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Voy. Robin, Traité des humeurs

naissance, ce produit brun, verdâtre, visqueux, tenace, ne renferme, en effet, que les produits de desquamation de rintestin du fœtus et les résidus des humeurs excrémentielles déversées à sa surface. C'est ainsi que Texamen du méconium permet d'y constater :

1*» Un mucus transparent, très-tenace, strié, se ^ gonflant lentement sous Teau et englobant tous les éléments figurés que renferme le méconium.

2» Des débris figurés ; cellules épithéliales prisr matiques, rares et isolées au moment de Taccouchement, beaucoup plus nombreuses, sous forme de gaines épithéliales des villosités, vers le quatrième ou le cinquième mois de la grossesse. Ces cellules, plus ou moins déformées, à noyau ovoïde, trèsgranuleuses, sont teintées en jaune verdâtre par la bile.

3® Des granulations protéiques ou des granula- 'tions graisseuses en nombre plus ou moins considérable.

40 Un grand nombre de grumeaux globuleux, ovoïdes ou polyédriques, souvent agglutinés les uns aux autres, faciles à dissocier, d'une coloration verdâtre, plus rarement encore violacée. Traités par Tacide azotique, ces granules prennent une coloration violacée très-nette. Quelquefois, mais rarement, ils peuvent offrir la série des colorations qui caractérisent la biliverdine. Ces éléments caractérisent le méconium ; ils existent toujours, lui donnent sa coloration verdâtre, tandis que la coloration grise, qu£ Ton observe parfois, pwraiît due à Taccumulation de cellules épithéliales prismatiques ou pavimenieuses.

FÈCES NORMALES. 259

5^ Enfin le méconium renfenne assez souvent des cristaux de cholestérine ; ils sont petits, sous forme de lamelles transparentes à bords et à angles trèsnets (fig. 69). Ils n'existent que pathologiquement dans les fèces évacuées pendant la vie extra-utérine (Robin).

Les fèces d'un enfanta la mamelle, jusqu'au dixième ou douzième jour, renferment encore une très-grande quantité de grains de biliverdine, bientôt mélangés de grumeaux caséiformes composés de globules de lait granuleux, demi-transparents, agglutinés les uns aux autres.

n. — Féots normales

Les fèces normales renferment, outre les résidus alimentaires que nous étudierons dans un instant, des élémeiits analogues à ceux que l'on trouve dans le méconium.

i^LtO mttcus forme des amas grisâtres, lents à se gonfler sous l'eau, donnant à celle-ci une consistance mucilagineuse et un aspect trouble dû aux particules figurées qu'il englobe. Il est peu strié, même après addition d'acide acétique.

2*> Les déments fiffurés qu'il renferme sont presque toujours déformés. Tandis que dans le méconium on trouve souvent des gaines entières de villosités (voy. fig. 64), celles-ci ne se rencontrent dans les fèces de l'homme adulte qu'à l'état pathologique. On trouve, le plus souvent, dans le liquide qui a servi à délayer les matières fécales : des cellules ovoïdes ou prismatiques infiltrées de molécules graisseuses ou des noyaux libres enveloppés de

masses irrégulières d'un protoplasma amorphe; quelques leucocytes granuleux, surtout dans les selles diarrhéiques,

3" Le^ granulations moléculaires, trés-fiaes, toujours animées de mouvement brownien, sont : les unes grisâtres, solubles dans l'acide acétique (gianiilations protéiques); d'autres réfractant fortement la lumière, à contour brillant, solubles dans l'éther (granulations graisseuses),pouvant s'accumuler de manière à former de vérilaMea gouttelettes graisseuses ; d'autres enfin, plus volumineuses que lea précédentes, s'observani, surtout quand les matières ont seî, Bcide msrgïrique ; 3, t4- joumé pendant quelque d™ CTituuiTd^idr maPM- tomps au contact de l'air, riipie ; i, gouiiei de greisH ; très-rares à appar^tre s, cr.aïaui de ciwiBsiénne. quand elles ont été traitées par l'acide phénique, très-abondantes dans les cas pathologiques, constituent les éléments figurés que nous avons déjù décrits sous les noms de baclerium pitnctuM (»oj. p. 69), bacteriim, catentUa, etc. (voj. Fèces fotk., p. 272}.

4° Les grumeau: amorphes verdâtres, formés par des accumulations de matière biliaire, très-fréquenfe dans le méconium dont ils sont caractéristiques, ne s'observent dans les fèces que lorsque la bile a été péversée en quantité très-abondante dans l'intes^D

Fig. S9. .

FÈCES NORMALES. 361

(poljcholie). Parfois, dans les selles noirâtres, trèsfoncées, on en observe encore un certain nombre; mais il est toujours difficile d'obtenir, à l'aide de l'acide azotique, les réactions qui caractérisent la présence de la bile ; s'il est vrai que l'on puisse provoquer parfois une coloration rougeâtre, il arrive

plus souvent encore que Ton n'ait que la coloration jaune qui décèle la présence de matières

5" On n'observe "pas de cristaux de choleatérine ; mais, par contre, les fèces normales renferment des aiguilles jaunâtres ou même des masses globuleuses constituées par des acccumulations de cristaux aciculaires d'acides sléarique, macgarique, oléique, etc. (flg. 69)-

6° Enfin les selles normales peuvent renfermer des œufs d'ascarides, de trioocéphales etc., ou môme, bien que très-rarement, des filaments de leptolkria:.

Outre ces éléments ^ qui proviennent des parois intestinales, les fèces contiennent, même à Tétat normal, des résidus alimentaires^ absolument réfractaires à la digestion ou n'ayant pu être com^étement liquéûés sous. Finfluence des sucs digestifs.

Parmi les produits végétaux réfractaires à la digestion, nous citerons (fig. 70] : la cellulose, que ron peut reconnaître à la coloration bleue qu'elle prend sous l'influence du réactif iodo-sulfurique ; les cellules végétales renfermant encore de la chlorophylle soit à Tétat amorphe, soit en granules disposés en amas plus ou moins symétriques ; ces cellules sont souvent opaques, presque noirâtres ; d'autres cellules végétales de formes et de dimensions variables, les unes sphériques, d'autres cylindriques; des vaisseaux et des trachées reconnaissables aux stries que détermine le filament spiral, etc.

Il est impossible de décrire tous les aspects que présentent ces matières végétales. Pour les examiner avec quelque fruit, il est indispensable d'acquérir une expérience que donne l'examen microscopique des excréments d*herbivores. On évitera ainsi de nombreuses erreurs et une perte de temps considérable.

Ces excréments ne présentent presque pas cette odeur fétide qui rend insupportable l'étude des matières fécales de l'homme; en outre, ils -montrent une préparation toute faite des éléments végétaux réfractaires à la digestion. L*étude des excréments d'une chenille, d'un insecte, d'un têtard de grenouille suffira même le plus souvent à mettre le médecin au courant de l'aspect que présentent les trachées spirales, les épidermes végétaux, etc., etc. C'est à ce procédé d'isolement que les phytologistes ont souvent recours pour étudier certaines parties des végétaux.

Parmi les produits animaux, on rencontre des

FECES PATHOLOGIQUES. 363

débris de tendons, de tissu élastique (qui parfois ont été confondus avec des vers intestinaux), de poils, de Êragménts osseux, de débris calcaires (enveloppes des crustacés, etc.).

Presque toujours à ces débris s^ajoutent, même dans les conditions normales, des matières alimentaires plus ou moins modifiées. Ainsi, les selles des enÊtnts renferment des masses de caséum plus ou moins transformées; les selles des adultes, des fibres musculaires, encore aisées à reconnaître à leur striation qui persiste assez longtemps, bien qu'elles soient, le plus souvent, teintées en jaune brunâtre par la bile; enfin, et surtout, des accumulations assez considérables de matières grasses non émulsionnées. C'est la présence de ces éléments qui suffit parfois à elle seule pour caractériser, à Texamen microscopique, certaines évacuations pathologiques dont nous avons maintenant à nous occuper.

m. — Fèoes pathologiqaes

Les évacuations alvines peuvent devenir pathologiques : 1^ par augmentation ou diminution des éléments qu'elles renferment normalement; 2® par leur mélange à certains liquides, accidentellement déversés à Tintérieur du tube digestif (sang, pus, etc.); 30 par la présence de corps étrangers ou de parasites.

Nous avons vu que les fèces normales renferment : des débris épithéliaux, du mucus et des aliments plus ou moins réfractaires à la digestion. L'augmentation des débris épithéliaux s'observe dans toutes

les maladies accompagnées de diarrhée. Tantôt les cellules épithéliales, peu modifiées, nagent au milieu d^un liquide séreux; tantôt elles sont encore adhérentes les unes aux autres,, formant des amas qui reproduisent en partie les coiflfes des villosités (dysenterie) et qui peuvent apparaître sous forme de lambeaux blanchâtres; d^autres fois, elles sont gra* nuleuses ou même presque totalement détruites, n'apparaissant plus que sous forme de noyaux libres mélsmgés à des cellules plus volumineuses, sphé* riques, à protoplasma granuleux (choléra) ; quelquefois les lamelles épithéliales, retenues par du mucus plus ou moins concret, forment de larges membranes gélatiniformes, que souvent on a confondues avec des débris de la muqueuse intestinale mortifiée dans toute son étendue. Ces pseudo-membranes ne présentent pas Taspect fibrillaire qui caractérise les fausses membranes diphthéritiques ; leur forme ne rappelle en rien celle des membranes hydatiques; enfm, on les distingue des fausses membranes du muguet par l'absence d'algues. Le microscope y fait reconnaître le mucus et les cellules épithéliales: jamais on n'y voit de vaisseaux. On les observe dans les cas de constipation opiniâtre, dans la dyspepsie des hypocondriaques, etc. Dans tous ces cas le mucus concret contient un très-grand nombre de cellules épithéliales gonflées, volumineuses, physaliformes, des leucocytes ou des globules de sang, enfin quelques débris alimentaires *.

Les débris gangreneux grisâtres de muqueuse

1. Voy. sur ce sujet la thèse inaugurale do l'un do nos élèves, le Dr Poignard. Paris, 1875*

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intestinale mortifiée s'observent dans les cas d'invagination intestinale : leur structure microscopique ne pourra être reconnue qu'à la suite de coupes pratiquées sur ces membranes préalablement durcies.

Dans certaines formes de diarrhée, et surtout dans le choléra, les évacuations alvines renferment des grains riziformes composés de cellules épithéliales, réunies sous forme de petits lambeaux mélangés à des leucocytes, du mucus, des cristaux d'acides gras, etc. Dans les inflammations du gros intestin, dans la dysenterie, les corpuscules grisâtres, transparents (rappelant l'aspect de grains de sagou), que Ton observe dans les fèces sont, au contraire, presque exclusivement composés de leucocytes renfermant deux à trois noyaux.

Le rn/ucus intestinal peut être assez liquide, glaireux, conservant son aspect strié sous l'influence de de l'acide acétique (selles séreuses et muqueuses), d^autres fois il constitue des flocons blanchâtres' englobant des leucocytes, des cellules épithéliales desquamées ou agglutinées sous forme de cylindres. Dans les cas de diète prolongée, ou après une constipation opiniâtre, ce mucus devient concret et s'élimine sous forme de cylindres grisâtres ou blanchâtres, quelquefois creux, d'autres fois plus tenaces encore et pleins. Ces amas de mucus grenu, trèsdifficiles à gonfler sous l'influence de l'eau, englobent des gouttes de graisse, des cellules épithéliales plus ou moins granuleuses, quelquefois des cristaux d'acides gras ou de phosphate ammoniaco-magnésien. Quand ces cylindres de mucus sont blancs et très-aplatis, on peut les confondre avec des débris

de vers intestinaux ; d^autres fois, leur forme cylin* drique les a fait prendre pour des lambeaux de muqueuse intestinale.

Plus ou moins modifiés par les sucs digestifs, les débris de matières alimentaires peuvent se reconnaître dans les selles pathologiques : quelquefois, les aliments passent sans grande modification (selles lientériques], et se reconnaissent alors mélangés à du mucus, de la bile et des lamelles d'épithélium cylindrique ; d^aulres fois, quelques substances sont seules réfractaires à la digestion. Ainsi la présence de la graisse sous forme de couche huileuse ou blanche, ou bien encore présentant Taspect de lobules adipeux jaunes blanchâtres, appendus aux fibres musculaires à peine modifiées, peut faire penser à une maladie du pancréas, bien qu'elle se rencontre souvent aussi peu modifiée dans certaines formes de dyspepsie. Dans le choléra^ on reconnaît aussi, au milieu des débris alimentaires, de nombreuses gouttelettes huileuses, sphériques. Dans les selles diarrhéiques des cancéreux, des phthisiques, des individus épuisés à la suite de suppurations abondantes, etc., on trouve parfois des amas de mucus, d'aiguilles cristallines et de graisse qui se présentent sous forme de corpuscules ovoïdes assez volumineux, ayant la consistance du suif ou même des bougies stéariques (Gh. Robin). Enfin, certains débris de végétaux toxiques, introduits par la voie de Talimentation, pourront être retrouvés à peu près intacts dans les selles. Bornons-nous à mentionner les spores des champignons, qui se retrouvent toujours dans les selles et qui, par leur agencement avec les basidies et le tissu cellulaire, pourraient

.FÈCES PATHOLOGIQUES. 367

servir à diagnostiquer à quelle espèce, comestible ou torque, on a eu affaire '.

D^autres fols, le microscope pourra faire reconnaître certains médicaments qui, introduits sous forme pulvérulente ou pilulaire, n^auront pas été modifiés. Enfin, le tamisage des matières fécales fera trouver les calculs et les concrétions stercoraies.

La bile se reconnaît, le plus souvent, non au microscope, mais par les réactions obtenues à Faide de Tacide nitrique. Elle ne contient quelques éléments anatomiques que lorsqu'elle a séjourné quelque temps dans la vésicule biliaire. Dans les matières diarrhéiques on trouve cependant des iamas de bile à rétat granuleux, retenus par du mucus semifluide, et reconnaissables à leur coloration ou quand on vient à les traiter par Facide nitrique. Mais c'est surtout l'existence de calculs biliaires ou de calculs stercoraux qui peut nécessiter un examen plus approfondi. Disons immédiatement que les calculs mélangés aux matières fécales pourront renfermer des cristaux caractéristiques. Les uns existeront sous forme d'amas brillants semblables à de la leucine (gljcocholate de chaux); d'autres aciculaires^ minces, jaunâtres, formeront des faisceaux en forme de rosace, de feuille, d'étoile, etc. (acide margarique) ; quelques-uns aplatis, prismatiques en forme de feuilles de fougère, finement dentelés, ou bien prenant la forme de prismes droits à base rectanguxlaire (phosphate ammoniaco-magnésien), pourront

1. Boudier, Des champignons au potTtt de vue de leurs caractères usuels chimiques et toxicologiqv^s. Parie, 1866.

exister aussi mélangés aux fèces, surtout dans les selles diarrhéiques des individus soumis à une alimentation purement végétale, dans celles des typhoïques, etc. Nous renvoyons à Farticle Urine pour rétude micro-chimique de ces dernières formes de calculs.

Les leucocytes que Ton rencontre toujours, mais en petites proportions, mélangés aux fèces pathologiques, se présentent parfois en proportions telles que le liquide prend un aspect puriforme caractéristique. On constate ce phénomène soit dans les cas d'ulcération du rectum (tubercules, dysenterie, etc.), soit dans les cas où un abcès s'ouvre dans l'intestin. Les leucocytes granuleux, à un ou plusieurs noyaux, sont parfois (dysenterie) retenus avec des épithéliums déformés par un mucus consistant, conservant l'aspect strié, et formant dès lors la plus grande partie des lambeaux ou des flocons que l'on observe dans les selles. Les granulations graisseuses, souvent très-abondantes, donnent à ces flocons une coloration blanche. D'autres fois les leucocytes, très-granuleux, nageront au milieu d'un liquide grisâtre, fétide, souvent mélangé de sang, renfermant, en outre, des débris de matières alimentaires, quelques cellules épithéliales et des amas de mucus strié (ulcères chroniques de l'intestin). Enfin, nous avons déjà vu que, dans certaines formes de diarrhée, dans le choléra, etc., les grains riziformes contiennent un assez grand nombre de leucocytes granuleux. Ceux-ci peuvent manquer cependant; leur présence n'a donc rien de caractéristique. — Rappelons que le pus évacué avec les matières alvines peut présenter une coloration bleue ou verte signalée par

FÈCES PATHOLOGIQUES. 909

Ch, Robin, Delore, Fordos, etc. (Voy. TraU$ des hnmews.)

Les hématies peuvent aussi être reconnues dans les selles : tantôt on y rencontrera des globules sanguins de dimensions, de formes et de colorations normales. Ce sera toutes les fois qu'une grande quantité de sang aura été versée dans Fintestin ou lorsque le sang n'y aura pas séjourné pendant longtemps (hémorrboïdes, dysenterie, maladies du gros intestin] : le plus souvent, les globules sanguins seront dentelés, crénelés, désagrégés en granules (Voj. p. 49.) On observera ces modifications dans les évacuations noirâtres qui surviennent dans les cas d'ulcère ou de cancer stomacal. Souvent les globules sanguins seront réunis en amas, mélangés au mucus, ou formant des caillots plus ou moins volumineux; dans ce dernier cas, la fibrine, qui, obser* vée dans les matières alvines, retient souvent dans ses mailles plus de leucocytes que de globules sanguins, englobe ces derniers comme dans le caillot d'une saignée.

Nous ne ferons que signaler les liquides d'aspect puriforme, plus ou moins mélangés de sang, qui s'écoulent par l'anus dans les cas de cancer intestinal. Bien que le liquide, dans ces cas, puisse contenir encore un grand nombre de cellules, dont les noyaux volumineux, ou les aberrations de forme pourraient fournir quelques indications utiles (voy. p. 190), il importe de édre remarquer que ces cellules peuvent se rencontrer dans certaines néoplasies purement inflammatoires.

Les corps étrangers que l'on trouve dans les fèces sont des débris alimentaires non digérés, des par-

celles de corps réfractaires à la digestion et accidentellement introduits dans les voies digestives, quelquefois des globules formés par des aiguilles d^ides stéarîque ou margarique (choléra, dysenterie), parfois confondus avec des productions cryptogamiques; assez souvent des calculs biliaires ou des concrétions stercorales, des cristaux de phosphate ammoniacomagnésien (diarrhée, dysenterie, choléra), enfin des sels toxiques ou des poisons de diverse nature éliminés en même temps que les résidus de Talimentation. Parmi ces corps étrangers, il faut signaler le sable intestinal, formé par des particules siliceuses ou végétales venues du dehors, autour desquelles sont déposées des couches de matières azotées et du phosphate ammoniaco-magnésien (Laboulbène). Cette matière ne doit pas être confondue avec le phosphate ammoniaco-magnésien parfois éliminé par les sujets ayant une alimentation purement végétale ou à la suite de purgatifs magnésiens. On distinguera également le sable intestinal des diverses concrétions assez fréquemment trouvées dans les garde-robes de malades que Ton a pu croire atteints de gravelle bilieuse (akènes de fraise, concrétions pierreuses des poires, etc.).

Quant aux calculs imùestinaux et aux égagrapUeSy concrétions formées par une agglomération de poils ou de matières végétales feutrées, provenant du caryopse de Tavoine ou de Torge, Tanalyse microscopique permettra le plus souvent d'en reconnaître la composition ^ Nous renvoyons à Tarticle Vomissements (p. 250) pour ce qui concerne les recherches

i. Voy. Robin, TroUé des humewn, 9«édit., p. 983.

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médico-légales à entreprendre dans les cas d'empoisonnement. .

Les parasites observés dans les déjections alvines proviennent de trois sources différentes : i<* les uns ont pris naissance dans les matières putréfiées ou altérées dans Tintérieur du tube digestif. Tantôt, en effet, ces parasites inûisoires se rencontrent dans les matières récemment évacuées et disparaissent par le refroidissement (Davaine); d'autres fois, ils naissent peu de temps après Tévacuation des matières intestinales, et leur présence est liée à des phénomènes de putréfaction ; — 29 d'autres parasites, introduits par la voie de l'alimentation, se sont développés à l'intérieur du tube digestif qui leur a servi d'habitat, puis ont été expulsés par fragments ou en totalité; — 3<* enfin il est un certain nombre de parasites qui se sont accidentellement introduits dans le tube intestinal dont la paroi a été perforée. Ce sont les parasites erratiques.

Dans la première classe, nous rangerons les pro^ tozoaires appartenant aux familles des vibrioniens, des monadiens et des paramécies. Les vibrioniens dont nous avons déjà indiqué les caractères (p. 69) n'existent pas dans les fèces normales^ mais apparaissent très-rapideme^nt dans les liquides diarrhéiques. Davaine affirme que ces parasites disparaissent par le refroidissement des matières évacuées ; ils se développent donc dans les matières encore renfermées dans la cavité intestinale. Toutefois, certains vibrioniens se développent dans le liquide qui a séjourné quelque temps au contact des matières fécales et qui a déjà subi un commencement de putréfaction. Il ne faudrait donc pas attacher une trop

grande importance à leur présence dans les garderobes des diarrhéiques. Il s'y rencontre parfois de vrais flocons composés de filaments mycéliaux analogues à ceux des oïdium, des leptothrix à divers degrés de développement, etc.

Les vibrions s'observent dans toutes les formes que présente la diarrhée : leur nombre paraît d'autant plus considérable que la maladie est plus grave; mais on les rencontre aussi bien dans la diarrhée lientérique que dans la diarrhée qui accompagne la fièvre typhoïde, les ulcérations intestinales des phthisiques, la diarrhée du choléra, etc. On observe encore dans les évacuations alvines des filaments d'algues (leptothrix); enfin Davaine a signalé dans les selles des cholériques et des typhiques des protozoaires du genre cercomonas, et Malmsten y a reconnu des paramécies (paramecium coli).

Les cercoT/nonas se distinguent par un ensemble de caractères assez précis :

Un corps nu, de forme arrondie, discoïde ou ovoïde, un filament flagelliforme antérieur, un prolongement postérieur en forme de queue, plus ou moins long, plus ou moins filiforme et variable, qui s'agglutine quelquefois aux corps environnants et fixe momentanément l'animal. La petitesse, la continuité, la rapidité de leurs mouvements rendent une observation exacte très-difficile, observation qui ne peut être complétée après la mort de l'animalcule, car il devient impossible alors de le distinguer des corpuscules de diverse nature, des cellules épithéliales plus ou moins altérées parmi lesquels il se trouve. (Davaine.)

Le paramecium coli (Malmsten] présente les caractères suivants :

FÈCES PATHOLOGIQUES. 273

Corps ovoïde, aminci en avant, long de 0"",4 environ, un peu variable; tégument couvert de cils serrés, disposés en séries obliques; bouche antéro«latérale munie de cils plus longs ; œsophage légèrement élargi et recourbé ; anus situé en arrière à la face abdominale, plus ou moins saillant et distinct par sa constitution; un noyau oblong elliptique ; deux vésicules contractiles : Tune plus petite, subcentrale ; l'autre située près de Tanus, très-variable; mouvements plus ou moins rapides, quelquefois tournoyants.

Nous avons déjà vu que, dans le choléra^ les selles ne renfermaient plus qu'un épithélium à peu près détruit, troublé, grenu. La grande masse des flocons est composée de mucus hyalin retenant quelques leucocytes, des corpuscules analogues à des amas de globules graisseux, et des cristaux aciculaires d'acides gras. Au milieu de ce liquide trouble, on voit se mouvoir avec la plus grande rapidité des vibrioniens que Ton a comparés au bacterium pmctum, au hacte" riv/m termo et au bacterium catenula. On y remarque, en outre, une grande quantité de leptothHœ, Ceuxci, que nous avons déjà signalés comme existant dans les fèces diarrhéiques, peuvent se feutrer, s'anastomoser, former de grandes masses, englobant quelques leucocytes ou quelques rares cellules épitbéliales. On voit enfin assez souvent dans les selles des cholériques de grandes quantités de torules.

Les spores que Ton a trouvées dans les déjections cholériques et qui ont été bien décrites par Williams, puis par Klob et Hallier, ont été considérées par quelques auteurs comme les germes du choléra, qui ne serait dès lors qu'une maladie parasitaire. Cette opinion ne saurait être admise.

La présence des sporules de la prétendue mucé-

m MUQUEUSE INTESTINALE.

dinée du choléra n'a jamais été constatée dans le

aang, malgré les affirmations de Beale, et les expé-

Fig. 71, — Œvfi d'etiuamira (UaKio (gr. UO): 1, t«uiii proglottidlan nnf ■partait lei crochUi (grass. 3SII); A, bolryocâpbiJe (groM, itO); S, IriFi

r«ph>1e (grots. 350) ; 6. u

lalre (groM. 400), — (Dusiua, Tràli il<i «tKOwoirw.)

riences de culture tentées par Hallier ont été jusl^ ment réfutées. Les amas de sporules (zooglœa) ne sont qu'un <^piphénomène dans l'évolution de la

FECES PATHOLOGIQUES. 875

maladie et ne peuveai être considérés comme les agents qui la provoquent. On les retrouve dans un grand nombre de maladies distinctes, et nous avons déjà insisté plus haut sur les complications qu'ils peuvent déterminer (p. 216). Bornons-nous donc à répéter que ces faux parantes, conune les végétaux déjà signalés dans les vomissements [oïdium idbicam, oicillaira, tarcina venlricitU, etc.J, ne sont ni le miasme ni le virus, mais les

Parmi les parasitas qui, introduits par l'alimentation, viennent se développer dans l'intérieur du tube digestif, nous citerons en première ligne les ténias. En présence des accidents que détermine Fig. ti. — T«te du la présence de ce ver, le médecin f "'■ »"■* ^' devra examiner avec soin les ma- iï'foî^''(D»iSMl tières fécales, surtout après l'administnition d'un pui^tif; quelquefois, en effet, des portions suffisamment grandes pour préciser le diagnostic seront évacuées. D'autres fois, le malade ne rendra que quelques anneaux libres et vivants, déjà reconnaissables k l'œil nu, mais qu'il faudra étudier au microscope, afin de connaître l'espèce de ver à laquelle il appartient. Souvent, enfin, le diagnostic pourra être établi en recherchant, dans les selles, les œuis de ténias qui sont expulsés en grande quantité.

d'enveloppe, Irès-épaigge, à double contour, étant ti«ilée par une Bolution de potasse caustique, laisse voir l'embryon que reniemie la vésicule (fig. 71,2). Celui-ci est dépourvu de ventouses et possède six crochets qui diflèront de ceui du scolei par la nombre et par la forme. La tête ou scoUx du ténia se distingue des onneaui par sa forme, i chets lorsqu'ils existent et l'absence

devra toujours rechercher ce scolei parmi les fragments évacués. Le ténia solium {ténia armé et ténia fragile, Divaine) et le ténia mtdioeaneUata se distinguent aisément quand on peut eiaminer le scolei ; celut-ci. en eftet, lorsqu'il provient du ténia mediocanellats, ne prflsante pas de crochets (fig. 73).

Le bolTj/océphale, appelé aussi ténia non amié, se distingue du lénia mediocanellsts par la disposition de ses organes génitaux ; ceux-ci, situés sur les parties latérales dans la Iribn des téntadés, sont disposés, au contraire, aur la ligne médians dans la tribu des botryocéphales. L'œuf du botryocéphale esl ovoïde long de 0"",068, large de 0"»,0+4 : il est pourvu d'un opercule et renferme un embryon inernie (Davaine). En traitant l'œuf par de l'acide sulfurique concentré, on peal apercevoir son opercule.

Parmi les vers nématoïdes, l* plus fréquent est Vaseariie

FÈCES PATHOLOGIQUES.

lambricùïde. Le plus souvent expulsé à Tétat adulte, ce ver blanc ou rougeàtre, fusiforme, à tète munie de trois valves distinctes presque semblables, convexes ou semi-globuleuses, finement dentelées, se reconnaît aisément. L*œuf de Tascaride, qui est expulsé avant son développement et peut se retrouver dans les selles,, ^st ovoïde, entouré d'une coque assez épaisse, à double contour, frangée à sa surface (fig. 71, 6 et 7).

Le tricacéphale (Tricocephalus dispar) est plus rare : on Tobserve assez fréquemment toutefois dans la fièvre typhoïde. Les œufs, c oblongs, revêtus d*une coque résistante prolongée en un goulet court y arrondi, translucide aux deux extrémités > (Diyardin) sont évacués avec les fèces (6g. 71, 5).

Le ver est blanc-jaun&tre, filiforme, long de 37 à 50 millimètres: son tégument est strié transversalement à l'exception d'une bande longitudinale hérissée de petites papilles. Le corps du mâle est plus petit que Celui de la femelle. Le mâle possède un spicule tubuleux, contenu dans une gaine renflée ou vésiculeuse, de , forme variable et sortant à l'extrémité postérieure. La femelle est à ovaire simple, replié dans la partie postérieure, terminé en avant par un oviducte charnu qui s'ouvre au point de jonction des deux parties du corps.

V oxyure vermiculaire, qui occupe le rectum et le pourtour de l'anus, et se reconnaît aisément à l'examen des fèces, est blanc, filiforme, très-étroit. Le mâle entouré en spirale est long de !£ à 3 millimètres ; la femelle est longue de 9 à 10 millimètres; son extrémité caudale est droite et très-âne: les œufs sont lisses, oblongs non symétriques, longs do 53 fx larges de 38 (A. On ne les trouve que très-rarement dans les selles (fig. 71, S).

Enfin Vanchylostome duodénal très-rare en Europe n'a que 6 à millimètres de long : le corps est cylindrique, la tête

Fig. 74. — Tôte du botryocéphftle de Thomme (DaTaine).

un peu amincie, arrondie au sommet ; le limbe de la bouche muni de papilles inégales coniques ; le corps droit, transparent en avant. C'est à la. présence de ce vers et aux héroorrhagies qu*il détermine que Ton a attribué la maladie connue sous le nom. de chlorose d'Égffjpte, Outre ces parasites, les selles renferment parfois des larves d'insectes introduites avec les aliments, ou bien évacuées sans que Ton puisse aisément reconnaître comment elles ont pu pénétrer dans le tube digestif (voir, Soc. de biologie, 1875).

Les parantes erratiques, accidentellement intro* duitft dans la cavité abdominale et éliminés avec les fèces sont, le plus souvent, des vers vésiculaires appartenant à la tribu des téniadés et connus sous le nom d^kydatides.

Celles-ci, qui existent sous forme de vésicules dans le parenchyme des organes, renferment un' liquide limpide et contiennent des échinoeoqfses dans leur cavité. De volume trèsvariable, à parois plus ou moins épaisses, ces hydatides peuvent s'ouvrir dans l'intestin. On trouvera dès lors, dans les matières fécales, les fragments du kyste qui contenait les échinocoques, et les débris, de ceux-ci. Les lambeaux membraneux es» k. ydbrhydfathiiw pt énfliiten t. vm Mpwi andéristique. Li membrane est plus ou moins mince, élastique, hkmtàÊtft, semblable à du blanc d'œuf coagulé, sans fibres ni cellules, disposée en lames stratifiées, semblables aux ifeuillets d'un livre. Cet aspect permettra de les distinguer de lambeaux membraneux provenant d'aliments mal digérés ^

Quelquefois les hydatides, de volume peu considérable, sont rendues en totalité sous forme de corps ronds ou ovales : d'autres fois, les vésicules s'étant rompues, on trouvera, si le kyste est ancien, des lambeaux pseudo-membraneux venant de la paroi, des crochets isolés, restes de l'échinocoqiie et des concrétions de phosphate et de carbonate de chaux, sous forme

i. Voy. Davaine, l, c, p. 392,

FÈCES PATHOLOGIQUES.

f79 X auquel elleB

de noyaui ou délaïées dam un liquide a doDiMDt l'appaream de pua. QuelquefeiE ce liquide renlemie d» sang au de la bile. L'examen microscopique permettra de distinguer cette substoDoe crteieuae d'uB liquide puroleat proprement dit. En eSèt, on n'y rencontre pas de leucocjrtea, tandis que l'on constate un grand nombre die lamelles de cholestéTiue, des globniea huileui, quelqueloia des cristaux d'hé-

bI m Ibii.

), enfin parteis des cristaux d'oxslate de chaux, de phosplmte de soude ou même d'acide urique. Véehituycoque, lorsqu'il existe ï. l'intérieur de La vésicule byditique expulsée par les selles, se recdipalt à son corps oblong, ovoïde, séparé en deui parties par un étrsaglemeal circulaire; la partie antérieure formant une Ule pourvue d'un rostre est munie d'une double couronne de crochets et de quatre ventouses musculsires contractiles.

Le dUtome hépatique vit généralement dans les conduits de la vésicule biliaire, mais il peut émigror et se rencontrer dans l'intestin, d'où il eit évacué par les selles. On peut donc avoir i rechercher la présence de cet enlozoaire. Voici la description qu'en donne Davsine : • Corps blanchâtre long de 18 il 'i\ millimètrea et large de 4 à 13'~,S chez l'adulte ; n'ayant environ que la moitié de ces dimensions chez les jeunes ; ovale oblong ou lancéolé obtus ; plus large et arrondi en avant où il se rétrécit tout à coup et Ibrme une sorte de

cou conique rétréci en arrière et aplati en forme de feuille; tégument couvert d'épines plus ou moins aplaties, longues de 0*|",05; yentouse antérieure terminale, arrondie; ventouse postérieure à orifice triangulaire, située tout près de la première ; intestin ramifié distribué dans tout le corps, plus ou moins apparent suivant Tétat de contraction de ses divisions; orifices génitaux contigus, situés au milieu de Vintervalle des deux ventouses ; pénis cylindrique, saillant, contourné en spirale; ovaires blancs en grappe; oviducte formant des circonvolutions nombreuses contenant des œufs plus ou moins colorés en jaune, ovoïdes, pourvus d*un opercule, longs de O^o'jlS à 0"'»,14, larges de O^^yO? à O'»'",^; embryon inconnu. >

MUQUEUSE DES FOSSES NASALES. â81

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