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CRASSES

naissance à des cmsses^ à' éiendne ou de couleur variables. Au microscope, on reconnaîtra qu'aux éléments figurés provenant de la desquamation épidermique et sébacée se seront ajoutées des granulations irrégulières, polyédriques, à contours anguleux, les unes grisâtres, les autres brunes, rougeâtres, noirâtres. L'eau et Tacide acétique laissent ces poussières intactes ; Tacide chlorhydrique les dissout rapidement. Ce sont là des caractères que présentent toutes les poussières terreuses. Souvent à ces poussières s'ajoutent des fragments de cellules ou de fibres, des spôrules, des poils ou des barbes de plume, qu'il sera aisé de reconnaître.

Dans certaines industries, on pourra retrouver à la surface du corps des débris rougeâtres ou brunâtres, à angles et à contours nets, de forme irrégulière. Ces fragments insolubles dans l'eau, peu attaquables par l'acide acétique , se dissolvent rapidement dans l'acide chlorhydrique. Ce sont des fragments de rouille ferrugineuse (Robin). Le noir de fumée, qui forme la base de presque tous les fards ou cosmétiques noirs, se présente sous forme de grains noirâtres de 1 centième à 6, ou même 18 centièmes de millimètre. Ces globules sont anguleux, à angles mousses. Ils sont agglomérés en forme de chapelets finement dentelés. Le noir de

1* Il serait inexact de croire que les crasses dites non parasitaires ne renferment jamais que des substances minérales ou des produits do desquamation. Presque toujours, en effet, elles contiennent des myriades Ae^^vibrUms ou de bactéries. Nous avons déjà dit à plusieurs reprises que ces parasites n'ont rion qui caractérise telle ou telle maladie ; nous ne les signalerons donc que pour mémoire.

fumée renferme encore des lamelles incolores, anguleuses, de forme plus ou moins variée, présentant Taspect de certains cristaux. Les acides sulfurique, chlorhydrique, azotique, n'altèrent en rien ces granulations. On les distingue donc aisément des granulations pigmentaires qui sont dissoutes par Facide sulfurique ou la potasse (voy. p. 87). Le charbon porphj^risé diffère du noir de fumée en ce

que les granules qui le constituent sont de forme polygonale anguleuse, à angles nets très-opaques, se présentant sous forme de tables triangulaires ou polygonales.

Fig 38. - Granulation» Q^g fragments présentent partie noir de fumée prove- « . , . , nant d'un cosmétique tOlS les ponctuations OU leS

noir. raies qui indiquent l'existence

des cellules ou des vaisseaux provenant des végétaux qui ont servi à fabriquer le charbon. On distinguera donc aisément ces colorations noirâtres de celles que produisent certains fards souvent composés de préparations toxiques.

Les accumulations cl? blanc de plomb peuvent, par la formation de sulfure de plomb, donner .naissance à une couche brune ou noirâtre qu'on observera assez fréquemment chez les ouvriers qui mauiient la céruse. Cette coloration noirâtre provient de la combinaison qui se fait entre la poussière plombique et les produits de décomposition de l'épiderme (sulfures, hydrogène sulfuré). D'autres fois , certaines préparations mercurielles auront été employées. On reconnaîtra ces métaux en dissolvant

CROUTES. 151

Penduit obtenu en raclant la peau dans un véhicule convenable (éther, alcool bouillant, etc.), puis en introduisant dans la solution une pile de Smithson. Le plomb ou le mercure métallique viennent recouvrir la lame d'or que Ton peut ensuite aisément examiner. Nous insisterons plus loin sur ce procédé.

Outre ces particules solides minérales ou végétales ^formant à la surface de la peau des amas plus ou moins étendus, les crasses peuvent renfermer des produits d'exsudation ou d'excrétion desséchés sous forme de croûtes ou présentant Faspect d'un vernis plus ou moins épais. Tantôt ces croûtes seront incolores et résulteront alors d'une exsudation séreuse ayant déterminé une vésicule ou une bulle. La lymphorrhagie persistant, la paroi formée par les couches superficielles de l'épiderme corné cédera et le liquide s'étalera à la surface de la peau sous forme d'une croûte légèrement jaunâtre et luisante. £n délayant le produit dans de l'eau, puis en l'examinant au microscope, on constatera qu'il consiste en mucus (p. 36), en débris épideriniques (p. 135) et en globules de lymphe (p. 197). D'autres fois, la croûte plus épaisse et d'apparence jamiâtre renfermera un grand nombre de leucocytes (p. 104); elle sera due alors à la rupture d'une pustule; parfois, la croûte brunâtre ou noirâtre renf^mera des globules sanguins plus ou moins

1. Voy. encore Labottibène, itiffioire sur let signêi anaiomo-pathO' logiques et médico-légaux fournis par les mains des ouvriers piqueurs, taiUeurs ou rhàbilleurs de pierres meulières, {Mémoires de la Société de Hologie, 3» série, t. IV, 186S, p. 191.)

déformés présentant le caractère de ceux que nou$ avons étudiés (p. 48).

Ces croûtes séreuses, purulentes ou hématiques peuvent accompagner les croûtes purement sébacées ou bien exister isolément. Elles se rencontrent dans toutes les maladies cutanées qui déterminent la formation de vésicules, de bulles ou de pustules. Elles n^ont donc, au point de vue purement anatomique, rien qui puisse servir à caractériser la maladie qui leur a donné naissance.

L^examen microscopique du liquide renfermé dans les vésicules ou les pustules n^éclairera pas davantage le diagnostic. Tantôt, en effet, on trouvera, au sein d'un sérum plus ou moins limpide, plus ou moins facilement coagulable, des cellules de volume variable ou des granulations moléculaires. Les cellules sont tantôt globuleuses, trèsdistendues par une masse transparente, coUoïde, dans laquelle flottent des granulations réfractant fortement la lumière et non modifiées par Tacide acétique ; tantôt ces cellules renferment des noyaux en nombre plus ou moins considérable. Geux*<;i peuvent eux-mêmes se transformer en vésicules colloïdes. Ces éléments sont dus à la prolifération des coucbes les plus profondes du corps de Malpighi. — A. côté d'elles, on trouve toujours un nombre plus ou moins considérable de leucocytes : c'est ainsi que, dans l'érysipèle, dès l'apparition des bulles auxquelles il donne souvent naissance, on peut y reconnaître un assez grand nombre de leucocytes. Il en est de même pour les vésicules vaccinales et varioliques, pour celles de l'herpès ou même celles que détermine la présence de Yacarus

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tcoHei, L'examen du liquide retiré d'une pustule variolique à son début montre bien la formation de ces leucocytes. On trouve, en effet, dans le liquide obtenu après dilacération de la vésicule, im assez grand nombre de ces grosses cellules vésiculeuses, remplies de leucocytes; ceux-ci deviendront bientôt libres au moment où la vésicule variolique se trouvera transformée en pustule. Outre ces leucocytes inclus dans des cellules plus grandes, la vésicule variolique renferme des leucocytes libres, des débris de cellules épidermiques, de la fibrine granuleuse et quelques globules rouges du sang. Les granulations moléculaires sont les unes très-brillantes, réfractant fortement la lumière, solubles dans rétber ; d'autres solubles dans l'acide acétique et insolubles dans l'éther, dans l'acide gallique.

Ces éléments figurés existent dans tous les liquides retirés d'une vésicule ou d'une pustule, quelle que soit la maladie cutanée qui leur a donné naissance; et l'on peut croire qu'il sera presque toujours impossible de diagnostiquer celle-ci par l'examen microscopique du contenu d'une vésicule ou d'une pustule. Il arrive parfois cependant que certains caractères puissent mettre sur la voie d'un diagnostic. Ainsi la sérosité d'un vésicatoire examinée dans certaines maladies a pu donner de précieuses indications. Déjà nous avons décrit à propos du sang (p. 66) le procédé employé par Garrod et Gharcot pour retirer, à l'aide d'un fil, les cristallisations d'acide urique du sérum sanguin. La même méthode pourra être employée pour analyser la sérosité des vésicatoires et donnera parfois des résultats tout aussi concluants. Nous devons ajouter pourtant

que cette expérience délicate ne réussit pas toujours. Il est plus difficile encore de retrouver dans les vésicules ouïes bulles les produits cristallisés de certains sels éliminés par la voie cutanée. A. Pâxis dit avoir trouvé dans les vésicules formées par la gale bédouine, ou lichen tropicus, des cristaux de chlorure de sodium : ceux-ci auraient été éliminés par la sueur*. Lailler a pu reconnaître dans le liquide de quelques bulles de pemphigus des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien, etc. Ces recherches méritent d'être reprises.

Dans le vaccin humain, on constate deux parties : Tune, très-fluide, ne renfermant presque pas de cellules mais un assez grand nombre de fines granulations et des noyaux libres ; Tautre, beaucoup plus visqueuse, donnant très-rapidement naissance à la formation d'un caillot trè&-riche, au contraire, en éléments figurés. La portion fluide est beaucoup moins active que les parties visqueuses; par contre, elle est souvent sécrétée en proportions assez abondantes.

Dans la gangrène, on a pu extraire des phlyctènes produites, non-seulement des cellules épithéliales et adipeuses, des leucocytes, des globules de sang déformés, des cristaux d'acide gras, mais encore des corpuscules irréguliers, rhomboédriques, à teinte foncée, à contour net, qui ne sont autre chose que des débris épithéliaux imbibés de sang et colorés en rouge brunâtre, mais que Ton a considérés parfois comme suffisant pour caractériser la gangrène.

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