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MODIFICATIONS DU PUS

eytes peuvent aussi prendre cet aspect lorsqu'ils restent quelque temps dans le lieu même où ils ont été formés, dans la cavité d'un abcès par exemple, de sorte que, lorsqu'on examine le pus de suite après l'ouverture de l'abcès, on se trouve déjà en présence de globules de pus altérés : c'est en négligeant de tenir compte de ces circonstances que quelques histologistes se sont crus autorisés à établir des caractères distinctifs entre les globules du pus et les globules blancs du sang : « En effet, lorsqu'on examine du sang obtenu par une piqûre, ses leucocytes n'offrent pas alors de noyaux, tandis que, dans le pus d'un abcès fluctuant depuis 24 heures au plus, les leucocytes ontt toujours de un à trois noyaux. En même temps, il y a un plus grand nombre de granulations dans le corps de ces globules. On considérait ce caractère comme distinctif; aujourd'hui on sait que, lorsque du pus vient de se former immédiatement, ces éléments sont tout tout à fait semblables à ceux du sang. On sait de plus que, lorsqu'ils sont frais, ils présentent des expansions sarcodiques, comme les leucocytes du sang (déformations amiboïdes), tandis que, dans le pus d'un abcès fluctuant depuis un ou plusieurs jours déjà, les leucocytes sont morts en quelque sorte et n'émettent plus ces expansions amibiformes. » (Gh. Robin.)

Lorsq[ue les leucocytes séjournent longtemps dans les cavités de l'organisme ou au milieu des tissus daos lesquels ils se sont formés, ils subissent fréquemment la dégénérescence graisseuse, c'est-à-dire qu'ils cessent d'être soumis aux échanges nutritifs ; ils meurent, et leur graisse de composition, précé-

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demment dissimulée par sa combinaison intime avec les éléments albuminoïdes, devient libre et visible sous forme de granulations graisseuses. Cette dégénérescence se produit très-vite lorsque les globules du pus sont nombreux, pressés et tassés dans répaisseur d'un tissu; elle se produit également, mais plus lentement, dans le pus réuni sous forme de collection liquide, et on peut ainsi Fobserver dans le pus des phlegmons, dans la sérosité purulente de la plèvre, etc: Dans Pun comme dans Tautre cas, on a sous les yeux ces globules granuleux, dont les premiers anatomo-patbologistes avaient cru devoir faire un élément particulier en les désignant sous le nom de globules granuleux de Vinflammation (corps granuleux de Gluge); par imbibition, ces globules de pus, devenus graisseux, présentent en même temps une sorte d'hypertrophie. — Ces nouvelles conditions de dimension et d'as{>ect font comprendre qu'on n'ait pu tout d'abord reconnaître des liens de parenté entre les globules de pus et les globules granuleux; mais aujourd'hui tout le monde reconnaît que ces derniers représentent un mode particulier et fréquent de dégénérescence des globules du pus. Ranvier a précisé toutes les phases de ce processus : « De la moelle de sureau est placée dans le tissu cellulaire ou dans le péritoine d'un animal ; elle y détermine une suppuration, et des globules de pus pénètrent dans les cellules de la moelle à travers leurs canaux poreux. Au bout de quatre jours, on trouve les globules de pus dans quatre ou cinq rangées de cellules : les uns présentent des mouvements amiboïdes et n'ont pas de granulations graisseuses dans leur intérieur; d'au-

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très co'aservent leur fonne sphérique et montrent des granulations graisseuses. Enfin, à côté d'eux, on trouve des amas de- granulations graisseuses noyées dans une masse protéique. On voit par là que des globules de pus soustraits aux conditions de leur nutrition subissent très-rs^idement la destruction graisseuse, »

Robin a décrit, sous le nom de Concrétions cristdloïdes du pus, de petites masses qui semblent formées de leucocytes et de débris de leucocytes curieusement agglutinés : « J'ai trouvé deux ou trois fois, dans le pus d'abcè^s profonds et anciens, des grains mous jaunâtres, atteignant un diamètre de r^ de millimètre, entourés d'une s&rte d'atmosphère ou couche mince, visqueuse, finement grenue, retenant des leucocytes du pus. Ces grains étaient formés par des corpuscules longs de 2 à 6 centièmes de millimètre, renflés d'un côté, amincis du côté opposé, placés en série à la suite* les uns des autres, de manières diverses^ et ces séries étaient groupées les unes contre les autres sous forme de rayons autour d'un centre. Bien que réfractant fortement la lumière, ayant un centre brillant, un contour net et foncé, les corpuscules étaient dissous ou, du moins, fort pâlis par l'acide acétique et insolubles dans l'ammoniaque et l'éther. » (Gh. Robin, Leçons sur les htmeurs, 2« édit., 1875, p. 390;)

Enfin, quand le pus a séjourné très-longtemps dans une cavité sans trouver d'issue, la partie liquide se résorbe et les leucocytei^ pressés les uns contre les autres, se ratatinent de^manière à devenir irréguliers et polyédriques : ils sont alors semblables aux éléments dégénérés que Lebert appelait

corpuscules tuberculeux. Quelques-uns de ces corpuscules, traités par Teau et Tacide acétique, reprennent leur forme sphérique primitive, et Ton voit apparaître deux ou trois noyaux dans leur intérieur; mais d'autres, plus anciens, ne font que se gonfler légèrement par l'acide acétique, sans perdre leur forme polyédrique : ils présentent alors quelques granules graisseux, mais pas de noyaux, dans leur intérieur. — Dans une période encore plus avancée de décomposition, les globules de pus ne peuvent plus être démontrés : ils se convertissent en un détritus qui peut subir la transformation calcaire, c'est-àrdire que la graisse se décompose en acides gras, 'souvent cristallisés, et en cholestérine, sous forme de plaques rhomboïdales, tandis que des granulations calcaires se déposent et se réunissent en petites concrétions très-duites. Les acides dissolvent ces concrétions calcaires en donnant lieu à un dégagement d'acide carbonique; l'acide sulfarique, en même temps qu'il donne lieu au dégagement de ces bulles de gaz, produit des cristaux en aiguille de sulfate de chaux.

Les globules rouges, dont nous avons signalé la présence dans le pus en certains cas, peuvent subir dans ce liquide toutes les transformations que nous avons étudiées à propos du sang. Lorsque ces glo- Dules sont très-abondants, leurs produits de décomposition donnent au pus une couleur brun chocolat caractéristique : il est facile d'y retrouver, à l'aide du microscope, soit des granulations d'hématosine, soit des cristaux d'hématoïdine. (Voy. p. 79.)

Différentes espèces de pus. — Nous avons étudié jusqu'ici le pus crémeux ou louable qui

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