changer les vergues de hune! \

En haut les gabiers! / ^ , ,

TU f f [ Comme pour changer les

Carguez! ^ huniers à la mer (§ 308).

Amenez/ Brassez carré! J

Serrez! Déverguez! En même temps que l'on dévergue et en plus des dispositions à prendre pour cela, les gabiers de cacatois sur les barres affalent les palanquins et les genopent au capelage , ainsi que la drisse de bonnette de hune de sous le vent ; les ga-

biers de combat de basse vergue ne se contenlent pas de dépasser les cargues-points de leurs poulies aux points des huniers, mais encore de leurs poulies sous la vergue et les amarrent dans la hune.

Aux cartahjAS dombles! \

„. , f Les huniers sont amenés sur le

Hissez! >

Amenez.' ) P""*'

Les gabiers dégarnissent alors la vergue et se disposent à lapiquage comme il suit : le gabier de combat et le gabier supplémentaire de hunier désaiguillettent les poulies de cargues-fonds et de cargues-boulines; ils crochent de chaque bord sur la cosse supérieure de Testrope de palan de roulis faisant partie de la garniture de la vergue, les poulies des cartahus doubles^ dont ils mouchètent les crocs; ils les font embraquer d'en bas et démaillent alors les poulies d'itagues. Pendant ce temps le gabier de combat et le gabier supplémentaire de perroquet placés aux bouts de la vergue larguent les dormants des palanquins et dépassent ces derniers ainsi que la drisse de bonnette de hune et l'écoute de perroquet, dont le dormant sur les barres est défrappé par le gabier de cacatois. Us font ensuite sortir le bout-dehors de son blin et raccompagnent avec Tamure de bonnette de perroquet, qui, on se le rappelle, passe dans une poulie à l'extrémité de ce bout-dehors. Ce dernier pesé en même temps d'en bas par son cartahu, dont la cosse d'arrêt sur le hauban de hune a été larguée, vient ainsi s'élonger le long des haubans la caisse en haut ; là il est saisi, près des barres par le gabier de cacatois, près de la hune par les gabiers de basse voile, qui dépassent en même temps l'amure de perroquet du blin de la vergue.

Les bouts-dehors ainsi saisis, les gabiers de bout de vergue frappent sur le bout du vent le halebreu et, sous le vent à toucher Festrope du palan de roulis, ils fixent le bout de Vécouie du hunier du vent qui leur a été porté par le gabier supplémentaire du hunier : celte écoute a pour but de haler au vent le bout sous le vent de la vergue et par suite la vergue tout entière au moment de l'apiquage.

Pour éviter que les poulies d'itague démaillées ne soient re-

montées vers les barres, par suite du poids des poulies supérieures de drisses, les gabiers de basse voile crochent sur ces dernières les candelettes et les embraquént.

Ces dispositions prises, les gabiers de fond dédoublent le racage et se tiennent prêts à le larguer.

Aux cartahus doubles des vergues de hune! On range du monde sur les deux cartahus, sur la balancine dé hune de sous le vent, sur le halebreu et sur Técoute de hune du vent ainsi que sur les bras du même bord.

Attention!

Apiquez! On commence par hisser suffisamment la vergue au-dessus du chouque, puis on pèse en même temps le cartahu double et la balancine de sous le vent, ainsi que le halebreu et l'écoute de hune du vent, en mollissant la balancine et le cartahu double du vent; les gabiers de combat larguent le racage, les supplémentaires décrochent les palans de roulis de leurs estropes sur la vergue et celle-ci s'apique en se portant au vent sous Teffort de Técoute. On a pesé en même temps un peu sur le bras du vent pour être bien sûr que Texlrémité inférieure de la vergue parera la basse vergue.

Amenez! L'apiquage produit, on amène la vergue sur les deux cartahus, en affalant bras et balancines et en pesant le halebreu.

Lorsque le bout supérieur de la vergue arrive à hauteur de la hune, les gabiers de basse voile en décrochent le bras et la balancine ; on en fait autant sur le pont pour le bout inférieur, quand il arrive à portée des hommes. On amène ensuite la vergue sur ses deux cartahus, en portant Textrémité inférieure sur l'arrière et en la rapprochant le plus possible du milieu du navire, pour bien dégager les passavants; ceux-ci doivent en effet être bien libres pour ne pas gêner la mise en place des vergues de rechange.

On finit par faire reposer sur le pont la vergue dégréée.

2° Gréer la vergue de hune. — Les vergues de rechange sont disposées au vent, en abord, parallèlement aux vergues dégréées, le bout de sous le vent sur l'avant; on leur passe les garnitures

communes aux deux vergues et les blins; on y croche les cartahus doubles ainsi qu*on Tavait fait pour les vergues à changer. On fait ensuite peser le cartahu double de sous le vent, puis celui du vent, de façon à suspendre la vergue verticalement, son bout de sous le vent un peu plus haut que la hune. Là, les gabiers de basse voile crochent le bras et la balancine en même temps que sur le pont on fait la même opération pour le bout du vent, sur lequel on frappe en outre un halebreu.

A hisser les vergves de rechange/ Tout le monde se range sur les cartahus doubles; quelques hommes se détachent aux retours des bras et balancines, ainsi que du halebreu.

Hissez.' On hisse sur les deux cartahus à la fois, en veillant à ce que le bout supérieur de la vergue vienne passer sous le vent des étais de hune et jusqu'à ce que le milieu de la vergue soit suffisamment élevé au-dessus du chouque. On embraque à mesure les bras et les balancines et on croche les palans de roulis, lorsque leurs estropes arrivent à la hauteur de la hune.

Amarrez! Le cartahu de sous le vent est tourné et pris à retour, ainsi que la balancine du même bord.

Bipassez !

Croisez ! On pèse le cartahu double, la balancine du vent, en mollissant le cartahu double et la balancine de sous le vent. On brasse en même temps de façon à mettre la vergue carré. On amène ensuite la vergue sur le chouque en pesant les palans de roulis. Là, les gabiers de combat et supplémentaires du hunier font le racage le plus tôt possible.

Les gabiers s'occupent alors de regarnir la vergue comme il suit. Au centre, les gabiers de fond maillent les poulies d'itague, font embraquer les drisses et décrochent les cartahus doubles ; ils envoient de suite sur le pont le cartahu double du vent qui est en bas croche sur Télingue du hunier de rechange. Ils aiguillettent également les poulies de cargues-fonds et de cargues-boulines. Les gabiers de combat et supplémentaires de perroquet vont aux bouts de la vergue, passer les palanquins et la drisse de bonnette; ils passent ensuite Tamurede bonnette dans le blin de dehors en dedans, et le gabier supplémentaire

MANŒUVfiËS DE RADE £T D£ MER. 255

en reporte le bout en dedans, pour qu un gabier de basse voile puisse venir la prendre et la frapper sur Textrémité inférieurp du bout-dehors. Ce dernier, dont on mollit le cartahu, est alors conduit au moyen de Tamure vers son blin, où le font passer les gabiers de bout de vergue. Geux-ci, dès que le bout-dehors est à poste, passent dans le clan de la vergue Fécoute de perroquet préalablement passée dans sa poulie de sous-vergue par les gabiers de basse voile, et finalement envoyée et amarrée sur les barres par le gabier de cacatois.

Ces dispositions sont continuées par celles indiquées au § 303 pour enverguer le hunier de rechange ; et, quand tout est prêt pour cela, on envergue ce hunier aux commandements suivants :

Aux cartahus doubles des huniers!

Hissez!

Les palanquins!

Enverguez!

En bas!

On établit ensuite les huniers ainsi qu*il a été indiqué.

S'il y a de grands roulis, il sera fait usage d'un mât de corde pendant le cours de la manœuvre qui vient d'être décrite. Le même filin sert de mât de corde pour la voile et pour la vergue. Il fait dormant au ton du mât de hune et descend par l'arrière des barres sur le passavant du vent ; on le raidit une première fois quand, les conducteurs ayant été frappés Tun au fond de la voile et l'autre sur les empointures, on pèse le cartahu du hunier. Le hunier amené sur le pont, on mollit de nouveau le mât de corde et on vient Télonger sur la vergue de hune, de façon à frapper le conducteur supérieur sur le bout sous le vent de la vergue et le conducteur inférieur sur le bout du vent. Après quoi on raidit de nouveau le mât de corde quand on apique la vergue.

Nota. — En rade, quand on fait l'exercice de changer les vergues de hune, ces dernières s'amènent sur l'avant des basses vergues ; une des boulines sert à déborder la vergue de la hune.

327. Gréer les bonnettes, —r 1° Bonnette de hune, — Les bonnettes de hune sont habituellement saisies sur un des der-

256 MANUEL DU HANŒUVAIER.

niersbas haubans, serrées en rouleau, la cosse d'amure en dehors de la toile, du côté qui doit monter le premier. La voile est maintenue ferlée au moyen de jarretières cousues sur l'envergure et terminées par un œil à chaque extrémité ; ces œils, garnis en cuir, sont bagués Tun dans l'autre et reçoivent une passeresse en quarantenier suivée sur la longueur de la vergue de bonnette; le bout de la passeresse qui est du côté de l'amure reste libre, ou bien est amarré par un nœud facile à larguer sur l'œil de la dernière jarretière; sur l'autre bout on frappe un cordage léger qui restera sur le pont, pour servir à la dépasser.

La drisse est frappée à son poste sur la ver^;ue de bonnette, bridée au bout supérieur ou maintenue par un erseau, et genopée sur le bord de la hune.

V amure reste également frappée au point d'amure, et son courant est passé dans le chaumard de la muraille; les deux doubles sont genopés au centre de la basse vergue, afin de ne pas gêner le brasseyage.

Vécoute est fixée, par son milieu, sur le point de la bonnette et lovée dans les porte-haubans.

La bonnette de hune venant s'amurer à l'extrémité du bout-dehors de basse vergue, on poussé celui-ci en dehors au moyen de son cartahu passé en guinderesse. On sait que la poulie de soushune dans laquelle passe ce cartahu est mobile : elle porte une estrope à œil qui est engagée dans un trou de la hune où elle est maintenue par un burin. Quand on veut passer le cartahu en guinderesse, on retire le burin de Tœil de la poulie et on va fixer cette dernière sur la ferrure du blin intérieur. Le cartahu continue à passer dans sa poulie et revient au pied du màt en élongeant la vergue, et en passant soit dans une poulie fixée au centre de la vergue, soit. dans une petite moque à rouet aiguilletée sur le premier hauban à hauteur de la vergue.

Une estrope et un burin sont également aiguilletés sur la vergue en dedans du blin intérieur : cette installation, nommée braguet, servira de point d'arrêt à la caisse du bout-dehors.

A hisser les bonnettes de hune! Pour se disposer à hi§ser les bonnettes, on range du monde sur la drisse, sur Famure et sur

la guinderesse du bout-dehors ; les écoules sont envoyées sur le pont, et prises à retour s'il y a du roulis ; un bout de filin est frappé sur Toeil de la passeresse.

Les gabiers coupent les genopes de la drisse et de l'amure, disposent le cartahu de bout- dehors en guinderesse, et se rendent au bout de la basse vergue pour conduire la bonnette et larguer la passeresse.

Hissez! On met le bout-dehors à poste, puis on pèse la drisse

Fig. 906. — Hisser une bonnette de hune.

de bonnette en embraquant le mou de lamure et filant la passeresse ; Técoute sert de retenue.

Le bout supérieur étant arrivé à portée du gabier placé sur la basse vergue, celui-ci largue la bridure de la drisse et le

MANOEUYRIER. — T. L 17

nœud lait sur le bout de la passeressç. On haie sur la passeresse et sur Tamure, pour déferler la toile ; l'amure est mise à bloc, pendant que Ton continue à hisser. Le gabier guide la bonnette et l'empêche de passer sur Tavant du hunier en contretenant sur la ralingue de chute intérieure.

La bonnette étarquée, on embraque une écoute et Ton dépasse l'autre sur l'avant de la basse vergue, afin d'être paré à rentrer la voile, quelle que soit, plus tard, la direction du vent. On embraque également le bras du bout-dehors.

Fig. 307. — Hisser une bonnette basse.

2^ Bonnette de perroquet. — La bonnette est saisie contre le hauban de hune le plus de l'arrière. Le bout-dehors est poussé à la main et maintenu sur la vergue au moyen d'une estrope qui entoure celle-ci, et qu'on nomme faux blin.

L'opération de hisser une bonnette de perroquet est semblable à celle que Ton vient de décrire, les mêmes précautions sont employées. L'écoute et Tamure se tournent dans la hune.

d Drisse de bonnette de \ quet.

d' Drisse de bonnette de hune.

d" Drisse d'en dehors de bonnette basse.

d'" Drisse d'en dedans de bonnette l

a Amure de bonnette de perroquet.

a' Amure de bonnette de hune.

p Patte d'oie de bonnette basse.

e Écoute de bonnette de perroquet.

e' Écoute de bonnette de hune.

e" Écoute de bonnette basse.

l Lève-nez de bonnette basse.

c Candelette servant de balan* cine au bout-dehors.

h Bras du bout-dehcrs.

Fig. 208. — Bonnettes établies.

Z^ Bonnette basse. — Pour établir la bonnette basse, les gabiers envoient le gréement sur le pont, en coupant toutes les genopes;

ils crochent la candelelte de hune sur la pantoire dubout-dehors ; on pousse le bout-dehors, s'il ne l'est déjà.

La bonnette dont on a coupé les fils de caret destinés à la tenir serrée est mise en travers du mât de misaine, reposant par un bout sur le platbord; on la largue et Ton frappe les drisses d'en dedans et d*en dehors, le lève-nez et la patte-d'oie. Le bras du bout-dehors est passé dans le chaumard de la muraille et raidi.

On hisse la bonnette en pesant la drisse d'en dehors et le lèvenez, la drisse d'en dedans ayant été préalablement embraquée. Quand la drisse d'en dehors est presque à poste, on étarque la bonnette en pesant en même temps la candelelte du bout-dehors. La drisse d'en dehors mise à bloc, on largue le lève-nez, on raidit la drisse d'en dedans , puis on borde la bonnette et Ton embraque la patte d'oie.

328. Rentrer les bonnettes. — 1° Bonnette de hune. — Cette opération se fait aux commandements suivants : A rentrer les bonnettes de hune!

La guinderesse du bout-dehors est disposée pour le rentrer, en portant la poulie du blin à son poste sous la hune. Un gabier se rend au bout de la basse vergue, et se tient prêt à faire parer la toile quand on amènera; l'écoute de l'arrière est passée dans une poulie de retour sur le pont, du bord opposé.

Au commandement de Rentrez! on haie sur l'écoute de l'arrière en filant à retour l'amure, puis la drisse quand le point d'amure a paré la poulie de bras; la bonnette est ainsi amenée sur l'arrière des vergues. On rentre le bout-dehors, et la bonnette, une fois sur le pont, est serrée et mise à poste dans les haubans ; la drisse et l'amure sont embraquéeset genopées dans la hune et sur les haubans.

Quand la brise est des environs du travers, pour peu qu'elle soit fraîche , il devient assez difficile de rentrer ainsi une bonnette par l'arrière des voiles, à cause des grands battements de la toile. On a alors avantage à la rentrer par l'avant : on choque pour cela l'amure et l'écoute de l'arrière, en embraquant celle qui a été dépassée et envoyée sur l'avant. On choque ensuite la drisse ; sous l'eff'et du vent, la bonnette va se placer à

MANŒUVRES DE RADE ET DE MER. î6t

l'abri du hunier, ses battements sont annulés et on peut la haler sur le pont bien plus commodément.

2° Bonnette de perroquet. — La manœuvre ne diffère pas de qelle indiquée pour la bonnette de hune.

^i"" Bonnette basse, — Pour rentrer une bonnette basse: peser le lève-nez, la drisse d'en dedans et Técoute passée dans une poulie coupée de l'autre bord, en choquant la drisse d'en dehors et filant la patte d'oie à retour. Lorsque la bonnette est au-dessus du bastingage, filer en bande la drisse d'en dehors, en continuant à peser la drisse d'en dedans ; puis, en mollissant cette dernière manœuvre, amener k bonnette sur le pont, la serrer et la mettre à son poste sur l'avant du mât de misaine.

329. Garguer les voiles carrées. — On ne considère dans le présent paragraphe que le cas du beau temps.

Il est rare que sur un bâtiment, en dehors des exercices, on cargue à la fois toutes les voiles carrées. Dans le cas où l'on vient au mouillage (voir les commandements au § 385), on a bien soin un peu d'avance de se débarrasser des basses voiles. Cellesci sont carguées au commandement, en larguant les amures, écoutes et boulines, toutes les cargues étant mises à bloc en même temps.

On peut ensuite se débarrasser à la fois des huniers, perroquets et cacatois en suivant les commandements ci-après :

A carguer partout! Des gabiers vont au bout des basses vergues pour affaler les écoutes de hune; d'autres gabiers dans la hune se rangent sur les cargues de cacatois ; sur le pont, on met du monde sur toutes les cargues, principalement sur les carguespoints; on range aussi des hommes sur les bras du vent de toutes les vergues; enfin, on se tient prêt à amener les huniers, perroquets et cacatois.

Attention/

Carguez! A ce commandement, les écoutes et boulines sont larguées en bande ainsi que les drisses des perroquets et cacatois. Les voiles sont carguées, les bras du vent sont pesés.

Amenez! Brassez carr^.^ Les huniers ne sont amenés que lorsque leurs points ont légèrement dépassé la hauteur de la hune. On

achève de carguer et de brasser carré à mesure qu'on choque les drisses des huniers. On embraque de suite les drosses, palans de roulis et on dresse les vergues en balancines.

330. Hal6r bas les focs et carguer les goélettes. — Par beau temps, pour haler bas un foc, il suffit en même temps qu on pèse sur son halebas de larguer en bande la drisse et l'écoute. Mais pour peu que la brise soit fraîche, le grand foc notamment pourrait par ses battements compromettre la solidité du bout-dehors et par suite de la mâture haute de misaine.

Cependant, s'il y a beaucoup de monde, on pourra comme pour le cas du beau temps filer drisse et écoute en bande, à condition que le halebas soit embraque à courir et que sous son effort le foc soit étouffé très rapidement.

Si on craint de ne pas avoir assez de monde pour une manœuvre aussi rapide, il faut, à mesure qu'on haie bas, choquer l'écoute en douceur pour éviter les battements.

Enfin, si la brise était devenue très forte, on pourrait être obligé de laisser porter pour parvenir à carguer un foc.

Pour carguer -la brigantine par très beau temps, il suffit de ranger du monde sur les cargues et aussi sur le halebas, s'il s'agit d'une voile à rideau. On cargue ensuite en choquant l'écoute et la drisse, s'il y a lieu.

Pour peu que la brise soit fraîche, il faut ranger le plus de monde sur les cargues sous le vent et quelques hommes seulement sur celles du vent, de manière que les premières, étant à blocavant celles-ci, empêchent ainsi le ventde s'engouffrer dans la voile, qui sans cela forme une poche presque impossible à étouffer.

Les goélettes se carguent d'après les mêmes principes qu'une brigantine.

331. Dégréer les vergues de hune et de perroîpxetj amener les basses vergues, dépasser les mâts de perroquet, caler les mâts de hune. — La description qui suit indique la manœuvre à exécuter soit comme exercice, soit dans le cas où l'on veut supprimer un fardage gênant pour sa sécurité au mouillage ou dans sa marche vent debout à la mer.

Celte manœuvre comprend une série d'opérations qui pour la plupart ont été séparément décrites dans le courant de ce livre; leur exécution consécutive nécessite le plus grand ordre au point de vue de la répartition du personnel et particulièrement au point de vue des dispositions à prendre. Voici les plus importantes :

Les drisses de basse vergue forment un palan dont généralement la poulie supérieure reste en temps ordinaire sous la hune, retenue qu'elle est par le dormant de son estrope au ton du bas mât. Mais la poulie inférieure est ramassée en bas ainsi que lé garant de drisse. Dans ce cas, pour disposer assez rapidement ces drisses, on fait passer un long bout de quarantenier, en guise de passeresse, entre les clans de la poulie supérieure et ceux de ia poulie inférieure préalablement placée au pied du mât. Le bout de la passeresse est frappé sur la queue de rat du garant de drisse. On n'a plus ainsi qu'à peser Taulre bout de la passeresse pour hisser la poulie inférieure contre la supérieure et, en continuant alors à haler, pour faire passer le garant de drisse dans les clans des deux poulies.

Sur certains bâtiments, la poulie supérieure peut se démailler de son estrope; dans ce cas le palan de drisse tout formé, poulies et garant, est toujours disposé tout près des mâts et on n'a plus qu'à l'envoyer en haut tout en bloc à l'aide d'un carlahu quelconque.

Comme l'espace compris entre le grand mât et le mât de misaine est occupé par le cabestan, on envoie généralement dans la batterie le retour des drisses de la vergue de misaine : de la sorte on est moins gêné pour amener cette vergue et surtout pour la hisser, lorsqu'on remet tout en place.

Les queues de rat des guinderesses de hune seront frappées sur des passeresses passées à l'avance dans les chapes sous les chouques et dans les clans des mâts de hune. Il suffira de hisser pour que les guinderesses se passent régulièrement et il n'y aura plus qu'à faire leurs dormants. Ces guinderesses seront garnies, celle du petit mât de hune au cabestan de la batterie, celle du grand mât au cabestan du pont et une caliorne sera frappée sur celle du mât de perroquet de fougue.

S'il n'y a qu'un cabestan, on ne pourra garnir qu'une guinderesse et les deux autres seront pesées au moyen de caliornes.

Enfin des cartahus convenablement passés seront frappés sur les pantoires des caliornes de braguet et parés à les bisser.

A caler les mâts de hune et amener les basses vergues! Les aspirants et chefs de hune montent dans les hunes. Toutes les dispositions dont il a été parlé plus haut sont prises et les cabestans sont garnis.

• A dépasser les mâts de perroquet!

En haut les gabiers!

Attention! I Pendant qu'on dégrée les perroquets

Apiguez ! l et qu'on en dépasse les mâts, les drisses,

Amenez! 1 guinderesses et braguets sont hissés et

Aux guinderesses! \ passés sans commandement. Pesez! f Les hommes des huniers se tiennent

Amenez! \ prêts à monter.

Montez ! Les hommes des huniers montent.

Déverguez ! f Pendant qu'on dévergue et amène

Aux cartahus doubles! \ les huniers, on prend également les Hissez! i dispositions pour apiquer les ver-

Amenez ! \ gucs de hune ; elles ne diffèrent de

celles indiquées au §326 qu'en ce qui concerne l'écoute du vent du hunier : celle-ci n'est plus frappée sur la vergue et est remplacée par les boulines, qui, amarrées au centre de cette dernière, servent à la déborder sur l'avant de la hune et de la basse vergue. Les halebreus sont frappés à bâbord pour la vergue de petit hunier, à tribord pour les deux autres. De plus les bouts-dehors de hune, après avoir été dépassés de leur blin, sont envoyés sur le pont au moyen de leur cartahu.

Aux cartahus doubles des vergues de hune !

Attention! i Les vergues de hune sont hissées et apiquées Apiguez! } bâbord devant et tribord derrière. On les amène Amenez! ( ensuite à reposer sur le pont parallèlement à la quille, chacune du bord de son apiquage, le bout apiqué étant porté sur l'arrière.

Dès que les vergues sont en bas, les gabiers larguent leste-

ment les rides des haubans de hune ; on en fait autant sur les ponts pour les galhaubans et les étais.

Avx drisses des basses vergues! Les hommes désignés se rangent sur les drisses des basses vergues des deux bords; d'autres se portent aux cabestans et sur les caliornes frappées sur les guinderesses de hune, ainsi que sur les caliornes de braguet.

Hissez/ Virez! On hisse les basses vergues et on vire les guinderesses, en même temps qu'on raidit les braguets. Les gabiers de basses vergues déboulonnent les suspentes, ou larguent leurs échappements, suivant le cas. Les boulines sont frappées sur la vergue de misaine pour la déborder de son màt. Les gabiers des huniers enlèvent les clefs des mâts de hune.

Cela fait, on prend à retour les drisses de basses vergues, leurs balancines et leurs bras.

On se tient prêt également à dévirer aux cabestans , et à choquer les caliornes de braguet.

Amenez! Dévirez! On amène les basses vergues en même temps qu'on cale les mâts de hune , mais de telle sorte que la basse vergue soit toujours au-dessous du mât de hune.

Les basses vergues sont amenées carrément et horizontalement; les boulines pour la vergue de misaine, les faux grands bras pour la grand'vergue et les bras pour la vergue barrée, servent à les déborder des mâts.

Les basses vergues viennent ainsi reposer sur les porte-lofs s'il en existe ou un peu au-dessus des platbords. On les tient en bras , balancines et palans de roulis.

Les mâts de hune sont calés jusqu'à ce que les noix soient à toucher les chouques des bas mâts et leurs caisses sont alors bridées avec ces derniers.

Ramassez le gréemint! ( Le gréement de hune est ramassé

Lomz les manœuvres! ( dans la hune et genopé. Des amarrages sont faits sur les drisses des basses vergues. Après quoi tout le monde sans exception descend sur le pont.

Nota, — Quelquefois, sans rien changer à ce qui vient d'être dit touchant les mâts de hune et les basses vergues, on se con-

tente d'amener les vergues de hune dans la hune, ce qui supprime Topération de déverguer les huniers.

On commence par frapper les boulines sur le centre de la vergue de hune, puis, rangeant du monde sur les balancines, on soulage un peu la vergue en mollissant les bras. On donne du mou dans les cargues, chapeau, cartahus de bouts-dehors, puis on amène la vergue sur ses drisses et balancines en lui faisant parer le chouque au moyen des boulines qu'on haie en conséquence. La vergue reposant sur la hune, on Vy bride sur la latte du premier cap de mouton de chaque bord. Après quoi l'opération s'achève comme précédemment.

332. Les mâts de hune étant calés, remettre tout en place. — Si on suppose les mâts de hune calés, les basses vergues amenées, les vergues de hune dégréées et- sur le pont, la manœuvre de remettre tout en place nécessite les mêmes dispositions que celles indiquées au § précédent et s'exécute aux commandements suivants ;

A gréer les perroquets! Les aspirants et chefs de hune montent dans les hunes.

En haut les gabiei*s! Les amarrages des drisses de basse vergue et les bridures des mâts sont largués par les gabiers, qui coupent en même temps les genopes ayant servi à ramasser dans la hune le gréement des mâts de hune.

Aux cabestans et aux drisses de basse vergue! L'équipage se porte aux cabestans et aux drisses de basse vergue. Quelques hommes sont détachés aux boulines, bras et balancines de ces dernières.

Guindezf Les mâts de hune sont guindés, les basses vergues hissées carrément et horizontalement, de façon à suivre les mâts sans les gagner. On capelle dès qu'on le peut les braguets sous les caisses des mâts de hune et on raidit à mesure que ceux-ci montent.

Amarrez! Les mâts mis en clef, les suspentes fixées sur les basses vergues, on dévire les guinderesses et on mollit les drisses. On raidit alors rapidement les haubans, étais et galhaubans de hune.

Aux cartahus doubles des vergues de hune! Cette manœuvre Hissez! ( s'exécute comme pour le cas de changer

Amarrez I < les vergues de hune à la mer, avec cette

Croisez! Brassez! ( différence que les boulines frappées au

centre des vergues les débordent sur Tavant de tout. On hisse peu après les bouts-dehors dans les haubans de

hune et on les met à poste sur leurs vergues respectives.

Aux cartahus doubles des huniers !\

Montez!

Hissez! \ ^ « ^^..

. . > Comme au § 303.

Les palanquins/ '

Enverguez!

En bas!

A guinder les mâts de perroquet!

Attention! guindez!

A hisser les pen'oquets! Hissez!

Les gabiers à pctrer le gréement! Les guinderesses de hune et les drisses de basse vergue sont dépassées et amenées ainsi que les braguels. On achève de tenir les mâts de hune et de perroquet.

Nota. — Si l'on s'était contenté d'envoyer les vergues de hune dans les hunes, il n'y aurait pas à enverguer le hunier et on se servirait de la drisse et des balancines pour remettre la vergue sur son chouque. Le reste de la manœuvre ne diffère pas de celle qui vient d'être indiquée.

333. Avaries légères. — Le cours de i^ année ne comprenant pas les manœuvres de mauvais temps, il ne sera parlé dans ce § que des avaries légères qui se présentent couramment dans le cours de la navigation par beau temps.

1° Perroquets, — Si V écoute d'un perroquet vient à casser, carguer la voile du bord de cette écoute et réparer l'avarie.

Si une cargue casse pendant l'opération de carguer, on peut, par très beau temps, rétablir le perroquet et réparer la cargue. Si la brise ne le permettait pas, il faudrait amener le perroquet, le contre-brasser pour le masquer un peu, le serrer et repasser ensuite la cargue.

Si un bras de sous le vent casse, comme sous le vent les bras ne forcent point et que la vergue n'en continue pas moins à être tenue, on pourra le réparer sans déranger la voilure.

Il n'en est pas de même d'un bras du vent. Du bord du vent, en effet, le bras empêche la vergue de s'orienter davantage sous l'effort de la brise. Dans ce cas on commence par amener et carguer la voile; on la masque ensuite en halant la bouline sous le vent, de façon à amener la partie de la vergue du vent à se coller contre les galhaubans du même bord; on l'y saisira solidement et on pourra, l'ayant ainsi assujettie, aller au bout et réparer l'avarie. Quelquefois on ne peut réussir à masquer le perroquet en laissant la bouline de sous le vent seulement agir sur la toile : on disposera alors cette bouline sur le bout sous le vent de la vergue , en guise de faux bras. On agira ensuite comme précédemment.

Si un racage de perroquet vient à casser, il faut carguer la voile, hisser la vergue à bloc de façon à la coller contre le mât, et dans cette position faire un faux racage; amener ensuite la vergue sur le chouque et réparer l'avarie.

2** Huniers, — Si l'on ne veille pas à changer le portage des itagues de hune dans leurs chapes aux capelages des mâts de hune, ou à rafraîchir leurs dormants, il peut se faire que même par beau temps une itague vienne à se rompre. Quand la vergue en a deux, celle qui a étalé soutiendra le hunier et permettra de changer l'autre; on pourra du reste, pour plus de précaution, pendant le temps de l'opération, faire supporter la vergue par les barres, au moyen de bosses.

Dans le cas où il n'y aurait qu'une itague, le hunier, par suite de l'avarie, s'amènerait de lui-même : il serait bon, pour pouvoir alors rapidement remplacer l'itague cassée, d'en avoir toujours une de confectionnée d'avance.

Une écoute de hunier ne se rompt généralement que par brise fraîche; mais il peut arriver qu'elle s'use au portage du clan de la basse vergue et que de crainte de rupture on veuille la changer, le hunier étant établi; dans le cas du beau temps, on peut le faire sans carguer la voile. Il y a sur les ralingues

de chute, uii peu au-dessus des points , des pattes à cet usage, et par le moyen desquelles, à Taide d*un bout de filin, on bosse le point au bout de la vergue. On peut alors choquer et dépasser Técoute avariée, après quoi on passe l'écoute de rechange.

3* Focs» — La drisse du grand foc venant à casser, haler bas la voile, de façon à pouvoir atteindre le point de drisse dans lequel on crochera la drisse de petit foc, ce qui permettra de rehisser de suite le grand foc. On réparera ensuite Tavarie.

Manœuvre analogue au cas où la drisse du petit foc viendrait à casser.

Lorsque, pendant l'opération d'amener le grand foc, le haletas se casse, il faut d'abord rehisser la voile, puis, au moyen d'un nœud d'agui entourant la draille, faire glisser le long de celle-ci l'extrémité de la bouline de petit perroquet de sous le vent ; en halant sur cette bouline, qui agit ainsi de la même façon que le halebas, on se débarrassera du foc.

Le haletas du petit foc se remplace de la même façon par la bouline de petit hunier de sous le vent.

Si Vécoute d'un foc casse, embraquer l'écoute du vent pour éviter les battements , puis haler bas et réparer l'avarie.

4° Bonnettes de hune, — Si les deux écoutes sont cassées, rentrer le bout-dehors et frapper un halebreu sur la drisse, à toucher la vergue, pour rentrer la bonnette sur l'avant du hunier et de la basse voile.

Pour une avarie dans la drisse ou Vamure^ rentrer la bonnette sur Tavant de la voile, à l'aide de l'écoute.

Si la drisse ei Vécoute cassent à la fois, rentrer le bout-dehors, capeler un agui sur le point d'amure et s'en servir comme de halebreu.

5** Avaries dans la toile. — Dans le cas du beau temps, des avaries légères dans la toile peuvent se réparer sans toucher à la voilure : les voiliers s'affalent dans des nœuds de chaise, de façon à se trouver l'un sur Tavant l'autre sur l'arrière du point déchiré ou en mauvais état, qu'ils raccommodent ainsi sans difficulté.

Article 2. — Manoeuvre des Doubles Huniers.

334. Enverguer les doubles huniers. — Le hunier inférieur s'envergue comme un hunier ordinaire. Pour raidir la ralingue de têtière, on se sert de petits palans mobiles qui tiennent lieu de palanquins.

La voile, serrée en perroquet, se hisse au moyen des cartahus doubJes d'exercice.

Quand les empointures sont prises et les envergures amarrées sur la filière, on défrappe les petits palans, désormais inutiles puisque la voile n'a pas de bandes de ris.

Il ne reste plus qu'à garnir la voile de ses écoutes et cargues.

Le votant, serré en bonnette, se hisse aussi au moyen des cartahus doubles. Sa ralingue de têtière est raidie au moyen des drisses de bonnettes de hune, qui fontroffîce de palanquins.

Pour aiguilleter ses points d'écoute sur la vergue inférieure, on dispose, au bout de cette vergue, des palans pour raidir la ralingue de fond et placer les deux cosses d'écoute à égale distance du capelage. On prend alors des tours d'empointure et de contre-empointure.

335. Déverguer les doubles huniers. — Les doubles huniers s'amènent au moyen des cartahus doubles d'exercice, après avoir été serrés, le volant en bonnette (commencer par larguer les empointures de bordure sur la vergue inférieure), et le fixe en perroquet.

Avoir soin, pour défaire les empointures, de disposer les palanquins provisoires, dont nous avons parlé lors de la mise en vergue des voiles en question.

336. Établir les doubles huniers et les orienter. — Les huniers étant largués, hisser le volant en choquant les bras, drosses et palans de roulis; border le hunier inférieur comme un hunier ordinaire.

Pour orienter, on range du monde sur les bras et faux bras des fixes, sur les bras des volants et sur les haie-avant; donner

du mou dans les drosses et palans de roulis ; affaler également, ainsi qu'on le fait pour les basses vergues, les balancines du fixe. Le haie-avant, en écartant la vergue du mât et des haubans de hune, permettra de brasser les fixes plus en pointe; Torientement devra être le même pour les deux vergues. Comme on le voit, les faux bras remplissent les fonctions de boulines.

Dans les louvoyages par bords successifs (surtout à bord des navires dont la mâture est fortement inclinée sur Tarrière), raidir une fois pour toutes le haie-avant de la vergue de hune, et tourner les drosses après les avoir embraquées.

337. Prendre des ris dans les volants. — 11 faut commencer par amener le volant. Si les drosses sont bien affalées et si Ton ne touche pas aux bras, le volant s'amène tout seul quand on largue la drisse. S'il n'amène pas, agir sur le ou les calebas, embraquer les bras à mesure; la toile du volant se plie d'elle-même en s'abritant sur l'avant du hunier.

Le volant amené, on tourne la drisse, le calebas, les drosses et palans de roulis, ainsi que les bras.

Les hommes debout sur la vergue de fixe prennent le ris de la façon habituelle, en commençant par Tempointure du vent et raidissant très fortement à la main la filière vers l'extrémité de la vergue.

On peut par brise fraîche, pour faciliter la manœuvre, employer les drisses de bonnettes comme palanquins ; mais généralement on s'en dispense, la toile du volant étant abritée par le fixe et ne nécessitant aucun effort considérable pour être amenée contre la vergue.

338. Hisser et rentrer les bonnettes de hune. — Pour manœuvrer les bonnettes de hune, les faux bras des vergues de hune doivent, avant tout, être largués, affalés et bridés au centre de la vergue.

Les bonnettes doivent monter serrées au moyen d'une passeresse et n'être déferlées que quand elles ont paré la vergue de hune.

Quand les bonnettes ont dépassé la hauteur de la basse vergue , les écoutes sont envoyées sur le pont. Tune sur l'arrière de la

vergue, en dedans du point d'écoute, et Tautre, sur l'avant de la vergue. Cette dernière passe dans une poulie de retour sur le pont; c'est elle qui sert pour rentrer la bonnette.

Nota, — On peut indifféremment hisser les bonnettes par l'avant ou par l'arrière des vergues, mais on doit toujours les rentrer par l'avant.

En effet, quand on choque la drisse pour rentrer la bonnette, la toile va se capeler généralement sur la fusée du fixe. Si on halait alors par l'arrière, on aurait beaucoup de chance de la déchirer, ce qu'on évite en la rentrant par l'avant. Prendre pour les bouts-dehors les précautions habituelles.

Rien n'est changé à la manœuvre des bonnettes basses et des bonnettes de perroquets.

339. Carguer et serrer les doubles huniers. — Pour carguer, amener le volant comme il a été dit au § 337 et cargtLer le hunier inférieur comme d'habitude.

Fig. 209. — Double hunier serré.

Ce sont les mêmes hommes qui serrent les doubles voiles. Ils commencent par serrer les volants en bonnette; pour cela, ils relèvent la toile et la ralingue de fond du volant sur la vergue» font la chemise avec la toile de têtière, amarrent les jarretières et rabantent les points d'écoute.

Ils descendent ensuite sur les marchepieds de la vergue infé-

rieure et serrent le fixe, comme d*habitude, en per7*oquet. Il n'y a point de chapeau^ mais on se sert d'une aiguillette qui s'amarre sur le pendeur.

Nota, — Quand la brise est fraîche, pour faciliter l'opération desserrer le volant, on peut amener sa vergue à toucher celle du fixe : de la sorte, toute la toile se trouve protégée -par le hunier inférieur et les hommes ont plus de commodité pour la rouler. Mais il faut ensuite rehisser le volant à hauteur conve-/ nable pour permettre de serrer le fixe.

340. Larguer les doubles huniers. — Les mêmes hommes larguent aussi les doubles huniers, en commençant cette fois par les fixes et montent ensuite larguer les volants.

341. Avantages des doubles huniers. — Les avantages des doubles huniers sont nombreux. Nous avons déjà dit au § 296 comment la section en deux d'un hunier diminue le nombre d'hommes nécessaires à sa manœuvre.

De plus, il est facile de comprendre qu'un volant de hunier offrant au vent une surface bien plus petite qu'un hunier entier ordinaire, l'opération de l'amener sera toujours beaucoup plus facile. D'oti sécurité plus grande, permettant de conserver même avec des brises à grains violents, ses huniers hauts; on est sûr, en effet, de pouvoir, en amenaht rapidement les volants, passer aux huniers au bas ri$ : c'est ce que représente la surface de toile d'un hunier inférieur, si on la compare à un hunier plein ordinaire.

La manœuvre des ris, qui devient moins utile, à cause de ce qui précède, est, en tout cas, toujours bien plus facile et moins dangereuse.

Les têtes des mâts de hune n'ont plus à supporter, avec les doubles huniers, que la moitié de l'effort qu'elles subiraient avec un hunier ordinaire.

Les ralingues de chute ayant moins de hauteur, les battements des voiles sont plus faibles et la mâture en est moins ébranlée.

Enfin l'usure de la toile est diminuée, puisque les voiles sont en pièces de moindres dimensions.

f^ota. — Si l'on envisageait plus complètement la question du mauvais temps, on trouverait encore d'autres avantages précieux dans les doubles huniers : mais ce sujet sort du cadre du cours de i*® année.

342. Inconvénients. — Les inconvénients sont relativement minimes; voici les principaux :

Augmentation de fardage par suite de l'emploi d'une double vergue, et netteté moins remarquable dans le gréement, question de coup d'oeil qui a été la cause de la non-adoption des doubles huniers sur les vrais bâtiments de combat.

Difficulté plus grande pour bien établir les bonnettes de hune et pour les manœuvrer. En effet, la toile gonflée de la bonnette venant passer sur l'avant de la vergue fixe tend à se ranger dans le lit du vent et on ne peut par suite porter les bonnettes que sous une allure plus arrivée; il a été dit plus haut également que la manœuvre de rentrer les bonnettes de hune n'était guère possible que par l'avant des vergues.

Enfin, en dépit des hale-avant, la vergue inférieure vient, quand on oriente, vite se coller contre les haubans sous lé vent , ce qui empêche qu'on puisse brasser un double hunier aussi près de la quille qu'un hunier ordinaire.

On ne peut donc serrer d'aussi près le vent, et cet inconvénient, minime dans le courant de la grande navigation, devient sensible pour un louvoyage en rade.

Pour y remédier, on a eu l'idée d'employer sur quelques navires gréés en doubles huniers, des hunes moins larges, dites hunes efi chapeau, affectant la forme ci-après.

Ces plates-formes, en diminuant l'écartement des haubans de hune, ont permis de mieux orienter les vergues fixes. Mais il en résulte un inconvénient, qui

Fig. 210. — Forme de hune dite eo chapeau.

MANŒUVRES DE RADE Et DE MER. 275

saule aux yeux , c'est que le mât de hune s'en trouve moins bien tenu. Aussi la nécessité de serrer le vent diminuant de plus en plus, grâce au concours que peut apporter la machine, on paraît avoir renoncé aux hunes en chapeau.

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