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DECOMPOSITION DU SANG EXTRAVASE

caractère, autre que l'action de l'acide sulfurique. ne permet de reconnaître en eux des débris de globules sanguins, ou plutôt des produits de décomposition de la matière colorante de ces globules. Nous venons de voir en effet qu'ils sont insolubles daus l'eau, dans l'ammoniaque et dans l'acide acétique, alors que ces réactifs attaquent vivement les cellules dans lesquelles ils sont inclus, et dissolvent rapidement les globules sanguins libres et plus ou moins déformés qui se trouvent dans la préparation. Il est évident que la matière colorante dérivée des globules rouges s'est introduite molécule à molécule dans les cellules, comme le fait la graisse, et s'est réunie en granules polyédriques ou arrondis, de même que parfois elle se réunit irrégulièrement en grumeaux isolés dans l'interstice des fibres et des divers éléments anatomiques (épanchements sanguins, foyers apoplectiques, etc.).

Les granules de pigment proprement dit (mélanine, mëlaîne) sont encore plus réfractaires aux agents chimiques que les granules d'hématosine ; ce sont les parties les plus réfractaires aux agents chimiques que l'on connaisse dans l'économie animale ; ils ne sont dissous par l'acide sulfurique ni à froid ni à chaud : ils se comportent à cet égard comme le charbon. Il serait par suite impossible de distinguer ces granules de ceux du noir de fumée, si, en chauffant jusqu'à l'ébuUition un fragment de tissu contenant les premiers dans la solution saturée de potasse récemment faite, on ne les rendait jaunâtres et cohérents, comme par fusion, sans pourtant les dissoudre à proprement parler; au contraire, si l'on porte ensuite sous le microscope une préparation de tissu contenant du noir de fumée, traitée de la même manière, on voit que les corpuscules noirs ne varient pas. (Ch. Robin. ^

La présence de ces grains de pigment dans un tissu ou dans les éléments anatomiques d'ui^ tissu constitue ce que, depuis Laënnec, on appelle mélanose. Normalement la mélanose est un des caractères des cellules de la couche de Malpighi, des cellules épithéliales de la choroïde, des cellules plasmatiques étoilées de la trame de la choroïde et de l'iris ; mais ce pigment noir, par un phénomène de production hétérotopique^ peut se produire dans les cellules épithéliales et plasmatiques des diverses régions de l'organisme, et notam-

mont dans les tumeurs. On observe alors ce qu'on a appelé des tumeurs pi'gmentaires , ou mieux pigmentées^ car ce ne sont pas, à proprement parler, des espèces distinctes de tumeurs, mais des productions semblables aux autres, et dont la couleur, et parfois le volume, sont simplement modifiés par la présence de granulations pigmentaires en quantité trèsvariable. Nous n'avons donc pas à donner les caractères microscopiques que peuvent présenter les éléments anatomiques de ces productions ; il nous suffit d'avoir indiqué les procédés capables de faire distinguer les colorations dues à des poussières de charbon, ou à du pigment proprement dit, ou à des produits de décomposition des globules sanguins. Et, en effet, on a souvent confondu sous un même nom des pigmentations dues à ces trois sources si différentes : on a notamment, dans la persuasion que le sang épanché dans un tissu peut donner lieu non -seulement à la production d*hématosine, mais môme à celle de véritable pigment (mélanine), confondu les mélanoses hématiques avec les mëlanoses pigmentaires ou mélanoses proprement dites, d'autant plus que les tumeurs mélaniques renferment souvent des granules d'hématosine, de sorte que les deux éléments de coloration se trouvent ici réunis. Mais il n'y a dans aucun cas aucun rapport d'origine entre la matière colorante ' hématique et les granules de pigment, comme le prouve la physiologie générale : on voit dans les embryons de batraciens et de poissons les cellules à pigment noir se développer en des points oii n'existe encore aucune circulation, aucun globule sanguin, de même que chez les mollusques et autres invertébrés à sang plus ou moins incolore, il existe cependant de nombreux éléments anatomiques infiltrés de pigment noir. (Ch. Robin.)

Globules blancs. — Leurs produits de décomposition seront étudiés quand nous nous occuperons du pus (p. 99). Disons seulement qu'ils résistent plus longtemps que les globules rouges, puis deviennent granuleux, irréguliers, anguleux ; ils s'infiltrent de granulations graisseuses; leurs noyaux et leur

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protoplasma se fondent en une masse commune; c'est là ce qu'on appelle un état caséeux. Ces éléments, ayant subi la métamorphose caséeuse, persistent pendant un temps extrêmement long. (Gornil et Ranvier.)

Fibrine. — Quant à la fibrine, coagulée et abandonnée à elle-même soit dans l'organisme (épanchements interstitiels, cavités muqueuses, etc.), soit dans un vase à expériences, ou encore sur un linge taché de sang, elle se décompose à la longue en se désagrégeant. Les gros filaments de fibrine se divisent en filaments plus petits ; puis toute la masse se transforme peu à peu en une substance grenue qui n'a plus conservé l'aspect fibrillaire ou bien même parfois en une masse homogène sans granulations. Dans le centre des hématomes, on rencontre dies fragments polyédriques, durs, irréguliers^ brunâtres, imbibés de matières colorantes et mêlés à des granulations d'hématosine et à des gouttelettes graisseuses. (Robin.)

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