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Mouiller une ancre en créance. — Il a été dit

plus haut qu'un canot avait souvent beaucoup de peine à se rendre à la distance voulue à cause de la résistance que lui crée le grelin qu'on file à sa suite.

On peut éviter cet inconvénient en mouillant l'ancre en créance : pour cela, quand l'ancre est disposée, soit dans la chambre, soit en cravate, sur le canot, on y love en entier le grelin, dont le dernier bout venant du bord est étalingué sur la cigale.

On va ensuite mouiller Tancre et on rapporte le bout du grelin à bord du bâtiment en se halant sur un faux bras tourné à ce dernier.

359. Lever une ancre à jet avec une embarcation. — Avant que Tembarcation ne quitte le bâtiment, on y embarque de forts palans, des poulies de retour, des anspects et des garcettes.

On nage ensuite jusqu'à la bouée, que l'on embarque de façon à pouvoir capeler sur le davier Torin que Ton haie â la main. En même temps on croche dans des erses fixées à Tavant du canot les poulies inférieures de deux palans et, quand Torin a été

Fig. 333. — Lever une ancre à jet avec une embarcation.

bien embraqué, on y frappe la poulie supérieure d'un de ces palans, à toucher le davier : le garant de ce palan passe dans une poulie de retour également fixée à l'avant, de telle sorte que les hommes qui halent dessus font face à l'avant : on raidit l'orin tant qu'on peut avec ce premier palan et quand on juge qu'on est bien à pic, on frappe de la même manière le deuxième palan.

Ënagissantsur les deux, on dérape; puis, en les reprenant au fur et à mesure qu'ils sont à bloc, on hisse l'ancre jusqu'à ce que ses pattes arrivent au niveau de l'eau. Là, on la fait tourner de manière que le plan des pattes étant parallèle au tableau, l'orin

se trouve entre ce dernier et la verge ; le banc mobile est mis en place sur les fargues, et deux petits bouts de filin sont frappés sur les bras de l'ancre pour servir à la manœuvrer.

On continue à peser Torin en faisant parer les pattes du tableau avec les anspects et en embraquant convenablement les bouts de filin des bras.

Quand la première bridure arrive près du davier, on la largue; on continue à peser et on fait passer la verge d'un bord du davier.

On largue ainsi successivement les autres bridures et on fait cabaner Tancre dès qu'elle est suffisamment hissée, de façon à amener les pattes à reposer sur le banc mobile.

En halant ensuite du navire sur le grelin, on entraîne l'embarcation, qui vient se présenter à l'aplomb du point de la muraille que doit occuper l'ancre; celle-ci, étant déjalée, est alors mise à poste par les mêmes procédés que ceux dont on s'était servi pour l'amener du bord dans le canot.

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