Lever une ancre de bossoir. — i"" Passer le ca
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pon et la traversière. — Le garant de capon se passe le plus souvent comme palan franc (voir fîg. 54), c'est-à-dire dans le clan de lavant du bossoir, puis de dehors en dedans dans le clan de la poulie de capon, présentée de manière que son croc soit tourné en dedans; il va ensuite dans le second clan du bossoir, de dedans en dehors , et continue ainsi dans tous les clans. Le dormant se fait autourdu bossoir, en dedans des clans, au moyen d'un tour mort et d'un nœud de bois, ou dans un piton disposé à cet effet sur le bossoir.
, Le garant de traversière se passe de la même manière (voir fig. 55).
Ces garants passés,onles affale de façon que les poulies inférieures soient à la hauteur de la flottaison ; les bouts des garants rentrent à bord et sont élongés sur le pont, le capon généralement du bord de l'ancre mouillée, la traversière du bord opposé.
2** Garnir la chaîne au cabestan, — On commence par doublerles bosses placées sur l'avant de la bitte. On largue alors le tour de bitte : pour cela on ouvre l'étrangloir et on donne du mou à la chaîne. On croche sur cette dernière, dans une des mailles reposant sur la collerette de la bitte, le croc d'une vérine passée dans une boucle au-dessus ; on pèse cette vérine et on décapelle ainsi la chaîne de la bitte. Pendant ce temps, d'autres hommes déhalent du puits, au moyen d'une vérine, une quantité sutïîsante pour la garnir au cabestan.
Cette dernière opération nécessite certaines précautions. Eneffet,il faut, pourqu on puisse se servir de la couronne Barbotin, que les manilles d'assemblage s'y présentent avec leurs boulons verticaux. Si ona, donc une de ces manilles auxenvironsdu cabestan, on l'y disposera ainsi et, le nombre de mailles d'un maillon étant impair, toutes les autres manilles s'y présenteront de même. Mais comme on n'a pas forcément toujours une manille dans le voisinage de la couronne, on pourrait être embarrassé. On a donc créé d'autres points de repère : toutes les 5eise mailles, à partir de l'étalingure, on trouve sur l'étai de la maille qui occupe ce rang une petite pyramide; en plaçant cette maille dans une empreinte verticale de la couronne, on est sûr que les manilles s'y
présenteront bien. On comprend aisément qu'on puisse toujours avoir à proximité de la couronne, soit une manille, soit une maille à pyramide, dont l'indication permette dans les deux cas de bien engrener la chaîne.
. La maille à pyramide ou la manille convenablement placée dans la couronne, on tourne doucement le cabestan pour que toutes les empreintes soient bien garnies, et on embraque, en dehors des tourniquets, le mou de la chaîne que Ton envoie dans le puits. On met ensuite en place les barres et le rahan de barres. Ce dernier est un bout de quarantenier que Ton ûxq au moyen d'une demi-clef sur la tète de chaque barre, en ayant soin de bien le raidir d'une barre à l'autre. Son but est de faire agir les barres toutes ensemble, de répartir uniformément l'effort en les liant l'une à l'autre, et de les empêcher d'être projetées hors de leurs encastrements, dans le cas où le cabestan viendrait à dévirer brusquement, dans un coup de tangage, par exemple.
On place ensuite au stoppeur un homme qui se tiendra prêt à laisser tomber le pied de biche; d'autres hommes, pourvus de crocs en fer à longue tige, sont parés à crocher dans les mailles à leur sortie du cabestan, pour dégager le pourtour de ce dernier et obliger la chaîne à rentrer dans son puits.
Enfin on laisse tomber les linguets.
3® Virer, déraper, hisser l'ancre à l'écubier. — Au cabestan! Les hommes étant disposés sur les barres font effort sur elles de * façon à ce qu'on puisse larguer les bosses encore conservées sur l'avant de la bitte; Thomme du stoppeur abaisse le pied de biche.
Virez/ On vire alors; chaque maille rentrée vient s'encastrer dans l'empreinte du stoppeur, ce qui évite, dans une certaine mesure, que le cabestan ait à souffrir des chocs occasionnés sur la chaîne par les mouvements du navire.
Si la chaîne est recouverte de vase, on installe la pompe à incendie devant et on en dirige le jet sur la chaîne, en dehors de l'écubier.
Lorsque ce moyen ne suffît pas, on la fait laver avec des
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balais entre Fécubier et la bitte, à mesure qu'elle rentre. Enfin, si la vase est trop adhérente on ferme Fétrangloir, on élonge la chaîne , par plets, sur le pont de la batterie, et on ne la renvoie dans son puits qu'après l'avoir bien lavée.
Dérapez! Généralement on dérape en agissant directement sur la chaîne par le moyen du cabestan. Si on n'y parvenait pas ainsi, on verra plus loin quels moyens il faudrait employer (§ 352).
L'ancre monte : quand la transparence de l'eau permet de l'apercevoir, on s'assure quelle monte bien la cigale en haut et sans que la chaîne passe en dessous du jas : on dit alors que l'ancre est claire. Enfin la cigale arrive au-dessus de l'eau : l'ancre est haute.
Tenez bon le cabestan! On fait tenir bon le cabestan de manière qu'une maille soit bien prise dans l'empreinte du stoppeur et on bosse la chaîne entre la bitte et l'écubier. On dégarnit alors le cabestan , on enlève les barres et les hommes se rangent sur le garant de capon au commandement : Au capon,
4° Caponner et traverser Vancre, — Un homme descend alors sur le jas de l'ancre et croche le capon de dehors en dedans dans la cigale; le capon est aussitôt embraqué et les hommes étalent dessus; dans la batterie, on enlève la bosse et un homme se tient prêt à lever le pied de biche.
Hissez! La chaîne est filée, et les hommes rangés sur le capon hissent au pas; on conserve du monde sur le palan de Tétrangloir pour arrêter la chaîne au cas où le capon viendrait à casser. Quand la poulie de capon est hissée à [bloc : Amarrezl Le capon est tourné,
A la traversière! Les hommes se rangent sur le garant de traversière. Un bout de filin fixé en patte d'oie sur la double griffe et nommé queue de traversière sert à la manœuvrer du gaillard et à la crocher convenablement, c'est-à-dire, de l'avant a l'arrière, sous la patte qui se trouve le plus à l'arrière. Aussitôt crochée, la traversière est lestement embraquée.
Hissez! Les hommes hissent la traversière au pas jusqu'à ce que la verge de l'ancre soit horizontale.
Amarrezl On tourne la traversière.
On passe aussitôt les chaînes du mouilleur sous la verge de l'ancre et on en capelle les extrémités sur les doigts du mouilleur, dont on aiguillette le levier contre le bord. On fait ensuite reposer Tancre sur son mouilleur en choquant le capon et la traversière, que Ton décroche quand ils ne font pJus rien.
C'est alors que Ton prend ordinairement le tour de bitte; pour cela, on a généralement gardé sur le pont une quantité de chaîne suffisante. On l'élève à bras et on la capelle par-dessus la tête de la bitte, de manière, comme il a été dit, que la partie qui retourne au puits soit en dessus de l'autre double de la chaîne, à la toucher et en dehors de la bitte.
352. Faire marguerite. — Lorsque, en dépit des efforts des hommes au cabestan, celui-ci est insuffisaijt pour lever l'ancre en agissant directement sur la chaîne, on installe sur cette dernière un appareil destiné à augmenter la force dont on dispose. C'est ce qu'on appelle faire marguerite.
On frappe sur la chaîne à l'avant de la bitte, une poulie de
Fig. 219. — Marguerite simple.
guinderesse de mât de hune et on croche une poulie semblable sur le pont, à l'arrière du cabestan et dans la direction de la chaîne.
La guinderesse est passée dans la première poulie de dedans en dehors, puis de la même manière dans la deuxième et vient se fouetter sur la chaîne un peu sur l'avant de la première poulie. On garnit le double au cabestan et on vire (fig. 219).
Si cet appareil ne suffît pas. on double le nombre des pou-
lies sur la chaîne et sur les boucles du pont; on a alors une marguerite double.
Nota. — En outre de remploi de la marguerite, il est bon d'indiquer un autre moyen très simple et très pratique de suppléer à rinsuffîsance du cabestan pour déraper. Il consiste, étant à pic et la chaîne bien raide, à bosser solidement cette dernière et à faire passer l'équipage tout à fait derrière : un tel déplacement de poids suffît en général à faire déraper. On revient alors au cabestan.
Enfin, on verra dans le cours de 2® année qu'à bord des navires à vapeur la machine fournit un autre moyen de déraper l'ancre lorsque celle-ci tient fortement au fond.
353. Mouiller une ancre de bossoir sur le stoppeur. — On peut être obligé de mouiller de suite une ancre que Ton a seulement hissée à l'écubier, et que l'on n'a pas eu le temps de caponner ni de traverser.
Cette ancre est tenue par une bosse placée sur l'avant de la bitte et par une de ses mailles prises dans l'empreinte du stoppeur.
On dégarnit le cabestan et, si on en a le temps, on prend le tour de bitte. Un peu avant de mouiller, on enlève labosse, et au commandement de : Mouillezl on lève le pied de biche. Des hommes placés à l'étrangloir stoppent la chaîne quand on a filé la touée voulue. C'est ce qu'on appelle mouiller sur le stoppeur,
354. Passer la bosse debout et la serre bosse. — Dès qu'on quitte un mouillage et qu'on s'éloigne des côtes, on ne peut laisser une ancre de bossoir reposer uniquement sur son mouilleur.
Il suffirait que la mer se levât pour que, dans des mouvements brusques de tangage, les mailles des chaînes décapellent des doigts du mouilleur et pour qu'ainsi l'ancre vînt tomber sous l'écubier à l'aplomb de sa chaîne. On doit donc, dès qu'on prend la mer, saisir plus solidement l'ancre contre la muraille du bâtiment; on emploie pour cela deux forts cordages, nommés bosse debout et serre bosse.
La bosse debout passe dans un chaumard cloué sur une
des laces du bossoir, ou dans une engoujure pratiquée à son extrémité, puis dans la cigale de Tancre de dehors en dedans, remonte à travers un trou pratiqué dans le bossoir en dedans des réas, et vient s'aiguilleter à un piton sur le bossoir, en dedans du trou. A cet effet, la bosse debout est à queue de rat et porte un œil. Souvent aussi le dormant est fait par un nœud de ride.
Fig. 220. — Serre bosse. — Bosse debout*
La serre bosse fait dormant à une main de fer en dedans de la muraille du bâtiment, passe par-dessus le bord, ou bien à travers la muraille, va sous la verge de l'ancre, et à toucher les pattes, de dedans en dehors, et revient à bord, où on la palanque. On fait un bon amarrage et on passe de nouveaux tours jusqu'au bout, en ayant soin de faire un amarrage sur chaque tour.
La grosseur du filin employé à confectionner la serre bosse
et la bosse debout est calculée de façon à ^e que ces deux bosses puissent supporter deux fois le poids de l'ancre.
3B5. Draguer une chaîne. — Une chaîne peut être restée au fond de la mer par suite de rupture et sans qu'on ait eu le temps d'indiquer exactement au moyen dun orin et d'une bouée la place qu'elle occupe. *
On appelle draguer une chaîne l'opération de chercher cette chaîne sur le fond. On se sert pour cela d'un grappin sans oreille appelle châtie (voir fig. 53) sur lequel on étalingue un bon faux bras; une gueuse est amarrée sur le faux bras, à quelques mètres de Tétalingure, pour forcer la chatte à rester sur le fond. Ainsi muni, on se rend avec une embarcation à l'endroit où Ton suppose que se trouve la chaîne, on mouille la chatte et l'on nage perpendiculairement à la direction présumée de la chaîne. L'ayant rencontrée, on se paumoie sur le faux bras jusqu'à ce que l'on soit à pic de la chatte, et que la chaîne soit un peu soulagée; on croche alors la chaîne avec un grappin sur lequel est étalinguée une aussière plus forte. On p alanque sur le faux bras de la chatte et sur l'aussière du grappin. La chaîne ayant été amenée hors de l'eau, on la maintient en cette position et Ton frappe dessus un grelin venant du bâtiment, au moyen duquel la chaîne est halée à bord.
356. Draguer une ancre. — Couler un maillon. — On peut, pour des raisons analogues à celles données plus haut, au sujet de la chaîne, avoir également à draguer une ancre sur le fond. Voici comment on s'y prend.
Deux embarcations suffisamment espacées et nageant parallèlenient l'une à l'autre traînent sur le fond un bon faux bras lesté de quelques gueuses dans la direction de la patte de l'ancre. Dès que la résistance éprouvée fait supposer que le faux bras l'a rencontrée, les canots se croisent et reviennent par une route inverse à la première, de manière à faire un tour mort du faux bras autour de la patle; un des canots prend les deux doubles du faux bras et les embraque.
On exécute alors l'opération de couler un maillon, A cet effet, on fait, avec un grelin, un grand nœud de bouline, et on le
coule autour du «faux bras, pour le faire capeler sous la patte. On souque le nœud en halant obliquement sur le grelin, et l'on dérape Tancre comme avec un orin.
357. Élonger une ancre à jet avec tme embait^a^ tien. — Les ancres à jet sont saisies en dehors et contre la muraille du bâtiment, soit dans les porté-haubans, soit àTaplomb de quelques porte-manteaux d'embarcations.
Pour élonger une ancre à jet, on se sert généralement du grand canot que Ton haie le long du bord de façon que son arrière soit à l'aplomb de l'ancre à y embarquer.
Cette dernière est dessaisie, elle est ensuite détachée du bord et suspendue au-dessus du tableau du canot soit par les palans des porte-manteaux, s*il y en a de bien placés pour cela, soit, si l'ancre est dans les porte-haubans, au moyen d'un palan de bout de vergue et de palans frappés sur les bas haubans. On procède ensuite, suivant le cas, de deux façons différentes.
V En mettant l'ancre dans le canot. — Dans ce cas, on amène l'ancre dans le canot de manière que les pattes reposent sur un banc mobile placé en travers sur les fargues, et que la verge soit élongée sur l'arrière du canot, dans le sens de la quille, le jas en dessus la cigale débordant l'arrière; on la saisit ainsi à une boucle du fond du canot et on la jale à bras ou à l'aide d'un palan venant du bord. On frappe ensuite l'orîn après l'avoir élongé sous la verge, à laquelle on le fixe par trois bridures, dont une m diamant (fig. â2i); puis, le faisant passer en dehors du canot et en dessous de tous les avirons, on vient le lover sur l'avant; la glaihe est chavirée et la bouée est suspendue en dehors. Le grelin sortant de l'écubier vient s'étalinguer sur la cigale et on en love une partie dans la chambre par-dessus l'ancre.
Ceci fait, l'embarcation se dirige à l'aviron vers le point où l'ancre doit être mouillée. On file pour cela à mesure le grelin du bord du navire. Mais quand on s'est un peu écarté, le canot a de la peine à remorquer tout ce grelin ainsi filé à sa suite; c'est pour cela qu'il a été utile de prendre pas mal de grelin dans le canot et c'est ce grelin que l'on file du canot lui-même quand on voit que l'on ne peut plus avancer que péniblement.
Arrivé au point voulu, on soutient le canot sur les avirons et on mouille en jetant l'orin à la mer, en même temps qu'on fait basculer Tancre au moyen du banc sur lequel reposent les pattes.
On prend ensuite la bouée dans le davier et on fait force sur Torin pour s'assurer que Tancre est bien mouillée : c'est ce qu'on appelle oringuer l'ancre ; après quoi le canot revient à bord.
Pour faciliter l'opération, on fait quelquefois remorquer par d'autres canots l'embarcation qui porte l'ancre. Si on tient à ce que cette dernière soit mouillée dans un relèvement bien déterminé, on devra à l'avance mouiller au point précis un grappin ou une petite ancre de chaloupe sur laquelle pourra se ha- 1er le canot muni de l'ancre à jet.
2* En la prenant en cravate, devant, derrière. — Dans ce cas l'ancre étant suspendue par ses palans un peu en dehors du bord, on la jale et on frappe Torin. On l'amène ensuite sur l'arrière ou, mais plus rarement, sur Tavant du canot, jusqu'à ce que le carré de la verge soit à la hauteur du platbord, le jas étant dans un plan transversal. On prend alors un fort bout de fîlin fixé par une de ses extrémités à une boucle au fond du canot et on le passer» cravate autour de la verge, en dessous du jas, puis on le renvoie s'amarrer par l'autre extrémité à la même boucle. On choque les palans qui supportaient l'ancre et on les décroche quand celle-ci vient reposer sur sa cravate. Le grelin est étalingué : on prend à son sujet et au sujet de l'orin les dispositions indiquées plus haut, puis on se rend au point voulu.
Fig. 221 bis. — Ancre à jet disposée pour 6tre élongce (rancre est prise en cravate à l'arrière du canot).
Là, on mouille en larguant ou en coupant la cravate.