ALTÉRATIONS DE LA SUEUR. ICT
dans la sueur, bien qu'en proportions assez faibles [environ 0,4 à 0,5 p. 1000) : on comprend donc que l'élimination de ce produit puisse augmenter, et il ne nous pkraît pas impossible d'admettre qu'on ait pu rencontrer à la surface cutanée des paillettes blanchâtres, d'un aspect farineux, que le microscope pourrait faire recomïaitre pour des cristaux d'oxalate d'urée {Voy. Uriné). Toutefois les cas d'uridrose sont excessivement rares. Drasche prétend avoir reconnu ces paillettes d'urée à la surface du corps des cholériques. Deininger, Kaup et Jùrgensen ont vu cette cristallisation d'urée dans les cas d'anurie survenant dans le cours d'une scarlatine.
Nous comprenons moins les cas à''hématidros€. On pourrait admettre, à la rigueur, qu'après une suractivité prolongée de la sécrétion sudoripare, du sang en nature fût mêlé au produit de la sécrétion. Toutefois, on a dû le plus souvent confondre sous ce nom les hémorrhagies sous-cutanées qui se font dans certaines maladies adynamiques; peut-être aussi a-t-on cru à une hématidrose, alors qu'on n'avait affaire qu'à ■ une hémorrhagie déterminée Tolontairement par un traumatisme et dans un but intéressé. {Voy. Hébra, p. 95.)
Enfin, sous le nom de chromidrose, ou chromocri^ nie cutanée^ plusieurs auteurs ont décrit, après Le Roy de Méricourt*, Ordonez et Gh. Robin, une sécrétion sudorifique anormale colorée par une matière brun foncé. Cette sécrétiom, qui a son lieu d'élection aux paupières inférieure s, donne naissance
i. Mémoire sur la chromidrose, etc. 1 voU.ln'^S ei;tr8rtt des Annales d^oculistique, Paris, 1864, J.-B. Bailliëre.
à des taches yiolaoée^ que Von. enlève &oUemeiit à Taide d^un linge imbibé d'huile. Si Ton examine au microscope le produit obtenu après avoir pressé la couche glandulaire au niveau de Péplderme, on aperçoit des granulations lamelliformes, irrégulières, polygonales, de volume variable, à contour net, comme de minces fragments de gélatine desséchée ou de vernis écaillé, larges de 4 à 40.mi^lièmes de millimètre. Leur coloration est d'un violetardoisé tirant au bleu indigo, brunâtre dans les parties les plus épaisses. Ces granulations deviennent d'un bleu plus foncé par Tacide sulfurique ; l'acide azotique les rend brunâtres, puis javmâtres, et enfin les fait disparaître; l'acide acétique Êeut pâlir, puis disparaître leur coloration bleue, mais ne les dissout pas ; l'ammoniaque ne les dissout pas non plus, mais ne Mt pas reparaître la coloration qui avait disparu par l'action des acides.
En même temps que cette matière colorante, on trouve à la surface cutanée : 1° des cellules appartenant à la couche épithéliale interne des glandes sébacées. Elles sont irrégulières, renfermant des gouttelettes graisseuses, colorées en jaune ou brun foncé ; 2° des amas d'hématosine amorphe, cristallisant par l'éther. Cette matière colorante diffère par ses propriétés chimiques et son aspect microscopique des diverses poudres minérales ou végétales qui entrent dans la composition du &rd et peuvent artificiellement être déposées à la surface de la peau.
Outre ces modifications pathologiques, on rencontre dans la sueur un assez grand nombre de fii^^loïdes ou de métaux éliminés après une médi-
cation interne. C'est ainsi que Bergeron et LeiBatt^pe ont reconnu réliminaiion par la. sueur des arsé^ nites et des arséniates alcalins, du Mcihlorure de mercure, etc.. Des . observations semblables pourraient être faites en examinant, à Taide du microscope, les produits éliminés par la sueur. Ainsi, dans les kystes formés par la dilatation des caualipules sudoripares, kystes si bien décrits par Vemeuil, on pourrait retirer à Faide d'une ponction le liquide excrété et l'examiner au microscope. Citons, pour terminer, les observations de Kiihne et d'Ëberth qui ont constaté la présence des bactéries dans la sueur et indiqué leur abondance dans les cas où la sueur est colorée en bleu (Centralblatt 1873).
Maladies diterminéos par la préaonoe de parasites
Depuis que Ton étudie, à l'aide du microscope, les maladies cutanées, on a découvert un assez grand nombre de parasites végétaux ou animaux. Leur étude a éclairé d'un jour tout nouveau la pathogénie de ces affections et en a singulièrement modifié le traitement. Toutefois, il faut bien l'avouer, dans certaines circonstances la maladie cutanée existe avec tous ses caractères, et il paraît impossible de retrouver le parasite qui est censé lui donner naissance ; d'autres fois le même parasite est retrouvé, alors que l'on étudie les produits qui se rencontrent à la surface du corps dans diverses maladies {microsporon fûrfur). Enfin il arrive souvent aussi que les débris parasitaires ne peuvent
servir à affirmer Tespèce que Ton aurait à déterminer. Toutefois, ces observations ne peuvent que nous engager à redoubler d'attention quand il s^agira d'étudier les maladies cutanées. Peu à peu le jour se fera, les espèces décrites seront mieux classées, et Ton pourra affirmer qu'à tel parasite correspond toujours une affection cutanée bien déterminée.
Dans cette étude des parasites cutanés, nous suivrons Tordre généralement admis en étudiant d'abord les végétaux, puis les animaux parasites. Nous classerons les uns" et les autres par régions au lieu de suivre un ordre plus conforme aux théories botaniques, mais moins utile au clinicien.
Lbs végétaux parasites de la peau humaine ont une organisation des plus simples. Ce sont des champignons \ c'est-à-dire des organismes manquant de chlorophylle. Leurs éléments ont été rapportés à
1. ( Les parasites végétaux appartiennent tous aux formes les plus inltérieures du règne végétai, c'est-à-dire aux algues et aux champignons ; on peut môme dire que la plupart des parasites sont des chrmpignons. On désigne en effet maintenant, sous ce nom, tous les organismes inférieurs qui manquent de chlorophylle; la sarcine, par exemple, considérée longtemps comme une algue, est un champignon; autrefois, au contraire, on considérait tous les champignons vivant dans les liquides comme des algues; l'ahsence de chlorophylle constitue aujourd'hui le seul caractère distinctif.
a La reproduction par le concours d'organes sexuels n'a été observée que snr quelques-uns de ces champignons inférieurs. Ils se reproduisent presque tous par l'intermédiaire de cellules déterminées, qui se développent sans intervention sexuelle et se -détachent de la plante même ; on a donné à ces cellules le nom de spores. (Voy. Du rôle des parasites végétaux dans le développement des maladies, revue critique, par le Dr Paul Spillmann, Arch. génér. de méd., 1878, t. XX, p. 326.)
PARASITES. m
deux systèmes * : le système reproducteur compre^* nant les spores et les filameiUs tubuleux réceptacu-' laires ou réceptaelâs; et le système végétatif qui ne renferme que du m^céliwn.
Les spores présentent Paspect de granulations blanches réfractant fortement la lumière. Leurs dimensions varient entre 1 fx et 6 fi. Les acides concentrés coagulent le liquide qu'elles renferment; la teinture d'iode colore en vert leur membrane d'enveloppe.
Les réceptacles sont des cellules allongées sous forme de tubes quelquefois comme articulés. Il y en a des variétés infinies depuis le tube vide jusqu'au tube rempli de spores développées. D'autres fois les spores étant placées bout à bout comme les grains d'un chapelet, il semble n'y avoir pas de tube enveloppant.
Le mycélium se compose de cellules allongées sous forme de tubes plus ou moins étroits. Ils ont un diamètre de 2 fi à 3 fi. Leur longueur et leurs bifurcations sont très-variables.
Tous les épiphytes semblent se loger de préférence au niveau des poils. Cependant on en rencontre aussi sous l'épiderme; mais le plus souvent les poils sont leur siège de prédilection, et l'on donne le nom de teigne aux affections que leur présence détermine. (Bazin.)
Avant d'étudier, comme l'a Mi Bazin, les diverses espèces de teignes, bornons-nous à signaler quelques parasites encore peu connus; Hardy* croyait
1. Voy. Bazin, Leçons théoriques et cUniquM tur les affections cuSonies parasitaires t Paris, 1862, p. S6.
S. Hardy, Leç. sur les maladies de la peau, i« édit., p. 99.
PATHOLOGIE DE LA PEAU, lu dans Vaenétiarioli forme [nollvicitm eonta^iotum) des tubes ramifiés très-distincts, coatenant dàas leur intérieur ou à leurs extrémités des points sphêriques ou ovoïdes, qui paraissaient être des spores. Ces éléments assez fréquents, même À Tétat normal, dans les follicules sébacés et la matière
qu'ils renferment, paraissent formés par l'accumulation d'aiguilles d'acide gras.
Dans le conduit auditif externe, au milieu des nombreuses lamelles qui souvent, dans les cas d'otite externe aiguë, se mêlent au liquide de l'otorrhée, on rencojitre des parasites appartenant au genre asperçillus (flg, 39). Depuis 1844, époque à laquelle Mayer ' les décrivit pour la première fois, plusieurs observateurs, mais surtout Robert Wreden (de Saint-Pétersboui^l ', ont appelé l'attention sur ces parasites. On les examine avec un grossissement de 300 à 500 diamètres, après avoir traité, par
la potasse caustique, le liquide purulent qui les contient. Ne pouvant entrer dans de longs détails sur la description de ces aspergillus, nous renverrons les médecins qui voudraient en avoir une idée un peu nette au mémoire du D*" R. Wreden et aux travaux plus récents de Bezoald [Monatschrift fm/t Ohrenheilkund I, 1873, n^' 7) etLévy (Ann. des mala^ dies de l'oreille^ p. 67). Nous ne pouvons nous dispenser cependant, pour montrer l'intérêt de semblables études, de signaler, en citant un exemple, le profit que Ton peut tirer, dans ce cas, d'im examen microscopique. Les myringites dues à la présence des aspergillus ne sont pas rares, parce que les spores de cette algue, mêlées à d'autres spores de la moisissure ['pénicillium) peuvent se trouver suspendues dans l'atmosphère des chambres. Ce fait est démontré par l'observation suivante :
Madame B était atteinte d'une myringite, et
R. Wreden avait constaté la présence de l'aspergillus dans la fausse membrane qui se développait au fond du conduit auditif externe. Voyant la maladie récidiver à plusieurs reprises, il eut l'idée d'infections nouvelles; c après avoir examiné la moisissure desséchée, d'un vert brun, qui se trouvait sur les plafonds et les renfoncements des fenêtres blanchies à la chaux, il constata qu'elle différait du moisi blanc qui recouvrait les murs peints à l'huile. La première se trouvait être le pénicillium glaucum^ et le dernier était parfaitement identique à celui qui se développait dans l'oreille de la malade, Vaspergillus nigricans. » Des essais de culture prouvèrent, de plus, que « le champignon retiré de l'oreille de madame B... et celui du mur, soumis à une culture
sur deux tranches de citron, étaient parfaitement identiques et ne pouvaient être distingués l'un de l'autre *. *
Gubler, observant une main blessée soumise à l'irrigation continue, y a découvert un parasite différent des champignons et auquel il a donné le nom de leptomitus epidermidis.
Quant aux champignons mieux connus qui caractérisent les teignes :
Hs occupent, dit Bazin, la couche profonde de Tépiderme entre les cellules pavimenteuses et les cellules à noyaux. Bientôt la couche cornée de Tépiderme cède à la pression du cryptogame qui se montre à nu et sous des formes variables suivant l'espèce de teigne. Ce sont des croûtes jaunes et minces ffavus épidermique) des lamelles d'un beau blanc de neige (teigne tonsuranûe), et un duvet gaisàtre (pelade) ^ Le champignon qui germe sous l'ongle se comporte absolument de la même manière; fl occupe le môme siège anatomique. Ici la lame cornée ofifrira une grande résistance ; il faudra donc au parasite un temps plus long pour la perforer et paraître au dehors. > Quant aux poils, les parasites se comportent, à leur égard, de la même manière absolument, f Les spores, se dirigeant vers la profondeur du follicule, traversent les cellules pavimen* teuses qui constituent ce canal et sont arrêtées par les conduits sécréteurs des glandes pileuses. Elles viennent se fixer, dans le canal épidermique, immédiatement au-dessus de l'orifice de ces conduits. De là elles s'étendent, s'accroissent, convertissent tout en leur propre substance. Tout est attaqué, détruit, transformé en matière champignonneuse, de sorte que le poil, examiné au mircoscope, offre des altérations remarquables. Les fibres longitudinales paraissent écartées et leurs intervalles remplis par des spores qui pénètrent souvent jusque dans la partie médullaire ; en différents points on peut trouver
i. Voy. uno observation analogue de champignons dans le conduit lacrymal (Mouv, médical, n« du 15 août 1S74, p. 380.)
des renflements^circulaires, oyoîdes, tubériformes... quelquefois visible^ à ToBil nu. (Bazin.)
Si Ton a égard au siège du parasite et à sonmode de déyeloppement, on concevra combien il sera difficile de le reconnaître dès le début d^une teigne. D*un autre côté les éruptions diverses, qui précèdent ou accompagnent le développement de l'épiphyte, peuvent en masquer les caractères. Il est donc urgent de pouvoir, dès le début d'une semblable affection, examiner au microscope les parties malades et rechercher les spores, dont la présence affirme seule le diagnostic. Nous allons indiquer brièvement comment cet examen doit être fait pour chacune des formes de teigne que nous avons admise. Rappelons, une fois pour toutes, ce que nous avons dit (p. 24) en ' parlant des réactifs. La glycérine devra être employée dans ces recherches pour éclaircir les poils et faire apparaître les parasites végétaux.
Teigne faveuse, — Tout à fait au début, alors que le cuir chevelu se trouve recouvert d'une quantité assez abondante de débris squameux ou d'une éruption pustuleuse, on reconnaît déjà une altération des poils, qui parait caractéristique. Les poils sont ternes, leur résistance est moindre, leur couleur devient grisâtre ou rougeâtre. Si on les arrache pour les examiner au microscope, on constate que le bulbe du poil et son prolongement radiculaire renferment déjà quelques spores ou filaments tubuleux reconnaissables aux caractères que nous indiquerons dans un instant. Plus tard, l'altération devenant plus grave, on constate ce qui suit : c La tige seule peut paraître affectée, et, sur plusieurs points de sa longueur, on trouve des fragments de matière analogue à celle qui produit les croûtes: c'est également du favus; de plus, le poil est
terne, les deux substances corticale et médullaire sont moins distinctes que dans l'état normal , les fibres longitudinales paraissent plus grosses. Il n'est pas rare de trouver sur les membranes non plus seulement des spores, des tubes de mycélium, mais aussi de la matière faveuse en masse^ déposée entre le prolongement radiculair e du poil et la . tunique capsulaire interne. En même temps la tige offre la même altération^ mais plus prononcée encore que celle dont nous venons de parler tout à l'heure. La capsule peut manquer on bien on n'en trouve que des lambeaux. Le bulbe du 'poil et son prolonge^ ment radiculaire sont parsemés de spoiiés et de filaments tubuleux. EUifin, quand l'altération est portée à son comble^ le poil est atrophié, décoloré, les fibres longitudinales soot écartéea; dans leurs intervalles se voient des spores bien distinctes» et, sur les bords, des filaments tubuleux qui semblent sortir de l'épaisseur du cheveu. (Bazin.)
Le diagnostic se trouvera établi le plus souvent par Texamen des croûtes laveuses que Ton délaje dans un peu d'eau ou d'acide acétique, et que Ton examine à un grossissement de 300 diamètres. Dans ces cas, « on ne volt que des sporules, des tubes vides (mycélium) et des tubes chargés de sporules (sporidies). Les sporules ont un volume et une forme variables : les unes, plus petites, se distinguent à peine des granulations noires; les autres ont jusqu'à 0'"™,007 à O'nn^jOOS de diamètre et paraissent avoir deux enveloppes (gross., 800 diam,). Leur forme est ovoïde, quelquefois triangulaire, et comme étranglée vers le milieu : il n'est pas rare de les voir réunies bout à bout en chapelet* Les tubes sont flelueux, simples ou ramifiés, vides ou chargés de spores et de granules : accolés les uns aux autres, ils forment des tiges plus ou moins larges et quelquefois comme articulées. » fig. 40). L'alcool, Féther et le chloro-
forme ne dissolvent pas ces croûtes faveuses; Pammoniaque ne Mi que les blanchir un peu.
Outre VackoHon SchœtUeinii, dont nous venons d'indiquer les caractères, la teigne faveuse a quel-
Fig. 40. — Parcelles de favue. (Bazin, pi. III). '- a, Sporules isolées ; h, sporules réunies ; c, chaîne de sporules ; d, tubes vides ; fy filaments tubuleux réunis ; g^ granules.
quefois un autre épiphy te : la puccinia favi^ découverte et décrite par M. Ardsten, qui Ta retrouvée dans le pityriasis* Il se compose de deux cellules conoïdes réunies par leur base.
Teigne tonsurante. — Le parasite qui donne naissance à la teigne tonsurante est caractérisé « par des sporules rondes ou ovales, transparentes in-> colores, à surface lisse, à intérieur homogène^ variant entre 0«*",002 et 0'»n^,008 ; les spores naissent datis l'intérieur de la racine des cheveux sous forme d'un groupe de sporules rondes. Celles-ci donnent naissance à des filaments articulés qui, en se développant, rampent dans Tintérieur du cheveu en suivant son axe. Il a reçu le nom de iricoph^on tonsurans, » (Lebert.) Cet épiphy te est donc presque exclusive-
ment composé de spores. Cepeadant, d'après Ba^a, les tubes de mycélium existeraient dès le début de la maladie aussi bien qu'à une période avancée; ils
disparaîtraient au moment où le cryptogame est dans toute la force de son développem^it.
L'affection > dAbute par l'altéritioa des poila. 11b changent da couleur, devieiiaent temes, secs, trèa-casMiiti. Si l'on peut arriver à lea eitraire, avec leurs bulbes, on constate que, tout autour du poil et dans son épaisseur, eiisteni des spoies quelquefois allongées et se rapprochant des tubes de mycélium. Quelquefois aussi les poils présentent, de distance en distance, des renflements olivaires ou tubéreux. Plus tard, alors que lee tonsures se forment, le parasite se montre sur les poils brisés et sur l'épiderme. Il prend la Tonne d'une gaine amiantacée. blanc mat, recouvrant presque complètement les poils. Sur l'épidermc, 11 forme une substance floconneuse, blanche, qui ressemble assez bien à l'hypersécrétion ëpider' miquequi l'accompagne. On le distingue par sa coloration plus UaDche et par l'examen microBcopque. A cette période, les
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poils ne peuvent plus être arrachés ; ils paraissent donc épiés à leurs deux extrémités. Les deux substances (corticale et médullaire) sont confondues, les 6bres longitudinales sont écartées et leurs intervalles sont remplis de sporules. Le poil forme le centre d'une espèce de manchon composé exclusivement de spores.
A la troisième période de la maladie, le champignon détermine l'inflammation du follicule pileux : le pus, qui se sécrète dès lors en grande abondance, tue le champignon parasite. Les gaines et les lamelles argentées disparaissent; une éruption pustuleuse survient. Le tricophyton, dès lors, est difficile à apercevoir : les spores, quand on les trouve, sont inégales, petites et mêlées à un plus grand nombre de tubes de mycélium. D'après M. Bazin, à qui nous avons emprunté cette description, le microsporon mentagraphytes de Gruby, ne serait autre que ce tricophyton arrivé à sa troisième période. Le Sjfcosis parasitaire ne serait donc autre chose qu'une période plus avancée de la teigne tonsurante. Pour M. Robin, le microsporon n'existerait pas et l'erreur de Gruby proviendrait de ce qu'il a confondu avec des tubes de mycélium des lambeaux d'épiderme roulé sur lui-même. A cette troisième période, le follicule pileux enflammé peut s'oblitérer, ou bien, la sécrétion pileuse continuant, il donnera naissance à un poil rouge jaunâtre, très -grêle, dont l'examen microscopique nous montrera tous les éléments confondus.
Le cuir chevelu est le ^iége de prédilection du tricophyton tonsurans. Cependant nous avons déjà vu qu'on rencontrait ce parasite sur la face et le cou (deuxième période ou période pityriasique du sycom). On le trouve encore, avec des caractères analogues, aux parties sexuelles, à Faisselle, plus rarement sur le tronc et les membres.
Teigne pelade, — Elle est due à la présence du microsporon Audouini. C'est un épiphyte dont les spores sont plus petites, moins nombreuses que
dans le tricopbyton; les trichomata sont plus nombreux.
La disposition du champignon, par rapport à la tige et à la racine du poil, est fort remarquable et bien différente de celle du tricophyton. Ainsi sur la tige, les spores forment quel> quefois de petits groupes isolés ou affectent une disposition racémiforme. La tige elle-môme présente de distance en distance des renflements ou nodosités sphériques ou ovoïdes, constitués par les fibres longitudinales dilatées et incurvées, au travers desquelles on aperçoit des amas de sporules. Dans les intervalles des renfrements, le poil ne parait pas malade. On ne constate de brisure sur les cheveux malades qu*au niveau des nodosités, qui se rompent à la manière d*un jonc. Quand Taltération cryptogamique est parvenue à son minimam d*intensité, les fibres du cheveu sont écartées dans toute leur étendue par les spores disposées en séries linéaires ; mais le cheveu est mince, transparent, aplati, et non en fascicules et en touffe comme la teigne tonsurante. Sur la racine, les désordres ne sont pas moins remarquables. Ainsi, le plus grand nombre des cheveux extraits des tonsures de la pelade ont un bouton sans capsule, tandis que^ dans la teigne tonsurante ou Therpès en desquamation, ils n*en ont pas puisqu'ils sont rompus aux deux extrémités. Dans la pelade^ la racine du cheveu est recourbée en crosse ou droite et en massue,* le cheveu extrait de la circonférence des tonsures dans l'herpès offre souvent un renflement énorme qu'on peut comparer pour la forme soit à l'oignon, soit au navet, et si l*altération de la racine est portée aussi loin que possible^ celle-ci présente l*aspect d'une fourche ou d'un trident. Le microsporon épidermique et le microsporon unguéal (si tant est qu'il existe) sont faciles à constater en examinant au microscope le duvet grisfttre qui recouvre les plaques dénudées de la pelade et la substance qui forme les points jaunes de l'ongle dans la même maladie; mais on trouve touyours, avec les élén^ents oryptogamiques, un grand nombre de cellules épithéliales, tandis que le tricophyton se trouve à l'état de pureté dans les gaines blanches qui entourent les poils brisés de l'herpès en desquamation. > (Bazin.)
Le champignon de la pelade, découvert en 1843 par Gruby, et nommé par lui Microiporum Andoiiini, n'avait été depuis retrouvé que difficilement et avec des caractères incertains. Mais il a été étudié récemment par M. Malassez, qui s'est appliqué èi préciser les moyens propres à en Eiciliter la recherche et la consta lion : à cet effet, il recueille non seulement les cheveux de la pén phérie des plaques, mais aussi les pellicules que l'on obtient en raclant légèrement le cuir chevelu au ni veau de ces plaques : c'est surtout dans ces dernières parties que le parasite peut être constaté ; à cet eifet ces pellicules sont dissociées et agitées soit dans l'éther, soit dans de l'alcool absolu. Lorsqu'on les suppose bien dégraissées, on les lave de nouveau dans l'alcool absolu n'ayant pas encore servi à cet usage ; puis on les monte dans une solution d'acide phénique au cen- '™^ ' marctia tiême. Si elles ne sont pas bien 'la'.]*' " dissociées, les préparations ne sont pas assez transparentes. Si elles ne sont pas bien dégraissées, si l'alcool mis en dernier lieu contient encore de la graisse dissoute, les préparations sont obscurcies par des granulations ou des gouttelettes graisseuses, ce qui peut induire en erreur. {L. Malassez. Notesvr le champignon de la pelade, Archiv. de Physiol. 1874), D'après M. Malassez, le champignon de la pelade occupe les parties les plus
superficielles de la couche cornée de répiderme : il ne se rencontre qu'accidentellement sur les cheveux, et encore siége-t-il sur des cellules épithéliales qui proviennent de Tépiderme (fig. 42). Il est uniquement composé par des spores sphériques, les unes de 4 à 5 (jl, les autres de 2 |jl de diamètre. Il n'existe pas de tubes, mais seulement de petits chapelets de 5 à 6 spores au plus.
Le microsporon Audouini se retrouve, avec le tricophyton ulcerum (?) à la surface de certains ulcères cutanés.
Nous avons vu, plus haut, en étudiant les crasses que Ton rencontre à la surface cutanée, que certains dépôts paraissaient formés par les débris ou les déjections d'épiphytes ou d'épizoaires. Le seul parasite végétal décrit sous le nom d'^épidermophj/ton par Bazin est le microsporon furfur. L'affection cutanée à laquelle il donne le plus souvent naissance porte le nom de' pityriasis versicolor, mais on le rencontre également dans les chloasma, les éphélides, etc. Il est situé plus superficiellement que les végétaux que nous venons de décrire. Quand il existe sur les poils, il végète à leur surface, sans jamais pénétrer à leur intérieur. Mélangé à de nombreux débris épidermiques, le microsporon furfur passerait souvent inaperçu, si l'on n'avait la précaution de traiter la préparation par de l'ammoniaque ; on se débarrasse ainsi de l'épiderme et l'on peut observer le parasite pityriasique (Robin). On constate dès lors que le microsporon furfur est formé « par un réseau très-riche composé de tubes ou de filaments droits ou contournés, simples ou ramifiés, avec des spores terminales. Ces filaments sont plus étroits que
cenzieVotdiumaliicans; ils nesontpascloisonnés. Les spores sont sphériques, plus grosses que celles du mcrosporon A%doKini. Elles rélïacteiit fortemenl la lumière et paraissent, vues sur le champ du microscope, avec un contour bilinéaire ; elles ne renferment pas de granules à leur intérieur. » (Bazin.)
Récemment, M. Malassez a décrit des spores que l'on rencontrerait constamment dans le pHyrians iMt^/« [du cuir chevelu ou de la barbe) et qu'il considère comme le champignon du pityriasis capilii. On peut, diWl, observer ces spores sur les pellicules pityriasiques que l'on recueille en faisant peigner au peigne fin et brosser la Ifite du malade sur une feuille de papier. Ces pellicules sont ensuite dégraissées avec le plus grand soin par une macération d'unjouroudeuidansl'élher, en ayant soin d'agiter de temps en temps et de renouveler plusieurs fois le liquide. On recomudt que l'opération est terminée bisque l'éther, déposé dans un peu d'eau sur une lame porte-objet, ne laisse plus déposer de granulations graisseuses. On dissocie ensuite avec des
aiguilles dans de Falcool et on couvre la préparation d'une lamelle. (Il est bon de la border dç paraffine, pour éviter la dessication.) Les spores que Ton observe alors présentent de très-petites dimensions (2 (A.); comme pour la pelade, le champigno];! est uniquement composé de spores; mais ici les spores sont ovoïdes et presque toutes pourvues d'un bourgeon, tandis que celles de la^jp^elf^jy^t sphériques, plus volumineuses J \ , ' \.i,;^i,<«
Nous avo|i« déjà 'SignsLÎé, à propog^^ii^sang (p. 73) les différents microphytes que f 0ïjL^y.t aussi rencontrer dans diverses m3.1ad,res. !bj^soxv$ seulement que sur la peau des varioleux, çl^^ scarlatineux, des rubéoliques, des malades atteii^ts de syphilis, de pellagre, etc., etc., on a découvert des sporules dont la description ne saurait être donnée, leur nature étant encore impossible à déterminer avec précision.
Parasites animaux. — Nous dirons peu de chose des épizoaires proprement dits. Vivant à la surface cutanée, visibles à Tœil nu, les différentes espèces de pouof et la puee {pulex irritans) sont décrites dans tous les traités d'histoire naturelle. Les phénomènes qui accompagnent les lésions qu'elles produisesnt intéressent peu le micrographe.
La chique (puleof penetrans) est rare dans nos pays; elle pénètre sous la première couQhe de la peau, y apparaît comme un grain de poudre, se creuse une loge, puis, absorbant les liquides des tissus, se gonfle énormément. Bientôt surviennent des démangeaisons, des douleurs intolérables. Il faut extraire l'animal, sinon les œufs auxquels il donne naissance
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distendent encore son abdomen; il en résulte une inflammation de la peau et un kyste se forme. C'est ce kyste dès lors qu'il faut énucléer et extraire en totalité pour éviter la production d'ulcères d'assez mauvaise apparence*.
Il est également rare que l'on ait affaire aux tiques, ou rouget, acarien qui, des tiges des graminées qui lui servent habituellement de demeure, s'attache à la peau, surtout des jambes, des cuisses et du basventre, aux larves de muscides et à^œstrides, qui se rencontrent dans les fosses nasales ou même sous la peau. Nous renvoyons pour la description de ces épizoaires aux différents traités d'histoire naturelle médicale.
Deux épizoaires, qui vivent dans l'épaisseur de l'épiderme, doivent plus longuement nous arrêter. Ce sont Yacarus folliculorum et Vacarus scaMei *.
Ck>nnu sous les noms de demodew follicularis (Owen), Simonea folliculorum (P. Gervais), entozoon folliculare (E. Wilson), Vacarus folliculorum (Henle, puis Simon) peut exister, même à l'état physiologique, dans les glandes sébacées. Il sufQt, pour le trouver, de recueillir les produits obtenus en extrayant le sébum des glandes du nez. On racle, à l'aide d'un couteau, les fireigments de sébum qui apparaissent par une pression exercée sur les ailes du nez; on les ramollit à l'aide d'une goutte de glycérine et on les étale sur le porte-objet. A l'aide d'un grossissement de 300 à 400 diamètres, on peut, lorsqu'il existe, reconnaître le parasite.