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Ch. Robin, Manuel de médecine légale de Briand et Ghaudé

les régions où on la recueille. Ces bactéries, que Ton voit bien surtout quand on les colore à Taide de rhematoxyline, s^observent plus souvent à la base des poils ou dans leur épaisseur, mais on les rencontre dans la sueur en quelque région qu'elle ait été prise et aussi dans la sueur bleue (Eberth). Quelquefois, dans les cas de sudation exagérée, on voit s'ajouter à ces éléments des noyaux isolés provenant du contenu des canalicules sudoripares. Le produit des glandes axillaires, même quand on Texamine dans rintérieur des canaux glandulaires, se compose d'une substance plus ou moins molle, grisâtre ou blanc jaunâtre qui, examinée au microscope, présente une quantité innombrable de granulations fines et pâles et quelquefois des noyaux isolés ou bien un nombre considérable de grosses granulations foncées incolores ou jaunâtres, des noyaux et un nombre variable de cellules semblables aux cellules épithéliales. (Kœlliker.)

Nous voyons donc en résumé que, dans les conditions physiologiques, les produits que Ton rencontre à la surface cutanée sont constitués par des débris épidermiques, imbibés parfois par la sueur, presque toujours mélangés à une petite quantité de matière sébacée. Dans les cas pathologiques, nous aurons à constater des dépôts formés par ces débris accumulés en proportions plus considérables ou mélangés à des produits anormalement déposés et retenus à la surface de la peau (Lymphe, sang, pus, corps étrangers, parasites).

On sait qu'à l'état physiologique la peau élimine une petite quantité d'urée : dès lors il est admissible à priori que cette élimination puisse aug-

menter dans les états pathologiques où Faction des reins diminue. C'est précisément ce qui a été observé récemment sur un sujet qui, dans le cours d'une maladie de Brigbt, fut pris d'accidents urémiques : la peau de la figure et des mains semblait saupoudrée de fleur de farine. Examinée au microscope, cette matière se montrait composée de petits amas blancs irréguliers, avec aiguilles et prismes cristallins; mais, par l'addition d'acide azotique, on obtint les cristaux plats, hexagonaux, caractéristiques du nitrate d'urée*. (Fred. Taylor.)

III. — PATHOLOGIE Accamalation des prodaits de desciuamatlon épldermitiuQ

L'épiderme, se reproduisant incessament, pourra, dans certaines conditions pathologiques, former à la surfeice de la peau une couche de forme, d'épaisseur et même de coloration variables. Tantôt, la sécrétion sébacée étant insuffisante, l'épiderme desséché s'éliminera sous forme dé pellicules semblables à du son (pityriasis); tantôt, au contraire, par suite d'une congestion des papilles épidermiques, une sécrétion exagérée d'épiderme déterminera à la surface de la peau des amasd'écàilles blanches intimement adhérentes (^^ortotS, ichthyose): d'^diUiTes fois, enfin, de larges membranes minces, molles.

i. Voy. plus loin (chap. Urine) la description et la figure dos rrislaux de nitrate d'orée.

plus OU moins friables, s'élimineront après une maladie cutanée plus ou moins grave. Dans tous ces cas, le microscope n'indiquera point, si on se borne à examiner le produit desquamé, quel peut être le processus anatomique qui lui a donné naissance. L'examen microscopique n'aura pour but que de distinguer ces produits épidermiques des accumulations de sébum desséché formant des croûtes ou donnant naissance à des produits pulvérents imalogues.

Aoonmiilatioii de matière sébacée. — Séborrhée

L'enduit sébacé qui se forme incessamment à la surface du nez, des joues, des oreilles, du front, donne à ces surfaces un aspect huileux et favorise ainsi l'adhérence de particules solides venues du dehors. Lorsque cette matière sébacée s'accumule en quantités plus considérables, le produit de sécrétion peut s'épancher à la surface de la peau (acné fiûente)^ ou se concréter en formant de véritables croûtes (acné concrète). Celles-ci constituent un dépôt analogue à celui du smegma cutané ; le micoscope y démontre les mêmes éléments. Parfois l'accumulation de matière sébacée se fait sous forme d'écaillés (séborHiée.isquameuse) présentant une grande analogie avec \&& écailles épidermiques. Enfin, nous l'avons déjà dit, l'une des formes du pityriasis est caractérisée par la formation incessante de pellicules blanchâtres sous forme d'écaillés, s'accumulant à la surface du cuir chevelu, tombant sur les vêtements sous forme d'une poudre farineuse. Le

SÉBORRHÉE. 143

microscope pennettra de distinguer ces amas de sébum des parcelles épidermiques furfuracées auxquelles domie naissance la chute de Tépiderme qui se produit toutes les, fois que la sécrétion delà matière sébacée est diminuée.

A côté de Vacné fiuente, quelquefois assez grave lorsqu'elle siège au cuir chevelu, quelques dermatologistes ont rangé la plique polonaise. L'hypersécrétion d'une matière huileuse, agglutinant les cheveux, formant une masse croûteuse, parfois de dimensions considérables, ne déterminant que consécutivement l'altération du poil qui se fissure, perd son épiderme et se divise en im grand nombre de filaments recouverts de matière sébacée, semble donner raison à ceux qui adoptent cette opinion. Le mycoderme qui, d'après quelques observateurs (Zom : Zeitsch, fUr Parasiten Kunde^ II, 79), donnerait naissance à cette maladie, n'est pas constant et ne serait, d'après Robin, que consécutif à la fermentation qui survient au milieu de cette masse azotée. Les croûtes laiteuses des enfants, les productions cornées, l'acné soyeuse (Bazin), sont aussi le résultat de l'accumulation du sébum.

Plus souvent la matière sébacée s'accumule à l'intérieur des follicules qui lui donnent naissance ; une simple pression suffira souvent pour la faire sortir sous forme d'un petit cylindre vermiforme (cmédon)^ de consistance et d'aspect suifeux, noirâtre à son extrémité. Dans Vacné punctata, Vacné fiilûiris, les loupes, on trouve ces amas de sébum mêlés à des cellules épithéliales très-àplaties, déchiquetées, granuleuses, à des cristaux de cholestérine et d'acide gras, souvent avec des poils finement

!« l'ATHOLOGIE DE LA PEAU,

enroulée sur eux-mêmes, enfin, même à l'état physiol(^ique, avec un parasite que nous décrirons bientôt sous le nom d'acarus foUiculorwm (voy. p. 17S). h^s comédons Kaferment plus de matière sébacée que les grains de mil, au milieu desquels on ne trouve guère que des cellules épithéliales plisaées dissociées, mêlées à des granulations azotées ou calcaires (flg. 36).

Quant aux lovées, suivant que leur contenu est fluide ou solide, il est dit mélicériqw ou stéatomatetix. Le contenu mélicérique renferme plus de graisse libre et moins de cellules épidermiques ; la graisse tig. 36. — Premier degré y subit les traasformations ''we^tw'"'!''''"" '*'" donnent naissance à des don). — a^^PoTci «"staux d'acide stéarique, de ei baLhe piieu.; b. margarine, de cholestérine

dfl^aV-nS^'Sîi^ot' '^^- ^''- ^ "^^ ^^ ""^^ *"-

c, anal commun" lù ^^eurs, il faut ranger certains follicule piieui et i la hystes dermMes dont le con-

fè'nS^V"î^4râ«i;tt *'"" ^"^ '«^''^g"« ^ <'«l"î des ^ui fau eaiiiia en i; loupes. Ils siégeut dans, des t. poil Bfl\ iraverse cei régions dépourvucs de glandes r.Zde>* fo'mlurr^i: sébacées. Quelques-uns renfer- (Foiiin.) * menides touffes de poils ou des

masses de cheveux; d'autres peuvent contenir divers tissus et même des dents.

L'hypertrophie des glandes Bébaoées et l'hypersécrétion de leur produit peuvent donner naissance k diverses affections désignées sous les noms d'acné kgperlrophiçue, liiput acnéigite, etc. Dans le lupus, les glandes sébacées et les follicules pileux distendus

par leur produit de sécrétion peuvent former à la surface de la peau de petites tumeurs blanchâtres, (le la grosseur d'un grain de millet, taciles à enlever en les énucléanl à l'aide d'une épingle. Ces petits grains blanchâtres existent h la face autour des follicules des poils du duvet. Examinés au microscope, ils présentent un assez grand nombre de granulations graisseuses mélangées à des cellules ^philhéliales pavimenteuses déformées, recroquevillées sur elles-mêmes. Les poils que l'on extrait en même temps que ces amas de sébum présentent

des altérations yariables; quelquefois ils sont comme noueux, montrant de distance en distance une accumulation de lamelles imbriquées ; d^autres fois il sont à peu près complètement détruits.

Enfin, dans le molluacum contagiosum (acné varioliforme de Bazin), qu'il faut distinguer du molluscum vrai, considéré comme un fibrome, la tumeur, dont le volume varie eatre celui d'un grain de millet et celui d'un gros pois, renferme un contenu tantôt pâteux, quelquefois même crayeux, tantôt liquide et lactescent. Ce produit est formé par l'accumulation de cellules vésiculeuses, pressées les unes contre les autres, infiltrées d'une matière colloïde qui se colore par l'acide picrique et ne présente en rien les caractères des substances grasses.

L'examen histologique de la lumeur extraite à Taide de ciseaux courbes, durcie, puis étudiée sur des coupes, montre que l'épithélium cylindrique des culs-de-sac glandulaires a subi une transformation remarquable. Il est devenu vésiculeux; dans son protoplasma s'est formé un globe réfringent qui, devenu bientôt de plus en plus volumineux, a refoulé le noyau et donné au centre du comédon une forme particulière à la cellule. Celle-ci a pris l'aspect d'un anneau dont le noyau serait le chaton. L'aire de l'anneau est remplie par un globe réfringent qui se colore en jaune intense par Tacide picrique. (Voyez C. Misset, Thèse. Paris, 1872, p. 83.)

L'inflammation des glandes sébacées donne naissance à des pustules d'acné qui laissent échapper un petit bourbillon, mélange de matière sébacée et de pus. Le sébum se montre sous forme de fines granulations jaunâtres au milieu desquelles se rencontrent des globules de pus.

CERUMEN. U7

Les altérations du cérumen^ sont encore très->peu connues. L'accu nmlation de ce produit coïncide généralement avec Tabondance de la sécrétion sébacée; parfois elle existe alors que Ton observe certaines inflammations du conduit auditif externe, des trompes ou deToreille moyenne. D'autres fois, enfin, la malpropreté seule rend compte de Taccumulation de ce produit. Le cérumen peut manquer ou diminuer d'abondance dans le cas où il existe une lésion plus profonde. Nous devons ajouter immédiatement que Tetamen microscopique du cérumen et de ses altérations est encore à faire. Il sera sans doute un jour permis, après examen des produits qui s^écoulent dans les cas d'otite externe, de diagnostiquer par la présence des débris de la caisse, de certains épithéliums ou de parasites, des lésions que l'examen microscopique seul ne pourrait révéler. Jusqu'à présent^ on s'est, en général, borné à analyser ces produits au point de vue chi^ mique. G^est ainsi que M. Pétrequin * a étudié la composition normale du cérumen^ et les modifications qu'il subit chez les vieillards et dans certains cas où son accumulation est fréquente. Il résulterait de ce travail que les matières les plus visqueuses, solubles dans l'alcool, tendraient à diminuer; en même temps, une matière soluble da&s l'eau et très-susceptible de se durcir par des-» siccation augmenterait de façon à donner au céru» men la consistance qu'il présente dans ces cas. Veau tiède injectée dans l'intérieur du conduit auditif ramollirait le plus souvent ces concrétions.

i. Vojf. Gaz. méd. de t^aris, 18?2, p. 26.

Dans ces cas, Texamen microscopique ne permet de constater qu'une proportion plus ou moins grande de cellules épidenniques enroulées sur ellesmêmes, des touffes de poils de duvet, des masses de matière i^ébacée et quelques cristaux de choiestérine.

Dans les cas de diminution de sécrétion cérumi" neuse, on trouve, outre des amas considérables de lamelles épidermiques , des parasites que nous décrirons plus loin. (Voy. p. 162.)

Enfin, dans certaines otorrhées, le conduit auditif externe paraît rempli d'une masse caséeuse, trèsadhérente à sa paroi. Cette masse, examinée au microscope, présente tous les caractères de la matière sébacée. Il importe de distinguer ces amas de ceux qui seraient formés de muco-pus mélangé à de répiderme. Les recherches de Toynbee * ont démontré en effet la gravité des complications qu'amènent souvent ces tumeurs sébacées.

Maladies prodnitda par U dép6t, à la surface cutanée, dé produits d'exsudation ou de corps étrangers

La matière sébacée feivorisant l'adhérence des corps étrangers (poussières, etc.) venus du dehors, ceux-ci s'accumuleront en quantité plus ou moins abondante et pourront, par le mélange avec le sébum, la sueur et les débris épidermiques, donner

i. Cité par Duplay dans lo Traité élémentaire de pathologie externe de Follin et Duplay, t. IV, p. 63,

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