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DIFFERENTES ESPKCES DE PUS

s'écoule d'une plaie ou qui s'est formé dans les abcès chauds; dans les autres circonstances où se forme le pus, il peut présenter certaines variations dans la proportion de la partie liquide et des éléments figurés, ou dans la présence de quelques débris caractéristiques des tissus enflammés. Ces différences ne donnent pas lieu à des examens microscopiques très-importants, aussi ne ferons-nous que citer rapidement les résultats fournis par l'examen des différentes espèces de pus admises par les chirurgiens.

A . Pus épais ou concret. — Outre le pus concret que nous avons décrit comme résultant de la résorption de la partie liquide du pus, lorsque ce produit séjourne longtemps dans le lieu de sa formation, il est un pus qui, dès son apparition, se présente comme très-épais et à peine liquide, c'est celui de la cornée, de l'iris, de la choroïde et de l'œil en général. Cet aspect est dû moins à l'abondance des leucocytes, qui sont en général très-volumineux et remplis de granulations graisseuses, qu'à l'état demi-solide du sérum du pus, sérum qui renferme une énorme quantité de granulations grisâtres et jaunâtres attaquées par l'acide acétique ; ce sérum est mêm'e parfois demi-solide, facile à réduire en pulpe, facile même à dissocier dans l'eau de façon à former une sorte d'émulsion. (Ch. Robin.)

B. Le Pus séreux se distingue par la rareté des leucocytes; c'est ce qu'on nomme encore un pus sanieux ou mal lié; la sérosité prédomine, et c'est une sérosité peu albumineuse : tel est le pus des ulcères (ichor, sanie\ qui renferme plus souvent que les autres des vibrions et se putréfie en effet

bien plus vite que les autres yaJriétés de pus; tel est le pus qui provient du pourtour des os cariés et enflammés, pus dans lequel il est fréquent de rencontrer des grains calcaires et même des détritus osseux pulvérulents, ainsi que des gouttes de graisse et d'huile très-abondantes provenant de la moelle des os. Le pus des abcès froids est ai|ssi peu riche en globules purulents, mais il est surtout caractérisé par ses leucocytes plus pâles, déformés, soit gonflés par imbibition, soit infiltrés de granulations graisseuses, en un mot, ayant subi les altérations que nous avons étudiées dans les globules de pus qui séjournent longtemps dans une cavité. Paifois aussi il est visqueux ou glutineux, ressemblant assez bien à du pus phlegmoneux traité par Tammoniaque. Ce pus est particulièrenient riche en cristaux irréguliers de phosphate de chaux et en lamelles de cholestérine.

C. Sérosités purulentes, — Presque tous les liquides des cavités closes (péritoine, péricarde, plèvre, etc.) peuvent devenir purulents, c'est-à-dire contenir une plus ou moins grande* quantité de leucocytes. Ces liquides n'ont pas besoin ici d'une description spéciale; signalons cependant, pour les distinguer du pus proprement dit, la présence dans leur sérum d'une albumine spontanément coagulable et jouissant des mêmes propriétés que la fibrine. Il en est de même du liquide de l'œdème; ce liquide contient toujours quelques globules blancs, tant ces éléments sont répandus dans l'économie et tant leur production est facile; mais que. ces globules blancs deviennent très^ondants sous l'influence d'une véritable inflammation, et aussitôt on voit

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