‹ Manuel du microscope dans ses applications au diagnostic et à la cliniqueChapitre 62 sur 98 · MUQUEUSE I · texte numérisé non relu

MUQUEUSE I

Dm TDlM nrliulTW at di

VoiEa DBCfitiHig. — Vuritu ei doQt le mode de formation n'c déterminé. Il est à peu près certain toutefois que le principal acte de la aécrétion urilairs coQsisls en une Hltration qui sa fait au niveau du glomérule de Malpighi, Le liquide ainsi produîl, parcourt successivement les canaux désignés BOUS le nom de tuàa de Ferrein, de eatiata) en an*e de Eenle. de lubei de Seltini, pour tomber dans le bassinet, et de U suiTTe l'ureldre et arriver dans la vessie. Toutes ces voies sont tapissées par des épitbéliums, qui, à l'état normal, ne paraissent sjouter i l'urine aucun principe essentiel i sa constitution ; mais l'étude rapide de ces épitbélïuma n'en est pas moins importante, car on en rencontra souvent des débris encore normaux ou plus ou n patboli^ues.

s altérés dans les u

308 MUQUEUSE URtNAiRE.

Tuàes rénatKB. — Dans les tubes rëaaui, l'ë^tbâlium n'est pas partout de mâme nature : dans lea tubes coDioumiïs de l'écorce {tube de Ferrein), et dans la partie la plus \itp (partie ascendante) des anaes de Sente, on trouve ud ^-

10 ées B épilheliiun en plus.

thëlium délicat formé de cellules granulées, qui, pour peu ipt la pièce soit altérée, perdent leurs limites distinctes et se présentent comme une masse foncée et granulée, dans laquelle on ne distingue plus que des noyaux régulièremeiil espacés (lîg. ^; dans les autres tubes au contraire, l'^pi' thélium est clair, formé de cellules i limites bien distinctes, peUles, pavimenteueea et oplgiies dans la partie étroilc [descendante) des anses de Henle, volumineuses, spbériques et fintlement cylindriques dans les tut>es de BolUni.

Voies urinaires et vessie. — Les calices, le bassinet, l'uretère et la vessie présentent un épithélium remarquable, et avec Taspect duquel il faut être familiarisé si Ton ne veut commettre de graves erreurs de diagnostic. Ces cellules sont petites et presque cylindriques dans les couches profondes, puis elles deviennent globuleuses et s*étalent en éléments pavimenteux très-yolumineux dans la couche superficielle ; de plus, ces cellules sont très-irrégulières et présentent des prolongements et des dépressions qui s*engrènent avec les irrégularités semblables des éléments voisins, de sorte que la dissociation seule montre leur aspect caractéristique ; aussi, quand ces cellules sont libres et isolées, on se trouve en présence des formes les plus bizarres, qui, par leurs variétés et leurs combinaisons, rappellent tout à fait ce qu'on avait voulu donner autrefois comme caractéristique des éléments cancéreux ; la fig. 83 montre les principales variétés de ces cellules, dont les unes sont énormes (de 22 (x jusqu'à 43 fi.)) avec des contours arrondis, les autres de grandeur moyenne et à limites anguleuses, les autres enfin petites (10 (i), et munies de prolongements irréguliers, bifurques, et même onduleux.

La nature des épithéliums de la prostate et des autres parties du canal de Turèthre sera indiquée en étudiant les produits génitaux de Thomme.

Urine normale

Uurine normale, au moment même où elle vient d'être émise, renferme quelques rares cellules épithéliales, quelques leucocytes, quelques flocons de mucus provenant des voies urinaires. Mais, au bout de peu de temps, on voit s'y former un nuage, une pellicule, diverses espèces de dépôts ou sédiments : dès lors, on peut y constater des éléments figurés et surtout des cristaux de sels qui se sont précipités

SOUS rinfluence du refroidissement (oxalates), ou d'une légère perte 4'eau par Pévaporation (acide urique et urates). Abandonnée au contact de Pair, Turine subit bientôt des décompositions qui, spontanées ou produites pa^ l'action de divers ferments, viennent augmenter les dépôts précédents et en amener de nouveaux (surtout dephospÂate amm(h niac(MnagnésiefC). D'autre part, l'alimentation peut introduire dans l'organisme des principes qui en sortent plus ou moios modifiés, et se retrouvent sous forme de cristaux dans l'urine d'individus parfaitement sains; enfin, sous l'influence de conditions particulières d'exercice ou de régime, les principes contenus dans l'urine peuvent devenir plus nombreux et-plus abondants. En les précipitant par divers réactifs, on peut donc constater par le microscope les cristaux et les précipités plus ou moins irréguliers auxquels ils donnent lieu; la réaction chimique peut même être faite sous le microscope.

L'urine qui doit être l'objet d'un examen microscopique sera placée dans un vase de forme conique, par exemple dans un verre à Champagne ; de cette manière, les dépôts urinaires se réunissent dans la partie la plus étroite du vase, et y sont facilement recueillis à l'aide d'une pipette. Si l'urine devait ôtre conservée plusieurs jours, on en préviendrait la putréfaction en la couvrant d'une couche de térébenthine, d'huile de naphte ou d'une solution phéniquée. Pour la plupart des examens microscopiques de l'urine, il suffira, pour obtenir un grossissement suffisant, de combiner l'objectif 3 à l'oculaire 1 (Nachet); pour rechercher les cristaux d'oxalate de chaux ou pour étudier les spermatozoïdes ou les infusoires de l'urine, des grossissements plus considérables seront nécessaires. Nous n'avons pas besoin d'insister ici sur les précautions à

prendre pour se mettre à l'abri des fraudes de certains malades ; il suffît d'être prévenu de ces faits pour ne plus se laisser tromper par les simulateurs qui mêlent à leur urine des poussières de charbon, de sable, ou qui s'introduisent dans Turèthre de la laine, des poils, des cheveux que l'urine entraine ensuite à son passage dans le canal. (Voy. Gh. Robin, du Microscope, 187i , p. 586.)

a. L^urine nonnale ne présente que quelques rares cellules épithéliales provenant de la desqua-* mation de la vessie et du canal de Purèthre, quelques leujcocytes^ remarquables par leurs dimensions exiguës relativement aux globules blancs que Ton trouve dans les autres liquides *, et des traces de mucus. A Tétat normal, ce mucus est tellement mêlé à Turine, qu^l ne la trouble nullement ; cependant, comme il n^est pas dissous dans ce liquide, il ne tarde pas à se déposer; mais, même alors, il est tellement ténu et gonflé par Feau qu^il ne montre que difficilement, avec l'acide acétique, les stries caractéristiques de la mucosine. Donc, toutes les fois que le mucus sera abondant, très-visible et très-facile à caractériser, on devra penser à un état pathologique des voies urinaires.

D'ordinaire, les éléments que nous venons d'indiquer se trouvent déjà tout déposés et réunis en mie petite masse filamenteuse dans l'urine au moment de l'émission ; il résulte, en effet, des recherches de Donné et de Robin, que, dans l'intervalle des mictions, un peu de mucus s'arrête dans les plis

1. Mais larsque l'urine est devenue ammoniacale, par dédoublement de l'urée, les leucocytes sont plus volumineux, turgescents et gonflés, comme les leucocytes du mucus buccal.

312 MUQUEUSE URIHAIRE.

du canal de l'urèthre, particulièrement au niTeau de la portion membraneuse, se moule sur ces plis en englobant des leu' cocytes et des débris épithéliaux, puis se trouve entraîné par l'urine sous forme de filaments plus ou moins flexueux , dont rorigine a longtemps intrigué les cliniciens, mais dont le microscope fait facilement reconnaître la nature. Il est fréquent de rencontrer quelques spermatozoïdes englobés dans ces filaments, surtout après une longue abstinence de coït. (p. 333.) &. Le simple refroidissement et une légère perte d'eau par évaporation peuvent donner lieu k la foi^ matiou de dépAts d'acide urique et d'urates,

F«. S4. ~ Di

les conditions normales, mais toutes les fois qu'il y a eu excès d'alimentation, h'acide wig»t, en se déposant tantAl en longues aiguilles diversement groupées, tantdt sous forme de prismes et de

plaques (fig. 84), sous forme de grains trè^petits, amorphes, épars ou réunis eu amas (fig. 8a}, ou bien en cristaux, entraîne toujours avec lui les matières colorantes de l'urine, de telle sorte que ces cristaux, malgré les variétés de leurs formes (paillettes, lames.

ou prismes diversement groupés, souvent en fragments, parce que ces cristaux sont très-fragiles], sont toujours reconnaissables à l'examen microscopique par leur coloration jaune orangé ou rougeâtre. Si ce caractère ne sufQsait point, on pourrait faire sur la plaque porte-objet la belle réaction colorée qui caractérise l'acide urique : chauffées avec l'acide

Page 1