Ch. Robin, Traité du microscope, p. 197. Paris
Eissemeais qui soat approximativemeiit de SO, 80, !90 diamètres; avec l'objectif 3, combiné successivement aux oculairea 1, 2, 3, des grossissements de 250, 400, 500 ; avec l'objectif 5, combiné succeasiment aux oculaires 1,2, 3, des ^ossissementa de 300, 500, 600 diamètres. — Avec le microscope susindiqué de C, Verick, on obtient approximative-
ment avec 1 objectif 2 combiné s aux oculaires 1 et 3 des f,roasissement5 de bO et 120; avec 1 objectif b des fcrosiiisements de 170 et 330 avec I objectif 7 des grossissements de 250 et 480
Parmi les formes de microscope adapti'es d un but plus spécial et qa il est bon de connaître pour fixer son choix a un moment donné nous si^tnalerons seulement le microscope à démonstration ■portatif
de Nachet : la figure 2 suffit pour îaire comprendre les avantages de cet instrument, que Ton peut passer de maiu en main dans un auditoire nombreux, et dont on s'est serviavec succès pour des démonstrations publiques, dans des leçons cliniques, — Plus intéressant encore est le microscope de poche (flg. 3 et i), qui peut devenir indispensable dans ' certaines circonstances spéciales, mais rares : le temps est venu où tout médecin a senti la nécessité de se munir pour ses visites d'un petit thermomè-
tre de poche ; mais on ne peut encore penser à lui imposer l'obligation de se charger d'un microscope, quelque simple qu'en soit la disposition. Nous signalerons cependant encore le microscope de Doyage de C. Verick. Cet instrument, suffisant pour toutes les recherches du genre de celles que nous aurons h. indiquer ici, peut se replier de façon à être renfermé dans un étui en gaînerie loi^ de 0"' ,20, large de O'i'.lO, épais de Om.OB.
UsAGB DU MICROSCOPE. — L'habitude seule peut rendre facile et précis l'usage du microscope, et sur ce point les petits insuccès que l'on éprouve d'abord en se livrant à cette étude sont plus instruc-
IiNSTRUMEiNTATION. — RÉACTIFS. 7
tifs, si Ton cherche avec patience à surmonter les premières difficultés, que toutes les instructions pratiques que nous pourrions donner ici. Il faut donc s'exercer à examiner un grand nombre de produits normaux et de substances que Ton trouve facilement : par exemple, les grains de fécule, les corpuscules qui nagent dans le liquide salivaire, une goutte du sang humain ou du sang des divers animaux qui nous entourent. On parvient ainsi rapidement à prendre Thabitude de mettre la préparation au point, à ne plus confondre des poussières atmosphériques ou des bulles d'air avec les éléments que Ton veut rechercher, et enfin à éviter ces mouvements brusques qui, par des chocs violents entre l'objectif et la préparation, détruisent cette dernière et mettent bientôt l'instrument hors de service.
Quant à l'éclairage, les micrographes de profession ont dès longtemps indiqué les conditions qui doivent présider à la disposition et à l'orientation d'une table et d'un cabinet de travail : il ne peut être ici question de ces installations parfaites. Le plus souvent on est réduit, faute de lumière naturelle, à emplo;^er celle d'une lampe. Contentonsnous de rassurer ceux qui n'auraient pas confiance dans la fidélité et l'intensité de cette lumière : avec une lampe ordinaire, on peut parfaitement se livrer à toutes les études du genre de celles qui nous occupent ; il suffit même d'une simple bougie, placée à Ô™,60 en avant du microscope et à 0™,25 au-dessus du niveau de la table, pour obtenir un éclairage suffisant, pourvu que l'on parvienne, par le jeu du miroir réflecteur, à projeter parfaitement
ramage de la flamme sur la préparation qu'elle éclaire d'une lumière transmise, parfois même trop vive. — Il faut cependant se souvenir que cette lumière artificielle est jav/ne : par suite, les objets colorés que l'on examine dans ces conditions ne présentent pas toujours exactement la nuance classique qui leur est attribuée; il en est ainsi pour les globules du sang, pour les cristaux d'hématine et d'hématoïdine ; mais, en général, la diflférence est peu sensible, et il est facile de tenir compte des conditions spéciales dans lesquelles se fait l'examen.
Chambre claire. — De tous les appareils accessoires qui doivent accompagner un microscope, le plus important est la chambre claire , indispensable pour prendre un croquis exact des objets microscopiques, indispensable dans l'un des procédés de mensuration que )us donnerons. La figure S ' montre la disposition de cet
'^' ' " Nï'hci^" * ""' " appareil et la manière dont on le dispose sur l'oculaire du microscope. Quant à sa théorie, on la trouvera expliquée dans tous les ouvrages de physique. (Voy. Gréhant, p. B79.) Il nous suffira donc d'indiquer ici que cet instrument se compose d'un prisme à peu près rhomboïdal, disposé de telle façon que l'œil de l'observateur, regardant dans le microscope, aperçoit en même temps et l'objet mis précédemment au point et ce qui se trouve placé sur la table à côté du
microscope, par exemple une feuille de papier et la pointe d'un crayon que Ton promène sur ce papier. Ces deux images, provenant de sources différentes, se confondent dans Tœil de l'observateur, de sorte que l'objet vu au microscope se projette sur le papier en question, et qu'avec un crayon on en peut suivre et fixer les contours. C'est ainsi que l'on prend le dessin d'im objet microscopique ; c'est ainsi que nous procéderons également pour mesurer inxiirectement cet objet. Dans tous ces cas, on a l'habitude de placer la feuille de papier non sur la table, à côté du pied du microscope, mais sur un plan plus élevé. On dispose, par exemple, deux ou trois livres de diverses épaisseurs au-dessous d'elle, de telle sorte qu'elle se trouve précisément faire suite au plan de la platine du microscope et, par suite, être au même niveau que la préparation examinée. Dans tous les cas où nous indiquerons l'usage de la chambre claire^ nous supposerons une fois pour toutes cette disposition réalisée.
Mensuration des objets microscopiques. — Rien n'est plus important que de mesurer les objets soumis à l'examen microscopique ; car leurs dimensions peuvent souvent servir de caractères spécifiques, et les modifications de taille que les éléments normaux éprouvent dans certains états pathologiques doivent être rigoureusement constatées : il nous suffira, pour en donner im exemple, de citer la microcythémie ou diminution de volume des globules rouges du sang, diminution que nous aurons à étudier dans certaines maladies générales.
L'appareil essentiel de toute mensuration microscopique est Mn micromètre objectif: on nomme ainsi
une plaque de verre sur laquelle se trouve gravé un millimètre divisé en 100 parties égales; ce petit dessin est à peine visible à Tœil nu, mais en l'examinant au microscope, avec divers grossissements, on aperçoit facilement chacune des divisions, chacun des centièmes de millimètre qui le forment ; ce millimètre étant alors l'objet examiné, on lui a donné le nom de micromètre objectif. La plus simple mar nière de mesurer un objet avec cet instrument consisterait à placer cet objet (par exemple des globules de sang) sur le micromètre objectif, à faire, en un mot, la préparation avec ce micromètre comme lame porte-objet : en examinant le tout au microscope, on verrait, par exemple , qu'un globule du sang d'un oiseau, placé selon son plus long diamètre, occupe à peu près une division et demie du millimètre divisé en 100 parties : on en conclurait donc que ce grand diamètre == ^^ H- la moitié de -^ de millimètre, c'est-à-dire = 15 à 16 millièmes- de millimètre. C'est, en effet, le millième de millimètre que l'on a l'habitude de prendre pour unité dans les mesures micrométriques, et l'on tend généralement à le désigner par la lettre |x; nous dirions donc que le- grand diamètre des globules du sang d'un oiseau est de 15 à 16 p..
Mais il est facile de comprendre les mconvénients de cette manière de procéder; en faisant ainsi des préparations directement sur le micromètre objectif, on ne tarderait pas à le salir, à en effacer les fines divisions et à le mettre hors d'usage : de plus, pour mesurer comparativement des éléments différents, il serait bon d'avoir plusieurs micromètres objectifs ; enfin, si l'objet microscopique n'est pas bien
placé pour correspondre aux divisions micrométriques, il est difficile, il est même impossible, par exemple pour un globule du sang, d'aller directement rectifier sa position. On a donc imagiiié des méthodes indirectes de mensuration, méthodes basées sur Tusage du micromètre objectif, et qui cependant n'exposent pas à mettre cet instrument hors d'usage. De plus, ces méthodes sont telles qu'après une pre-* mière série d'expériences destinées à donner ime fois pour toutes l'image des divisions du micromè< tre objectif, on peut désormais laisser celui-ci de côté. On peut, en un mot, emprunter pour quelques heures im micromètre objectif, s'en servir comme étalon et ne plus y recourir désormais. Cette considération n'est pas tout à fait sans intérêt, vu le prix élevé du micromètre objectif. L'exposé rapide de deux méthodes de ce genre fera facilement comprendre notre pensée, et mettra au courant de la manière de procéder :
1^ La première méthode est basée sur l'usage de la chambre claire : on met le micromètre objectif au point, on coiffe l'oculaire avec la chambre claire, et sur un papier disposé comme nous l'avons dit précédemment, on dessine les divisions du micromètre : si maintenant on remplace le micromètre objectif par une préparation de sang d'oiseau par exemple, on voit des globules sanguins superposer leur image à celle des traits précédemment dessinés du micromètre, et puisque la préparation occupe exactement la place qu'occupait le micromètre, on peut mesurer les dimensions des globules par le nombre de divisions que leur image occupe sur le dessin métrique où elle se trouve jJrojetée. On a, de plus,
12 [NTRODUCTION PRATIQUE.
Tavantage de pouvoir déplacer ce dessin dans le plan horizontal, de manière à faire bien correspondre une des divisions avec Tune des extrémités du globule sanguin que Ton veut mesurer.
Il sera facile de se construire ainsi une fois pour toutes un tableau ou une série de tableaux représentant les divisions du micromètre avec les différentes combinaisons de grossissements que peut donner le microscope : il suffira alors, étant donné une préparation d'éléments anatomiques dont on veut déterminer les dimensions, de coiffer le microscope de la chambre claire et de faire tomber rimage des éléments sur le dessin micrométrique correspondant aux grossissements employés.
Prenons un exemple simple : j'examine le micromètre objectif avec l'oculaire 1 et l'objectif 3 ; j'applique la chambre claire, etc., et j'obtiens le dessin no 1 (fig. 6); par une opération semblable, avec l'oculaire 1 et l'objectif 5, j'obtiens le dessin n® 2 (fig. 6) ; on devra faire des dessins semblables pour chaque combinaison d'objectif et d'oculaire, mais ces deux exemples nous suffisent. — Supposons que nous ayons une préparation de sang d'oiseau examinée avec l'oculaire 1 et l'objectif 3 ; nous plaçons la chambre claire, et, au lieu de faire tomber l'image des globules sanguins sur un papier blanc ordinaire, nous la faisons coïncider avec le dessin Ji9\ (fig. 6) ou avec un décalque de ce dessin-étalon ; nous obtenons alors l'image des globules, placée sur l'échelle micrométrique, comme nous le représentons figure 7, n® 1, et nous voyons que le grand diamètre de ces globules occupe un peu plus de l division ^ du desjsin du micromètre j puisque
INSTRUMENTATION. — REACTIFS.
chacune de ces divisions = j^ de millimètre, nous dirons que le grand diamètre des globules rouges dVn oiseau est de -^J^ de millimètre H- la moitié de de millimètre, c'est-à-dire de 15 à 16 millièmes
No 2.
Fig. 6.
No 1.
de millimètre (15 à 16 |x). — Si, au contraire, il s'agit de sang humain, on Texamine avec l'oculaire 1 et l'objectif 5 ; on place alors la chambre claire et on
No 2.
Fig. 7.
No 1,
tjaiit les mêmes opérations que précédemment, mais avec le dessin micrométrique n® 2 (fig. 6) ou avec un décalque de ce dessin : le résultat obtenu est représenté figure 7, n» 2. On voit que le diamètre d'un globule rouge du sang humain occupe un peu
plus de la moitié de -^^ de millimètre, en d^'autres termes qu'il est de 6 à 7 millièmes de millimètre (6 à 7 [x).
. 2° Dans la deuxième méthode, au lieu de chambre claire et de dessin du micromètre objectif, on se sert d'un micromètre oculaire. Le micromètre oculaire se compose d'une plaque de verre, sur laquelle sont gravés un ou plusieurs millimètres divisés en 10 parties égales, ou bien même des divisions équidistantes d'une grandeur quelconque ; cette plaque est enchâssée dans le tube de l'oculaire, entre la lentille supérieure (ou lentille oculaire proprement dite) et la lentille inférieure (ou lentille de champ). Quand on regarde à travers cet oculaire, on voit très-nettement les divisions du millimètre, parce qu'elles sont grossies par la lentille ^ Sans chercher à apprécier ce grossissement, il faut dès lors déterminer le nombre de divisions du micromètre objectif qui correspondent à une division du micromètre oculaire lorsqu'on se sert successivement des divers objectifs.
Voici la manière classique de procéder dans ce cas.
Le micromètre oculaire étant en place, un objec-
1. Pour que les divisions de ce micromètre soient aperçues nettement, il est nécessaire qu'il soit exactement au point de la lentille oculaire, et comme ce point varie suivant les observateurs, il faut pouvoir faire varier la position relative de la lentille et de la lame de glace portant les divisions. Dans les oculaires qui contiennent ces micromètres, la lentille supérieure est montée sur une douille qui peut en effet se visser ou se dévisser de manière à la rapprocher ou à l'éloigner de la lame de glace jusqu*à ce qu'on aperçoive bien nettement les divisions. On la fixe alors au moyen d'un collier dans cette position. (L. Ranvier, Traité technique d'histologie, U^ fascicule. Paris 1876, p, 32.)
INSTRUMENTATIOiX. — REACTIFS. 15
tif quelconque étant vissé au microscope, on observe Tobjet dont on veut déterminer les dimensions. Les divisions du micromètre oculaire, amplifiées par la lentille oculaire, se trouvent reportées par l'observateur sur l'objet examiné, et cet objet correspond alors à un certain nombre de divisions de ce micromètre. Supposons, par exemple, qu'il corresponde à deux divisions. On remplace alors la préparation par le micromètre objectif, et les divisions du micromètre oculaire viennent se superposer à celles du micromètre objectif. On voit à combien de divisions du micromètre oculaire correspond ime division du micromètre objectif. Supposons qu'une division du micromètre objectif (c'est-à-dire ■^i^ de millimètre) corresponde à deux divisions du micromètre oculaire. Nous en conclurons que l'objet examiné avait précisément 1 centième de millimètre de diamètre.
Mais on peut se dispenser de l'emploi successif des deux micromètres, et, après avoir fait une série d'épreuves typiques avec les deux appareils, se contenter de l'usage du micromètre oculaire. Précédemment (p. 12), nous ne conservions du micromètre objectif que des dessins pris à la chambre claire : nous pouvons remplacer ces. dessins par des valeurs numériques notées une fois pour toutes. L'étude d'un exemple pratique fera mieux comprendre notre pensée. Voici donc comment on procède.
C'est toujours le micromètre objectif qui sert de point de départ. On examine , par exemple , ce micromètre objectif avec le microscope pourvu de l'objectif n^ 5 et de l'oculaire micrométrique. Le microscope étant mis au point, on aperçoit à la fois
et les divisions du micromètre oculaire et celles du micromètre objectif : on remarque qu'il faut trois divisions du micromètre oculaire pour couvrir une division du micromètre objectif, telle qu'elle est vue avec Tobjectif n° 5 ; donc, une division du micromètre oculaire équivaut à | d'une division du micromètre objectif; elle équivaut donc à ^ de millimètre. On note une fois pour toutes ce chiffre j|â comme correspondant à l'oculaire n^ 5. — De même on examine le micromètre objectif avec l'objectif n® 3, et l'oculaire micrométrique; les choses étant disposées comme précédemment, on voit qu'il faut, par exemple, deux divisions du micromètre oculaire pour couvrir une division du micromètre objectif ; donc, dans ce cas, une division du micromètre oculaire vaut -^ de millimètre. On se fait ainsi un tableau de la valeur des divisions du micromètre oculaire avec chaque objectif. Les deux exemples choisis nous suffisent pour faire comprendre la méthode.
Si nous venons, par exemple, d'examiner des globules du sang d'oiseau avec l'objectif n® 3 et un oculaire quelconque, nous remplaçons, pour procéder à une mensuration, cet oculaire par le micromètre oculaire : nous voyons ainsi les globules du sang et les divisions du micromètre. Après avoir constaté qu'un globule du sang d'oiseau, par son plus grand diamètre, couvre trois divisions du micromètre oculaire, nous regardons sur le tableau construit précédemment, et nous voyons qu'avec l'objectif n° 3 une division du micromètre oculaire vaut 2J0 de millimètre. Nous en concluons que le grand diamètre des globules d'oiseau est de yj^ X 3
OU de ^Jtj, ou de 15 millièmes de millimètre (15 (i).
De même pour les globules du sang de Thomme : comme ils sont plus petits, supposons qu^on vient de les étudier avec Tobjectif n^ 5; pour les mesurer, on remplace l'oculaire ordinaire par le micromètre oculaire, et Ton voit que la largeur d'un globule du sang répond à deux divisions du micromètre oculaire ; mais le tableau précédemment construit nous indique qu'avec l'objectif 5, chaque division du micromètre oculaire répond à âJ^ de millimètre ; le globule sanguin de l'homme a donc une largeur de ^ de millimètre, ce qui, réduit en décimales, nous donne 0,006 ou 6 p. '.
Après la chambre claire et les micromètres, les divers appareils qui peuvent être annexés au microscope ne sont pas d'un usage assez fréquent pour que nous en donnions ici la description. Nous renvoyons aux traités spéciaux pour ce qui est de l'emploi de V appareil de polarisation^ dont l'application pratique pourrait devenir utile quand il sera question d'étudier, par les différences de réfraction qu'elles présentent, les enveloppes des cellules animales ou végétales. Quant aux spectroscopes, si né-
1. L'utilité des procédés abrégés de micrométne est aujourd'hui universellement reconnue. Nous ne pouvons indiquer ici tous les procédés qui ont été proposés ; mais nous signalerons au lecteur un travail intéressant sur ce sujet. Voy. Malassez, Nouveau procédé de micrométrie {Archiv. de phyêioL, i874, et Travaux du laborat. du Collège de France, t. I, p. 23). Le procédé de M. Malassez, très-analogue à ceui que nous venons d'analyser avec détail, est basé sur les variations de valeur d'une division du micromètre oculaire quand on éloigne ou rapproche l'oculaire do l'objectif.
cessaires pour Tétude spectroscopique du sang et de sa matière colorante, nous en étudierons Fusage dans le chapitre consacré au sang. (Voy. p. 28 et suiv.)
Nous n'avons rien de particulier à dire ici sur les instruments nécessaires au genre d'explorations extemporanées que comportent les recherches cliniques : les instruments tranchants, les stylets, les pinces, les spatules, contenus dans une trousse, doivent suffire à cet effet, ou du moins seront toujours utiles pour obtenir les produits (raclures épidermiques ou muqueuses, liquides divers), qui doivent être Tobjet de l'examen ; il sera bon d'y joindre une petite pipette qui permet de recueillir isolément certaines parties d'un liquide, et, par exemple, d'aller chercher au fond d'un vase les dépôts urinaires qui s'y sont réunis.
Nous n'avons aussi qu'à rappeler la nécessité des plaques porte-objet et des plaques couvre-objet, indispensables pour toute préparation : ces dernières devront être choisies parmi les plus minces; il est bon cependant d'en posséder quelques-unes relativement épaisses, dont la résistance permet d'écraser certaines préparations et d'en dissocier ainsi les éléments. — Enfin, pour effectuer certaines dissociations plus délicates, il faut être pourvu d'aiguilles pointues à manche de bois, ou d'aiguilles à cataracte, et de quelques pinceaux, qui sont fort utiles pour laver les préparations, pour les étaler et pour éliminer certains éléments.
Liquides et réactifs. — L'étude des liquides et des réactifs nécessaires aux recherches microscopiques est beaucoup plus importante et demande quelques détails précis. Ces liquides peuvent être
employés dsois plusieurs buts différents : 1 <> pour diluer et maintenir èi Tétat liquide certaines préparations, sans en altérer les éléments ; c'est ce qu'on obtient au moyen des liquides dits liquides neutres ; — 2^ pour colorer soit Tensemble d'une préparation trop claire, soit certains éléments que Ton veut rendre spécialement* plus visibles ; on se sert alors des réactifs colorants; — 3® pour isoler certains éléments en détruisant ou en faisant disparaître momentanément les autres ; c'est ce que nous appellerons les réactifs isolants; — i^ enfin, différents liquides agissent sur les éléments histologiques de manière à y amener des modifications plus ou moins caractéristiques et qui peuvent parfois servir à différencier des éléments que leur forme et leur aspect naturels auraient laissé confondre. Ce sont là les réactifs proprement dits.
Les LIQUIDES NEUTRES OU SIMPLES VEHICULES
sont beaucoup plus importants qu'on ne pourrait le croire au premier abord ; souvent un liquide, une goutte de sang ou de sperme, par exemple, contient trop d'éléments pour qu'on puisse les examiner nettement, car ils se recouvrent et se voilent les uns les autres ; ou bien, si l'examen dure quelque temps, surtout en été, le liquide qui accompagne naturellement ces. éléments (sérum du sang) s'évapore assez rapidement vers les bords de la préparation pour que ces éléments se déforment en se desséchant. Il peut en résulter des erreurs graves : ainsi les globules sanguins, dans ces circonstances, se ratatinent, se rident etv présentent de petites bosses périphériques qui peuvent être prises pour un état pathologique, en même temps qu'une de ces
petites saillies, vue de face, peut faire croire à la présence d'un noyau dans Tintérieur du globule. Il faut donc avoir recours à Tadjonction d'un liquide, mais d'un liquide qui ne puisse lui-mêxne altérer ces éléments figurés. On a trop souvent l'habitude d'employer à cet effet de l'eau pure, et même de Veau distillée : or c'est là un graVe abus. Si l'eau distillée est le plus souvent un véhicule neutre au point de vue des réactions chimiques, il n'en est nullement ainsi quand elle se trouve au contact d'éléments vivants ; moins dense que les liquides qui baignent normalement ces éléments, l'eau distillée imbibe immédiatement ceux-ci, les gonfle, les déforme, et souvent les fait éclater. Ainsi il est presque impossible d'examiner les cellules épithéliales vibratiles et de voir leurs cils continuer à se mouvoir, si on les met en présence de l'eau distillée. Les globules sanguins se gonflent et se décolorent, les spermatozoïdes perdent aussitôt leurs mouvements en présence de l'eau, et surtout de l'eau distillée. Aussi a-t-on depuis longtemps cherché à réaliser des liquides au milieu desquels les éléments cellulaires puissent continuer à vivre, ou du moins puissent ne pas se déformer ; pour les recherches physiologiques ces liquides sont indispensables, et l'eau distillée doit être complètement abandonnée ; il en est de même pour les recherches cliniques, et surtout pour l'étude du sang. Les liquides ainsi employés peuvent être empruntés à des organismes vivants : c'est ainsi qu'on a recommandé le sérum du sang privé de ses globules par la coagulation rapide de la fibrine, l'humeur aqueuse de l'œil d'un animal récemment tué, le liquide sous-arachnoïdien, le
liquide amniotique. Pour les recherches cliniques, nous nous contenterons d'indiquer deux liquides fort simples qu'on peut fabriquer en toutes circonstances : le premier est Viodsérvm artificiel de Schultze ; il se compose de :
Blanc d'œuf, %30 gr.
Eau distillée 200 gr.
Chlorure de sodium 40 centigr. (Filtrer.)
On conserve ce liquide en y ajoutant quelques gouttes de teinture d'iode et en y déposant un petit morceau de camphre ; on peut encore recouvrir sa surface d'une légère couche de térébenthine.
Le second liquide est encore plus simple : c'est une solution de 1 partie de chlorure de sodium sur 200 d'eau distillée. Le critérium le plus parfait de ces liquides nous est fourni par les épithéliums à cils vibratiles ; si quelques-unes de ces cellules, obtenues par le raclage de la langue d'une grenouille, par exemple, et placées dans un liquide, y continuent leurs mouvements, on peut considérer ce liquide comme parfaitement neutre ; il sera facile de . s'assurer qu'il en est ainsi aussi bien avec l'iodsérum artificiel qu'avec la simple dissolution de sel marin, et l'on pourra alors employer cette dernière avec confiance pour l'examen des globules du sang.
RÉACTIFS COLORANTS.. — Pour les préparations histologiques destinées à être conservées, on fait un emploi fréquent de liquides colorants ; tout le monde connaît les avantages de la teinture ammoniacale de carmin introduite en histologie par Gerlach. Dans les recherches cliniques, on peut se trouver en présence d'éléments trop transparents, et
qui ont besoin, pour devenir bien visibles, d'être mis en contact avec une substance colorante dissoute, dont ils s'imbibent rapidement et dont ils concentrent pour ainsi dire la couleur dans leurs molécules. Ici la teinture ammoniacale de carmin est de peu d'usage : peu concentrée, elle n'agit, en effet, que grâce à une macération de douze à vingt-quatre heures, ce qui la rend peu pratique ; très-concentrée, elle produit des effets qui dépassent généralement le but que l'on voulait atteindre. On pourra employer de préférence une légère solution d'acide chromique, ou mieux encore une solution concentrée d'acide picrique. L'acide picrique se trouve dans le commerce en petites lames cristallines d'un jaune serin franc. La solution saturée se prépare à chaud, et le liquide refroidi constitue un excellent réactif pour colorer les éléments trop transparents. Il est tres-précieux pour faire apparaître les cellules épithéliales qui flottent dans les divers liquides de l'économie : il altère à peine ces éléments, mais les rend très-visibles, en dessinant leur noyau et leurs contours.
En combinant l'acide picrique et le carmin, on obtient une solution colorée encore plus utile. Ce pcrO'Carminate d'ammoniaque (Ranvier) s'obtient en ajoutant la solution ammoniacale de carmin à la solution d'acide picrique jusqu'à ce que la liqueur prenne la teinte jus de groseille. Cette solution a l'avantage de ne pas colorer également toutes les espèces d'éléments d'une préparation : sans qu'on puisse encore fixer de règles précises, on remarque que, selon leur nature, les éléments histologiques s'imprègnent les uns de la couleur jaune de l'acide
INSTRUMENTATION. — REACTIFS. 23
picrique, les autres de la couleur rouge du carmin.
La solution de fuchsine ou rose d'aniline (ou sulfate et acétate de rosaniline) est aussi un réactif excellent pour colorer en quelques instants une préparation : elle oflFre de plus cet avantage que, comme les réactifs dont nous parlerons en quatrième lieu, elle agit d'une manière caractéristique sur certains éléments, sur les fibres élastiques par exemple ; en effet, si Ton dépose sur une préparation une goutte de solution d'aniline, tous les éléments se colorent, mais si on lave ensuite la préparation avec Teau acidulée (acide acétique), la couleur disparaît et ne reste fixée que sur les fibres élastiques cette réaction, peu connue, est très-fidèle, et peut être d'un grand secours, car on sait combien il est important de reconnaître et de caractériser les fibres élastiques dans certains crachats.
On trouve les sels de rosaniline (fuchsine) dans le commerce sous forme de cristaux d'un vert métallique. Ils se dissolvent dans l'eau ou l'alcool ; la solution aqueuse est préférable ; elle est d'un beau rouge-rose foncé.
RÉACTIFS ISOLANTS. — Nous dounerous ce nom aux réactifs qui produisent plus de transparence dans une préparation, et permettent d'apercevoir des éléments qui demeuraient peu visibles au milieu des autres ; nous trouverons des réactifs isolants qui font presque complètement disparaître certains éléments, de façon à mettre entièrement au jour certains autres qui y sont mêlés en moins grande quantité*
Le réactif le pi as général de ce genre est la glycé'-
24 hNTRODUCTlON PRATIQUE.
rine : ce liquide rend plus transparents presque tous les éléments histologiques ; il n'a guère d'action spéciale sur tel élément plutôt que sur tel autre ; on l'emploiera donc comme liquide diluant toutes les fois que des raisons particulières ne rendront pas nécessaire l'usage des réactifs neutres. La glycérine est très-utile pour l'étude des poils, qu'elle éclaircit de façon à permettre de rechercher les parasites végétaux qui infiltrent parfois leur racine et jusque leur canal médullaire ; mêlée à partie égale d'acide acétique, la glycérine constitue un réactif que Gh. Robin recommande tout spécialement pour l'étude de tous les parasites, et spécialement pour les acariens.
Les solutions de soude et de potasse sont employées dans les mêmes circonstances pour les poils et les productions épidermiques, dont elles dissocient les éléments : « Il n'y a que la fibre élastique et les cellules cornées qui résistent à l'action de ces agents énergiques. Aussi ne les emploie-t-on que dans les recherches expéditives et surtout dans le cas où l'on veut constater la présence de fibres élastiques dans les crachats d'un malade supposé atteint de phthisie pulmonaire et en voie de ramollissement. » (Gh. Morel.)
Il en est de même de Vammoniaqice.
V acide acétique jouit des mêmes propriétés ; mais il est de plus employé, à l'état très-dilué, pour hâter l'imbibition et le gonflement des éléments desséchés ; il gonfle et fait disparaître les fibres connectives en respectant les fibres élastiques : si l'on neutralise la préparation avec quelques gouttes d'alcali, on voit de nouveau apparaître les fibrilles du tissu
liNSTRUMENTATION. — REACTIFS. 25
connectif. — L'acide acétique est précieux, pour faire apparaître les noyaux des éléments cellulaires. — A ce point de vue, Veau elle-même constitue un réactif ; ainsi dans Fétude des globules blancs du sang et des globules de pus, on fait d'abord agir Teau pour amener l'apparition des noyaux précédemment peu visibles ; puis on les rend encore plus apparents par l'eau acidulée d'acide acétique. — La manière différente dont Veau imbibe divers éléments en fait dans certains cas un réactif précieux pour distinguer des produits en apparence identiques.
Nous devons accorder encore une mention à l'acide chromique employé comme isolant. Getagent, qui, en solution de 1 sur 100 ou sur 200, constitue le plus précieux des liquides durcissants, se présente alors sous la forme d'une solution jaune tirant légèrement au rouge. Mais en solution de 1 pour 3.000 d'eau, il est très-utile pour préparer la dissociation des éléments d'un tissu, d'une tumeur, par exemple : au bout de 24 à 48 heures de macération dans ce liquide, il est facile d'isoler avec des aiguilles et d'observer à l'état intact toutes les formes cellulaires qui sont mêlées aux fibres d'un tissu. Il n'est pas nécessaire de préparer ces solutions exactement dosées ; il suffit, pour avoir un bon liquide isolant, de faire la solution d'acide chromique assez faible pour que, 8tu lieu d'une couleur jaune tirant légèrement au rouge, elle présente une teinte jaune faible tirant presque au vert.
RÉACTIFS PROPREMENT DITS. — Gcs réactifs sout les plus nombreux ; nous ne pouvons indiquer ici que les principaux, car, pour être complet, il nous faudrait passer en revue tous les agents employés
dans les réactions microchimiques; quelques-uns seulement de ces réactifs trouvent leur application dans les recherches cliniques, et ils seront indiqués plus spécialement à propos de chacune des recherches auxquelles ils se rapportent. Nous nous bornerons donc ici à quelques indications générales.
Ces réactifs sont souvent employés pour caractériser des éléments anatomiques figurés, ou des substances organiques que leur aspect seul tendrait à faire confondre. C'est ainsi qu'en présence d'organismes très-inférieurs, comme les bactéries et les bactéridies, on se trouve souvent embarrassé pour décider si ces éléments appartiennent au règne végétal ou au règne animal. On a recours en général à la solution de potasse ou de soude, pour trancher cette question : ce qui n'y résiste pas appartient au règne animal. — h'' acide acétique nous permettra d'autre part de distinguer la fibrine de la mucpsine. — La solution aqueuse d'iode nous révélera une forme particulière de dégénérescence, l'infiltration amyloïde, en même temps qu'elle nous permettra de constater les corps amyloïdes du cerveau, et de caractériser nettement les grains d'amidon provenant du règne végétal.
Enfin, à un point de vue plus général encore, nous aurons dans lé chloroforme et dans Véther des réactifs qui nous permettront de reconnaître les matières grasses qu'ils dissolvent. Avec les acides acétique^ nitrique, chlorhydrique^ etc, nous reconnaîtrons les carbonates dans un grand nombre de petits calculs (calculs salivaires, etc.), par le vif dégagement de bulles gazeuses (GO*) auxquels ils donneront lieu. — L'emploi des autres réactifs, qui
INSTRUMENTATION. — RÉACTIFS. â7
servent à des analyses microchîmiques proprement dites, aerîi indiqué avec l'étude des urines normales et pathologiques. Nous donnons ci-contre (fig, 8;
le dessin d'un petit appareil aujourd'hui très en usage dans les laboratoires de cliniques : il se compose de six petits Hacons, à bouchon plongeant, qui suffisent pour contenir les réactifs les plus in-dispensables.
L'examen microscopique du sang est nécessaire dans un grand nombre de circonstances. Souvent, en effet, Texistence de globules rouges ou la présence de cristaux d'hématoïdine pourront faire reconnaître la nature d'une laclie et donner au médecin légiste des indications précieuses. Plus fréquemment encore, par la numération des globules, par la recherche de leurs altérations ou des parasites qui se développent au milieu du sérum sanguin, le médecin praticien pourra se faire une idée plus précise des maladies diathésiques ou infectieuses. Il importe donc de connaître : 1° les caractères du sang normal ; 2^ les altérations microscopiques du sang contenu dans les vaisseaux ou du sang extravasé. Nous serons brefs dans cette étude, renvoyant, pour plus de détails, à tous les traités de physiologie et d'histologie.
Le sang normal, tel qu'on peut l'obtenir par une simple piqûre au niveau de la pulpe du doigt, pré-
sente à examiner : 1^ des éléments figurés, constants et caractéristiques (les globules rouges et les globules blancs) ; 2<* des corpuscules plus ou moins variables de nombre et de dimensions [globules de graisse^ globules de pigment...) ; 3® des éléments qui n^existent pas pbysiologiquement sous forme figurée, mais qui apparaissent peu de temps après Textravasion du liquide sanguin [fibrine).
Globules rouges. — Les globules rouges (fig. 9)
Fig. 9. — Globules rouges du sang. — a, a, Vus de face ; b, do profil ; c, globules empilés comme des pièces de monnaie; d, globub devenu sphérique sous l'influenco de Teau ; e, globules décolorés par l'eau; f, globules ratatinés par suite de l'évaporatioo. (Kœllikcr.)
sont des disques circulaires, biconcaves, épais de ■— de millimètre et larges de -^ de millimètre (c'est-àdire qu'il en faut 15 placés à plat et côte à côte pour occuper la longueur de 100 (x et 6 pour former ime pile qui, vue de côté, aura une longueur de 10 ^\. Pour les observer commodément il faut employer un grossissement de 500 à 600 diamètres; ils offrent alors une coloration jaune pâle. Vus par la tranche, ces éléments présentent l'aspect d'un biscuit rétréci à son milieu et renflé à ses deux extrémités, aspect qui résulte de leur forme biconcave
(fig. 9 ; ô) ; cet aspect est surtout accentué dans les globules pénétrés d'oxygène, c'est-à-dire dans le sang artériel, tandis que la concavité tend à s'eflfacer dans les globules du sang veineux, par défaut d'oxygène. — Vus de face, ils représentent des disques de couleur jaunâtre, plus foncés sur les bords, plus trêinsparents et presque incolores (surtout dans le sang artériel) vers le centre, ce qui résulte de leur forme biconcave (fig. 9; «, «). Leur contour est marqué par une ligne nette et distincte qui paraît indiquer l'existence d'une membrane enveloppante trèsminpe : ils ne contiennent normalement ni noyaux, ni granulations, mais une substance amorphe et colorée comme nous l'avons indiqué.
Ces particularités de forme et de structure s'observent facilement en déterminant dans la préparation de petits courants qui entraînent lés éléments, les font rouler et les présentent successivement dans les positions les plus diverses ; on produit ces courants soit en pressant légèrement avec Taiguille sur le couvre -objet, soit en plaçant sur le bord de celui-ci une goutte de véhicule neutre, qui s'infiltre rapidement par capillarité entre les deux verres (porte-objet et couvre -objet).
Il est difficile d'apercevoir une enveloppe aux globules rouges ; aussi la question de la présence d'une membrane périphérique est-elle encore douteuse (Dujardin, Ranvier). Tout au plus peut-on démontrer par l'action de l'acide picrique ou chromique l'existence d'une couche périphérique spéciale plus ou moins bien limitée et qui est surtout visible sur les globules des batraciens. Daus \m travail tout récent [Arch, de phys, 187bj,. M. Ranvier déclare qu'il est facile de mettre en évidence cette mem-
brane d'enveloppe. Il suffit de traiter une goutte de sang de grenouille par Talcool | et de colorer ensuite par le sulfate de rosaniline en solution dans Talcool. On voit alors apparaître autour du globule devenu sphérique une couche membraniforme colorée en rose, et montrant tous les caractères d'une membrane formée noOi d'une substance solide mais d'un^..sorte de pâte trè&*ductile se laissant traverser. par les corps sans conserver trace de leur pa^Siçge. :-
GeséléjJjl^iits s'altèrent très-facilement : lamoindre évaporaiipii, telle qu'il s'en produit toujours dans le temps qu'exige la disposition d'une goutte de sang i^j^txe deux plaques de verre, suffit pour altérer leur fer^ne, les ratatiner, et leur donner un aspect frambojig^, crénelé {fîg. 9 ; /*), qui pourrait faire croire à une ^t^ration primitive ou à la présence d'un noyau, jq\^and un de ces mamelons artificiels se prpjette ^^.v^^^ centre du globule sanguin*. Il fa+it donc toujours jç^^i^er le sang avec addition, 4'iyi liquide, mais d'un :Aes.^liq;9ides que nous avons indiqués comme véhicuje^p^ieufii^ft^ % car ces éléments ne sont pas moins sensibles à l'imbibition qu'à l'évaporation:
1. Cette altération des globules sanguins, cette forme crénelée n'es donc due qu'à un effet purement physique. Hâtons-nous d'ajouter cependant qu'elle se produit plus rapidement dans le sang pathologique que dans le sang normal (voy. plus loin).
3. Il faut de plus, si l'observation doit se prolonger, éviter l'évaporation du liquide vers les bords de la préparation. A cet effet, on garnit celle-ci d'une légère bordure de paraffine. Cette opération très-aimple s'accomplit en portant sur un morceau de paraffine une lame de scalpel chauffée à la lampe à alcool ; la paraffine fond à ce contact, et l'on retire la lame chargée d'une goutte de paraffine liquide : en répétant cette petite manœuvre un certain nombre de fois, on a bientôt luté entièrement les bords de la préparation.
en présence de l'eau pure, oa les voit changer de forme, devenir sphériques, en même temps qu'ils se décolorent; leur matière colorante se dissout dans l'eau, qui prend alors une teinte jaunâtre. C'est cet aspect que présentent les globules de sang qui ont
séjourné quelque temps dans une cavité séreuse, mélangés a un produit d'exsudation. L'examen microscopique permet donc de distinguer un épanchement hémorrhagique d'un épanchement séreux auquel serait venu accidentellement se mélanger du sang.
certaines limites, le sang des divers animaui. Les globules du sang du fœtus se distinguent de ceux de l'adulte par l'ciistenced'un noyau, et ce n'est que vers le quatrième (Robin) ou le cinquième (Kœiliker) moia de la vie embryonnaire qu'ils . fiBtderit :cet élément : nous verrons plua tard que la présence déplie noyau après lu nlissanca constitue un état le plus sou-
vent pathologique. Un même temps les globules du fœtus sont un peu plus volumineui qus ceux de l'adulte, ils s'altèrent plus facilement après l'extravasion, et présentent alors parfois des espèces de prolongements sarcodiques (Robin).
Les globules sanguins des mammifères adultes ressemblent i ceux do l'homme comme forme, mais on dlBèrent comme dimensions ; les plus petits sont ceux du cochon d'Inde ; ceux de l'hiimme f fig. iO] étant représentés par 7 (comme diamètre), nous trouvons2pour ceux du cochond'Inde, 4 pour la chèvre. S pour le mouton, S pour le cheval, 6 pour le lapin. T pour le
chien, '9 pour l'éléph«nt; seuU parmi les maminifère». les caméliena (chameau et lama) possèdent des globules elliptiques ■ mais toujours sans noyaui. Ceux des oiaeaui sont elliptiques, en général 3 fois plus gros que ceux de l'homme (leprésealés . par 15), biconvexes et avec un noyau généralement peu visible (fig, H). Ceux des reptiles et des amphibies (fig. 19) aont enco»«
plus elliptiques, plus volumineux (représentés par 30 chez la grenouillB),plusbombésetaveo un noyau granuleux très- visible. Enfin, ceux des poissons (flg. 13) présentent généralement les mêmes caractères, sauf quelques exceptions peu importantes à notre point de vue (cyolostomes) et peuvent atteindre des dimensions surprenantes. On conçoit de quelle importance est la connaissance de ces formes et de ces dimensions pour reconnaître l'origine d'un sang examiné; on doit au premier coup d'œil distinguer avec le microscope le sang d'un mammifère
GLOBULES ROUGES, paraison des globules d'un seng lioinain pris ceuï d'un sang quelconque permettra mém conditions, de reconnaître 31 le sang proMoi d'un animal domestique dont I1.9 globules soc petits. Maïs il importa de ne [loint alllrmei les résultats que donnerait
Lorsque les globules rouges du sai^ se déposent librement dans le sérum, ils se précipilent en se RFoupant enire eux, de façon à se réunir en petites piles; on peut observer ce phénomène dans une goutte de sang placée entre deux lames de verre
avec une certaine quantité de sérum ; tantôt les piles (formées de 5 à 10 disques) sont régulières (fig. 9; c, c), c'est-à-dire que les globules rouges se correspondent exactement par toute leur surface plane ^ou concave), tantôt elles sont imbriquées, c'est-àdire que les disques ne se superposent que par une moitié ou un tiers de leur surface, comme par exemple une pile de monnaie étalée sur une table.
Les piles voisines se juxtaposent et se croisent de façon à dessiner des réseaux irréguliers et anguleux. Cette disposition en piles se produit toujours dans le sang normal, mais paraît se faire avec plus de facilité dans les cas d'inflammation.
Nous étudierons plus loin les variations de dimensions que subissent les globules sanguins sous l'influence de diverses causes pathologiques.
Globules blancs. — Les globules blancs (fig. 14
ré ^•^
Fig. 14. — Globules blancs du sang. — a, b, c, Globulins et petits globules blancs; d. rf, gros globules possédant plusieurs novaux c, c, les mêmes, traités par l'acide acétique. (Kœllikcr.)
sont des corpuscules sphériques dont le diamètre est de \ plus considérable que celui des globules rouges (comme 9 est à 6) : examinés dans un véhicule neutre, ils présentent un aspect granuleux et un contour irrégulier, une coloration d'un blanc d'argent
caractéristique. Il est impossible, dans ces conditions, de distinguer aucun autre détail de leur structure ; mais la simple adjonction d'eau gonfle ces éléments, rend leur contour lisse, et y fait apparsdtre un noyau, de forme irrégulière, parfois double ou multiple (fîg. 14; d, d); Tadjonction d'acide acétique rend ces détails encore plus visibles, et parfois fait apparaître d'emblée deux ou trois noyaux dans un globule (fig. 14 ; c, c) *. Sous l'influence du gonflement produit par l'eau, on observe des mouvements browniens dans les granulations intérieures des globules blancs : ces mouvements prouvent une altération cadavérique.
Nous ne parlerons pas des mouvements sarcodiques que nous étudierons en nous occupant du pus.
En général, les globules blancs du sang sont multinucléaires, mais on peut trouver chez le même individu, bien portant du reste, à des intervalles de quelques heures, des mélanges en proportions variables de globules blancs unis ou polynucléaires. Ces différences paraissent tenir à l'intensité des phénomènes de nutrition et de prolifération de ces éléments : les globules blancs les plus jeunes n'auraient qu'un seul noyau, les plus avancés dans leur développement en auraient plusieurs. On a cru aussi pouvoir attribuer ces différences à la prédominance* fonctionnelle de tel groupe d'organes for-
i. D*apr6s Ranvier, la présence de deux noyaux ou d'un noyau étranglé on deux parties indiquo que le globule blanc (ou cellule lymphatique) est en voie do prolifération : en effet, les globules blancs so molliplieraient par segmentation après division du noyau. [Histologie technique, p. i61 et 217.)
MICROSCOPE. 2"^ ÉDITIOX. 3
mateurs de globules blancs : c'est ainsi que dans les diverses formes de^la leucocythémie on rencontre parfois des globules volumineux avec des noyaux multiples; d'autres fois des globules plus petits avec un noyau simple relativement volumineux. Mais il n'est nullement prouvé, comme l'avait soutenu Virchow, que les globules blancs volumineux soient formés par la rate.
Enfin, les globules blancs peuvent se présenter aussi avec des dimensions très-petites, sous la forme de noyaux entourés d'une mince couche de granulations : cette forme est plus rare et d'une signification encore peu précise [globulins).
Les globules blancs ne sont nullement caractéristiques du sang; nous les retrouverons dans presque tous les autres liquides, soit normaux, soit pathologiques, de réconomie; contentons-nous d'indiquer pour le moment que les globules du pus et les globules blancs du sang sont identiques.
Quantité relative des globules rouges et DES GLOBULES BLANCS. — Le nombre des globules rouges et celui des globules blancs contenus dans le sang sont dans une proportion assez constante, qui peut varier dans certaines limites encore physiologiques, et qui présente des variations bien plus accentuées dans certaines maladies.
Voyons pour le moment les rapports numériques de ces deux éléments à l'état physiologique.
Il n'est pas si facile qu'on pourrait le croire à priori de compter comparativement ces deux sortes de globules : il ne faut pas oublier que, dans le sang d'une saignée faite déjà depuis quelques instants, les globules rouges et blancs tendent à s'isoler, les