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DIFFERENTES ESPÈCES DE PUS

apparaîtie en même temps la fibrine dans la sérosité de l'œdème, qui, précédemment, n'en contenait pas ou en contenait seulement des traces.

D, Pus glairetbx ou mucus puriforme, — Ce produit s'éloigne encore plus du pus proprement dit; il résulte d'une hypergenèse des globules blancs (globules muqueux) qui se trouvent normalement, mais en petite quantité, dans tout mucus, même chez les sujets les plus sains. Aussi en ayon&-nous placé l'étude après celle du mucus physiologique (Voy. p. 205).

Les débris de tissu mortifié mélangés aux leucocytes se rencontrent surtout dans le pus des furoncles, des phlegmons diffus, etc. « Ces débris, comme le bourbillon lui-même, sont formés par les fibres du tissu élastique, des tissus lamineux, fibreux ou dermiques qui se sont mortifiés sans se détruire, en raison de leur grande résistance physique à la plupart des agents destructeurs. » (Gh. Robin.) Le pus des abcès mammaires peut renfermer des épithéliums, soit des cellules épithéliales pavimenteuses, soit des amas de protoplasma sans enveloppe et à noyaux très-volumineux ressemblant assez aux leucocytes. Le pus des abcès du fine tantôt blanc, phlegmoneux, bien lié, d'autres fois séreux ou ver^ dâtre et jaunâtre, coloré par la bile, parfois lie de Tin ou brun chocolat, ce qui tient à la présence du sang, peut renfermer des cellules hépatiques entières ou des débris de cellules épithéliales du foie. Celles-ci sont polyédriques^ très-irrégulières, infiltrées de granulations graisseuses, presque toujours très-abondantes. Les leucocytes de ce pus sont trèspetits, remplis de granulations rougeâtres; il est

fréquent d'y rencontrer des cristaux de cholestérine — Le pus des ahcès pulmonaires entraîne aussi toujours quelques cellules épithéliales du poumon plus ou moins granuleuses, sphéroïdales, etc. Quant au pus de la moelle des os^ parfois il renferme des cellules adipeuses entières (fig. 2b), d'autres fois il contient un grand nombre de cellules petites, arrondies, pourvues d'un noyau, que Robin a signalées comme caractéristiques de la moelle des es [médullocelles). La présence de ces médullocelles pourrait faire croire à un pus très-riche en globules de pus; car, au premier abord, ces deux élé- Fig. 85. — Deux cellules ments sout très-faciles à conadi penses de la moelle fondre. On les distingue cepen-

du fémur de rhommo. , . i i ^

- fl. Moyau; 6, mem- ^ant en ce que les leucocytes, brane de la cellule; c, à l'état frais, ne laissent voir graisse. Gross.. 350. ^^^ noyau qu'après l'action de

^ * * l'eau ou de l'acide acétique,

tandis que les médullocelles offrent un noyau avant comme après l'action de l'eau ; de plus, alors (jue le noyau des leucocytes se fragmente par l'action de l'acide acétique, celui des médullocelles demeure intact. (Robin.)

LIQUIDES PURiFORMBS. — Des tumeurs qui se ramollissent et que l'on ponctionne, ou qui s'ulcèrent et se vident en partie à l'extérieur, fournissent un liquide dont l'aspect plus ou moins blanchâtre et crémeux peut rappeler celui du pus. Nous avons déjà vu que les altérations des surfaces épithéliales

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et épidermiques peuvent donner lieu à des produits semblables.

Le microscope servira à distinguer ces produits d'avec le pus proprement dit, en faisant voir que leur consistance et leur aspect est dû ipoins à la présence des globules blancs (car on en trouve presque partout) qu'à celle de détritus divers et de molécules graisseuses provenant de la fonte des éléments normaux et pathologiques. En effet, le mode par lequel s'accomplit le ramollissement des néoplasmes est presque toujours la dégénérescence graisseuse. Or nous avons eu et nous aurons trop d'occasions d'étudier les molécules graisseuses, les cristaux de corps gras et les lamelles de cholestérine, pour que nous nous y arrêtions ici.

Du reste, le ramollissement peut se faire par les divers modes de dégénérescence que l'on observe dans les épithéliums (voy. pages 206 et 207), et nous renvoyons à l'étude de ces produits pour les procédés à suivre afin de caractériser la substance muqueuse, colloïde ou pigmentaire ainsi produite.

On voit donc que ces liquides puriformes n'ont rien de caractéristique.Les tumeurs sont caractérisées par la nature et par la disposition de leurs éléments anatomiques; or, par l'examen des liquides puriformes, il est à peine besoin de le dire, on ne peut acquérir aucune notion sur la disposition de ces éléments. Quant à leur nature, ils ont d'ordinaire subi une dégénérescence trop complète pour qu'il soit possible de rien préciser par un examen de ce genre. Nous verrons plus loin {p. 188) que l'on peut arriver, en raclant certaines tumeurs, ou en pratiquant sur des pièces fraîches un examen histologique rapide,

à acquérir quelques notions qui mettent sur la voie du diagnostic, mais qui ne permettent pas de reconnaître la nature d'une tumeur. Nous renvoyons donc à rétude des produits que Ton recueille dans les couches profondes de la peau, Texposé de ces quelques résultats fournis par Texamen histologique des différents liquides puriformes (p. 189 et 190),

DES PRODUITS DE LA PEAU i

L'étude auatomique des lésions qui accompagnent les maladies cutanées est loin d'être faite. Le plus souvent on s'est borné à une description topographique des caractères 'extérieurs, de la marche, des complications des maladies cutanées; ou bien, recomiaissant que la notion étiologique dominait presque toujours le problème, on a laissé au second plan les considérations tirées de la forme, des manifestations extérieures que présentent les maladies cutanées. D'ailleurs, il faut bien l'avouer, les observateurs qui n'ont pas reculé devant cette tâche laborieuse n'ont pu encore apporter que des données assez incomplètes. Enfin la lésion qui accompagne telle ou telle maladie cutanée ne peut être bien connue qu'à la condition d'étudier successivement les diverses couches de la peau, et, dans ce but, de pratiquer des coupes après durcissement du tégunient externe. En procédant autrement, on n'arrive qu'àdes résultats incomplets. L'examen des vésicules,

des bulles, des pustules, qui se succèdent louyent dans le cours de la même affection, nUntéreaseront que peu le médecin. Il est des cas cependant où rétude immédiate des produits cutanés peut éclairer le diagnostic. Sans parler des maladies parasitaires, nous verrons que le microscope peut rendre des services dans Tétude des crasses^ ou de certaines maladies des glandes annexées au tégument externe, Nous étudierons donc dans ce chapitre : 1® Tspia-^ tomie de la peau et de ses annexes ; 2^ la j^ysiologie des desquamations et des sécrétions cutanées; 3® les produits pathologiques que Ton rencontre à la surface de la peau recouverte de son épiderme; 4» les produits que Ton trouve et la surface dés ulcères cutanés ou dans les couches }es plus prq-« fondes du tégument externe,

La peau se compose de Y épiderme et du derme : les diverses formations qui appartiennent à la peau sont des vé^^é-^ tations de Tépiderme, végétations qui se font soit à rintérie^ur,. vers la profondeur {glandes sébacées et sudoripares), soit vers la superficie et l'extérieur {poils et ongles).

Derme. — Le derme est formé par un tissu co^joncttf plu& ou moins nettement distinct du tissu coiyonctif sous-cutané», c'est-à-dire des deux lames du fascia superficialis entre lesquelles se dépose la graisse du pannicule adipeux (Sappey),. et jusqu'au niveau desquelles pénètrent en certaines régions, les extrémités profondes des glandes sudoripares et des poils. Nous rappellerons rapidement que le derme, dont l'épaisseur varie, selon les régions, de 1/3 de millimètre à 4 millimètres, se divise lui- môme en deux couches, dont la plus profonde est réticulaire, tandis que la plus superficielle e«t plus dense,, plus serrée et d'une structure plus fine, formant de» papilles^

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